SCÈNE PREMIÈRE
ADA
Hs nous ont séparés. Veille sur mon vlcvix père, Dieu puissant 1 et soutiens le zèle de mon frère ! Je SUIS seule en ces lieux qu'assombrit la teneur; De l'antre des lions j*ai su braver l'horreur , Et malgré moi je tremble au tond de cette tombe. 0 Dieu ! ne permets pas que jamais je succombe. Ces voûtes de leur poids écrasent mes douleurs , El ces mornes piliers semblent suer des pleun ! Grandes voix du désert et des forêts profondes , Où de» bruissements roulent comme des ondes ; De l'air et des oiseaux gazouillements confus , Blon àme tous écoute et ne vous entend plua; Car je suis parvenue au terme de la vie Dont Tespoir dans nos bois Oattatt ma jeune enw. Près d'un frère perdu qu'il fallait secourir, Enos m'a ramenée en âge de mourir i Que de pleurs il versa sur ma débile enfance Qull ne pouvait laisser sans guide et sans dëfenst ! Et cood^n j'ai frémi d'espoir mêlé d'effroi , Lorsque, pour affronter le martyre sans moi , Il remit en mes mains ces pages révérées Où Noé de son Dieu grara les lois sacrées ! J*ai caché ce trésor, et j'ai suivi ses pas , Pour trouver avec lui mon frère et le trépas. Veillez, anges du ciel , sur ce noble héritage ! Qu*il transmette aux élus votre espoir d'âge en ije; Dirigez le proscrit qui viendra le chercher, Aux regards des pervers veillez pour le cacher. Que j'expire du moins sans cette mquiétudo t Mais mon corps aflluibli cède à sa laâstluda..
«îf
mSTERES
h fiuis dormir encore... Oh ! puisse le soiunieil Vappruober doucement d'un glorieux rcvêii !
(EUe êe couche 4ur le$ pierres.) Mes saints ai^es, veillez*.... je dors , et mon cœur
t'prie.
f) terme de Texil ! ô céleste patrie ! (irjls sont beaux et joyeux dans ce riant azur Mon père !... mes amis... ! Oh ! que le ciei est pur !...
iEUe t'endon.)
«ŒNE H.
Aaa, Ncmrod.
{Nemnd deuend lentement Peêcatier et vient am- Umpter Ada emdêrmie.)
TMe dort^ et c'est moi que le chagrin tovrmente ; Captive en ses grandeurs, mon Uiae se lamente, lai peur qtie mon pakôsne m'entende gémir. Et dans ce noir cachot celte enfant peut dormir. Suis-je donc en effet le makre de la terre , lloif ui neuK à mes pieds asservir le tonnerre , Et qui viens, le coeur triste et la pMeur au front , Dans le fond d*un tombeau recevoir cet affront ? Elle dort ! et f attends , moi son luge et son maître , Le réveil d*uiie esclave et son mépris peut-être ! Quel est doue ce pouvoir qu'ils nomment la vertui Par les pleurs de Zdpha mon cœur est abattu : Pourquoi Tai-je exposée au mépris d'un barbare Qui par le même orgueil Paimait et s'en sépare ? Hélas? de mon bonheur Pastre s'est obscurci , Nemrod rival de Dieu ! Que viens-tu faire ici ? Es-tu roi maintenant, pour la nuit qui t'écouie Avouer à ton cœur Taffreux tourment du douie? Non, je ne doute pas, je suis roi, je sois Dieu! En vain mon diadème est un cercle de feu 1 Ce front qu^îi a ridé sous son poids se relève , Et malheur à qui peut m'insulter... même en rêve ! Captive, éveiilo-toi ? jeune Me, entends-tu î
ADi rêvant.
Mob père !•••• je suis digne encor de ta vertu.
NEMROD
Ton père n'est flus là, c*est ton roi qui t'appelle.