CANTIQUE
tî^ i:é du Saureur forment une série Milieulîère connue sous le nom de noëls. Ghacjuo
f^roTince a les siens, et il serait curieux d en aire une collection universelle. Il y aurait aussi iMirmi les noëls un choix et une classification à faire : il faut en effet distinguer les noëls nouveaux des anciens, et les cantiques des chansons de bergers.
Le mélange de ces deux genres est essentiellement primitif dans la composition de ce qu'on appelle les bibles de noëls; car ces chants ont été destinés à rappeler des cantiqiies des anges «t les chants jo veux des pasteurs. Il faut donc distinguer deux sortes de noëls : les noëls angéliques , qui sont des cantiques, et les noëls pastoraux, qui sont des cnansons. (Yoy. N^els.)
Les cantiques de la Nativité oSrent k 1 esprit et au cœur du poëte chrétien les sujets ,e3 plus gracieux, et peuvent être sans cesse renouvelés avec une fécondité inépuisable. Quoi de plus magnifique, en effet, et de nias doux que ces mystères de la sainte famille? Quoi ae plus glorieux que ces chants du ciel qui annoncent la paix à la terre 1 Quoi de plus consolant que cette harmonie des anges qui veillent sur le monde endormi, et combien de pieuses larmes ne peut-on pas verser autour de cette crèche où un Dieu si Srand se cache sous les formes débiles d'un oux et beau petit enfant 1 Noua citerons ici un noél inédit gui se rapporte davantage au genre des cantiques : c'est le cantique de l'étoile qui annonce à tous les peuples du monde la jiaissance du Rédempteur.
Le cantique de Vitoile*
La belle étoile voyageant,
Avec sa couronne d argent,.
Que les diamants enviru.innent,
Du monde a commencé le tour,
Et chante anx peuples qui s^ctonncnt::
Réveiller-vous.
RéveiUes-vouBj voicllefour.
?uand de la nuit le soleil sort, ous qui dans Tombre de la mort Dormez aux portes de l'aurore.
Perses adorateurs d*un feu Qui vous laisse dacés encore, Rêveiilez-vous (nt) pour le vrai DieK«
Enfants dégénérés d'Âssur, Qui gardez le marais Impur Où dort la morte Bahylone, Fils dismaél abandonné, Dont un dromadaire est le trAne, Héveillez-\ous (6m), Jésus est ne.
Grecs idolâtres, levez-vous.
Ne Umguisscz plus à genoux Devant le tombeau d'Alexandre.
Pour un plus heureux coiiquér:mt Laissez votre monarque en cendre liéveiUez-vutts (frii). Dieu seul est grand!
RiimaioSv si puissants autrefois, Vous qui des faux dieux et des nus RecueUlez la dépouille immonde, Césars dont la pourpre en lambeaux Ensevelit encer le monde, Hi'veillcz-vous, (6ts), dans vos lomlieaux.
CANTIQUE 8
^Bkmds Germains , peuple sage et fort, Et vous cruels enfants du Nord Qu*endurcit la Scandinavie, Brisez vos armes pour jamais :
Dieu vient à tous rendre la vie, UéveiUez-vous(6û). voici la.paix.
Toi que ravit le gouffre amer, Amérique, sors de la mer.
Belle comme une fiancée ; Peuples des archipels flottants., Jésus vous dit dans sa pensée :
RéveiUez-vous (hh)^ je vous attends.
Que les lies, fendant les eaux , Apportent, comme des vaisseaux , l.eurs adorateurs à la croche ; Continents que Dieu va bénir Sous celte loi qu'un enfant prêche..
Réveillez-vous {jni) pour vous unir-*
Peuples des climats opposés , Princes rivaux, rois divisés , Rapprochez-vous, jetez vos armes-; Du grand pardon voici le jour.
De 1 enfant-Dieu séchez les larmes Réveillez-vous ibU\ voici Tauiour.
'La bell(^ étoile dnsi chaînait , Et dans les airs sa voix tintait Comme ime clochette argentine; Et tout le ciel illuminé Disait par sa splendeur divine :
Réveillez-vous • Réveillez-vous, Jésus est nél
Un des privilèges des cantiques destinés à la nuit de NoëU c'est de comporter un plus grand nombre de couplets que les cantiques ordinaires ; car les cantiques destinés à être chantés dans les réunions de paroisse, soit pour le catéchisme , soit pour des instruc* tions particulières, doivent surtout être extrêmement courts, et c'est encore un défaut que nous signalerons dans les canti(^ues soit de Sainte-Geneviève, soi! de Saint-huI* pice, que leur excessive longueur. Il en résulte qu'on se borne ordinairement à faire chanter les deux ou trois premiers couplets, qui sont loin quelquefois d'être les plus re* marquables, ou qui ne présentent à Tespril
3u'un sens imparfait. Un bon cantiaue ne evrait pas avoir plus de trois couplets et dans ces trois couplets il faudrait resserrer la pensée des six, des huit ou des dix qui se trouvent souvent dans les anciens recueils. C'est une difficulté de plus pour le poëte, et celle-là est peut-être la plus grande de toutes. Mais aussi on pourrait dire du cantique parfait ce que Boileau disait du sonnet :
un sonnet sans défaut vaut seul un long poème.
A l'œuvre donc I poMes catholiques, professeurs de littérature, ecclésiastiques cnargés de la direction des catéchismes» cette tAche est digne de vous. Dans un recueil de cantiques , l'amour-propre de l'auteur s'efface avec son nom, et il ne reste de lui que les choses vraiment utiles. Quelle plus belle destination peuvent d'ailleurs avoir des poésies que d être répétées dans les temples de Dieu par les voix les plus iu-