‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 173 sur 194 · POESIE · texte numérisé non relu

POESIE

art ingénieux et bonnôte de la paf^sion de toutes la plus déshonnète et ta plus brutale, pt d*empoîsoDner l'esprit peur corrompre ensuite la volonté, j'espèpe qu*ils chercnerunt plutôt un divertissement agréable et sérieux dans tla lecture de ces bistoires également belles et dévotes, que dans ces contes profane» et ces illusions toutes païennes; qu'ils aimeront mieux des beautés naturelles e( vivantes que des peintures mortes et des visages fardes; qu'ils préféreront la vérité & des fables, les miracles que Tamour divin a faits à ceux q.ue l'amour impudiqjje ft inventés, et les grands et soHd es ouvrages de la gr&ce toute pure aux basses et vaines productions de la raison toute corrompue*. »

PIERRE (saint). — Les deux Epîtres de saint Pierre-sont aîgnes du prince des apôtres par h dignité du style, par la gravité des sentences et par raulorite de leur morale. On n'y reconnatt plus le pauvre pécheur de poissons de Bethsaïde : Tesprit de Dieu a transRguré le génie de Céphas, et la pierre brute qu'on foulait aux pieds sans la voir est devenue la pierre angulaire dans un édifiée impérissable.

« Et vous, dit-il aux chrétiens, vous êtes aussi les pierres vivantes de lEglise de Jésus-Christ : prenez donc pour base le fondement inébranlable gu*il a posé lui-même,. et dlevez-vous vers lui unis ensemble comme une maison spirituelle; achevez* l^édiflce de son sacerdoce royal, et faites resplendir l'éclat de vos vertus, vous cfu'il a trouvés dans les ténèbres et qu'il a daigné appeler à son admirable lumière. Imposez silence par vos bonnes actionsaux calomnies derignorance»

(/ Peir. II).

« Agissez comme des hommes libres, dit-il encore; mais n-imitez pas ceux oui prennent In liberté comme un voile pour leurs vices : hi vraie liberté est celle des serviteurs de Dieu. Honorez tout le monde, chérissez la fraternité, craignez Dieu et rendez des honoeurs au roi » (Ibid,). Telle est en peu de aoûts toute la politique de saint Pierre.

Dans la seconde Epltre, le premier des souverains pontifes fulmine contre les faux prophètes hs çlus terribles condamnations, et ses paroles s*élèvent dans ce passage à une véritaljle éloquence. 11 faut le voir peindre à grands traits ces esclaves des convoitises de la chair, contempteurs de l'autorité, audacieux, amoureux d'eux-mêmes, crui ne craignent pas de causer par leurs blasphèmes des divisions dans l'héritage du Seigneur : «• Les anges, dit-il, ne se maudissent jamais les uns les autres , et ces hommes ne craignent pas de condamner à jamais leurs frères. Ils s'en vont, comme des animaux » sans raison, donner de la tête dans toutes }es embûches de l'ignorance et du péché; ce qu'ils ne comprennent pas, ils l'outragent, el ils veulent périr dans leur corruption.

« Ils se font payer le salaire de leurs injustices;. ils prennent pour la volupté les délices, les souillures el les impuretés d'un jour, et ne s'associent que pour les dibaucbes de la table.

t Ils ont les veux pleins d'adultères et d^un crime perpétuel... Ce sont des fontaines arides, des nuages tourmentés par tous les vents, et qui seront enfin repoussés dans la région des ombres éterneltes.

« lis promettent ta- liberté à ceux Qu'ils séduisent et sont eux-mêmes les escFaves de la corruption : car n'est-on pas toujours l'esclave de qui vous surmonte et de ee qui vous mène? »

Grande et magnifique parole, aueles démagogues de nos jours devraient ni en profondément méditer. Sublime révélation de la vraie liberté qui durera plus longtemps que tous les sophismes de l'enfer et tous les rugissements des dresseurs d'échafauds.

Dans la dernière partie de son Epître, saint Pierre décide comme premier pape la grande question du jugement dernier, qui agitait les esprits à cette époque. On pensait que rheure en était prochaine, parce qu*on avait mal compris Notre-Seigneur lorsqu'il avait dit, en comparant les malheurs.de la destruction de Jérusalem aux angoisses du dernier jour : Cette génération ne passera

S oint que toutes ces choses ne soient accomplies. aint Pierre confirme les fidèles dans la foi au dernier jugement; mais il les invite à n'en pas calculer l'époque, les avertissant du ceci : Que < mille ans sont devant Dieu comme un jour,» et que «l'heure du jugement universel sonnera à l'improviste pour tous les peuples de la terre. Les cieux alors passeront avec l'impétuosité de la foudre, et le feu dévorera les autres éléments; puis viendront d'autres cieux et une terre nouvelle ôik habitera la justice. »

Les expressions de saint Pierre sont fortes; son style, plus simple et plus calme dans ses mouvements que celui de saint Paul , est énergique et coloré. Ses deux Epîtres sont courtes, mais contiennent d'admirables principes dont toute la doctrine de l'Eglise n'est que le développement et le commentaire.

PIETÉ (Livres de). Yoy. Mystiques.

POEME.— Un poëme, en général, est une œuvre de poésie. Ainsi toute composition poé* tique est un poëme. On donne cependant plus particulièrement le nom de poëmes à des ouvrages ré^liers, de longue haleine, et divisés en plusieurs chants. (I oy. Poésie.) POÉSIE.— Poésie veut dire création» et en prenant ce mot dans sa signification rigou-» ceuse, il faudrait dire que Dieu seul est le poëte de l'éternité, dont les univers sont l'épopée immense. L'homme créé à son image est appelé à sentir les harmonies de son œuvre. Dieu lui a donné une ombre de sa toute-puissance dans l'immensité des aspirations el des désirs qu*il permet à cette nature immortelle. Ce que l'honHne ne sait pas il lui est donné de le pressentir, de le dési* rer et même de l'imaginer. L'imagination est comme un miroir spirituel où se reflète l'infini. C'est en réglant l'essor de l'imagination par l'instinct sacré des destinées éternelles, que rhomme peut combler en idéo les abîmes qui le séparent de Dieu par des créations qui semblent être les échelons lu-

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