‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 183 sur 194 · ODES SACRÉES DB ROUSSBIU · texte numérisé non relu

ODES SACRÉES DB ROUSSBIU

Ode Urée du psaume xiv.

Caractère de Chomme juste.

Seigneur, dans u gloire adorable Quel mortel est digne d'eotrer?

8ui pourra, grand Dieu, pénétrer c sanctuaire inipénélrable.

Où tes saints inclines, d'un œil respectueux Contcuiplent de ton front Tcdat majc^tucox?

Ce sera celui qui du vice Evité le sentier impur; Qiîi marche d'un pas ferme ei sAr Dans le cbcmiu de la justice ;

If73

PSAUMES

Auenlil ei fidèle à dislinper sa Yoii ^ iutrépide et sévère à maintenir ses lois-

Ce sera celui dont la bouche

Rend hoininaçe à la vérité ;

Qui sous un air d'humanité

Ne cache point un cœur farouche ; Et qui, par des discours faux et calomnieux,. Jamais a la vertu n'a fait baisser les yeux.

Celui devant qui le superbe , Enflé d*une vaine splendeur.

Parait plus bas dans sa grardeur Que rinsecte caché sous Thcrbe ;

Qui bravant du méGhant le faste couronné^

Uonore la vertu du juste infortuné.

Celui, dis-je, dont les promesses

Sont un gaffe touiours cerUin :

Celui qui dlin infâme gain

Ne fait point grossir ses richesses; Celui qui sur les dons du coupable puissant N*a jamais décidé du sort de rinnocent.

Qui marchera dans cette voie,

Comblé d*un étemel bonheur,

Un jonr des élus du Seigneur

Partagera. la.«ainte joie ; Et les frémissements de Fenfer irrité Ne pourront faire obstacle à sa félicité.

Ode Urée du psaume xyiii.

Mjouvemenis d^une Ame qui i^élève à l» eonnatêêûnee de Dieu par la iontemplalion de uê oicvro^ei.

Les deux instruisent la terre A révérer leur auteur :

Tout ce que leur gloire enserre Célèbre un Dieu créateur.

Quel plus sublime cantique,.

Que ce concert magnifique De tous les célestes corps l Quelle grandeur infinie l Quelle uivine harmonie Résulte de leurs accords!

De sa puissance immortelle Tout parle, tout nous instruit :- Le jour au jour la révèle , La nuit Tannonee à la nuit.

Ce grand et superbe ouvrage N'est point pour Thomme un langage- Obscur et myslér^ux :

Son admirable structure Estla voix de la nature Qui se fait entendre aux yeux*.

Dans une éclatante voûte H a placé de ses mains Ce soleil qui dans sa roula- Eclaire tous les humains.

Environné de lumière.

Cet astre ouvre sa cairière Comme un époux fflorieux ».

Qui dès Taube mahnale De sa couche uuptiale SorI bcillant et radieux.

L*univers». à sa présence^ Semble sortir du néant :

Il prend sa course et s'avanee^ Comme un superbe géant.

Bientôt sa marche féconde Embrasse le tout du monde Dans le cercle qu*il déerit ; Et par sa chaleur puissante La nature bnguissante Se ranime et se nourrit.

Oh! que tes œuvres sont belles!

Grand Dieu, quels sont tes bienfaits ?

Que ceux qui te sont fidèles

PSAUMES H74

Sous ton joug trouvent d*attraiu l Ta crainte inspire la joie :

Elle assure notre voie.

Elle nous rend trioniphanU ; Elle éclaire la jeunesse, Et fait briller la sagesse Dans les phis faibles enfants.

Soutiens ma foi chancelante»

Dieu puissant; inspire-mol Cette crainte vigikinte Qui fait prati({uer ta loi.

Loi sainte, loi désirable.

Ta richesse est préférable A la richesse de For ; Et ta douceur est pareille Au miel dont la jeune abeille Compose son cher trésor.

Mais sans tes clartés sacrées»

Qui peut connaître, Seigneur»

Les faiblesses égarées Dans les replis de son coeur f Préte-moi tes feux propices »

Viens m*aider à fuir kà vices Qui s'attachent à mes pas ; Viens consumer par ta flamme Ceux que je vois dans mon ftme.

Et ceux que je n*y vois pas.

Si de leur triste esclavage Tu viens dégager mes sens ; Si tu détruis leur ouvrage.

Mes jours seront innocents, luirai puiser sur ta trace Dans les sources de ta grâce ; Et de ses eaux abreuvé, Ma gloire fera connaître Que le Dieu qui m*a vu naître Est le Dieu qui m*a sauvé.

Ode tirée du psaume XLVir.

Sur PaveugUmeM des Aommet 4> ûède.

Qu*aux accents de ma voix la terse se réveille; lots, so][ez attentifs; peuples, ouvrez roreîHe : Que Tunivers se taise», et m'écoute parler. Mes chants vont seconder les accords de ma lyre : L'Esprit-Saint me pénètre; il m'échauffe, il m'inspire Les grandes vérités que je vais révéler^

L'homme en sa propre force a mis sa eonfiance : Ivre de ses grandeurs et de son opulence» L'éclat de sa fortune enfle sa vanité.

Mais, 6 moment terrible ! 6 jour épouvantable» Où la mort saisira ce fortuné coupable» Tout chargé des liens de son iniquité!

Que deviendront alors» répondex» oramls tfi

[monde,

fue deviendront cea biens, oà votre espoir se fonde t dont vous étalez l'orgueilleuse moisson? Scqets, amis», parents,, tout deviendra stérile; Et dans ce jour faul, l'homme à l'homme inutile Ne palra point à Dieu le prix de sa rançon..

Tous avez vu tomber les phis illustres tètes; Et vous pourriez encore» insensés que vous êtes» Ignorer le tribut que l'on doit à la mort? Non, non, tout doit franohir ce terrible passage. Le riche et rindi|;ent, Fimprudent et le sage, Si^ets à même loi, subissent même soit.

D'avides étraiiffers, transportés d*allégr«sse» Engloutissent d^ toute cette ricbesse.

Ces terres, ces palais de vos noms ennoblis. Et que vous reste-tril en ces moments suprêmes? Un sépulcre funèbre, où vos noms , où vous-mèmes- Dans Véiemelle nuit serez ensevelis.

Les hommes , éblouis de leurs honneurs frivoleiy. Et de leurs vains flatteurs écoutant les paroles»

ins

PSAUMES

Ont de ces ventes pcrdo le tooTaiir :

Pareils aui animaoi faroocbes et stnpides, 'Les lois de leur instinct sont leurs uniques guides. Et pour eux le présent parait sans avenir.

Un précipice affreux devant eux se présente ; Mais toujours leurs raison soumise et complaisante. Au devant de leurs yeux met un voile imposteur. S.tas leurs pas cependant s'ouvrent les noirs abîmes. Où la cruelle Mort les prenant pour victimes. Frappe ces vils troupeaux dont elle est le pasteur.

Là s*anëanllront ces titres magnifiques.

Ce pouvoir usurpé, ces ressorts polîtigues. Dont le juste autrefois sentit le poids latal. Ce qui lit leur bonheur, deviendra leur torture ; Kl Dieu, de sa justice apaisant le murmure , Livrera ces méchants au pouvoir infernal.

Justes, ne craignez point le vain pouvoir des hom-

[mes; Quclqu*clevés qu*ils soient, ils sont ce que nous som-

[mes :

Si vous êtes mortels, ils le sont comme vous. Nous avons beau vanter nos grandeurs passagères, 11 faut racler sa cendre aux cendres de ses pères; Et €*esl le môme Dieu qui nous jugera tous.

Ode tirée du psaume cslliii.

Image du bonheur temporel des méchants.

Béni soit le Dieu des armées.

Qui donne la force à mon bras.

Et par qui mes mains sont formées Dans Fart pénible des combats.

De sa clémence inépuisable Le secours prompt et favorable A lini mes oppressions :

En lui j^ai trouvé mon asile.

Et par lui d*un peuple indocile J'ai dissipé les factions^

Qui suis-je, vile créature?

Qui suisse. Seigneur? et pourquoi Le souverain de la nature S'abaisse-t-if jusques à nioiT L*homme en sa course passagère N*est rien qu'une vapeur légère Que le soleil Ihlt dissiper :

Sa clarté n'est qu'une nuit sombre, Et ses jours passent comme une ombre Que rœil suit et voit édiapper.

Mais quoi ! les périls qui m'obsèdent Ne sont point encore passés :

De nouveaux ennemis succèdent A mes ennemis terrassés.

Crand Dieu ! c'est toi que je réclame : Lève ton bras, laace ta flamme, Abaisse lar hauteur des deux.

Et viens sur leur vo(ke enflammée I)*une main de foudres armée Frapper ces monts audacieux.

Objet de mes humbles cantiques^ Seigneur, je t'adresse ma voix :

Xoi dont les promesses antiques Furent toujours l'espoir des rois; Toi de qui les secours propices A travers tant de précipices M'ont toujours garanti d'effroi; Conserve aujourd'hui ton ouvrage, Et daigne détourner l'orage Qui s'apprête à fondre sur moi.

Arrête cet affreux déluge Dont les flots vont me submerger; Sois mon vengeur, sois mon refuge Contre les fils de Tétranger.

Venge-toi d'un peuple inliilélc, De qui lu bouche criminelle

PSAUMES

Ne s*oavre qu'à na|Mété, Et dosl b main vouée au crime Ne eoonatt rien de léçtime Que le meurtre et Hmquitë,

Ces bomnes qui B*ont point eoesn Eprouvé la main da Seigneur, Se flattent que Dieu les ignore.

Et s'enivrent de leurboniieur.

Leur postérité florissante.

Ainsi qu'une ti^e naissante, Croit et s*élève sous les veux ; Leurs filles couronnent leurs tètes De tiiut ce qu'en nos jours de fêtes Nous portons de plus précieux.

De leurs grains les granges sont plemes : Leurs celliers regorgent de fruits :

Leurs troupeaux tout chargés de laines Sont incessamment reproduits :

Pour eux la fertile rosée Tombant sur la terre embrasée.

Rafraîchit son sein altéré; Et pour eux le flambeau do moftde Nourrit d'une chaleur féconde Le germe en ses flancs resserré.

Le calme règne dans leurs villes.

Nul bruit n'interrompt leur sommeil :

On ne voit point leurs toits fragiles Ouverts aux rayons du soleil.

C'est ainsi qu'ils passent leur âge :

Heureux, disent-ils, le rivage Où l'on jouit d'un tel bonheur I Qu'ils restent dans leur rêverie. Heureuse la seule patrie Où l'on adore le Seigneur!

ODES SACRÉBS DE M. DE MIBCELLUS.

Ode tirée du psctume xxyi, Domious illuffli*

natio mea.

Traduit et paraphrasé (1).

Dieu me protège : en vain éclate la tempête. Du dâuge de maux suspendu sut ona tête ; En vain autour de moi j'entends gronder les flots. Le Seigneur est ma force. Il m'éclaire, il me guids» Je marche li sa lumière ; et d'un monde perfide Je brave les complots.

Que voî»je ! les méchants triomphent. Ils m'entooreot Avides de mon sang , mes ^nemis accourent. Hélas ! de tant d'horreurs qui peut me délivrer ? Ils écument de rage... Ils tressaillent de joie. Leur sanguinaire main s'ouvre, et saisit sa proie : lis vont me dévorer.

C'en est fait... Mais« Seigneur, votre main protectrice, Prompte à me secourir, s^arme pour leur supplice. Dgà la mort se peint dans leurs yeux effrayés. Je vois tourner contre eux leurs projets sacrilèges. Interdits, confondus, arrêtés dans leurs pièges, lis tombent à mes pieds.

Oui, îe verrais sur moi s'élancer une armée Temble, menaçante, à ma perte animée , Si je marche avec vous, fidèle à mon devoir , Seigneur , tant d'ennemis n'ébranlent pas mon Iom; Leur puissance au combatm'siguiUonne, m'enfiaoune, Et double mon espoir.

Mais (|ue m'importe, ô ciel ! une victoire vaine Des mortels insensés la faveur ou la haine, Géinissant ici-bas, captif dans ma prison , Si , consolé du moins à mon heure suprême , Je vois alors pour moi s^oumr du Dieu que j'aime La céleste maison !

(1) Cette paraphrase a paru dans les journaux en novembre 185^, dédiée à S. A, R. Madame^ duchatM de Bcrrif dans les fers.

PSAUMES

0 palais du Sci(^ar ! encelnle radieuse ! Quand pourrai-jc goûter ta paix délicieuse , Dire à ce inonde injuste un étemel adieu ; M*enivrer au torrent de tes Toluptés saintes (1) , Oublier mes travaux, mes douleurs et mes craintes Dans le sein de mon Dieu ?

Déjà quand les mécliants accablent ma faiblesse ; Quand Tenfcr dccliainé me poursuit et me presse ; Dieu, m^offrant dans son temple un repos sûr et doux, A leurs traits enflammés oppose sa puissance (2), Ile cache sous son aile, et met mon innocence A Tabri de leurs coups.

Délivré des dangers' que leur fureur m^appréte , Les palmes du triomphe environnent ma tôle ; Dieu m*a rendu vainqueur de ceux qui m'ont bravé ; Aussi je vais partout, lui rapportant ma gloire « Par de9 chants solennels publier la victoire Du Dieu qui m'a sauvé.

11 prévient mes désirs, il entend ma prière. Dans mes obscurités son ordre est ma lumière : Si je marche en tremblant, sa grâce est mon appui; Mesyeux cherchent les siens; son regard nrencourage. Mon cœur pour lui palpite; et son secret langage Ne s'adresse qu à lui.

Je lui dis : 0 mon Dieu ! c'est en vous que j'espère , Que la pitié pour moi parle au cjpur de mon père ; Ne fermez pas l'oreille à la voix du malheur. Je n*ai d'autre soutien que le Dieu que j'adore Ah ! ne méprisez pas un fils qui vous imploro Au jour de sa douleur.

Seigneur, vous le savez, né parmi les alarmes » Mon berceau fut toujours arrosé de mes larmes. Par un monde barbare à souflrir condamné , Les auteurs de mes jours auraient pris ma défense ; Hélas ! ils ne sont plus : dés ma plus tendre enfance Us m'ont abandonné.

Mais Dieu me consola d'un regard favorable. Puis-je assez exalter votre nom adorable , Seigneur, assez bénir vos utiles secours ? Ployez sous votre joug mes volontés rebelles ; Et dans l'étroit sentier de vos lois immortelles Que je marche toujours.

Ah ! ne me livrez pas à ces hommes perfides Dont les subtils détours, les fraudes homicides Portent à l'innocent d'inévitables coups. En vain ils pensent fuir la justice divine : Le méchant, énion Dieu! conspire sa ruine Ens'armant contre vous.

Enfin, pour couronner ma fidèle espérance , Ail jour de votre gloire et de ma délivrance Mes yeux contempleront la terre des vivants : Loin d'un monde, séjour du crime et du blasphème Je jouirai des biens que la main d'un Dieu même Prépare à ses enfants.

0 mon &me ! arme-toi de zèle et de courage ; Affronte les périls, et fais face à l'orage : Ton Dieu veut avec toi partager son bonheur. Ne crains plus une mort d*un si grand bien suivie, Et sache, en supportant les maux de ce'.te vie y Attendre le Seigneur.

Ode tirée du psaume lxiv , Te decet bym-

n.us (3).

Traduit et paraphrasé.

A toi seul appartient la gloire , Roi des cieux, maître des humains. Mon cœur, mon esprit, ma mémoire, Tout loue en moi le Saint des saints.

(1) Inebriabuntur ab tiberiate domm tnœ : et forren'e voluptntis tuœ potabis eos (Psal. xxxv, 9),

(i) Tela ncqttissimi ig^^ea (Eplies. vi, 16).

{?>) Le texte hébreu," que la Vulgale traduit par Ti devei fujmnusj peut se (radittre aussi et peut-ctre

PSAUMES 1178

Le chœur des anges t'environne ; Les étoiles font ta couronne :

Tout s'abime dans la splendeur.

En vain, pour chanter ta puissance p Ma bouche s'ouvre : le silence Est Thymne digne du Seigneur.

Dieu juste, écoute ma prière ;

Rassure mes sens effrayés.

Mon front, caché dans la poussière

S'humilie et tremble à tes pieds.

L'univers est ta créature :

Ta providence est la nature «

L'ordre des destins est ta loi.

L'immensité, c'est ton empire.

Père de tout ce qui respire»

Tout natt, tout vit, tout meurt en toL

L'impiété parcourt le monde, Semant l'horreur et le trépas.

Sa parole en douleurs féconde A creusé l'enfer sons ses pas. Hélas ! ou séduit, ou coupable t En brisani ton joug adorable , Ton peuple a cru trouver la paix.

Mais étends sur nous ta clémence « Et couvre sous son voile immense Et nos erreurs et nos forfaits.

Mais celui que ton choix délivre»

Rompant de funestes liens , Loin de nous s'envole et s^enivre A la source de tous les biens.

Admis au parvis de ton temple , Il admire, il loue, il contemple :

Maison céleste ! heureux séjour l Où mille concerts d'allégresse Chantent l'immorteUe sagesse , Mère de l'immortel amour (1) !

Viens, arme -toi de ta justice (2) ; Parais, rassure l'univers ; Repousse le crime et le vice Au fond du gouffre des enfers.

Des humains roi, pasteur et père »

En toi tout ce qui vit espère Jusque dans l'ombre de la mort.

Le nauionnier près du naufrage Pâlit, sur lui mugit l'orage ; Il t'invoque, et se trouve au port.

Grand Dieu, la gloire est ta ceintura » La puissance est ton vêtement.

Muette à tes pieds, la nature Frémit à ton commandement.

Dans nos cœurs comme sur nos tétee Quand tu veux tonnent les tempétei p Quand lu veux le calme renaît.

L'air siffle, la mer s'enfle et gronde. Mais, docile ï ta voix, son onde Devant toi s'abaisse et se tait.

Qu'ainsi le démon de la guerre PâKsse et fuie à ton aspect.

Que tous les peuples de h terre Tremblent d'amour et de respect ; Qu'ils reconnaissent ta loi samte; Qu'ils conlempleut, saisis de crainte ,

plus exactement par Tibi tUentium hpnnUi. c 0 c Seigneur ! le silence est votre kmange. > D^vkl le chantait ainsi dans un de ses psaumes. (Boisuet , Méditations sur VEvanffite^ dernière semaine en Sathteur ; quarante^neuvième jour. Voyez aussi la note lie Bossuet sur ce texte, loc, eit.^ et le P. fierthier sur le psaume Lxiv.^

(1) Sanientia,.. dicit,.. Ego mater putehrœ dite' ctionis (Sap. xxiv, 1, 4, 21).

(i) C'est le sens du texte hébreu, qni semble fînro rapporter ces mots in œauitate plutôt à exaudi nos qu'à tenipfum tuum»

1179 PSAUMES

L*iiDpie k lès pieds abattu.

Que tous to boBS se réjouissent , Et que tous les méchants frémissent Du triomphe de la vert».

La terre où brillent tes richesses

Que parent les plus doux attraits ,

S'enorgueillit de les largesses

Et s*enivre de tes bienfaits.

Ta main aux riantes campagnes ,

Aux bois, aux vallons, aux montagnes

Prodigue tous les dons du ciel.

Tu bénis les rives Qeuries

Et fais couler dans les prairies

Des ruisseaux de lait et de miel*

Tu couvres nos brebis de laine Pour nous défendre des frimas.

Ton regard embellit nos plaines , L'abondance natt sous tes pas.

Le ruisseau te doit son murmure , La verte forêt sa parure , Le doux rivage ses gazons.

Au terme de son cours Tannée Par tes soins se voit couronnée De vendanges et de moissons.

Tu fais revivre les ruines , Ta voixiinime le désert.

La rose y succède aux épines , Au noir buisson le bosquet vert.

Une pluie heureuse Tinonde :

Il se change en plaine féconde Et brille de mille couleurs.

Sur la terre fertilisée Un ciel pur en flots de rosée Distille le parfum des Heurs.

Ta main puissante a donné Fétre Aux merveilles que nous voyons.

Mais Thomme, né pour te conuattre , Jouit du plus beau de tes dons.

Ton nom du couchant à Faurore Est béni; partout on t*adore , On t'aime ; on s'écrie en tout lieu : c Louange au mattre du tonnerre ! > La mer, les fleuves, l'air, la terre , Le ciel ^ tout chante : Gloire à IMeu 1 i

Ode Urée 4u Psaume hwxiu Deus, quis sir

milis erit tibi ?

Traduit, partphrMé et appliqué à h France en 18%).

Levez-vous, Roi des rois ; votre lente justice Excite le blasphème, encourage le vice.

Consomme des pécheurs l'aveuglement fatak D'un Dieu prompt à punir qu'ils sentent la présence ; Qui ne tremblerait pas devant votre puissance, Grand Dieu? qui marche à votre égal?

Ils vantent leurs succès, ils parlent de leur gloire. Hélas ! nous avons vu les fruits de leur victoire : Tout céda, tout fléchit sous leur coupable effort; Le sang coula partout sans assouvir leur rage ; Leur liberté devint un horrible esclavage^ Et leur règne un règne de mort.

Leurs complots ténébreux , avantKîoureurs des cri-

[mes« Dans l'ombre du secret choisissant leurs victimes. De mille horribles vœux épouvantent la nuit. Nous n'espérons qu'en vous; nos larmes vous lm->

[plorent, Seigneur; tous le savez, dans ceux qui vous adorent C'est TOUS que leur fureur poursuit.

Ils ont dit : Haïssons d*une haine immortelle Ce Dieu qu'invoque en vain son peuple trop Adèle, Que son culte et son nom soient proscrits en tous Conjurons à l'envi leur ruine commune ; [ lieux ; Et détruisons partout la mémoire importune Et de ce peuple et de sou Dieu.

PSAUMES

li»

Ainsi, Dieu des vertus, du couchant à l'auroiv. Le pécheur vous maudit, le juste vous honore : On ne peut être bon. Seigneur, sans vous aimer; Contre votre saint nom tous les méchants frémit*

[seul.

Le mensonge. Terreur, tous les crimes s*umsseiu, Pour vous combattre et blasphémer.

Faites tomber sur eux votre main vengeresse. Frappez leur fol orgueil; confondez leur sagesse; Qui croit anéantir vos décrets inmiortels. Ils osent de vos saints envahir rhéritage. Ces temples sont à nous, disenlrîls : et leur rage Profane et brise vos autels.

Fiers des progrès trompeurs d^uoe aveugle science» Ils verront leurs complots et leur vaine prudence Tomber, s'évanouir aux pieds du Dieu vivant : Comme le char qu'entraîne une pente rapide. Ou comme dans les airs vole la paiUe aride, Jouet des caprices du venL

Tels ont vit autrefois, jaloux de votre gloire. Des mortels au Très^aut disputer la victoire : Mais bientôt à son souille ils disparurent tous. Qui peut impunément vous déclarer la guerre, El qui jamais en vain du maître du tonnerre Osa provoquer le courroux?

Comme un feu dévorant, né du sein des campagueH

Consume les loréts, menace les montagnes,

De sa clarté funeste embrase au loin les airs (i) :

Eue de votre courroux le tourbillon terrible (t) Qveloppe l'impie, et que sou bruit horrible Frappe d^effroi tout l'univers.

On verra leurs pakiis renversés, mis en poudre. Leurs fronts audacieux sillonnés par la foudre. Eux-mêmes effacés du livre des vivants.. Mais non, Seigneur; ouvrez votre sein tutélaire, Que l'amour paternel désarme la colère; Ces ennemis sont vos enfants.

Imprimez sur leurs fronts lahonte et les alarmes. Soudain lébrs yeux remplis de salutaires lar.iies Tourneront vers leur Dieu leurs regards effrayés : Le pécheur qu'égarait un sort longiemps prospère» Si le bonheur s*enfuil^ se souvient de son père, L'invoque, et se jette à ses pieds»

Ainsi, par les méchants votre gloire outragée. Aux yeux du monde entier triomphank* et vengée, Vous fera reconnaître à de nouveaux, bienfaits. En apôtre, Seigneur, vous changerez l'impie. Dans la loi <{u il bravait il trouvera la vie. Et rougira doses forfaits.

Oui, grand Dieu ! sous la main de voire providencei Toujours l'humble vertu reçoit sa récompense. Le crime s*humiUe ou tombe sous vos coups. Ah ! contre le Très-Haut, l'auteur de la nature^ En vain s'enorgueillit la vile créature : La gloire n'appartient qu'à vous.

Ode tirée du Psaume lxxxiii,, Quam dilecla.

Traduit et paraphrasé en forma de prière, qu*adreswà Dieu UQ Jeune chrétien au moment où il vicot de bira sa pcemiète comnionion, 2- février 1B3S.

Qu'il est doux d'habiter dans vos saints tabernadesy Seigneur, de méditer vos consolants oracles,

Au pied de vos autel^; De mépriser le monde et ses brillantes chaînes, D'opposer à ses lois, fugitives et vaines

Vos décrets immortels !

Combien plus belle encore est la demeure sainie Dont votre gloire emplit la lumineuse enceinte!

(1) 'hOtc irv/> oîSM^w intfXiyu àviettw vX«»^

(ÀOHER. Jtiad, c. Il, V. i55.) (2) Cette image et le mot même tourbUton sont daas l'hcbreu.

il8l

PSAUMES

PSAUMES

iin

Ah ! que hl^-je icUbas?

Epris lie Toire amour, consumé par sa flamme» Je gémis, je languis, je me meurs, et mon &me

S*élance dans vos bras.

Quel éclat m'investit? Je triomphe du moude; Mon jeune front rayonne, et Tallégresse inonde

Mon cccui pur et fervent.

Par vos tendres faveurs mes peines sont charmées» Celui <f ue je possède est le Dieu des armées»

Il est le Dieu vivant.

Un lott hospitalier recueille Thirondelle (I); Dans son nid dort en paix la jeune tourterelle ;

Moi proscrit en tout lieu, Etilc, fugitif, errant de ville en ville, Dans mon triste abandon Tembrasse pour asile

Vos autels, 6 mon Dieu !

Qu'il est heureux. Seigneur, qu'il est digne d^envle Celui qu'après les maux de cette triste vie

Vous daignez consoler I 11 règne : dans le ciel son trône a sa racine. La révolte et Penfer, ligués pour sa ruine

Ne sauraient l'ébranler.

Bienheureuse après lui l'àme pure et fidèle (Jui, trouvant le repos à l'ombre de votre aile»

Vous offre ses douleurs :

Sur la terre d'exil, colombe désolée, Languissant loin «le vous dans la sombre vallée

Que iëcoudeut nos pleurs 1

Mais celui que Dieu guide et prend sous sa défense, Dirigé par sa main, marche, court et s'avance

De vertus en vertus ; Foulant aux pieds la terre et sa gloire frivole Par ces divins deerés il s'élève, il s'envole

Au séjour des élus.

Toujours dans vos décrets, législateur suprême, De la gloire d'un Dieu qu'il adore et qu'il aime

il vil luire un rayon.

Bientôt loin du séjour qu'ensanglante le crime» De vos conseils secrets il sondera l'abiine

Dans la sainte Sion.

Grand Dieu ! voyez mes maux, essuyez tant de lar-

[mes Que nos cris jnsqu^à vous, que nos justes alarmes

Ne montent pas en vain.

Seigneur, Dieu des vertus. Dieu qu'adoraient mes Entendez tes soupirs, exaucez' les prières [p res.

D'un royal orphelin.

Le Seigneur dans les rois honore son image. De leur autorité sa parole est le gage :

Il vengera leurs droits.

Son nom est le Très-haut ; il lance le tonnerre. 11 est le Dieu des dieux au ciel, et sur la terre

11 est le roi des rois.

Seigneur, que sont auprès de vos chastes délices Ces triomphes d'un Jour ("i), ces grandeurs corrup-

[trices

Dont l'homme est si jaloux?

Loin de moi des pécheurs la coupable demeure! Un siècle au milieu d'eux n*égale pas une heure

Passée auprès de vous.

Dieu se donne lui-même à ceux dont Tàme est pure. La vérité sans voile et l'amour sans mesure.

Tel sera leur bonheur.

Sa main répand la vie et donne la victoire. Par lui nous triomphons, lui seul règne, et la gloire

N'obéit qu'au Seigneur.

De l'impie orgueilleux il abat la puissance, Comble de biens le juste, et de 1 l^umble iimocence

(1) Le mot hébreu signifie hirondelle, et est entendu ainsi par presque tous les hébraîsans, (Voyez le P. Bertbier, |)saume lxxxiij.)

(2) Pagcaut of a day. (Po^ic, Elcgy,)

Est l'immortel appuL il menace et console, il punit et pardonne^ A ses soins paternels heureux qui s'abandonnC'^

Et n'espère qu'en lui !

Ode tirée du Psaume cxv, Credidi» etc.

Traduit» para;>hrasé et api»l'qu6 :i bmort de Mgr Borde* ries, évêqiie de Versaillei (i).

J'ai cru : ma foi toujours animant mes paroles, J'ai combattu le monde et ses vaines idoles; Seigneur, votre Si'gesse inspira mes discours. Mais que mes tristes yeux ont répandu de larmesl Que d'outrages, grand Dieul que de maux, que d'à-

'larmes Ont affligé mes derniers jours (2) !

En voyant sans pudeur trahir la foi promise. Vos bienfaits méconnus, et votre sainte église Sans défense livrée aux plus noirs attentats. Tous les crimes régner sur la terre où nous sommes^ J'ai gémi dans mon cœur , et j'ai dit : c Tous les

[hommes t Sont des fourbes et des ingrats. >

Cependant, votre grâce élevant mon courage. Seigneur, sans me troubler, j'ai fait tête à l'orage : Parmi tant de douleurs vous m'avez consolé. Que faire pour le Dieu dont le bras me protège? l^aible, je ne puis rien, hélas l Que lui rendrai-je Pour les biens dont il m'a comblé?

Appuyé sur son aide et sur ma conscience» Et redoublant pour lui d'amour» de confiance» Répondant à ses soins par mon tendre abandon, Des méchants conjurés déliant la malice. De la main du Seigneur je prendrai son calice. Et j'invoquerai son saint nom.

Armé de cette foi qu'un vain orgueil condamne Bravant Timpiété dans ce siècle profane, J^adorerai le Dieu qui seul est mon appui. Sa bouté fait briller sa sagesse profonde. Et kl mort de ses saints que méprise le monde Est précieuse devant lui.

Plus je vois triompher la eause de rimpie^ Plus mon espoir en vous. Seigneur, se fortifie; Les vaincus d'aujourd'hui seront vainqueurs un

iXour (3).

Tranquille, je m^endors dans les bras d'un bon père. Me repousseriez-vous? Votre Eglise est ma mère: Je suis l'enfant de votre amour.

Aussi, m'adoucissant le terrible passage» Vous avez terminé mon long pèlerinage.

Et je vais, affranchi des terrestres liens. Bénir votre saint nom dans un chœur de louanges ; Et, partageant la gloire et le séjour des anges» Boire à la source des vrais biens.

Des rayons immortels U splendeur m*environne; Je reçois de vos mains la céleste cMtronne; Et, quittant pour jamais un monde criminel, J'habite le palais du maître du tonnerre, Oubliant les douleurs du temps et de la terre Au sein d'un bonheur éternel.

(1) Ce psaume cxv est, dans le psautier bébralqiie» la suite et le complément du psaume cxiv, que j*ai autrefois appliqué à la mort du saint et illustre archevêque de Bordeaux, monseigneur d'Aviau. (Voyez mes Odes sacrées tirées des quime psaumes graduels^ dédiées à :5. S. le pape l^n XU. Paris, 1827, p. 95.) Le psaume cxiv coinnience par Dilexi {fai aimé). Le cxv commence par Credidi^fai cru. Les deux vénérables prélats ont crm et aimé. Aujourd'hui ils ne croient plus, ils voient. Mais ils aiinenî et aîmeronê toujours. (Note deM.de Marcellus,)

(*i) Le verbe liébreu qi|e la Vulgate rend par /mmiliatus sum veut plutôt dire affiicius âicm.

(3) Tune siabuni jusli in mngna constantia advcr-* sus ios qui se angustiaverufU (S<ip,, v» i).

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RABELAIS ET RAQNE

RABELAIS ET RACINE

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