‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 142 sur 194 · SCÈNE VU · texte numérisé non relu

SCÈNE VU

Les précédents, âriel, Enos, le peuple.

▲RIEL

A moi ! frappez 1 c^est lui ! dieux 1 que 'vois-je ? Ah !

(|ieriide.

Arrêtez ! écartez ce poignard parricide ! C'est elle, c'est Zelpha, c*est mon bien, mon amour ! Ah ! c'est trop de mourir deux fois en im seul jour !

REMROD.

Comment n'as-tu pas en la joyeuse pensée Qu*ici je t'attendais avec ta liancôe?

C'est la soif de mon sang qui semble te presser. Viens le boire, Ariei, je vais te le verser.

▲RI EL

Zelpha !...

ZELPIU«

Mon Ariel, prends pitié de mon père.

ARIEL

Mais qui donc t'a livrée à sa main sangoùiaire? Sauvons-la de sou; père, il est son assassin.

NEIIROO.

Un pas de plus, ce fer est plongé dans son sein !

ZELPHA.

Ariel!... Ariel!...

ARIEL

Ah! sa voix me désarme, Moi, qui lui donnerais mon sang pour une larme. Peuple ! souffrirons-nous qu'il i'egorge à nos yeux ? Vous vous êtes armés contre ce furieux, Pour sauver cette enfant, sougez-y, qu'on me lue, Si Ton veut ! que ma tète à ses pieds abattue Aille rouler sanglante! arrêtez! sauvez-la!

LE PEUPLE

A mort Memrodl A mon !....

ARIEL les arrêtant,

Zeipbal sauvez Zelpha !

ZBLPUA,

Ariel! sousee fer qui cherche ma poitrine Laistfe-mol révérer la volonté divine; Memrod était mon père, il a des droits sur moi. Et lorsqu'il veut ma mort, je l'attends sans effroi. Mon devoir le [dus saint, quand je devins épouse» Rendait de tes malheurs ma tendresse jalouse; 11 fallait te sauver ou mourir de ta mort. Car j'avais épousé les rigueurs de ton sort; Maintenant, malheureux, tu veux tuer mon père ; Dis-moi donc désormais ce qu'il faut que j'espère. Veux-tu donc soulever entre d'affreux amours Te fantôme sanglant de l'auteur de nos jours? Voudrais^u condamner le cœur de ton am^uitc

A frémir sous ta main d*borretir et d'cpouvante, Et pourrals-tu toi m%me, assassin p&lissam, Y sentir palpiter le reste de mon sang; De ce sang dont toi-même aurais tari ta source, Tandis que, comme un fleuve ahsori)é dans u coor^^ Je me dessécherais dans l'ennui, dans les pleurs, A moif coupable amour reprochant mes doolenrs? Veux-tu que le courroux d'une ombre patemUle Poursuive «ha^que nuit su Allé crinincne? Moi, j'aime mieux mourir. Oh 1 Ta ! mon Ârid, Si ton amour si doux m'a fait croire à ton ciel, Je n'ai pas cru du moins, femme dénaturée. De l'amour filial trahir la loi sacrée : Son caractère auguste en mon cœur est tracé liit par ma passion ne peut être effacé ; Je ne crains donc au ciel aucun juge sévère, Tous les dieux sont pour moi quand je défeiids ma

[pén:!

ENOS

Ton père est un tyran pour le peu^ outragé; Le sang des justes crie, il faui quVl soit vengé!

KEMROD.

Et par quel droil ce peuple en eslril donc rarUiref Que vient-il demander? que veut*il? à quel liirc? Est-ce d'avoir rampé sous moi pendant vingt aus, Qu'il réclame l'honneur par ses cris insultauis! Si J'ai versé le sang, lui, bourreau sans colère, 11 fut de nies rigueurs Tinsiniment mercenaire. 11 n'est point de tyrans quand le peuple obéit, Et l'on absout les rois du ji>ur qu on les trahit! Le taureau révolté peut-il juger Je prêtre? Est-ce au tigre échappé de condamner son maitre? Je laisse à mon mépris déjuger vos desseins, Je cherche un peuple ici ; je vois des assassiasl

ARIEL

Dieu puissant! il dit vrai ! jamais la violence. Jamais l'orgueil de Tbomme, altt^ré de vengeance, Ne pourront conquérir la justice et les lois, La révolte du peuple a compromis ses droits. Qu'ai «je foit, malheureux! quel jour aUreainé'

f claire!

Les rois même que Dieu donne dans sa colère N'ont oue hii seul pour juge; Ils régnent cepeadast; Et le glaive des lois se brise en reinoiiiant. Nemrod, tu m'as vaincu ! tiens voilà mon épée.

Du peuple ainsi par toi la veogeaace est trompée.

ARUL.

Mais que veuiril, oe peuple an hasard entralaéf il baisse maintciiafii son rN[ard oonslerné; Un seul mot de son roi sumi pour le cooféodre; Qu'il parie, que veut*il ?

REIIROD.

Il ne peut le répondre, Il n*en sait rien 1

ENOS

Hélas! je me trompais ausn :

A Tempreinte des fers ee peuple est endurci ; Emporté par licence à des combats sans gloire, 11 est embarrassé déjà de sa victoire ! Tu triomphes, Nemrod : prends nos têtes, aoisiti, Ce peuple qui l^épargne est digne encor de loi.

UN HOtfltE no PEUPLE.

n nous insulte, amis.

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