PREMIER VIEILLARD
Par tes ordres, Nemrod, tu nous vois assemblés Nous, les représentants des âges écoulés, Bt ces jeunes guerriers que l'avenir espère Pour reconnaître un prince et pour bénir un père. Tu rèflnes ; c'est assez : la force t'a fait grand, Mais dans le vœu des cœurs tu cherches \l\ sarant, t[t nous te rapportons. Accomplis ton beau rêve ! Nous oombatirons pour toi » si ta main prend le
[glaive, Et quand la douce paix suspendra tes travaux, Nous veillerons ensemble autour de ton repos Lorsque tu marcheras, nous te suivrons sans crainte;
MYSTERES 884
Nous t'environnerons d'une vivante enoeintet Tes dieux seront nos dieux, les désirs notre ld« Quel nom désires-tu?
Je veux le nom de roL
LE PEUPLE
Vive le roi Nemrod !
NEMROD
Paix à robéissance !
Peuple , je comprends trop votre reconnaissance Pour ne pas accepter une seconde fois Un hommage et des vœux auxquels j*ai tant de droits Le passé me répond d'un avenir fidèle , El vous n'attendez pas qu'aujourd'hui je rappelle Comment à vos tribus vagabondes encor J'ai fait chérir mes fers on les changeant en or. Des enfants de Noach la famille incertaine Sur un sol dévasté s'affermissait à peine , Et de l'impur limon maîtres encor rampants. Vous disputiez vos jours au venin des serpents. Je fis connaître alors mes flèches toujours sûres; Je fus maître , on craignit , J'effrayai les murmures Des membres subjugues je fis un corps puissant : Le peuple que j'ai ^it règne en m'obéissant , El la force de tous , vers un seul but poussée , Prête un bras invincible à ma grande pensée. Tout brise Phomme seul , rien ne résiste à tous. L'onde a fui , les rochers reculent devant nous; Sous nos palais géants nous courbons les montagnes A travers les forêts s'étendent nos campagnes. Instruits à commander par l'honneur de servir. Vous conservez pour moi ce que j'ai su ravir. J'ai créé le pouvoir pour les forts et les braves , Et je vous ai laissé les faibles pour esclaves! ' A la faiblesse donc un pain laborieux ! A nous seuls la puissance et le repos des dieux !
VOIX d'EKFANTS ET DE FEMMES.
Malheur! malheur à nous!
Malheur à gui murmure !
Je sais vaincre et punir d'une main toujours sûre Mais je protège aussi , parce que je suis fort , Et je rendrai la vie où j'ai porté la mort. Je ne livrerai point aux lointaines misères Le prophète du Dieu qu'ont invoqué vos pères. De son fils Azraél , dont j'aimais la fierté , J*ai puni malgré moi le faux zèle emporté , Mais j'en veux effacer le souvenir funeste , El d'un sang gt^néreux je sauverai le reste.
LE PEUPLE
Longue vie à Nemrod , le roi juste et clément!
NEMROD à Enot qui veut parler»
Songe ^ ce que j*al dit, et prends garde!... .
ENOS terrant set enfants dans ses bras et levant les
yeux au ciel.
0 tourment' Mon Dieu, prenez pitié!... Nemrod...
NEMROD étendant la mainm
Non , pas encore < Ta voix pourra bénir ce peuple qui m'honore , Quand il aura p«if*é ma digne royauté Du signe glorieux par moi-même inventé , Les enfants , jeune espoir de ma grandeur suprême, Apportent à mes nieds le premier diadème ; Tu vois que tout le peuple , ému de ce beau jour. Pour fêter mes désirs n a qu'un seul cri d'amour. Et je ne pense pas que ta bouche sensée Puisse rêver un mot contraire à ma pensée. Gardes veillez sur lui; vierges, approcliez-voos*
( On contient Enos : des gardes s'emjMtrent des en^ fants , Enos veut les défendre : un geste menaçant du roi le fait céder.)
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