‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 22 sur 194 · SOI · texte numérisé non relu

SOI

AUTORITE

ÂuroniTC

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du teuips, et leur exemple peut suffire pour répondre à cette questiojn : E\iste-t-il en littérature une autorité infaillible? Bossuot et Fénelon sont des maîtres aussi incontestables qu'Homère et que Virgile ; le temps a passé et ils restent toujours aussi grands. La vraie autorité en matière littéraire, comme en matière dogtnatique , se prouve surtout par Targument de prescription.

Cette prescription a été acceptée , même r les pères de la littérature chrétienne » k 'égard des plus grands maîtres de Tantiquité

Caïenne. Saint Basile et saint Grégoire de azianze étaient pleins des souvenirs d'Homère , et nous voyons dans leur correspon- (*aace revivre avec une çràce nouvelle Tatticîsme du siècle de Périclès. Saint Augustin avait été idolâtre des lettres profanes avant d'écrire les belles pages de la Ciié de Dieu, et ce n'est pas à son étude des anciens modèles, mais è renfiure et au mauvais goût du siècle où il vivait, qu'il faut attribuer les difficultés qu'il éprouva pour habituer son esprit à la simplicité grandiose des Evangiles. La bolle antiquité était toujours simple, et les personnages d'Homère semblent Quelquefois parler la langue des apôtres, tes rapports, qui existent entre les beautés des poètes primitifs et celles de nos livres saints, ont inspiré à CliÂtcaubriand plus d'une belle page, et l'on ne saurait lire sans attendrissement ces passages des Martyrs où Cymodocée, la prêtresse des Muses, devenue chrétienne , prie encore dans le doui langage dlHomère un Dieu inconnu aux disciples du sublime aveugle. L'antiquité païenne, De voyant dans la nature que des formes extérieures , et s'éprenant de la beauté des créatures sans remonter jusqu'au Créateur, s'est adonnée au perfectionnement matériel de tous les arts d'imitation que le christianisme devait plus tard redresser, inspirer et spiritualiser. L'art en général, et, sous cette dénomination un peu vague , nous entendons la* littérature comme la peinture, etc., I art fut façonné par les Grecs et les Latins comme cette ^argile de Prométhée, à laquelle manquait toujours une âme, tant que le feu du ciel ne fut |ias^ encore descendu : mais celte ima^ sans vie était façonnée avec soin, et nous n'en contestons point labcauLé; c'ittssi dans cette œuvre des hommes respcctous-nous ies desseins de 4a Providence , qui fait servir à notre instruction les erreurs mêmes des peuples qu'elle jà laissés dans l'ignorance de son éternelle vérité. Les aveugles imitateurs de la nature nous ont appris à iludier l'œuvre de Dieu , jbX les beautés eitérieures qu'ils ont admirées sont mille fois plus admirables pour nous, qui les reportons à leur source et pouvons reconnaître en elles les manifestations de la sagesse infinie. Les anciens peuvent donc et doivent encore être nos maîtres selon la lettre; mais l'esprit qui vivifie nous ayant été donné, nous avons de bien plus grandes choses à exprimer dans le beau langage qu'ils nous ont appris, et leur autorité s'arrête où com-

DlGTlON^f. D£ LlTTÉliATVRE CBRÉT*

roence colle des saintes et infaillibles Ecritures.

Invoquer en matière littéraire l'infaillibi- Itté des saintes Ecritures, c'est peut-être urui hardiesse ; mais on comprendra que ce n'est nas une témérité si l'on considère combien les apôtres eux-mêmes, qui se disaient ignorants en l'art de bien aire , ont ouvert do nouvelles voies à l'éloquence < t à la poésie. Sans doute que le texte sacré, tel qu'il nous est parvenu, mélangé de locutions appartenant à toutes les langues qu'il a traversées, ne saurait être un modèle de pureté ou de construction grammaticale; mais la sublime simplicité des narrations , mais la majesté des images , mais l'inattendu et la grandeur des mouvements, voilà ce qui doit èire pour nous un intarissable sujet d'études; c'est là en effet que tous les Pères, depuis Tcrtullien jusqu'à Bossuet , ont puisé la force de leurs pensées et la pompe sévère de leur style : ni Terlullien m Kossuet d'ailleurs ^étaient étrangers aux chefs-d'œuvre de la littérature profarne : Homère et Virgile leuraraîenl appris à bien lire la Bible ; Ju vénal , Démosthènes et Cicéron leur montraient Hart de la bien traduire et de l'emplojrer à propos ; ils sont devenus maîtres en suivant la tradition des maîtres , et c'est par leur respect poiir l'autorilé qu'ils sont devenus eux-mêmes des autorités pour nous.

^ Résumons-nous : l'autorité en littérature c'est la puissance qui fait la loi ; puiâsance acquise par la science et sanctionnée par le talent à l'épreuve du temps, ei universellement reconnu.

Cette autorité indispensable s^appuifC éternellement sur les lois divines du vrai et du beau, qui en est la conséquence et la forme. Les anciens sont des autorités pour nous tant qu'ils ont été dans le vrai., parce qu'alors leurs œuvres ont reproduit la véritable ^beauté qui ne change pas , étant le reflet de Dieu même (t l'eipression de sa pensée; nous devons donc respecter les larmes que l'antiquité a données au langage, mais nous devons chercher ailleurs nos inspirations et nos images. La foi, loin d'éteindre la science dans les arts, a pour mission de l'utiliser et de l'agrandir : les arts d'ailleurs ne sont

Élus pour nous un moyen de plaire aux ommes, mais de les instruire et de les élever h Dieu. La poésie n'est j^lus un rêvé de l'imagination , c'est une piière du cœur : l'éloquence s'élève pour nous à la hauteur d'une sainte prédication; les furmes tï^s anciens elles-mêmes ne sont plus suIGsan-. tes à de si grandes choses; le vêtement de la muse d'Homère serait étroit et immodeste porté maintenant par l'ange de la poésio chrétienne^ et Ravignan serait ridicule sous le manteau de Cicéron. Ce que nous devons recevoir des anciens , c'est la manière de créer la forme et non la forme toute faite, car la forme qu'ils ont donnée à leurs pensées ne saurait exprimer les nôtres ; fSaisons comme eux en faisant autre chose que ce qu'ils ont fait; soyons leurs disciples et uou

S05 ILVLLADR

leurs serviles imitateurs. L'aulorilé doit nous guider et non nous noutraliscp, nous contenir et non nous enchaîner. On peut en dire en un mol co que notre Sauveur lui-même disait

BALLADE

delà loi positive :K11e est faite pour rhomiiift et rhomme n'est pas fait |K)ur elle. Elle doit toujours servir au triomphe du génie et ne peut jamais Tasservir.

BALLADE. — Il ne s'agit pas ici de celte ballade dont Despréaux a dit :

La ballade, fidèle à ses vieilles maximes,

Doit souvenl tout son lustre au caprice des rimes.

Cette vieille ballade, qui emprunte toute sa grâce à son archaïsme et à ses rimes difficiles ou bizarres, n*entre point dans notre sujet. Rarement elle a servi de cadre à des sujets pieux, et sa forme s'y prêterait d'ailleurs difficilement, bien qu'il soit arrivé une fois à Clément Marot d'en faire une fort édifiante, qiue, pour la rareté du fait, nous allons relater ici :

Le chant de mai et de vertu.

Ballade.

Volontiers en ce mois kj La terre mue et renouvelle :

Maints amoureux en fout ainsy»

Sujets à Taire amour nouvelle.

Par légiéreté de cervelle, Ou pour être ailleurs plus contents :

Ma façon d'aymer n*est point ti'llc ; Mes amours durent de tous temps.

N'y a si belle dame aussy De qui la l)eauté ne chancelle; Par temps, maladie ou soucy.

Laideur les tire en sa nacelle ; Mais rien ne peut enlaidir celle Qu'à servir sans fin je prétends ; Et pour ce qu'elle est toujours belle, Mes amours durent de tous tinnps.

Celle dont je dy tout cecy, C'est vertu la iiympbe éternelle.

Qui au mont d*honneur éclaircy.

Tous ses vrais amoureux appelle :

Venez à moy, venez, dit-elle.

Venez vite, je vous attends :

Venez, ce dit la jouvencelle.

Mes amours durent de tous temps.

fiovoi.

Prince, fais amie Immortelle, Et à la bien servir entends ; Lors pourras dire sans caulèle :

Mes amours durent de tous temps.

Ce çenre de ballade se confond maintenant avec Ta chanson, dont elle n*était eo effet c(u*une variété plus capricieuse et plus difficile à bien faire.

La ballade, telle qu'on Tentend dans la poésie moderne, est plus ancienne que la uallade marotique. Son nom signifie chanson à danser, du vieux mot baller^ et ce n*est autre chose qu'une légende mise en chanson. Toutes les traditions populaires, tous IfS contes merveilleux sont des sujeU pour la ballade. Les rondes des petits enfants sont les ballades du premier Age dont elles out

la naïveté, et les vieilles romances de nos pères ressemblent souvent, pour le fond et pour la forme, aux ballades de Técole allemande, naturalisées en France par plusieurs de nos poètes les plus illustres.

Le merveilleux est Tâme de la ballade, et c'est par là qu'elle peut se rattacher et se rattacne en effet è la poésie religieuse. La ballade doit être naïve dans sa forme : elle aime les répétitions et les refrains si chers aux rondes des petites filles oous les marronniers. Nous citerons ici pour exemple une ancienne ballade enfantine, qui nous parait réunir tous les caractères du genre, mais dont, m ilgré toutes dos recherches, nous n'avons pi connaître l'auteur.

L'enfant qui dort et range qui veilk.

DalLide.

L*enfant dormait doux et beau :

Un an^e autour du berceau Etendait ses ailes blanches.

Au petit enfant charmant Souriant tout doucement.

Le vent cueille les fleurs en agitant les brancbei.

Souriant tout doucement L*enfant croisait en dormant Ses deux petites mains blanches :

Le bon ange Tadmirait Et tout en riant pleurait.

Le vent cueille les fleurs eu agitant les branches.

Et tout en riant pleurait.

Car rinnocent grandirait :

Pauvre lige aux roses blanches Qu*écraserail en marchant Le vieux monde si méchant.

Le vent cueille les fleurs en agitant les branches.

Le vieux monde si méchant L^écraserait en marchant.

Disait Fange aux ailes blanches:

Mon Dieu, gardez son réveil.

Ou prolongez son sommeil !

Le vent cueille les fleurs en agitant les branches.

Ou prolongez son sommeil.

Et montrez à son réveil Des frères en robes blanches.

Depuis reniant toujours don ; Le monde croit qu*il est mort.

Le vent cueille les fleurs en agitant les branches.

Le monde croit qull est mort ; Mais quand sa mère s*cndort.

Elle voit des roses blanches.

Et Penfant cher à ses pleurs Se jouant parmi les fleurs.

Le vont cueille les fleurs en agitant les branches.

Que de grâces la religion ne peut-elle pas prêter à ces chansons de mères et de nour* rices dont on berce le premier âçe I Quelles charmantes berceuses, quelles ballades pures

BALLADE

et iiaïres ne fourniraient pas dans ce genre les mvstères de Jésus enfant 1 il y a là toute une littérature è créer. La religion et le cœur des mères doivent si bien se comprendrp, et il serait si doux de répondre, en endormant le nouveau-né, aux bienveillantes et suaves pensées des anges qui entourent notre berceau.

Pourquoi aussi Li piété , ou du moins la saine morale, ne s*empareraient-elle$ pas de ces rondes que chantent les petites filles, sans rien changer à ce qu'elles ont d*orisinal et de naïf? Il en est une, par exemplCt ayant pour refrain : Giroflée-girofla^ avec ci^te nme niaise et insignifiante : L'amour m y comptera^ et qu'on pourrait si facilement chîinger. On nous pardonnera de donner nous-mème ici un essai de cette correction, Duc'Tile , si Ton veut, mais qui ne saurait être indifférente à la religion, puisque la religion est une mère. Voici la ronde, ou si Ton veut la ballade , refaite et utilisée au moyen de quelques légers changements.

Bonnes petites filles, Giroflce-girofla, Bonnes peiiles filles, Dieu vous bénira.

Soyez toujours gentilles, GiroflJe'girolIa, Soyez toujours gentilles, Dieu vous bénira.

Laissez fleurir les roses, Giroflée-girofla, Laissez fleurir les roses.

Dieu vous bénira.

Les roses sont écloses, Giroflée-girofla, Les roses sont ccloses.

Dieu vous bénira.

Une peliie fille.

Jlrai dans la prairie, Giroflée-girofla, J'irai dans la prairie.

Dieu vous bénira.

Toas les r o'aQlt.

Quoi Taire à la prairie?

Giroflée-girofla, Quoi faire à la prairie?

Dieu vous bénira*

La peiUe Ollc.

Des bouquets pour Marie,

Giroflée-girofla,

Des tK>uquels ^ur Marie,

Dieu nous bénira.

Les autres enfants.

Hais si quelqu'un vous blàme ?

Giroflée-girofla,

Mais si quelqu*un vousblàmc?

Dieu nous bénira.

La petite OUe.

Je prierai pour son âme, Giroflée^! rofla, Je prierai pour son âme, Dieu nous bénira.

BALLADE

Les enfanis.

Si 1 aveugle soupire,

Giroflée-girofla,

Si Taveuglc soupire... •

Dieu nous bénira.

La peiiie fille.

J*irai pour le conduire, Giroflée-girofla, J*irai pour le conduiro.

Dieu nous bénira.

Les enfants.

Si la vieille t*appelle, Giroflée-girofla, Si la vieille t appelle Dieu nous bénira.

iM

La petite fille.

J'aurai du pain pour elle, Giroflée-girofla, J'aurai du pain pour elle, Dieu nous bénira.

Par de semblables changements, qui no nuisent en rien à la gaieté de la ronde, la petite ballade devient chrétienne, et ny perd sous aucun rapport.

Mais il est des ballades d*un genre plus sérieux, et toutes les poésies de :Ce genre ne sont pas destinées à égayer les danses des petits enfants. Nous nous garderons bien do faire ici Tapologie de ces sombres ballades du Nord, où le mauvais esprit et les fantômes sont si souvent en jeu. On nous dira peutêtre que les contes à faire peur ne sont bons qu'à faire des chansons; nous demanderons à notre tour à quoi de pareilles chan* sons peuvent être bonnes, sinon à remplir l'imagination de terreurs vaines et de chimères.

D*ailleurs, nous sommes loin de partager les doctrines de cette école moderne, qui LiiC consister la beauté littéraire dansia peinture fidèle de toutes les laideurs. La laideur est à nos yeux un désordre dont il est fâcheux et triste de multiplier les empreintes. Le mal qu'on ne peut pas détruire, il faudrait au moins le cacher.

Ce serait donc Tœuvre d*un poëte ehrétie i que de faire sortir la ballade du cycle des légendes superstitieuses, pour la fixer dans le domaine de la vérité. La religion ne man-

Sue ni de merveilles ni de grâces, ni môme 'épouvantes, pour inspirer les génies les plus aimables ou les plus sombres. L'éternité et sa terrible alternative, les saints et leurs combats, les chevaliers chrétiens et leurs prouesses, les âmes pures et leurs sacrifices, les mystères du désert, les soupirs du cloître, les aspirations au ciel, les d«^goûts de la terre, les pièges du tentateur et le triom-

f)he des bons anges, combien de sujets pour a ballade chrétienne 1

Telles sont, n'en doutons pas, les ten« dances littéraires do notre époque: un besoin immense de vérités, do consolations et de croyances travaille le monde et se révèle dans la poésie, comme partout ailleurs le romantisme, sorti de l'école de Chateaubriand, tout monstrueux et tout absurde

BALLAHE

qnll ait été, était le cauchemar des consciences tourmentées par Tamour du bien. Son apparition n*a été qu*un phénomène passager, et il ressemblait à ces champignons vénéneux qui se hâtent de paraître a la surface d*une terre fécondée par des pluies dV rage.

La poésie vraiment cbrétienDe, la poésie irréprochablement catholique surtout, est encore assez rare dans les langues modernes pour que les Ames pieuses se détournent en général de toute espèce de poésie. On regrette de trouver encore un peu d'affectation dans les formes de ceux de nos jeunes poètes qui ont donné à la religion le plus iFespérance : il est rare surtout de trouver (les ballades qui ne soient pas entachées d'un peu de romantisme. Aussi est-ce avec bonheur que nous nous empressons d*en transcrire une ici, dont le charme nous paraît tenir autant à la sainteté du sujet quà la manière dont ce sujet est traité. Cette ballade est tirée d*un petit recueil çui a paru en 1825, sous le titre d'Essais poétiques aune jeune solitaire.

Derniers adieux de sainte Scholastique à saint Benott son frire,

I/orage, en s'ëloignant, men.ice et gronde encore; Le lorrenl débordé s*ccoiile avec fracas : Kn vain lu veux parlir, il arrête les pas, lion ffère. Ah! près de moi reste jusqu*à Taurore! Dans ces lieux désormais je ne reviendrai plus. Une secrète voix tout bas dit à mon àme : f Laisse enfin ta prison, ton époux te réclame, El pour loi va s'ouvrir le palais des élus, i

0 régions si belles!

Séjour délicieux 1

Ah ! que n*ai-jo des ailes

Pour m*en voler aux cieux?

Dans Tombre de la nuîl la ville ensevelie Offre Taspecl d*un lac surchargé de vapeurs; L'œil ne peut distinguer les sites enchanleurs El les riclies moissons de la belle llalie. Mais le brillant Vesper illumine un ciel pur. Eh ! comment vers la terre abaisser sa pensée ? La mienne, d'ici-bas tout à coup élancée, Parcourt avec transport cette ptame d*azur.

0 régions si belles 1

S<your délicieux 1

Ah ! que n'ai-je des ailes

Pour m'cnvoler aux cieux ?

A la fleur de mes jours, j'ai méprisé la terre. Richesse, honneurs, pbisirs, j*ai tout sacriOé , Tout a fui de mon coeur, hors U tendre amitié Qui dès mes jeunes ans m'unissait à mon Trére. An moment de briser des liens si chéris, La nature t'émeut, malffré moi je soupire ; El pour me consoler j'ai besoin de me dire : Il viendra me rejoindre aux célestes parvis.

0 légions si belles !

Séjour délicieux I

Ah ! que n*ai-je des ailes

Pour m'envoler aux cieux ?

Oui, snrmonunt btenlAt un innant de faiblesse. J'étouflfe des sanglots échappés à demi : Dans le sein de mon Diea je verrai mon ami ! Mon frère, de ion corar, ah ! banois la tristesse ! L'espérance el la foi doivent nous ranimer; 1^ mort dissoul en vain une argile erossiére; Lorsque le corps glacé rentre dans la poussière, L^esprit emporte au ciel le doux besoin d*aimer.

BAP.LETTE SIDS

0 régions si belles !

Séjour délicieux!

Ah ! que n'ai-je des ailes Pour m'envoler aux deux?

Mais l'horizon au loin faiblement se coIimv ; La cloche du vallon tinte pour les mourants ; C'est l'appel do Seigneur : à sa voix je me rends. Toi seul en ces bas lieux me retenais encore. Mon frère ! Offre pour moi les mystères s»crês ; El quand l'astre du jour, sVlançaiil à la nue. Pour la troisième fois réjouira ta vue. Elève tes regards vers les champs éthcrcs.

0 régions si belles !

St^our délicieux!

Ah ! que n'ai-je des ailes

Pour m'envoler aux cieux ?

Deux soleils ont brillé : la diligente aurore Eclaire de nouveau les sommets du Cassin. Tout à coup un oiseau, des airs fendant le sein, Apparaît couronné d'un ardent météore.

Cesl elle !.. dit Benoit. C'est toi, c'est loi, ma soeur ! Telle on volt du ramier la fidèle compagne D'un vol ^isibleet doux efBeurer la uioutsgiie Pour rejoindre le nid où l'attend le bonheur.

0 régions si belles !

Séjour délicieux !

Ah ! que n'ai-je des ailes

Pour m'envoler aux cieux ?

Nous citerions aussi volontiers, si nous ne craignions de trop multiplier nos citations, une charmante ballade de M. Boucher d(î Perthes, adressée à un jeune prince au berceau, avec le refrain : O pauvre enfanty lu seras roil

Déjà je vois à la lumière.

Cher pelit, les yenx s'enlr'ouvrir !

Referme un instant ta paupière.

Le jour est si long pour souffrir!

Tu naquis pour la paix du monde.

Et celte paix n'est plus pour loi ; Que de mes larmes je i inonde; 0 pauvre enfant, tu seras roi !

Ce couplet suffira pour donuei* une idée de la pièce entière.

Parmi nos anciens Nocls. il en est un grand nombre qui, parla naïveté de la fonue, la bonhomie du reirain et le merveilleux du suict, sont de véritables ballades.

liésumons en peu de mots ce que nous avons dit de ce genre de piiésie. La ballade est une légende ou une scène empruntée h une légende, ou du moins une situation saisissante et dramatique mise en vers par couplets égaux avec refrain, et de manière à pouvoir ôtre mis en musique et chantés. Li ballade proprement dite est une ronde destinée à être chantée en dansant ; mais ou donne aussi le nom de ballades à tous les petits poèmes du genre de ceux dont nous avons donné des descriptions et des exemples.

BARLETTEou Barleita (Gabriel), prédicateur célèbre du xvi' siècle, dont les sermons servent maintenant de type au ridicule et au mauvais goût. C'était, dit-on, un lioonno plein de zèle, qui crut devoir sacrifier au goût de son teuips pour se faire écouter et obtenir (quelques succès dans ce siècie dont les f()céties de Rabelais et de Marot nous ré- Tèieiit assez Tesprit et les modes littéraires.

SCS

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