DIES IR
0 jour! terrible jour d'horreur et de misère (1) 1 La croix, signe d'effroi, brillera dans les airs : Et d'un roaitre irrité la justice sévère Jugera l'univers.
Du saint roi de Juda les célestes cantiques , Chants de joie et de deuil, de colère et d'amour, Et des temps fabuleux les oracles ajitiques Ont prédit ce grand jour.
Quel spectacle, grand Dieu ! des tourbillons de fiam-
[mes Accompliront du ciel les rigoureux décrets : Et le Dieu qui voit tout dévoilera des âmes Les coupables secrets.
La terre se dissout; la mer fuit et «'éciude. L'astre du jour s'éteint, le ciel perd ses flambeaux. La troinpette soudain sonne : les morts en foule S^éiancent des tombeaux.
La mort pâle est vaincue et frémit : la Nature, Comme elle, est dans le trouble et dans rétounement, Voyant la tombe vide, et toute créature Subir son jugement.
Là s'ouvriront du ciel les archives sublimes Et ce livre où d*un Dieu la redoutable main Grave en traits immortels les vertus et les crimes De tout le genre humain..
Nulle injure en ce jour ne sera sans vengeance ; Rien ne fuira cet œil qu'on ne saurait tromper. La force ni la fraude à sa juste sentence Ne pourront échapper.
Comment fléchir, hélas ! ce tribunal auguste? Dévoré de remords , honteux, humilié , Que deviendrai-je, ô ciel ! quand à peine le juste Sera justifié ?
(1) Dien irœ^ dics illa Calamitatis et miarid
(Soph. 1, 15).
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PROSES
PROSES
un
lioi (loiU la majc<;lc fait frissonner Timpie , Dont tn grâce à retifcr arrache un réprouve « Jésus, souYcneZ'Vous qu^iii prix de votre vie Votre amour m'a sauve.
J*ai vu par vos douleurs ma chute réparée , N*auriez-vous enduré qu'un stérile travail ? i*ar vous, combien de fois la brebis égarée Est rentrée au bercail !
Vous avez des bourreaux épuise la malice. La croix a vu |>our moi répandre un sang divin. Achevez vcj^re ouvrage : un si grand sacrifice Hélas! serait-il vain ?
Seigneur, n*attendez pns le jour de la vengeance. Que dès cet instant même , ô mon juge ! ô mon roi ! La justice se taise , et cède à l indulgence : JJsus, pardonnez-moi.
Coupable, je gémis ; d'abîmes en abîmes Egaré loin de vous, mille erreurs m'ont conduit. Je vous offre aujourd'hui, pour expier mes crimes • Le remords qui les suit.
Madeleine, à vos pieds, heureuse pénitente , En pleurant ses péchés en obtint le pardon , Et l on vit sur la croix votre grâce puissante Faire un saint d'un larron.
J'ai transgressé vos lois; mais mon juge est mon père. Vous me tendez vos bras , et j'aime a m'y jeter. Malgré tous mci forfaits vous voulez que j'espère ; Que puis-je redouter?
Seigneur, qu'auprès de vous ma prière fervente , Tout inJigne qu'elle est, trouve un facile accès. Préservez-moi du feu dont Tardeur dévorante Ne s'éteindra jamais.
De vos préceptes saints gardant la voie étroite , Que loin des boucs impurs soii placé votre fils ; Qu^auprès du bon pasteur il suive à votre droite Les û Ji les brebis.
Livrez, ô Dieu terrible ! à la flamme éternelle Ceux que vous maudissez, qui ne vous verront plus; Mais daignez m'invitcr d'une voix paternelle Au bonheur des élus.
Prosterné devant vous, je tremble et vous confie De mon éternité l'avenir incertain.
Prenez soin de mon ânie, et que ma triste vie Ait une heureuse fin.
G jour I terrible jour de pleurs et de colère ! Où le pécheur, confus, interdit, consterné , Tremblant, se lèvera du sein de la poussière Pour se voir condanmé!
Pardonnez-lui, Seigneur, il en est temps encore ; Ëi qu*arrivânt sans crainte à ce jour solennel , Il puisse vous bénir et voir luire l'aurore Du repos éternel !
Traduction de la prose de Pâques »
VICTIUiE PASCHALI LAUDES (1).
A la PAque nouvelle, au Christ, au roi de gloire , Viclime qui pour nous s'immole en ce grand jour , Que Tunivers chrétien, en diautant sa victoire , Offre un sacrifice d'amour.
L^ homme-Dieu par sa mort rendit la vie au monde. 11 traverse en vainqueur les horreurs du tombeau. El l'innocent agneau dont le sang nous inonde, Kachèle un coupable trgupeau.
L^eofer frémit, il lutte, il défend si con^oêie (2). Bienl6t il s'humilie, et tressaille d^efiroi.
M) On ne connaît point Faufeur de cette prose , mil est très-ancienne. (Voyez Dictionnaire de Théologie de Bergier publié par M. Tablié Migne.)
(â) Monus luui cro, inferne (Osée , xiii, 14^. (Je- Bumiquem Deus siiscitavU^ sûlulisdoloribuê tn ferai (4cC. Il, 2i).
La mort, pAle, confuse, avouant sa défaite , Tremble et tombe aux p'eds de son roi.
Vous qui, fondant en pleurs, de Tanteur de la vie Sur la croix expirant avez reçu l'adieu , Dites, à son tombeau qu*avez-vous vu, liane? — J'ai vu la victoire d'un Dieu.
J'ai vu briller l'éclair, prrcurseur du tonnerre ; J'ai vu paraître un mort du tombeau triomphant ; J'ai vu le ciel s'ouvrir, j*ai vu trembler la terre ; J'ai vu le Christ, le Dieu vivant.
J'ai vu révrncment prédit par tant d*oracIes. Chef-d'œuvre du Très-Haut, préparé par ses soins , Salut du monde entier. Du plus grand des miracles J*âi vu les célestes témoins.
J'ai vu la tombe vide et ses dépouilles vaines , J'ai va ce Dieu captif, dès que te jour a lui , Secouer du trépas les impuissantes chaînes. Il vit; nous n'espérons qu*en lui.
Il vit; son peuple heureux pourra bientôt l'entendre. Ses disciples chéris contempleront ses traits , Dans ces lieux où ses mains se plaisaient à répandre Les merveilles et les bienfaits.
Des maux du j^enre humain vous qui fermant Tablme Ouvrez à vos eUis la terre des vivants, Itoi vainqueur de la mort, triomphante viclimef Ayez pitié de vos enfants.
' Traduction de la prose
LAUPA , SION , SALVATOREM.
Sion, réjouis-loi : que tes pieux cantiques , Enflammés par l'amour, ébranlent tes portiques : Loue un Sauveur, un Dieu, ton guide et ton pasteur; Fais monter jusqu'au ciel tes transports unanimes.
I>» diants les plus sublimes Ne sauraient de sa gloire «'galer la splendeur.
De son amour pour nous ce beau jour est la fête. Dieu s'abandonne à l'homme; il devient sa conquête; Le Saint des saints réside au milieu des mortels. Tous les jours le Très-Haut, devenu pain de vie,
pour nous se sacriûe , Et, sans quitter les cieux, habite nos autels.
Convives du Seigneur, invites à sa table, Célébrons à l'envi ce mystère adorable : Du bonheur des humains les anges sont jaloux. D'un jour si solennel les pompes et la gloire
Consacrent la mémoire De ce festin d'un Dieu prêt à mourir pour nous.
La vérité nous Uiit , la grâce se révèle. L'antique loi n'est plus : une Pàque nouvelle Appelle à son banquet tous les peuples divers. L aurore du salut succède à la nuit sombre ,
L'éclat du jour à l'ombre :
Le soleil de justice éclaire runivers.
Dieu, se hvrant pour l'homme au plus affreux saiH
[plice.
Voulut éterniser ce sanglant sacrifice Par un festin sacré, monument immortel.
Le pain, le vin détruits, n'en sont que la flgure.^
L'auteur de la nature Obéit à son prêtre, et descend sur l'autel (1).
Les sens sont confondus, la raison doit se taire; Mais Li foi sait percer les ombres du mystère , Et reconnaît un Dieu que cache un sacrement. L'homme parle; à sa voix Dieu s'émeut, le ciel s'ouvre,.
Et le chrétien découvre Le corps de son Sauveur sous un simple ahnent.
Le pain seul s'ofl're à nous, mystérieux symbole : Et la chair de l'Agneau, qui sur Tautel s'immole » Se couvre h nos regards d'un voile bienfaisant. Son sang coule pour nous dans le suc de la vigoe (2) :
(\) Obediente Domino vod komîms (Josué, x , ii}r (î) Qe koe genimine titis, (Marc, xiv, 25.) *