DIDYME
raithie céleste, les premiers sont les dcrmers, selon Tordre de la révélation divine ; en sorte que si Ton compare le ciel des es^
Iints à une roue, les esprits du Père en sont a circonférence, les esprits du Fils les rayons, et les envo^vés du Saint-Esprit représenteraient le moveu. Les esprits du Père président à la fol 9 ceux du Fils à Tespérance, ceux du Saint-Esprit à la charité. On peut aussi se représenter la hiérarchie céleste comoM une tiare dont chaque couronne a trois fleurons. Dans le premier ordre des anges , en descendant , qui est le dernier en montant, les Séraphins, anges du pur amour, tiennent le rang le plus élevé , et sont assistés parles Chérubins, anses de Tiotelligence, et les Tr6nes, anges de la souveraine puissance; dans le second ordre président Ibs Vertus , anges de la charité active et militante, et ils sont assistés par les Puissances et les Dominations, anges préposés à la force morale des saints et aux destinées des empires ; enfin le tro siëme ordre , qui est le denaier en descen<lant et le premier en montant, se compose des Principautés servies par les Archanges et los Anges ; ceux-là sont employés au gouvernement des choses visibles. Les An^es sont les gardiens des hommes , les Archanges sont les gardiens des l>euples, et les Principautés sont les gardiens du pouvoir. La sainte milice obéit à trois cheis de hiérarchie subordonnés les uns aux autres, et qui se communiquent les volontés de Dieu par l'entremise de quatre lieutenants. Ces sept princes du ciel sont les Arcliançes par excellence. Lechef suprême du premier ordre et de toutes les hiérarchies t*st Michel , gui combat pour la gloire du Père; le chef du second ordre est Gabriel , qui annonce la venue du Fils; et le chef du troisième ordre est Raphaël, Tarcbange de la miséricorde, de la charité et de la pureté dans Tunion conjugale, le guide du joune Tobie et le vainqueur du démon Asmodée qui obsédait la jeune Sara. Les noms des quatre antres grands archanges ne se trouvent pas dans FEcriture , et ne nous ont été conservés que par une tradition incertaine : qp sont UrieU Sealtiel, Jéhudiel et Baracbiel.
Le troisième livre attribué à saint Denvs TAréopagite est celui De la hiérarchie ecclé-' sioêUque : il est la conséquence et Tapplication des deux premiers. De même que le ciel angélique reflète Dieu , la terre ecclésiastique doit refléter le ciel. Le gouvernement de TEglise est donc organisé comme la hiérarchie des anges; il jr a donc les évoques, les prêtres et les ministres qui représentent les trois ordres : parmi les évèques il y a les primats , les archevêques et les . simples évèques; parmi les prêtres, les archlprêtres, les pasteurs et les vicaires; parmi les ministres , tes diacres, les sous-diacres et les minorés ; puis à toute la hiérarchie préside le pape , représentant le suprême archange , et remplissant les fonctions de saint
JAichol.
L'œuvre de Fauteur inconnu est donc une trilogie : Dieu, le ciel et la terre ; Dieu en
trois personnes, le ciel avec ses trois ordres d*ésprits bienheureux , la terre avec ses trois classes de ministres sacrés ; et la triade se répète encore dans chaque unité de la triade primitive. Ainsi se superposent trois mondes : le naturel, le spirituel et le divin, qui sont gouvernés Fun par l'autre avec une harmonie que peut seule troubler la perverse volonté de I homme. Mais cette loi hiérarchique est tellement dans la volonté de Dieu et ressort si bien de la nature même des choses , qu'en étudiant bien Fhumaiiité on trouvera les hommes partagés en trois classes, par la hiérarchie naturelle du mérite et des aptitudes matérielles. Ainsi, au premier rang on trouve les hommes en qui l'intelligence et l'amour ont quelque chose de divin : les grands saints et les grands çénies; puis ceux dont Fintelligence est ordinaire, et chez qui la volonté lutte contre les mauvais penchants; puis, enfin, ceux qui subordonnent Fintelligence aux instincts et 3ui vivent comme des brutes! Ces trois erres d'hommes étaient appelés par les sages de Fécole d'Alexandrie, les premiers gnosti^ ques ou voyants , les secouas psychiquee ou pensants, et les troisièmes hyliques ou sensuels. Cette hiérarchie naturelle, qu'on peut diflicilement se dispenser de reconnaître, explique suffisamment Forigine et la nécessité du pouvoir, et fait disparaître toutes les difficulti^s philosophiques enfantées par les théories de l'égalité absolue.
Les livres attribués à saint Denys FAréopagite sont peut-être ce gu'il y a de plus profond en théologie mystume et en philosophie religieuse. Swedenborg semble y avoir puisé tout ce qu'il v a de grand et de logique dans le dédale ae ses obscures visions. L'esprit se sent élever au spectacle de cette grande harmonie du ciei et de la terre, qui assigne à chacun sa place et rend facile la solution d'une multitude de problèmes. Si les analogies que l'auteur indique ne sont pas rigoureusement démontrées , elles plaisent du moins k l'imagination , et agrandissent le domaine de la poésie. C'est pour les poètes surtout que nous en avons donné l'analyse rapide; mais nous les invitons à ne pas s'en contenter, et à chercher eux-mêmes dans la mine dont nous leur avons à peine montré l'or.
DENYS( Saint) d'Alexandrie. —Disciple et successeur d'Origène dans la présidence de Fécôle d'Alexandrie, adversaire des erreurs de Novatien et de Sabellius, saint évêqup et philosophe chrétien des plus distingués, saint Denys a laissé quelques ouvrages qui ne nous sont parvenus que par fragments, et il ne nous reste de lui, dans son entier, qu'une lettre adressée à l'évêquo Basilide sur des questions de discipline et de liturgie.
DIDYME. — Philosophe chrétien de l'é-cole d'Alexîindrie, Didyme a composé un traité complet du Saint-Esprit, oui a été traduit par saint Jérôme, à la prière du pape