BELLE-FILLE
GENS, (droit des) — Voy. DROIT DES GENS.
GERMAIN. — Du latin germanus, dérivé de germen, souche. — Se dit des frères et sœurs nés du même père et de la même mère, par opposition aux consanguins et aux utérins, — Voy. FRÈRE.
— Les enfants de deux frères ou de deux sœurs s’appellent cousins germains; ceux qui naissent de deux cousins germains sont dits cousins issus de germains,
GESTION d’affaires. (Cod.
civ. art. 1372-1375.)
C’est le fait volontaire d’une personne qui, sans avoir reçu mandat à cet elfet,agit, stipule ou promet pour un tiers.
1. — La loi s’est montrée plus rigoureuse à l’égard du gérant d’affaires qu’à l’égard du mandataire, afin que le premier venu ne s’immisce pas légèrement dans les affaires d’une personne absente.
• Ainsi, le mandataire qui a fqit ce qu’on lui a mandé de faire a droit au remboursement de ses dépenses, alors même qu’elles n’ont procuré aucun profit au mandant. (Cod. .civ. art.
1999.) Le gérant d’affaires, au contraire, n’a droit qu’au remboursement des dépenses qui ont été utilement faites. — Tandis que le mandataire, en cas de mort du mandant, n’est tenir de continuer l'affaire qu’autant qu’il y a péril en la demeure (Cod. civ, art. 1991), le gérant d’affaires doit, dans la même hypothèse, continuer l’affaire
dont il s’est volontairement chargé,, jusqu’à ce que les héritiers puissent en prendre la direction. ^ ,
Les circonstances qui ont conduit le gérant à se charger de l’affaire sont prises en considération par les juges pour la fixation des dommages-intérêts auxquels peut donner lieu sa faute ou sa négligence. 11 est évident qu’on doit être plus indulgent si l’amitié seule et le péril qu’il y aurait eu dans le retard ont porté le gérant à entreprendre l’affaire. ,
2. — Celui dont l’affaire a été utilement gérée est soumis à toutes les obligations qui résulteraient d’un contrat de mauuat.
GOEMON. — Voy. VARECH.'<»d»'
GOUVERNEMENT, — Du lalm gubernare, conduire un vaisseau. — C’est l’Autorité chargée, dans l’intérêt de tous, de veiller à l’exécution des lois et de faire respecter le droit, la justice, la liberté; en d’antres termes, d’assurer à chacun la sécurité :
sécurité contre les invasions de l’étranger, sécurité contre les ennemis du dedans. Telle est la mission essentielle du Gouvernement ou de l’Etat, qui, suivant une heureuse expression ae Rossi, n’est, pour ainsi dire, (me le Conseil d*administration de la Société. " '*■’
— On connaît cette spirituelle boutade d’un humoriste anglais :
« En France, quand il pleut trop longtemps, on s’en prend au Gouvernement; lorsqu’il a été trop longtemps sans pleuvoir, on s’en prend encore au Gouvernement. » Jamais peuple ne fut à la fois plus ingouvernable et plus avide d’être gouverné que le peuple français; il attend sa direction de l’Etat; il est prêt à tout lui demander, et c’est ainsi que, la paresse et la routine aidant, l’Etat est sorti des limites de ses attributions légitimes. Cette absorption de l’individa par l’Etat présente les plus sérieux inconvénients.
« Lorsque le Gouvernement inter- (vient dans ce qui peut être laissé à l’initiative de l’inaividu, il empiète sur la responsal^jjÿé.des piioyeos ; il
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dénie à ceux-ci la capacité de juger eux-mèines de l’étendue et de la nature de leurs besoins, en leur ôtant le choix des moyens de les satisfaire, et il prend sur fui une responsabilité correspondante à toute la somme de libertés individuelles qu'il anéantit; cette responsabilité, devenue énorme pour tous les Gouvernements interventionistes, est aujourd'hui une des causes principales de leur instabilité et des fréquentes révolutions qu’ils subissent. Il en résulte aussi que ces Gouvernements, pour se prémunir contre ces dangers, s’entourent d’appareils et de mesures de sûreté, les uns très-coûteux, les autres très-oppressifs, pour les nations ainsi gouvernées. » (Bacbelet et Dezobry, Dictionnaire des Lettres, Beaux-Arts et des Sciences morales et politiques, art* gouvernement.)
— «Le départ entre les fonctions rationnelles de l’.\utorité et les fonctions qu’elle s’attribue d’une manière anormale est une question de politique, mais de politique éclairée par l’analyse économique. Au fur et à mesure que les notions d'économie politique pénétreront plus avant dans la couche des intelligences, cette détermination se fera d’une manière de plus en plus précise; Peuples et Gouvernements abandonneront tous les jours davantage les errements réglementaires, interventionnistes et communistes, pour limiter l’Autorité publique — dans la fonction qui est son essence même, dans la production de la sécurité intérieure et extérieure,
f)remier besoin des Sociétés, — dans e maintien de la justice et de l'égalité devant la loi, et dans la garantie de la propriété et de la liberté individuelle de Religion, de Pensée, de Travail, de Commerce, d’Association, etc. »
Tels sont les principes que proclame l’Kconomie politique. « Ils sont combattus naturellement par les écoles socialistes qui veulent absorber toutes les activités dans l’action gouvernementale, transformer toutes les industries en fonctions ]mbliques, et supprimer l’action individuelle et
la liberté. Ils sont encore actuellement combattus par les théoriciens de la centralisation, de la bureaucratie, ou du despotisme, qui veulent tout régler, tout administrer, tout décider, tout faire sans contrôle. »
(Garnier, Eléments de finances, etc., p. 11 et 12.)
— L’illustre auteur de la Démocratie en Amérique, AF. de Tocqueville, a admirablement caractérisé d'un seul mot la centralisation administrative : « Elle excelle à empêcher, non à faire. » Les peuples ipii s’y soumettent ont « de la tranquillité sans bonheur, de la stabilité sans force, de l’ordre matériel sans moralité publique. » (Tom. l®r, p. 151.) C’est qu’en effet la machine la plus ingénieuse ne peut remplacer les forces de l’organisme vivant qu’elle simule; il y a dans l’activité spontanée un fonds inépuisable de progrès, et c’est bien moins la concentration des pouvoirs que la virilité des particuliers et l'énergie des caractères qui font les grandes nations.
— Voy. administration; — constitution; — Etat; — séparation