‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 15 sur 194 · APOCR\PI|ES · texte numérisé non relu

APOCR\PI|ES

APOCRYPHES

Cette lutte des ténèbres et de la lumière

sa yie rendue aux derniers instants du vieillard, puis Tunion mystérieuse de ces trcùs personnages, qui sont toute une hiérarchie et qui constituenttce qu'on a pieusement ap'* pelé la trioité de la terre; ce type nouveau de la famille régénérée, où c*cst Dieu même qui est Tenfent, cette chasteté sans souillure qui préside au mariage des deux époux, et de sacerdoce des œuvres de miséricorde exercé par la Vierçe-Mère 1 la reine du ciel exerçant les fonctions de la première sœur de charité, et le Sauveur du monde, le prêtre et le roi de Tavenir, inaugurant son double ministère en donnant la lumière et la paix et en repoussant les ténèbres ; l'humilité profonde du plus juste des hommes, qui tremble à la pensée des jugements de Dieu; tout cela maintenant nous est iamilier ; les dogmeç du christianisme dont notre esprit est nourri dès notre enfance, ne nous étonnent plus par leur grandeur et ne nous surprennent plus par leur criée ; mais qu'on se reporte aux premiers siècles, k Tépoque où se cachait encore aux Catacomlies une semblable littérature. Supposons, comme cela arrivait alors, que toutes ces beautés si grandioses et si pleines d'humanité dans leur çrâce divine soient révélées pour la première fois à un disciple de Socrate et de Platon ou il un des adorateurs d*Homère, quels cris d'admiration à l'ouverture de ce ciel 1 comme l'Olympe devait tout à coup devenir ténébreux ! comme Jupiter devait descendre de son trône 1 Je parle des grandes Ames et de ce qu'elles devaient ressentir, et par les grandes Ames je n'entends pas les Ames des grands, mais les petits accouraient en foule près du fils du charpentier, et il les faisait grandir par la résignation, le travail et la volonté forte, et tout le monde se convertissait à la nouvelle doctrine, car le monde, fatigué de mal vivre, se sentait intéressé à suivre la doctrine d'un Dieu qui apprenait aux hommes à bien mourir. fi Dans une autre composition du même genre, attribuée au docteur de la loi, Nicodème, on trouve des détails sur la passion du Sauveur et sur sa descente aux enfers.

Lorsque les Juifs accusent JésusrChrist devant Pilate, ce proconsul envpie un héraut pour introduire l'accusé; ce héraut salue profondément le Sauveur, et, détachant sou manteau, le lui m.ct sous les pieds; la foule s'en irrite et crie ; le héraut dit : Il n'y a pas huit jours que je vous ai vus faire la même chose, je croyais vous plaire en honorant celui que vous avez honoré. Lorsque Notre-Seigneur entre dans le prétoire, les aigles romaines s'inclinent à leur tour et le saluent : nouveaux cris des pharisiens et de leur populace ; Pilate lui-même s'élonne et interroge sévèrement les vexillaires : ceux-ci répondent que les aigles se sont inclinées sans leur consent,en;ent ; on

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les remplace par d'autres plus forts et plus hostiles au Sauveur, les aigles s'inplinenf encore, comme si la fortune des césars, re* connaissant son vainqueur, le saluait avapt de s*en aller, i)uisque le jour approchait où des voix crieraient dans lé temple : Zq dieué s'm vont l

La descente ^ux pnfors est un épisode digne de fournir des inspirations h une épô-^ pée chrétienne ; la mise en scène est de^ plus dramatiques. A la nouvelle de la resurrpction de Jésus-Christ, la ville de Jérusalem est pleine d'énouvapta et de troubl9 ; les pharisiens se renierrnent consternés dans leurs maisons ; Nicodèmo, Gamaliel .et Joseph d'Arimalhie courent aux sépulcres et les trouvent ouverts ; non-seulement Jésus est ressuscité, mais plusieurs justes sont ressuscites avec lui, et notamment le$ deux fils du vieillard Siméou, celui qui, avant de mourir, avait tenu entre ses bras le gagp de la vie éternelle. Les docteurs reviennent à la ville et y trouvent les deux morts qu'ils cherchaient, ressuscites et vivants; ils le$ suivent dans la synagogue, et là ceux qui sor'ent des tombeaux, après avoir fait sur leur langue le signe de la croix, commencent h parler, et racontent les merveilles de l'autre monde, puis ils retombent dans le silence dont iU ont pris l'habitude, mais ils font signe qu'on leur donne de l'encre et un parchemin, et ils écrivent les cris de joie d'Adam et des prophète^ à la venue du sauveur dans les limbes.

> « Lorsque nous étions avec nos pères « placés au fond (f es ténèbres, nous avons été soudain enveloppé^ d'une splendeur dorée comme celle du soleil , et une lueur royale ' nous à illuminés: et aussitôt Adam, le père de tout le genre humaip, a tressailli de joie ainsi que tous les patriarches et le^ pro-

f)hètcs, et ils ont dit : Cette lumière, c'est 'auteur même de la lumière qui vient lui* même, selon sa promesse, nous illuminer d'un jour éternel 1

(( Au bruit de la venue du Sauveur, doux fantômes terribles se lèv^snt pour lui résister et s'opposer à son passage; c'est le roi des enfers et le prince ae la mort. Il vient donc, ce Jésus, disent-ils, qui a déjà troublé nôtre empire en rendant des morts à la lumière ! préparons-nous à le charger de chaînes et h le retenir dans le plus profond de nos abîmes. Mais tout ^ coup une voix formidable se fait entendre : Princes^ ouvrez vos portes ! Ouvrez'votts^ portes éternelles I c'est le roi de gloire qui veut entrer I pi terreur paralyse le courroux des géants dfi l'ablme, Jésus frappe de sa croix les portes qui se.brisc^it, et une éblouissante lumière envahit l'abîme et terrasse les démons avec l'éclat de la fou* dre. La cité ténébreuse est conquise et le vainqueur appelle à lui la foule des Ames dont il brise les fers; il étendis main, et, faisant sur leur tôte le signe de la croix avec cette main blessée, d'où semble jaillir encoro le sang avec Içi lumière, il les baptise du baptême de sa mort et de sa résurrection. Vous avez souffert, leur dit-il, mais ceu^t

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