IV. u
Je vis avec la confiance De me reposer dans la niort.
Et ta fin démon triste soit Est le buf de mon espérance, 0 trépas! qui dois nous gnérit Pour une existence plus Mie, Ne Urde plus, viens. Je t*appc4|e« Car je mears de ne pas oMMinr*
Vois combien Tamour est sëvcie.
Cruelle vie, ëpargne-moî, Car |HMr être k jamais k toi, Je dais te perJre sur la lerra !
Mais que tardeH-elle ii venir, 1^ mort À mes désirs si lente?
Qu*elie arrive |a mort cbarmanta^ Car je meurs de ne pas mourir.
CVst dans réternelle demeore €hae la vie a son vrai séjour - Pour y renaître II faut un jour
iu^ici-bas sa vaine ombre meure.
é dédaigne pas mon désir, 0 mort! denens-mpi complaisante!
Je ne puis vivre que mourante, Car je meurs de ne pas mourir.
ISS7 JBOUhi
ftl|lllfr•je donner dfeiTanta|(e MHi lliilre qui vit en moi, Pour en j^inau prix de toi,.
<^ ma vie et mon esclavage !
En mourant je veux obtenir.
Celui dont Tamour me dévore^ Boisque o*est lai seul que j*adore Quand je meurs de ne pas mourir..
Yllt
Absente de toi, mes délices, Quel peut être mon triste sorti Que puis-je goûter oue là mort Banni les pl^s cmels supplices?' Sur moi je me laisse attendrir En voyant mon mal.inoiirable* Rt je me sens si misérable Qne je meurs de ne pas^mpurir-
be poisson tombé anr la terre- N*y sent pas de longues douleurs^ De rhomme accablé de malheurs ^e trépas Onîl la mfsère :
Mais quelle mort puis-j^ souffrir lîlus triste que mon existence, Et quel remède Ib ma souffrance (îuand je meur« de ne pas mourir !
Si parfôlo mon cœur se soulage Bn te voyant au sacrement, Je soupire après le moment Où tu seras mou seul parla|;c;.
le te vois sans pouvoir jouir Des délices de ta présence.
Et, pleine d^one autre esftérance,.
Je me nieura^de ne pas mourir.
Dans cei espoir que ie caresse,.
Lorsque je i^nse avec horreur Que jopuis te ||srilre,.S^igiieurv Jfe sens redoubler ma tristesse.
Dans Tattaite o'est trop languir, L*inquiétnde est trop amère ; Car, espérant comme j'espère, Je me ineurs-de lie pas uiourir..
XH.
0 mon Dîen,. donne-moi la;vio* 8n m*arracbant. à cette mort t D'un lien trop dur et trop fort Ne me retieoa plus asservie, fiour te voir selon mon désir Tu vois qu'à la mort j^ me livre,^ Car sans loi je ne saurais vivre Et je meut& de ue pas mourii;
XUI.
h pleure la mort qui m*onehalu<y A la tristesse de mes jours-; èb pleure les liens si lourds Des péchés qn^tprès moi je traîne. .
Oh ! quand dol&-iu me secourir.
Epoux vers JequeLje soupire?
£t quand vraiment pourrai-je dire* Que je meurs^de ne pasmourir?
THOIIAS A KEMPIS ou de Kempis a paesë longtemps pour être Fauteur de i7jiiî<alton de Ji9u$^hri$t ^ et la controverse à ce sujet na pas encore reçu de solution déGnitive. Chioi qu*il en soit, on peut trouver beaucoup de rapport entre le style de Y Imitation et celui du pieux Thomas de Kempis.. Les
TRAGÉDie
opuscules que nous avons de lui respirent un parfum si doux de piété angélique, W parait si savant en spiritualité et si avancé dans les voies intérieures, que- rien de trop parfait dans ce genre ne saurait lui êtreattribué. Son style peut être proposé comme ie plus parfait modale du genre oui convient aui ouvsa^es de dévotion. C'est la simplicité de FEvangile» mais une simplicité qui parait toute fleurie», tant elle est pleine d%ffections SMDtes et colorée de toutes les nuances les plus variées et les plus suaves des sentiments que les âmes* pures peuvent éprouver pour pieu, tes titres seuils donnent uj^e idée de III Doésie mystique ; un de ses petits livres^ est intitulé : La vallit de$ lis f. et un autre : te petit iardin de$^ vous. Voici comment xh y parle oe la charité fcaterneltev
« Ce que vous aurez fiiit à Tun de mes- ^*ères» aest à moi que vous l'aurez, fait.
« Riémarquez les paroles,, scellez les mystères, imitez les exemples.
« Celui qui subvioui à son firdre dans l'indigence tend la main à Jésus, et le retient pour em{)êcher qu'il ne tombe.
« Celui qui porte patiemment tes charges-
Îui lui sooi imposées porle sur ses épaules ésus blessé pour nous sur la cn>ix.
« Celui qui répond h la tristesse de son frère par des paroles consolantes, donne un baiser de paix au visage éploré du ftauvour.
« Celui qui plaint le coupable et demande grAce poiu* lui lave les pieds de Jésus et les essuie.
m Celui qui ramène la paix dans les Ames irritées prep^M un lit de fleura au divin» Agneau.
« Celui qui, k table, donne- la meilleure portion à son frère- offre un rayon de miçl aux lèvres du dirin voyageur. »
C'est avec une doctnne seml>lable que la religion chrétienne a éternisé son empire dans les oœurs ; et c'est avec de semblables paroles que de simples solitaires ont été plus éloquents que-tous les sages et plus çracieux que tous les poëtes de l'antiquité. La chacitél Toilk le véritable nom de la muse chrétienne. Tout ce qu'elle inspire est beau k l'esprit et doux au^cœur, car sa splendeuc est la lumière de Dieu même , tempérée et adoucie pour les yeux des hommes , et soa ebarm* ne nous lasse iamais, car c'est Tattrait de nos destinées étemelles, et comme* le sourire de Dieu qui nous convie à la béatitude impérissable (Foy. Lrviuss de piété).
THOMAS D'AÛUIN (saint). Foy. Hymnes,.
TRAGÉDIE. — La tragédie est d'ori^e grecque et païenne, et n'a été, h son origine* qji'une extension du culte et la mise eu action des grands symboles de la foble. Eschyle était tout à la fois un poSte et un hiérophante ,. et ses tragédies étaient des mystères. Sa trilogie dePrométbée enchaîné pour avoir donné le feu du,cieLà ses statues était l'histoire prophétique du polythéisme. Prométhée, c'était le génie humain a qui des^ désirs inassouvis d'immortalité et de gloire rongeaient le cœur comme un vautour étcr-
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