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ment dos multitudes armées, ]e piétinement des chevaux qui hennissent, et le tonnerre roulant de la roue des chars ; mais les rois s'endurcissent, et le peuple est corrompu; ils croient qu*ils anéantiront les menaces du ciel en tuant les prophètes. Enfin Torage prédit éclate, un souille de colère a passé sur Jérusalem, et Jérusalem n'est plus qu*un amas de pierres encore fumantes, sur les-
Suelles est assis Jérémie qui pleure, imn^e e réternité qui viendra un jour s'asseoir immobile sur ies débris des mondes.
Voici la captivité et Thistoire de Daniel. Les soixante-dix semaines commencent; Dieu humilie dans Nabucliodonosor Torgueil des fastueux empires d'Orient, et brise contre terre la tète d'or du colosse aux pieds d'arçile. Daniel voit sortir d'une mer agitée Tes fantômes monstrueux de tous Tes Couvoirs qui doivent successivement envair la terre; aucun d'eux n'a la figure humaine, et Daniel, qui sait comment l'ange du Seigneur ferme la gueulô des lions, ne craint point que toutes ces bètes furieuses déforent l'espérance des élus. 11 a vu l'bommé vêtu de blanc qui se tient debout sur les eaux, et il attend celui dont le royaume doit être éternel.
Les temps s'accomplissent : « Cyrus appelé par son nom dans une célèbre prophétie, obéit à Dieu et vient régner po ir relever Jérusalem. Le sacerdoce reprend un instant son empire avec Zorobabel et Esdras, et Israël se croit revenu aux beaux jours de sa république. Hais un homme s'élève dans le monde qui le remplit tout entier du bruit de ses armes et s'y trouve trop à l'étroit. Les régions les plus éloignées et les plus barbares apprennent le nom d'Alexandre, et la terre se tait devant lui; puis il tombe sur un lit et se sent mourir. Nous commençons le livre des Machabées. Les successeurs d'Alexandre se partagent le monde, et la Judée tombe dans la part d'Antiochus Epiphancs, qui ouvre l'ère des martyrs, et donne lieu aux grandes batailles des Machabées. Judas,Simon, Eléazar, accomplissent les plus grands prodiges de la vaillance soutenue par la loi, et donnent è leur épée autant de gloire que David et Salomon en avaient acquis à leur sceptre. Un autre Eléazar, un vieillard de plus de cent ans, meurt sous les coups Cl refusant de violer la loi de ses pères ; Katias se déchire les entrailles pour ne pas tomber entre les mains des ennemis de son Dieu : tant de résistance irrite enQn le superbe Antiochus; il part pour détruire Jérusalem, tombe en chemin et meurt rongé de vers.
L'empire des successeurs d'Alexandre avait démembré le monde ; Home vient en réunir les débris, et recompose enfin le grand empire qui devait être conquis par TEvangile. Apres bien des luttes et des déchirements, la paix universelle se fait sous le rè^ne de César Au^juste, et le Fils de Dieu Tient au monde.
M la Bible se ferme et l'Evangile s^ouvre; mais l'Evangile, c'est encore la Bible réalisée dans ses promesses et accomplie dans
ses figures. Les quarante-cinq Ivros de l'Ancien Testament et les vingt-sept livres du Nouveau se servent mutuellement do commentaire , tant il y a d'unité dans l'esprit de tous ces ouvrages écrits à des époques si différentes et par des auteurs si divers!
Nous avons dit que la Bible est une immense épopée dont Dieu même est le poêle et le héros; l'humanité y joue d'abord lo rôlo secondaire; puis s'allie étroitement avec la Divinité dans l'incarnation de l'Homme- Dieu. Or ce triomphe de la charilé divine dans l'assomption de la faiblesse humaine est le dénouement de l'action du poème ;
1)0ëme véritablement (ypique, dtmt toutes es créations sont vraies par la volonté toute-puissante de celui qui seul peut créer; poème encyclopédique, espèce d'arche littéraire où sont renfermés, pour nager sur tous les déluges, les principes de toutes les connaissances humaines, les éléments do toutes sciences, les types de tous li»s chefsd'œuvre littéraires. Telle est la B.ble dans son ensemble. Nous en avons rapidement analysé l'idée générale en nous tenant uniquement au point de vue littéraire, dont nous ne devons pas nous écarter. Entrons maintenant dans quelques détails.
La littérature de la Bible se compose, comme nous l'avons dit, de modèles en prose et en vers : les livres en prose sont ou des lois ou des histoires; les livres en vers sont des pôëmes, ou des cantiques, ou des prophéties. Les styles varient avec les sujets ; celui de la Genèse est simple et grandiose à la fois, comme doivent l'être les récits de l'enfance du monde; la cosmogonie y est tracée à grands traits : c'est un dessin
Eur et sévère, esquissé par un grand maître, ongin, qui était païen, y a, le premier que nous sachions, remarqué des formes qu'il ne craint pas de proposer aux amis de ht belle littérature comme des modèles du genre sublime : Dieu dit : Que la lumière soity et la lumici*e fut. Jamais les dieux de l'antiquité, jamais le Jupiter d'Homère, do Cléanthe, ou même d'Orphée, n'avait été peint en deux mots si majestueux dans leur concision , si beaux dans la simplicité do leur force. Les tableaux du paradis terrestre sont des si^els d'idylles enchanteurs. Le drame de la chute de l'homme joint le gracieux au terrible avec des proportions si saisissantes, que le sublime poëme de Milton ne doit ê;re regardé que comme un commentaire fidèle, mais insuffisant quelquefois, d'un chapitre de la Genèse. La division qui se manifeste entre les enfants d'Adam, types de deux races ennemies parmi les hommes, est une révélation prof» mue des destinées humaini*s, et doit porter la lumière sur des questions physiologiques dont la solution est encore de nos jours le tourment des penseurs.
La Kuerre n'est pas finie entre les enfants d'Abei et ceux de Gain, et telle sera la destinée immuable de ces deux races, que les enfants de Gain sercmt toujours bourreaux et vaincus^ les enfants d'Abd toujours vio-
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tknes et vainqueurs. LVxpiation sur la icrro se fait par le sang; mais lo sang du juste a seul une vertu expiatoire, et c*esi pourquoi la vertu toujours immolée rachètera toujours le monde, parce qu'ainsi Ta voulu la sagesse du Verbe, qui a sanctifié par le sien le saog de toutes les victimes, et a voulu perpétuer dans un sacrifice nouveau la mort volontaire par laquelle il nourrit le monde de sa propre vie.
L'histoire d'Abraham et des patriarches rst deTintérètleplus saisissant et de la plus naïve poésie. On j trouve au plus haut degré ce qu'on appelle de nos jours la couleur locale. C'est bien rOrienl primitif avec ses dhefs de tribus nomades et ses rois pasteurs. On trouve dans les mœurs des patriarches ge ne sais quoi de primitif et de sauvage qui étonne notre imagination, mais qui lui plaît. Dieu d'ailleurs semble marcher dans le désert avec ces familles errantes, roi suprême de ces maîtres subalternes, pasteur de ce troupeau de bergers qu'il conduit la houlette haute, toujours prêt à châtier les écarts de ces natures impétueuses et bouillantes encore de la première sève de la vie humaine.
L'Eiodo est grand comme le génie de Moïse; l'histoire des dix fléaux et celle du passage de la mer Kouge, les révoUes et les châtiments du désert , tout cela est em-
t)reiat d'ua merveilleux divin aiii ne s'eface jamais de la mémoire. 11 fallait de pareilles impressions à Tonfance d'un grand peuple, et de pareils souvenirs à toute sa vie morale et politique, pour en faire cette race à part toujours en lutte avec toutes les nations, et toujours vivace môme après ses défaites; car les principes de la religion do Moïse étaient ceux qui devaient survivre à toutes les révolutions religieuses des siècles suivants, et Moïse no les avait pas, sans une grande intuition prophétique, incarnés eu quelque sorte dans un peuple qui devait (être si souvent disperse, si diflicilement .abattu, tant de fois vaincu, mais jamais changé; souvent proscrit, toujours errant, jamais détruit.
Les Jivres poétiques de la Bible sont : un poëme dramatique ; celui de lob, un épi- Ihalame mystique , le Cantique des cantiçiues de Salomou ; plusieurs fragments des livres «apientiaux, les Psaumes de David et les livres des prophètes.
Les SAvanls liébraisants ne sont pas encore parfaitemenl d'accord sur le rhytnme particulier de la poésie hébraïque. L'opinion du savant M. Garnier, «upérieur général de la société des prêtres de Saint-Sulpice, était que le (mrallélisme seul y tenait heu de mesure et de rime; la phrase poétique se composant ainsi de deux hémistiches qui riment jiar l'idée, si je puis m'exprimer ainsi, et dont les mots s'accentuaient sans doute dans le rhythme musical avec un certain parallélisme de mesure qui ajoutait une harmonie nouvelle au parallélisme de la pensée.
Le parallelisme.de la poésie héoraïque con:>isic en une répétition de la même idée