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et la littérature arabes ont pour origine et pour type le Coran ; les peuples chrétiens ont la Biblej et, bon gré mMgré; il faudra que la Bible refasse les littératures eMes langues de l-Europe. Tout* ce qui a été' fait d'après les littératures mortes n est plus que de Tarchéblogie. Ronsard, qui étail* poëte comme Pindare et cofnme Hopace» a échoué parce qu'il a voulu perpétuer Irinfluence exclusive d'Homère sur les enfants de la Bible. Malherbe avait mieux compris le génie des langues modernes torsqu'ii écnvil sa belle^ode biblique.
N*espéron8plus, mon âme, aux promesses du monde.
Tout Malherbe et toute sa gloire sont dans cette ode, qu'on le sache bien. Comme tout Corneille est dans Polyeucte^ tout Racine dans AthaliCf, tout Jean-Baptiste Rousseau dans les odes sacrées, et tout le xix' siècle dans le génie du Cbri^ianisme de Châteaubniand. Tous ces grands hommes^ ont été les précurseurs de la véritable littératune des temps modernes, et cette litérature aura pour autorité la Bible, pour modèle l'Evangile, et pour style celui des grands disciples de l'Ëvangile et de la vie. Voilà la vérité aussi évidente que le soleil. Aveugle serait celui qui se refuserait à la voir I.
^ SULPICE SÉVÈRE, (saint), écrivain du iV siècle, a été surnomme le^Salluste chrétien, parce qu'il goûtait fort le style énergique et nonnéto de SalLustei,et s'efforçait de Timiter. On sait que Salluste était un Romain enrichi par des exactions et livré à tous les vices de son temps, qui a voulu tromper la postérité par des écrils pleins d'une sévérité et d'un btoïcisma- affectés., Sulpice Sévère, richa
comme Salluste». mais< réellement vertaouxtsanctifia, en IHmitant^ le sUle de son mo^ dèle : il est à regretter toutefois qu'un homme du talent de*Sulpice ait puisé son éloquence à des sources si. profanes» quand il avait à sa disposition la Bible et les saints Evangiles. On dit assez ordinairement 'da«» les collèges que Sulpice Sévère et Lactanca sont les seuts éerivaina ecclésiastiques qui aient écprt en bon latin : c'est tant pis pour le latin, dont nous ne regrettons pas*la pureté dans les chefs-d:(Biivre de sainte A ugustMi el de saint Ambroise. Sulpice Sévère à écrit une Histoire sacrée qui est remarquable comme monument du iv* siècle, et une Vie de saint Martin correctement écrite. Il y fait ressortir avec assez de bonheur le çrand caractère de ce saint évoque, qui faisait ae«» ception de personnes non d'après le rang», mais d'après le caractère et (es veKus du ceux au il himorait. Il eut lui-même Thouueur d'être reçu par saint Martin à Tours, et de manger à sa table, grâce que le saint évêque n'accordait pas aux seigneurs de la cour des empereurs. Sulpice Sévère ayant omis beaucoup de choses importantes dans^ la Vie de saint Martin, y suppléa par des^ dialogues où il fait raconter par Gallus, uu des premiers disciples du saint évoque, ce qu!il avait omis en écriiwnt sa Vie.. Ces. dialogues de Sulpice Sévère sont plus estimés quo^a Viam^e du saint, àlaqucllc ils senr vent du supplément. On trouve dans Tliistoi^c sacrée de Sulpice Sévère quelques opinions erronées qui n'étaient pas encore condamnées par TEglise à l'époque où il écrir vait.
TAULÈRE. — Jean Tanière, de l'ordre des Frères Prêcheurs, vivait au commencement du XIV* siècle.. C'était» un prédicateur célèbre, un mystique-profond, et les auteurs de la BibUothit/ue des Pères lui donnent le titre de théologien sublime. Il a écrit la Vie de sainte Hildegarde, cette prophétesse illettrée dont les exhortations et les prédictions étonnèrent le xiu* siècle, et remuèrent alors le monde chcétien. Taulère, dans l'introduction de cetOHVi*age, résume lès prophéties de la sainte, et y ajoute les siennes. Selon lui, les maux que l'Eglise a déjà soufferts ne sont rien en comparaison, de ce au 'elle doit souffMr à la Qn des temps, ^and 1 homme voudra se substituer à Dieu et quand l'esprit antichrétien aura séduit pres-
aie toute la terre. La persécution doit être ors d'autant plus mortelle que la foi et la charité seront affaiblies dans bien des cœurs.
Il reste aussi de Taulèfe des lettres spirituelles, cl c'est daus une de ces lettres qp'il
rapporte son célèbre dialogue avec un mendiant dont ll's réponses sont vraiment sublimes^ Ainsi, à cette parole du docteur: « Mbn ami, je vous sounaite le bonjour, » le pauvre répond : « Merci ; mais je n'en ai jamais eu de mauvais. — Et comment cela ? — Parce que je bénis Dieu de tout ce qui ra'arrive, et je ne veux que ce qu'il veut. C'est pourquoi là faim, Le froid, fe mépris des hommes, sont encore pour moi dû bonheur, puisque c'est lui qui me les envoie. Tout ce qtfil veut est bien.— Mais s'il voulait TOUS damner? — Oh 1 je l'embrasserais alors si étroitement, que je l!entralnerais avec moi , car il ne m empêcherait jamaîs de l'aimer et de me résigner humblement à son vouloir, et si x'étais' dans l'enfer avec lui, l'enfer pour moi serait le ciel.»
Au chapitre 31 de ses Institutions^ Taulère rapporte encore des paroles belles et touchantes, qui peuvent trouver place ici.Une vierge qui avait toujours mené une vie trèssainte, attendait paisiblement la mort» et
roÉBÉse
cornsMioalai demandail par quelles praliqaes elle aT«l tâché pendant toute sa Tîe de Biarcher & la perflpction,elle répondit: c Faire Ifiujours da bien k oenx qui m*aYaient tait du mal ; aimer tout le monde comme rooi«même, ne jamais me plaindre et donner tou- JuurSf sinon de bit» ou moins de cœur et de iroluntë. 9
Les liTTês originaux de Tanière sont écrits en allemand gothique. On n*en trouTe
1)lus guère maintenant que I6s traductions atines. Il mourut en 1355.
TERTUI«UEN, - né à Cartbage vers Fan IW, Qls d'un soldat, éleyé dans la licence des camps et dans les pratiques de Tidolâtrie, k une époque de décadence, étant d*aiU leurs d'up tempérament ardent et d'une ima- RinatioD Tiolente, se livra d*abord k tous les dérèglements et k tous les vices. Le dégoût ^t lalassitqde s'emparèrent de lui : il lat la eonstaoce des martyrs, il les entendit chanter au milieu des tortures, tandis que lui, il pleurait intérieurement au miheu des fêtes ; il voulut être initié k cette doctrine, et. ayant reçu le baptême, il passa, suivant Ténergie de son caractère, d'une extrémité à Fautre, et ftit excessif en vertu comme il Tiivait été en débauches. On trouve toujours dsqs ses écrits quelque chose de violent et de dur, et les erreurs du montapîsme où il tomba prouvent combien l'autorité est nei^essaire k tout le monde, et aux hommes de génie peut-être plus encore qu'aux autres. Le plus bel ouvrage de TertuUien est son Apologétifue^doni nous avons parlé ailleurs
}Voy. AfOLOGiB); il avait écrit aussi avec brce contre les hérétigoes, lorsqu'il tomba lui-même dans l'hérésie avec cette inconséquence dont les srands hommes eqx-mémes ont donné plus d'un exemple.
THERESE (sainte),-- n'était pas seulement mie |;rande sainte , c'était aussi une personne d esprit et de génie, dont les ouvrages attestent la supériorité. Ses traités sur la vie intérieure sont bien pensés et chaleureusement écrits ; ses lettres ont toute la grâce et toute Téléganee que pourrait mettre une femme du monde dans sa corresiK>ndance la plus soignée. Ses chansons spirituelles et ses cantiques ont un caractère d'oriffinalité qui les rend extrêmement remarquables; la poésie en est réelle et
S rend sa source dans une charité dont l'ar-^ eur remplissait et dévouait l'âme de la sainte. Toute soulfrante de son divin amour, mais plus divinement amoureuse encore de ses souHrances, elle priait Pieu de redou« nier ou de finir son agonie, et n'exhalait vers lui qu'une prière en forme de plainte: « Seigneur 1 ou souffrir ou mourir 1 9 Do^ mifUj autpati aut mort /
Sainte Thérèse a créé urt genre de poésie sacrée qui ressemble k notre ballade gauloise retournée, c'est-k-dire que le quatrain d envoi, qui résume ordinairement la pièce toute entière dans nos vieilles ballades, se trouve, chez sainte Thérèse, placée au commencement, et sert comme de texte k un commentaire poétique que la sainte appelle
une e^se, Bn disant qo^elle a créé ce genre, nous voulons dire seulement qu'elle j a ei^ celle. Nous avons d'elle une «îase de ce genre, dopt lamonnoye a donné une tra^ duotion un oeu trop paraphrasée, et que nous traduisons ici strophe pour stropbe et vers pour Ters, d'une manière sinon plus élégante, du moins plus exacte.
La Ghu de $ainie JTu'rise^
le vis, nais «ans mre en EtnaUcodtiiB tel avenir Que poar rcrirrc en ce qae f aimc^ Je me Bcars de ne pas iMMinr!
Cette oDion flore el edesto I^ rameur avec ma^ileaienr Rend nn Dien ea^damon ceeut Lonone la liberté ne reste.
Mais les maox ijne me fait smiffrir L^anioor d*nn Dten dans l'esciaTage Ont tant épuisé mon courage, Que je meurs de ne pas mourir.
Ail ! eomliien loncne eu cette viel Que le lem^ de rcKil est dur!
De quel poids le caclml obscur Accable anon Sme asservie!
Le jour qui doit me secourir Et me réunir Ji mon père Me rend la peine tant aniérev Que je meurs de ne pas mourir.