ALBERT
St
Dieu la foi dos hommes avait défailli^ et ils étaient tombés soit dans l'apostasie, soit au moins dans le doute. Les femmes seules furent inébranlables, et seules en* ce moment elles représentaient l'Eglise naissante. Ce n'est pas aux femmes qu'on peut générale^ ment reprocher d'avoir persécuté les orthodoxes, aavoir inventé aes hérésies, d'avoir violé la pureté de la foi : ce sont là des crimes qui appartiennent aux hommes. Qui donc a livré le Sauvour du monde? qui Ta vendu? qui Ta acheté ? quels ont été ses juges, ses tourmenteurs, sos bourreaux môme ? quels monstres ont osé dresser un gibet pour un Dieu? Les hommes! et toujours les hommes figurentsoit comme auteurs, soit comme acteurs dans ce drame terrible. Pierre renie son bon maître et jure qu'il ne le connaît
Eoint ; les autres disciples s'enfuient et l'aandonnent ; les femmes, au contraire, avec un mâle et intrépide courage, suivent les pas sanglants du condamné, et accompagnent leurSauveur jusqu'à la croix, jusçiu au sépulcre I L'épouse même de Pilate n'intervient dans la passion que pour défendre l'innocent, et fait plus pour lui sauver la vie, elle pauvre idolâtre, ({ue tous les hommes qui avaient cru en lui. »
On ne nous saura pas mauvais gré d'avoir traduit et inséré ici le passage d'un écrivain qui n'est pas connu dans la littérature religieuse, et dont on ne lit plus gfxève les ouvrages. Son traité dumarta(/«, joint au discours sur la dignité du sexe, et au traité de la vanité des sciences, a été traduit et publié en français par Gueudeville.
Ce qui donnerait à croire que Cornélius Agrippa s'éloigna, à la fin de sa vie, de la pratique des sciences occultes, c'est qu'il mourut dans la pauvreté et dans l'exil, par suite de la disgrâce qu'il encourut pour n'avoir pas voulu satisfaire la curiosité d'une reine en lui tirant son horoscope.
ALBERT LE GRAND. — Ce docteur célèbre, qui fut le maître de saint Thomas d*Aquin, n'appartient à la littérature proprement dite que par le merveilleux dont les traditions populaires ont environné son nom, et par le côte poétique des légendes qui se rattachent à son histoire. On dit que les saisons ne changeaient pas pour lui, et que les arbres de son jardin, au milieu des plus
Srandes rigueurs de l'hiver, se couvraient e fleurs et de fruits. On dit aussi qu'après plus de trente ans d'un travail assidu, il parvint à terminer un androïde ou automate numain qui imitait tous les mouvements d'un homme et répondait à toutes les auestions. Cet écolier-machine a peut-être été inventé
gar quelaue génie satirique mal satisfait do i méthode scolastique du moyen âge, et du mécanisme d'Aristote pour trouver réponse à toutes choses. Quoi qu'il en soit, et ce qui achève de nous persuader que celte fable a quelque chose d'allégorique, on ajoute que saint Thomas, fatigue des réponses de l'androide, le brisa d'un coup de oàton. N'a-t-on pas voulu signifier par là le renouvellement de l'école par saint Thomas, et le coup mor-