‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 112 sur 194 · UNE JEUNE FILLE · texte numérisé non relu

UNE JEUNE FILLE

Seigneur que les vieillards imoloreiit à genoux , Jetez sur des enfants un regard favurable ; Nous mettons à vos pieds ce bandeau redoutable Que n*osoront jamais chercher encor nos yeux Lorsqu'il embellira votre Tront radieux.

Nous dirons à nos fils, quand nous deviendrons mores, De n'élever jamais leurs regards téméraires Jusqu'à ce don sacré que nos tremblantes mains Ont tissu pour parer le maître des humains.

NEMROD

Par le droit du plus fort

E.NOs à part.

Droit stupiJe et barbare !...

NEIIROD.

La faiblesse me Toffrc , et ma main s'en empare ! Des enfants Font lissn , mais saiîii par mon bras Les peuples tout entiers ne le briseront pas l

ENOS

Dieu sourit de mépris à la gloire usurpée.

NEMROD met la couronne sur sa tête et tire son épée.

Voici mon diadème , et voici mon épée !

LE PEUPLE s'ittc inant.

Gloire, honneur à Nemrod ! longs jours 1 jours triom-

[phants !

NEIROD.

Tu peux parler, Enos.

Rends-moi donc mes enfants!

Pour répondre à ta force et soutenir la mienne, 11 faut que dans mes bras, sur mon cœur je les

[ tienne.

NEMROD

Sache les mériter pour qu'ils te soient rendus A mon titre de roi des hommages sont dus : Que ton superbe front devant moi s'humilie.

ENOd.

Viens donc fouler aux pied» cette tête avilie; Si je n'avais, hélas! que leurs jours à sauver, Je saurais avec eux mourir et te bniver.

NEMROD

Il succombe... à genoux!...

ENOS

0 pleurs, tourments d'un père !

Rends-les-moi , j^obéis. . .

NEMROD

A genoux, téméraire!

ENOtf.

MYSTERES

ENOS

Je n'adore que Dien!

NEMROD

«Fléchis devant le nA , Fléchis, ou pour jamais..^

ENOS

0 mon Dieu !

( J iombe è genoux les mttins lévites au eîêl^ puisse tonmant vers Nemrod : )

Rends-les-moi.

NSMROD.

Reiidei'luî ses enfants.

^niEL.

0 mon père!

Mafilkl Ne pleure pas, c'est moi I... Malheureuse famille l

ARIEL

Père, où donc allons-nous?

IlNOS.

Mourir!... Pauvre Ariel!...

Maintenant , écoutez l'interprète du ciel. Enos, relève- loi! peuple, a genoux!... silence! Le prophète sacré qu'écouta votre enfance Va nous parler encor.

ENOS

Tu le veux , j'y con«*n5; Mais pour étendre au loin mes débiles accents, Laisse-moi de ce pont gravir encor la pierre, El jure d'exaucer mon unique prière; Jure que jusqu'au bout tu m'entendras parler. Pour que ma voix au moins s'élève sans treiubler.

NEMROD

Tu seras écouté, j*en jure par moi-même.

ENOS, montant sur le pont avec ses enfants dam tes

bras :

Voici donc ma parole : Anathème! anathème Sur toi , sur ta couronne et sur tes vils flaitenrs! Anathème au troupeau qui, las de ses pasieilrs, A des loups dévorants livrant sa destinée, Kiigraissera pour eux sa mollesse enchaînée. Vous êtes i genoux , courbez vos fronts plus bas, El quand je vous maudis ne vous redressez pas. Pour mes derniers enfants quand j'implorais cet

[homme, Que je n'ose appeler comme l'enfer le nomme, Courbé , pour (es reprendre à son pouvoir honlcai, J^allais me relever pour mourir avec eux! Nemrod , tu crois trop tôt savourer le parjure Dans le sanglot des cœurs que ta rage torture! Pourquoi donc es-tu pâle? On dirait que c'est loi Qui vas subir mon sort et que je suis ton roi! C est qu'il est dans la mort une majesté sainle Qui sur les cœurs pervers f:)it descendre la crainte; C'est que je vais l'attendre au dolà de ces bords, Où sous la main de Dieu s'inclinent tous les morts. Adieu! la solitude attend les funérailles, El le ver du trépas se promet tvS entrailles.

NEMROD

Gardes, saisissez-les!...

ENOS

bourreaux , n^avance^ pas!

Je puis vous échapper si vous faites un pas. Du Seigneur ^ui nous voit redoutez la justice, Et laissez-moi finir mon dernier sacriiice. Eiifants infortunés, pauvre couple innocent Que me laissa mon fils tout couverts de son saog, Puisqu'il n'est plus pour vous d'asile que la loiube, Sur l'inl^me oppresseur que votre sang retombe.

( // embrasse ses enfants,)

Keurod.

Qu'on sauve ces enfants ! Arrêtez le vieillard Courez : que Craignez-vous?...

ENOS, se précipitant avec ses deux enfants :

Nemrod, il est tro^ taril!

Ah!...

LES r^Mtfns.

LB PftUfU.

Quel crime!...

NEHRODV

0 fureur!... qu'on plonge dans ccsowlcs Suivez-en les détours sous ces roches prufoiide»

MYSTERES

BfYStERES

Rendez-moi ces enranU que j'avais adoptés. Votre vie en répond

{Ptusieuri e9elave$ descendent dans le torrent ^ te peuDle Si penche sur les roches et regarde en bns,)

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