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ACTE PREMIER

{Une terrasse du palais de Nemrod, un siège en forme de lit de repos ; des arbustes , des tentures précieu» ses. En panorama la ville de Babel , et la tour cachée d^abord par un rideau.)

SCÈiNE PREMIÈRE.

MESR.VÎM.

Que les bruissements de cette multitude Alfligent de mon cœur la morne solitude! Et combien semblent lourds h mes bras énervés L'or et les bracelets dont ils sont entravés ! Babel adore en vain ma brillante misère; Je suis esclave ici, Nemrod n'est pas mon père. El la secrète horreur qui fait pàiir mon front , Vient dans tous ses bienfaits m'accuser un affront. Un vague souvenir me poursuit comme un rêve, Je ne sais quel fantôme en mon cœur se soulève Et semble rappeler mes regrets éperdus *

Vers je ne sais quels biens qu'à jamais j'ai perdus. Les grandeurs de Nemrod m'ont pris comme une

rk ^ fli j .. [tombe

Qu effleure de son aile une irisle colombe.

Mes jours sont un enfer où je rêve le ciel , El mon âme, étrangère au faste de Babel', N'envie à ses regards qu'une beauté vivante Qui trouble de mon cœur la jalouse épouvante. Et je voudrais la fuir!... ou plutôt... malheureux. Tremble de l'avouer le crime de les vœnx. Je voudrais séparer la fille de son père, Ou mériter pour elle un trépas que j'espère. Z.dpha! pourquoi le ciel, irop rigoureux paarmoi. A-i-il donné mon cœur à la uUe d'un roi? Que ne puis-je avec loi , douce et belle compacne. Comme Je passereau voler sur la montagne. Voir pâlir pour toi seule et renattre vermeil Dn jour dont l'amitié serait le doux soleil ! Malheureux orphelin ! les ténèbres dtt crSoie Entourent mon berceao sans doute niégiOme* Uu mystère sanglant au senil de ce palais Cachant mes premiers nas m'y flétrit à jamaig. J'«Hais si Jeune encor ! Quelle homicide envie Avait proscrit mes jours? Pourquoi sauver ma vie? Car l'horreur du trépas, troublant mon souvenir. Des secrets du passé priva mon avenir.

Que veut faire de moi cet homme qu'on adore. Et devant qni mon cœur n'a pu fléchir encore?

Al endraii-il de lui Tinduigence d'un père?

Un père ! 0 nom si doux pour les autres, et mol ,

Je n'en ai point connu , je ne conna*s qu'un roi !

SCËNE IL

MesraTm , Zelpha.

Zrlpha, ^ttt s'approchait doucement de Mesrmm^ re^ cuie à ces dernières paroles.

Mesraîm, qm dis-tu? Qnoi î tu n'es pas mon ftèrc!

MESRAÎM.

Dieux! c*est elle! Zelpha! grands dieux, si votre ^ [pérel...

Oh ! hiissez-moi ! fvjez , je suis st malheureux !

ZELPHA.

E!i bien ! cher Mesraîm , nous le serons tous deux. Mais quelle est ta naissance?

MESRAÎM.

Un mystore.

MYSTERES

ZELPUA.

MYSTERES

Tu pleure!

Ohl Je ne devais pas rinterroger... Demeure Un instant près de moi. Frère, ce n^est donc rien D'être aimé d*une sœur I Car mon père est le tien ; Je te croyais son flis en voyant comme il fainie.

MESRAÎM.

Non , je suis seul au monde.

£ELPnA.

Ah ! (a douleur blasphème ; Je ne le suis donc rien , moi qui t'aime tant! moi Qui n'ai d'autre bonheur, d'autre rêve que toi ! Cruel!...

MESRAÎM.

Que ni*as-tu dit?

ZELPUA.

Que je t'aime.

MESRAÎU.

0 misère !

Elle aurait pu m'aimer!...

ZELPIIA.

Qu'as-tu donc, pauvre frère?

HESRAM.

Je ne sais pas ton frère.

ZELPUA.

Et je t'aime encor mieux ; Toi seul ne m'aimes pas, lu détournes les yeux.

MESRAÎH.

Oh! grâce! épargne-moi, Zciplia.

ZELPUA.

Grâce, toi-même!

Ne sois plus irrité: dis-moi : Ton frère t'aime! Vois! quand je te souris, tu ne souris jamais. Et lu ne m'as pas dit encor que tu m'aimais.

MESRAIM.

Non, Zelpba! taisez- vous! Ce mot... c'est un blas-

fphéroe, Et quelque chose au ciel s'irrite lorsqu'on aime. Notre amour est l'encens dont les dieux sont jaloux, Et quand je sens mou cœur frémir... j'ai peur de

[vous!

ZELPHA.

Peur de moi ! qu'ai-je donc d'effrayant?

MESRAÎM.

Votre père ; Sa couronne, les dieux , mes tourments, ma misère.

ZELPBA.

Et ma tendresse mêmj ?

MESRAÎM.

^ Oui , Ton l'en punira :

Ohl puissc-je mourir plutôt!...

ZELPUA.

Zclpha mourra Si tu meurs, Mesraîm. Un nouveau jour m'éclaire; Je ne sais si je dois encourir la colère D'un père qui m'aimait... Je n'ai peur que pour loi. On vient... fuis!... c'est trop lard : non rrslc; c'est

[le roi!

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