LIBERTÉ DU TRAVAIL ET DE
l’im>ustrie. — 1. — Le travail et l’industrie étaient, avant la Révolution, soumis au régime du privilège comme tous les éléments de la Société.
« Il n’y a qu’k lire l’histoire pour être édifié sur les inconvénients de l’ancienne organisation de l’industrie en Corporations, Jurandes et Maîtrises, et sur les règlements de fabrique. Ces règlements, qu’ils provinssent de l’Autorité ou des Corporations, étaient devenus ridicules, odieux et tyranniques.
« Défense était faite, k Paris, aux menuisiers de prendre des bois gercés ou ayant aubier ; avec ordre de faire les goujons en fer et les jointures avec la colle. — Le peaussier devait s’enquérir de l’état sanitaire de la bête vivante. — Il n’était pas permis au chandelier de mêler la cire neuve avec la cire vieille, le suif de mouton avec la graisse de vache.
Pour les mèches, la quantité de fils était déterminée. •— 11 y avait une confusion inextricable entre les attributions des poulaillers, des oyers
et des rôtisseurs : défense était faite aux oyers de réchauffer la viande.
Mais au commencement du xvi® siècle, les rôtisseurs s’émancipèrent au point de mettre k la broche la volaille et le gibier. De Ik un procès entre les deux corporations, qui dura jusqu’au xvii® siècle... Lutte analogue entre les libraires et les bouquinistes, entre les selliei*s et les charrons, les taillandiei*s et les maréchaux-ferrants, les cloutiers serruriei’s, qui ne pouvaient fabriquer les clous dont ils avaient besoin; guerre des cordonniers contre les savetiers, pour ôter k ceux-ci même le droit de faire les souliei's de leurs femmes et de leurs enfants; guerre des fripiers contre les tail-
leurs, ceux-ci ne pouvant doubler qu’avec du neuf, k 1 exception toutefois des habits de bourgeois qui pouvaient être doublés avec de vieux habits de gentilshommes, « s’ils ne sont, disait le règlement, ni^ trop usés ni trop râpés. » Les procès intentés aux fripiers par les tailleurs de Paris pom* établir la ligne de démarcation entre un habit neuf et un habit vieux duraient depuis 1530, et n’étaient pas terminés en 1776.
« ... Ces querelles devenaient souvent des querelles de coutumes et d’insignes extérieurs. — Le taill^eur ne pouvait avoir qu’une boucle k sa perruque ; l’orfévre et le perruquier pouvaient s’en permettre deux ; 1 apothicaire avait le droit d’en porter
jusqu’à troisl ,
«... Dans une brochure publiée, en 1821, sur les corps de marchands et communautés d’arts et métiers, M. Costaz évaluait à 800,000 fr. la somme que les communautés de Paris dépensaient annuellement en frais de urocès.
« Au sein des Corporations,^ ce n’était que restrictions et prohibitions. — Chaque maitre ne pouvait avoir qu’un compagnon. — Pour être compagnon, il fallait avoir été plusieurs années, 7 ans en moyenne, ap^ prenti; — pour passer de la qualité d’aspirant k celle d’apprenti, de celle d’apprenti à celle de compagnon, de