NAHUM
fin il 5*a$sU et demeura tranquille et coy, puis se destoomant de soy« il se retourna vers Dieu, et se résignant i la volonté d^icelui, il dist : Voêtre volonté $oii faite {Matth. xxvi). Estant ainsi assis, il vit deuant soy en extase yne saincte vierge, quiavoit esté sa 811e spirituelle, laquelle estant encore en vie lui auoit pré iit qu*il endureroit beaucoup d*aduersitez : mais cpe Dieu le déliureroit de toutes. Il vit, di-ie, ceste vierge lui assister, et le consoler doucement. Mais il fut indigné de cela, et la rej^rint de menterie. Alors ceste vierge se sousnant s'approcha plus près et lui baillant sa sainte main, elle dit : le vous promets et donne asseurance es paroles et au nom de Dieu tout puissant, que iamais il ne vous laissera, ains que plutost par la bénignité et grâce d'icelui, vous surmonterez teste fâcherie , et toutes autres qui se pourront présenter. Suso respondit : Fille, la douleur et destresse que l'endure de présent est si cruelle et terrible, que ie ne vous puis d*oresnauant plus adiouster foy, si ne me donnez un signe euident de cela. Elle dist : Dieu par soy-mesme vous excusera et purgera enuers tous les gens de bien et d'honneur : quand aux meschans, ils iugent toutes choses selon leur meschanceté : de quoi le sage et courageux ami de Dieu doit faire peu d*eslime. Au reste, l'ordre de S. Dominique, lequel vous dites auoir reçeu deshonneur par cela, sera encore beaucoup plus agréable pour l'amour de vous h Dieu et à tous ceux 9[ui vsentde raison. Et afin que vous cogaoissiez que ie dis vérité, sçacnez que bientost Dieu vous vengera, espandant sa fureur sur ceste détestable femme, qui vous a causé ceste calamité , et la fera siuitement mourir : et ceux pareillement qui lui ont aidé k sem r de mauvais bruits de vous, périrons tous aussi de bref. Ces choses entendues, Suso deuenu plus ioyeux pour sa déliurance, altcndoit quelle fin Dieu mettoit à cette tragédie. Quelque peu de iouj-s après toutes ces choses véritablement aduindrent, car ceste sacrilège femme expira subitement, Dieu la punissant : et plusieurs des autres qui Tanoieut le plus griefuement persécuté, moururent aussi de mort subite, partie sans confession, et sans reccuoir le saiSct sacrement de l'autel. L*vn d'iceux estoit quelque Prélat, qui l'avoit cruellement affligé. Ceslui-ci après sa mort apparut à Suso par vision, et luy dit que pour cela il avoit perdu la vie et la dignité, et qu'il lui faudroit endurer de grands tourments. Or quelques vus de ses amis, qui sçauoient comme ie tout
estoit passé, voyans ceste inusitée yen*
{;eance, et la mort subite de ses eonemis, ouoient Dieu, disant : Véritablement Dieu aide à ce bon personnage, et voit-on claireoient qu'on lui a fait tort : a cause de quoi nous et tous ceux qui ont du coeur, l'aurons en meilleure estime et en plus grande réputation de sainteté, que s'il n'auoit point enduri cela. Depuis cela toute ceste tempeste par la
Race de Dieu fut assopie, comme la Tierce juoit prédit en vision. Bien souuent après il disoit en soy-mesme: Seigneur, il est vrai ce qu'on dit communément. A qui Dieu veut aider, aucun ne lui peut nuire. Pareillement le compagnon d'icelui, qui ne s'estoitpas montré son ami en ceste cause, comme il est dit ci-dessus, et ne vescut gueres depuis« lui apparoissant après sa mort vestu d'vne belle et magpiflque robe d'or, estant deliuré de tout cest empeschement, qui l'engardoit de voir la face de Dieu, amoureusement l'embrassa, et doucement appliqua et pressa le visage d'icelui contre ses louls, lui priant qu'il lui pardonnast l'offense commise contre lui, et qu'il eust éternelle amitié entr'eux. Cela fut agréable à Suso, qui de son costé l'embrassa aussi fort amiablement, puis l'autre s'esuanoûit, et s'en alla au ciel. Et quand il s embla temps à Dieu, Suso après auoir bien enduré, fut diuinement déliuri de toute son affliction, et recréé d'vn intérieure paix de coeur, d'vn tranquil repos et d'vne grâce abondante. Uloûoit Dieu fort affectueusement et principalement pour ceste affliction passée, et disoit, qu'il n eut voulu pour tout le monde n*auoir enduré tout cela. Facilement alors il co^noissoit par illumination diuine, qu^ auoit esté plus excellemment consolé, recréé, et pare.llement esleu< en Dieu, pour auoir esté ainsi humilié, que de toutes les autres afflictions que il auoit end iré depuis son enfance iiisques à ce temps, ii
Que pourrons-nous dire à ceux qui ne trouveront aucun charme dans de (pareils récits, et qui n'admireront pas môme au point de vue littéraire ces contrastes de grâce et de barbarie , d'austérité et de douceur, ces larm s [)lus que maternelles de la chasteté qui sympathise avec l'innocence? Nous leur citerons seulement ce passag de l'Ecriture : a Vos pensées ne sont pas mes pensées , et vos voies ne sont pas mes voies , dit le Seigneur. Cogitationes vestrw non $unt C091tationes rncœ^ nequeviœ vcêtrœ viœ meœ^ dicU Dotninus. »
NAHUM. — Le prophète Nahum a chanté la ruine de Ninive dans un dithyrambe sublime. L'enthousiasme lyrique est porté à son comble dans cette prophétie pleine d'épouvante. Le début en est magnifique, et offre les plus belles oppositions.
« Le Seigneur est un Dieu jaloux qui se vei^e, mais il possède sa fureur. Il se veog« de ceux qui lui-font la guerre, il s'irrite ooutre ses ennemis. Mais le«Seigneur est grand et patient dans sa force • et ne Ihippe pas l'innocent. Il passe dans la terapéto, et les
MAHUM