BIBLIOTHEQUE
SSi
lirres qui existe est innombrable)* pour les classer dans un ordre vraiment logique, il faut nécessairement adopter un système bibliographique, c*est-àHdire un plan de divi** sioDS et de subdivisions qui puisse diriger les recherches dans ce labyrinthe d*ouvraees. Un bon plan de bibliothèque serait le plan d'une encyclopédie, et pourrait ser^ ▼ir non-seulement à classer convenablement des volumes dans leurs casiers, mais encore toutes les connaissances acquises dans Tes* prit et dans la mémoire. Le plan d'une bi* bliothèque complète, avec ses subdivisions^ ses divisions et son unité, ne serait rien moins que Tesquisse d'une synthèse univer* selle ou d'une somme de toutes les connaissances humaines.
Rapporter tout ce tru'on a écrit et tout ce qu'on peut écrire à des divisions générales rattachées ensemble par une idée mère, c*est préparer les voies pour l'organisation d'une science universelle qui, au point de vue ca* tholique , ne saurait être qu'une théologie transcendante, puisque toutes les connaissances hnmaines et l'usage qu'on en peut fâre oBt leur raison d'être et leur règle dans la coooaissance de Dieu. Cette théologie uoirerselle pourrait, comme la notion même de Bleu, se diviser en trois branches prin* cipales, conformément à l'idée des trois personnes divines. Dieu manifeste en effet ses trois personnes par une triple opération : Père, il est créateur; Fils, il est rédempteur; e( Saint-Esprit, il est sanctificateur.
A Dieu considéré comme créateur, c'està-dire k Dieu le Père, on pourrait rapporter la philosophie, sorte de théologie naturelle
3ui procède du connu à Tinconnu, et passe u sensible à Tintelligible par voie de déduction et de raisonnement. — A Dieu considéré comme rédempteur se rapporte tout ce qui tient à la science du salut et toutes les parties dont se compose la théologie soit dogmatique, soit morale; et enfin à Dieu sanctificateur se rapporte tout ce qui ^ieot k la théologie mystique, en classant tous les hagiographes selon les degrés de la ^ie spirituelle, dont sainte Thérèse et plusieurs autres nous ont indiqué la synthèse dams les traités complets qu'ils en ont donnés.
Bien entendu que la Bible avec tous ses commentaires doit tenir la première place dans une bibliothèque ainsi conçue ; puis on disposera trois grands compartiments distiûcts consacrés aux trois notions distinctes des personnalités divines. Sous l'invocation «a Père on classera tous les livres de scien- ^ philosophiques et naturelles ; la démo- I i^ologie, ou la science poétique des mythes I et dos fables de l'antiquité; la physiologie, ^ u<{ttelle on rapportera tout ce qui tient à ^ science sociale et à la politique des asso- <^iûns humaines divisées en royaumes, en republiqoes et en empires; puis toute la P?rtie de l'histoire qui se rapporte à l'Ancien Testament et au règne du Père, et ^mme compléments et monuments de cette i^isioire, tous les monuments littéraires des
DiCTIONil. DE LlTTÊRATURB CHRÊT.
anciens peuples classés par ordre de date et divisés en séries correspondantes aux pério^ des historiques Qu'elles représentent : tout cela sera rangé dans le domaine do la phi-^ losophie soit spéculative, soit pratique, comme documents authentiques à l'appui des théories et pièces justificatives pour ou contre la philosophie purement hu-> maine.
Les sciences naturelles viendraient en* suite, comme complément de la philosophie, si l'on veut faire sa classification selon l'ordre de dignité, et ranger la science des esprits avant celle des corps; si au contraire on voulait suivre dans la classification des livres un ordre plus conforme à la marche et aux progrès de l'esprit humain , on corn* mencerait par la physique, dont toutes les sciences naturelles sont les dépendances et les parties. La chimie viendrait à son rang, puis l'anatomie comparée, la zoologie, la médecine, et tout le dédale enfin de ces sciences positives dont les mathématiques nous font coordonner entre eux tous les détours, à l'aide de leur-fil conducteur.
En les rapportant à l'idée de Dieu rédempteur, on disposera par rang d'autorité tous les lieux theologiques. Le Nouveau Testament, les écrits des Pères et des docteurs, les livres des théologiens présidés par la Somme de saint Thomas, les conciles et leurs actes, les livres de droit canon*et de liturgie, les apologistes, les sermonnaires , les historiens de l'Eglise et les littérateurs chrétiens.
Enfin, dans la série placée sous l'invocation du Saint-Esprit, pourront se trouver les ouvrages de piété de tous les siècles, les légendes des saints, les traités de théologie mystique, les livres de pieux désirs ou de prières, les poésies qui traitent dit divin amour, les traités allégoriques, les livres do pieuses images et d'ingénieux emblèmes, enfin tout ce qui tient à la direction que la religion doit donner aux facultés aimantes de notre cœur et aux puissances créatrices de notre esprit dirigé par la charité. La symbolique chrétienne, la poésie religieuse, les commentaires laissés par les plus gran js hommes et les plus saints personnages de l'Eglise sur les livres qui restent encore prophétiques pour nous, après l'avénement du Sauveur, tels que l'Apocalypse et le Cantique des cantiques, les méditations sur les psaumes, les œuvres de saint Fhançois de Sales, que nous prenons ici pour type des écrivains inspirés par le véritable amour do Dieu et de leur prochain, qui savent répandre dans leurs écrits toutes les suavités de la charité divine ; enfin tout ce qui peut consoler, avertir, relever, fortifier l'ame, l'initier aux entretiens avec Dieu et h cette vie intérieure qui est le royaume de Dieu sur la terre, tout ce qui peut porter à aimer Dieu, à l'exalter, à le -bénir, à le faire aimer des autres, tout ce qu^ii j a dans la religion de beau, de gracieux, d'aimable, tout ce oui
Eeut adoucir les mœurs, nous rendre pius eureux en nous rendant d'abord meilleurs»
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