‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 141 sur 194 · SCÈNE Vf · texte numérisé non relu

SCÈNE Vf

Nemrod, puis Zelpha.

NEMROD

Et toi, sois on cadavre ! . . . 0 néant de la vie f Et l'on voit nos grandeurs avec un ceil d'envie! Lâche, qui m'as trahi pour me ravir la mort ! 0 tourments de Tenfer, inexorable sort ! 0 du mal que je brave impur et vil génie,* Triomphe maintenant de ta froide ironie! M'as-tu rendu ma ÛUe en sauvant mon pouvoir ? Va! je suis fier enoor de ne rien te devoir.

(// tire son poignard.) On vient, frappons!

ZELPHA.

Mon père, arrêtez ! (Elle lui saisit le bras.)

0 mon père,

NEMROD

Est-ce de l'agonie une vaine chimère ?

Malheureuse, est-ce toi? que viens-tu faire ici? Vest elle enfin ! c'est elle! Eh bien, Salan, merci f Zelp'ha, viens-tu d'un père insulter l'agonie. Et sais-tu que du mal le fidèle génie Te livre entre les mains de ton père oulragc. Qui mourrait seul au monde, et va mourir vengé?

ZELPHA.

Ah ! laissez-moi du moins le temps de vous défendre,

Et qu'au peuple irrité ma voix se fasse entendre.

I>e mon corps éperdu laissez-moi vous couvrir;

Quand vous serez sauvé, je consens à mourir.

Lorsque de Mesraïm vous menaciez la vie,

L'n légitime amour à vos bras m'a ravie ;

Mais quand vous succombez sous la foule en cour

[roux , Votre danger m*entrafne et me rend toute à vous, Car des nobles malheurs ma tendresse est jalouse. Un père sans pitié m'avait rendue épouse ; Maintenant qu'Ariel s'avance triomphant.

D'un père malheureux je veux être l'enfant ; Opposer ma tendresse à la fureur (!es armes. Racheter, s'il se peut, son sang avec mes larmes. En face des Louricaux rester son t»cul apnui. Sauver enfin mon père, ou mourir avec lui 1

NF.UR0D.

Ma fille! il est donc vrai ! c'est elle, c'est ma fille; 0 mon unique amour, et ma seule famille ! Elle m'aimait encore!.... Eh bien! sois donc à moi. Mais sache. que Nemrod saura mourir en roi. Ah ! je suis consolé dans ce moment suprôiiie. Car j'enlève au barbare une épouse qu'il aime ; Je retrouve ma flUe... Oh ! mais peut-être encor Je donne à mon espoir un trop facile essor. Regarde-moi, Zelpna; dis-moi, pui&je bien croire Que ton époux vainqueur a perdu sa victoire? N*as-tu pas espéré dans ton cœur avili Que d'un lâche pardon mon front serait sali? Crois-tu que d'Ariel pâlissante victime.

Je lui cède en tremblant un succès magnanime. Et que sous sa clémence humble et le dos courbé, Je puisse vivre encor lorsque je suis tombé ? Tu m'aimes, disais-tu, partage donc ma haine; Sois ma fille en un mot, et non ma souverait^c ; Renonce à ton amour, renonce à me trahir !

ZELPHA.

Non, je ne pois forcer mon cœur à le haïr. Hélas! et le pardon qu'à vos genoux j'implore» Mon père, c'est celui d'un époux que j'adore.

NEMROD

Tu l'adores? dis-tu, quand le fer à la mam. Jusqu'au cœur de ton pcre il se fraye un chcminy

SCS

MYSTERES

Et tu viens m^insuiter de tou amour îiifàiiM!, Lorsque je vais mourir! 0 làdie cœur de femme, Que viens-tu faire ici? tu veux me secourir; Eh bien donc ! tu mourras pour m'aider à mourir, Car la guerre en fur^r a changé ma tendresse Et je t aime, vois- tu, d*un amour de tigresse; Je n'ai point au démon fait des vœux supiîrflus, Il t'a rendue à moi, Tautre ne t*aura plus !

ZELPHA.

Mon père! par pitié! grâce pour vous!

CMS DU PEUPLE»

Victoire!

IVEIIROO.

Que le ciel conjuré soit jaloux de ma gloire :

Ce fer consolera mon honneur outragé.

Et je meurs triomphant, puisque je meurs vengé.

(// $*as$ied $ur le trône le poignard à la main, et ttent Zelplia à deuii retwcnée &ttr lui.)

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