ALCUIN
ALLEGORIE
tel que porta la Somme^ son chef-d'œuvre, aux éléments barbares d'une science incomplète et routinière ? Ce oui est certain, c'est que saint Thomas, qui était Thomme le plus éclairé et le théologien le plus sage de son siècle, n'eût pas brutalement brise un chefd'œuvre de mécanique, ouvrage et propriété \e quelqu'un. Quant à l'accusation de magie, justifiée seulement par quelques passages où Albert le Grand parle des sciences divinatoires en termes qui peuvent faire supposer qu'il y croit, elle se détruit d'ellemême en présence du décret de Grégoire XV, qui le déclara bienheureux en l'an 1612. Ses livres de physique, d'ailleurs, ne prouvent pas qu il ait eu une connaissance bien profonde, nous ne disons pas des secrets, mais des lois môme de la nature. Cette réputation fantastique prouve seulement que par son génie il était au-dessus de son siècle. Une place de Paris où la tradition rapporte qu'il donna des leçons publiques s'est appelée longtemps Place de MaUre-Albert^ nom qui avec le temps s'est contracté en celui de Maubert, que cette place porte encore aujourd'hui.
ALCUIN. -— Le nom d'AIcuin est un nom vénérable et dans la littérature et dans l'histoire. II aida puissamment le génie deCharlemagne dans l'œuvre du rétablissement des sciences et des lettres on Europe. L'empereur lui-même se fit le disciple d'AIcuin qu'il avait fait venir d'Angleterre, et mit à sa disposition sa puissance et ses richesses
Îiour la fondation et l'entretien des écoles de 'ours et d'Aix-la-Chapt4ie. Alcuin y enseigna l'Ëcriture sainte, l'astronomie et les autres sciences qui se divisaient de son temps en arts libéraux et sciences mathématiques. Les arts libéraux étaient au nombre de sept, y compris les mathématiques, qui se divisaient elles-mêmes en arithmétique, musique, géométrie et astronomie. C'était le chaos, mais de ce chaos, des hommes comme Chariemagne et comme Alcuin devaient iaire jaillir la lumière. Sans doute les écrits de ce grand homme se ressentent de la barbarie de son époque, mais il ne faut pas oublier qu'alors tout était à créer, et qu Alcuin fut en quelque sorte pour son siècle un génie universel. 11 renouvela et régla la grammaire, soumit l'orthographe à des lois fixes, excita l'émulation pour les bonnes études, s'occupa du culte et de la liturgie, et trouva au milieu de tant d'occupations le temps d'écrire de longs ouvrages. La mémoire d'AIcuin doit être chère à tous ceux qui ont dans le cœur l'amour des vertus patientes et des caractèresorganisateurs.Toutesles grandeurs et toutes les richesses intellectuelles de la France, et par conséquent de l'Europe moderne, ont eu pour commencement les nobles efforts et le dévouement d'AIcuin et de ses disciples. Il y a plus d»' gloire sans doute d'avoir conquis laborieusement à sa patrie et au monde la clef des sciences et des beauxarts que de s'être illustré soi-même dans une littérature toute faite et avec dos ressources toutes créées ; aussi les amis des v.aies lu-
mières et des gloires utiles à l'humanité salueront-ils toujours avec reconnaissance, h côté de la grande figure de Chariemagne, la grave et savante figure d'AIcuin, le sage conseiller du plus grand prince qn^ait eu la France, le noble maître du plus sage des empereurs.
ALEXANDRIE (Bcols d'). Yoy. Synésivs.
ALEXANDRINS ( Vbbs). Yoy. Vkrsifica-