‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 52 sur 194 · EGL0GU · texte numérisé non relu

EGL0GU

Ne nrînterrogez plut, allez h Madelebie, Et sons les amandiers parlez-lui de sa peine.

Madeleii e écoutant souleYa sa paupière; Et leurs &ni4*s alors, échangeant leur lumière, t c Yîrent des pensers pareils en ce moment. Pareils, comme en leurs yeux le bleu du firmament ; £t sons les amandiers, sous leur blancheur fleurie A tous leurs entretiens, du Dieu né de Marie Mêlèrent le doux nom, comme à ses beaux présents La reine de Saba mêlait toi^ours Tencens.

Séinida.

Depuis le triste jour où longtemps nous pleurâmes , Ne reposant en lui comme les autres âmes, le pense à lui, ma sœur, et le demande aux cieux. Ebt-ce pour me punir qu*il se cache à mes yeux?

Madeleine.

Où donc étes-vouSy Christ^ notre souffle adorable?

Sémkla.

La fleur de Tamandier tous cherche ainsi que nous.

Madeleine.

Les échos endormis au fond des bois dVrable S'éTcillent en disant : Christ, où donc étes-vous ?

Séuiida.

Si« pour le retrouver, sœur, nous partions ensemble, Le demandant tout bas à ce oui lui rt^ssemble ; Aux lis blancs de sa mère, à ra^neau caressant, A Thumble nyctanlès dans la nuit fleurissant, Conune sa douce çràoe au fond d*une âme sombre ? Si nous le demandions à Tair, au jour, à Pombre, Ad loxia qui passe, au doux printemps de mai, Coaune yous autrefois, avec sœur Salomc?

Madeli'ine.

ffon* le ciel est trop vaste ; et parmi ses aurores Dans ses liois de palmiers, sous ses frais mélodores^ Noas nous égarenons : levons-nous, car voilà Eve oui vient donnant la main à Mébala. A-i^le vu celui que notre cœur demande ? De son front maternel Tauréole est plus grande Uue la odtre : elle, sait ce que nous ignorons.

Eve.

Je voos aime, et mes mains se posent sur vos fronts. Je passais; une voix m'a dit sous le palmiste : — Aves-voiis vu mon fils? ma sceur, mon âme est

[triste. — Enfants, c*élail la reine, oh ! tombons âi genoux ; Car la mère du Christ le cherche ainsi que nous.

Méhala.

Quel silence de deuil loin des pas du Messie !

On eniendrait, ma sœur, les feuilles de l'ixie

Se fermer au soleil, et de Valexattor

Aux fleurs du kilsamier se poser Taile dV.

L'archange Gabriel a dénoué Fécharpe

Qui retient sur son cœur les soupirs de sa h:«rpe.

L*liymne étemel se lait dans les cieux du matin..

Oh ! j*al peur du silence; un souvenir loiiitiin

Se réveille et s^eiitend dans mon &me agitée,

Coaune ralexanor ou Vixie attristée.

Eve.

Enfant, pourquoi p&lir sous tes longs cils soyeux? Uuand h paix est en nous, le silence est joyeux.

Mébala.

Que ma douleur fut grande au jour du fratricide!

Madt*l«*lne.

Que ma douleur fut grande au jour du dciciJe !

Méhala.

iji

Ilélas ! hélas l Tamour se cache à ses élus! A la paix de nos cœurs TEden ne suffit plu's.

Madeleine.

Où donc étes-vous, Christ, notre souflle adorable?

Sémida.

La fleur de Tamandicr vous cherche ainsi que nous.

Eve et Mébala.

Les échos endormis au fond des bots d*érable S'éveillent en disant : Christ, où donc étes-vous?

Cette églogue , car c'en est une véritable, ne peut pas être citép comme un modèle du style vraiment chrétien qui conviendrait à ces sortes de com{)Osition$ : elle est écrite dans ce coût ossianique et bizarre qui était la mode ou temps de TEmpire; mais ce n*en est pas moins Touvrage a*un poëte distingué , dont les vers sont quelquefois d*une grande beauté et dont les conceptions portent Tempreinte du génie.

ÉLÉGANCE DU STYLE. Toy. Style.

ÉLÉGIE. — L'élégie est un petit poëme qui contient l'expression d'un sentiment triste ou tendre. A" ce titre , les prières en vers sont du genre de l'élégie, et il est diflicile (le trouver une élégie plus touchante et plus belle que la prière d'Esther dans la tragédie de Racine :

6 mon souverain roi !

Me voici donc tremblante et seule devant toi...

et le reste que nous ne transcrivons pas, parce que ces admirables vers sont dans la mémoire de tout le monde.

Il faut que le cœur seul parle dans Télégie,

a dit Boileau : il n'y faut donc ni phrases pompeuses , ni jeux d'esprit , ni comparaisons recherchées. L'expression des sentiments vrais est toujours simple.

Voici une charmante élégie de la reine Marguerite de Navarre, sœur ae François I'% qui y comme on sait , a composé un assez grand nombre de poésies soit religieuses, soit profanes. Elle fit cette élégie a l'occasion de la triste maladie qui emporta son frère :

Rendez tout un peuple content, 0 vous notre seule espérance.

Dieu ! celui que vous aimez tant Est en maladie et souffrance. * En vous seul il a sa fiance.

Hélas ! c*est votre vrai David; Car de vous a vraie science Vous vivez en lui tant qu*il vit.

De toutes les grâces et dons A vous seul a rendu la gloire, Par quoi les mains à vous temlous»

Afin qu'ayez de lui mémoire ; Puisqu'il vous plait lui faire boire Votre calice de douleur.

Donnez à nature victoire Sur son mal et notre malbeur.

Le désir du bien quej*alteu«ls Me donne de travail matière; Duc beure me dure cent ans.

Et me semble que ma lîticre

Ne bouge el retourne en arrière.

Tant j*ai de m*avancer désir.

Oh ! qu^elle esl longue la carrière Où gît à la fin mon plaisir !

Je regarde de tous côtés

Pour voir s*il n'arrive personne,

Priant la céleste honte

Que la santé à mon roi donne

Quand nuls ne vois, rœil abandonne

A pleurer, puis sur le papier ,

Un peu de ma douleur j'ordonne :

Voilà mon douloureux métier l

La poésie modcrno serait essentiolicment élégiaque si elle était plus simple et plus Traie dans ses formes^ M. de Lamartine a gâté tous nos jeunes talents par la contagion du mauvais goût le plus séduisant qui ait jamais déparé les oeuvres d*un beau génie. Nous lui devons une poésie qui rêve sans penser, qui soupire sans aimer et qiii pleure sans larmes : espèce de psalmodie' monotnne dont se bercent les vanités blessées et les sensibilités désœuvrées.

Ces mélancolies de la poésie moderne viennent , comme nous Tavons dit ailleurs, d'un sentiment imparfait et d'une étude superficielle des saintes tristesses de la Bible : dans la Bible , en effet , on trouve les modèles les plus parfaits de la poésie élégiaque, comme de tous les autres genres , soit de prose , soit de poésie. La prophétie de Jérémie et ses lamentations sont les élégies les plus sublimes qui existt*nt dans aucune langue. {Voy. Jéa^.uiE.) C'est à la Bible que sont empruntées les paroles qui peignent lo plus éncrgiquèment et le plus simplement la douleur : Rachel pleure ses enfants et ne veut

Sas être consolée parce quils ne sont plus. — (on fils ne reviendra plus vers moi^ mais c'est moi qui irai vers lui; et tant d'autres paroles plus éloquentes en douleur que les sanglots et que les larmes. Les plainîes de Job , par ex»'mple, n'expriment-eiles pas les plus >uprômes angoisses de Tàme , et ne semble-l-il pas qu*on entende gémir en lui toute l'humanité souffrante? {Voy. Job.) Nous avons, dans le ir livre des Rois , une élégie de David sur la mort de Jonathas,qui est de la plus touchante beauté.

« Songe , ô Israël I h ceux qui sont lombes et qui sont .morts blessés sur la montagne.

« Tes glorieux défenseurs, Israël, ont été tués sur la montagne : comment ont succombé les forts ?

a Ne l'annoncez pas à Geth : n*allez pas le dire dans les carrefours d'Ascalon; ne donnez pas cette joie aux GUes des Philistins, ce triomphe aux enfants des incirconcis !

« Montagnes de Gelboé, que la rosée ni la pluie ne viennent jamais sur vous; que vos campagnes soient stériles , parce que là est tombé le bouclier des forts , le bouclier de Saiil , comme si son front n'avait pas reçu Tonction de l'huile sainte 1

« Jamais la ilècho de Jonathas n'est revenue à lui sans avoir bu le sang des forts,

sans avoir dévoré leur chair î Jamais le glaive de Saiil n'a frappé de coups inutiles.

« Saiil ,et Jonathas , dignes d'amour pendant leur vie, n'auront pas été séparés nsâme dans la mort; eux plus rapides que des aigles, plus vigoureux que des lions.

« Filles d'Israël , pleurez sur Saiil , qui vous revêtait d'étoffes précieuses dans vos fêtes , et qui donnait à vos parures des colliers et des bijoux d'or.

« Comment les forts sont-ils tombés dans la bataille ? Jonathas, ô Israël , a été tué sur tQS montagnes !

« Je pleure sur toi , mon frère Jonathas, car tu étais beau et digne d une tendresse qu'on n'aurait môme pas pour une épouse; comme une mère aime son fils unique, voilà comment je te chérissais.

« Comment sont tombés les braves ? Comment ont été brisées les armes de notre patrie ! n

David excellait dans le genre élégiaque : un grand nombre de psaumes exprime la tristesse mêlée d'amour et d'espérance , ce qu'on pourrait appeler mélancolie chrétienne, si l'on n'avait tant abusé de ce mot de mélancolie pour exprimer le marasme de Torgueil impuissant et les migraines de laTauité négligée.

Les sept psaumes de 1» pénitence nous semblent les chefs-d'œuvre du genre élégiaque , surtout celui qui est devenu, dans notre liturgie, le cantique de la mort, le cri d'angoisse et d'espérance (]ui monte sans cesse vers Dieu du fond des ténèbres de la tombe : De profundis clamavi ad le, Domne,

L'élégie peut exprimer des douleurs individuelles ou collectives; l'amour de la patrie a aussi ses douleurs comme ses triomphes. Casimir Delavigne a rajeuni pour nous et a introduit dans notre littérature les antiques élégies de Messène opprimée. Lqs Messéniennes con.iennent des pages de la pi»? grande beauté , surtout celles où Tauleur s'est inspiré de la poésie des livres saints, et a su (loaner aux regrets de son jeune diacre l'accent des plaintes de Jérémie.

Entre le mont Kvan et le cp.p de Ténar La mer baigne les uiurs de la triste Coron : Coron ! nom malheureux ! nom moderne et barUrc, El qui dé Colonis détrôna le beau nom. Les Grecs oni tout perdu ! la langue de Platon, La palme des combats, les arts et leurs menTilh'^. Tout! jusqu'aux noms divins qui charmaient »os

[oreilles I

Ces murs battus des flots, à demi renversés Par le choc des boulets que Venise a lancés. C'est Coron ; le Croissant en dépeupla rencelni^ Le Turc y règne en paix au milieu des tombeaux. Voyez-vous ces lurt?ans errer sur les créneaui Du profane éiendard qui chassa la croix sainte Voyez -vous dans les airs Ootter k»s crins» mouvainl^t Entendez-vous au loin la voix de rinfldéle Qui se luèlc au bruit sourd de la nier et des vents? 11 veille, et le mousquet dans ses mains étincelle. Qu'enteiids-je ? c'est le bruit de deux rames parriil^'^ Ensemble s*élev:«nt, tombant d'un mène effort, Oui de leur chute é^ale ont frappé mes oreilles. Cebout sur un esquif, l'œil fixe vers le liord, Lu jeune homme, un chrétien glis!>e sur rondcanuTO.

EIJËOÈ

Il remplit dans le lemplc un hiimbte ministère : Ses soins parent Tautel; debout sur les degrés, Il fait fumer Tencens, répond aux mots sacrés, Et présente le vin pendant les saints mystères.

Les rames de sa main s*écliappent à la fois ; Un luth qui les remplace a fremt sous ses dolçts. D chante : ainsi chantaient Dayid et les prophètes. Ainsi, troublant les coeurs des pâles matelots. Un cri sinistre et doux retentit sur les flots Quand Talcyon gémit au milieu des tempêtes.

Beaux lieux où je n^ose m'asseoir.

Pour vous chanter, sur ma nacelle, Au bruit des vagues chaque soir, ' J*accorde ma lyre fidèle, Et je chante sur nos revers.

Comme les Hébreux dans les fers, Quand Sion descendit du trône.

Pleuraient au pied des saules verts Près des fleuves de Babyione.

Mais dans les fers, Seijpeur, ihi pouvaient t'implorér : Du tombeau de leur père ils pariaient sans alarmes ; Souffrant ensemble, ensemble ils nouvaient espérer. Il leur était permis de confondre leurs larmes ; Et je m*exile pour pleurer !

Le ministre de ta colère Prive la veuve et Forphelln Du dernier vêtement de lin Qui sert de voile à leur misère.

De nos mains il reprend encor, Gomme un vol fait à son trésor, Un épi glané dans nos plaines, Et nous ne buvons qu^à prix d^or L'eau qui coule de nos fontaines.

De For! ils Tont ravi : dans la fureur des jeux. Du tabernacle en deuil la dépouille éploree De leurs dés incertains suit Toracle honteux Ou brille sur le cou de la meule altérée Qui chasse le daim devant eux.

0 nature ! ta voix si chère Cède à la peur de Tétranger :

Sans accourir pour le venger.

Le frère voit frapper son uèrel Aux tyrans qu'il n'attendait pas Le vieillard livre le repas Qu'il a dressé pour sa famille^ Et la mère, au bruit de leurs pas.

Maudit la beauté de sa fille.

Le lévite est en proie à leur férocité; Ils Qétrissent la fleur de son adolescence. Ou si d*un saint courroux son cœur s'est révolté. Chaste victime. Il tombe avec sou innocence Sous le bâton ensanglanté.

Les rois, lorsquUl faut nous défendre.

Sont avares de leurs soldats; Ds se disputent des Etals, Des peuples, des cités en cendre; Et tandis que sous les couteaux Le sang chrétien, à longs ruisseaux, Inonde la terre où nous sommes.

Gomme on partage les troupeaux.

Les rois se partagent des hommes!

Un récit qui s'efface ou quelque vain discours A des indifférents parlent de nos misères, Amusent de nos pleurs l'oisiveté des cours; El nous sommes chrétiens ! et nous avons des frères! Et nous expirons sans secours !

L'oiseau des champs trouve un asile Dans le nid qui fut son berceau.

Le chevreuil sous un arbrisseau, Dans un sillon le lièvre affile.

Le ver se glisse dans un fruit,

PlCTIOKX. DB LiTTiRATOftB CHRÉT.

IBLEGIE U»

1/insectê des bois, quand il fuit, Caché sous la feuiUe qui tombe.

Echappe au pied qui le poursuit.

Notre asile à nous, c^est la tombe.

Heureux qui meurt chrétien! Grand Dieu! leur

{cruauté Veut convertir les cœurs par le fer et la flamme Dans ce temple où les saints prêchaient ta véritë« Où de leurs bouches d'or descendaient ilans les âmes L'espérance et la charité.

Sur ce rivage où des idoles S'éleva l'autel réprouvé, Ton colle pur s'est élevé Des semences de leurs pafoles.

Mais cet arbre, enfant des déserts.

Qui doit ombrager l'univers.

Fleurit pour nous sur des ruines, Ne produit que des fruits amers Et meurt tranché dans ses racines.

Grand Dieu! la Grèce libre, en ses jours glorieux» N'adorait pas encor ta parole éternelle ; Chrétienne, elle est aux fers, tend ses brai vers les

[cîeut.

Dieu puissant, seul vrai Dieu, feràsi>tu moins pour elle Que Jupiter et ses faux dieux ?

Il chaulait, il pleurait, quand, d^une tour voisine Un musulman se lève; il court, il est armé;

Le turban du soldat sur son mousquet s'incline

L'étincelle jaillit, le salpéire a fumé ;

L*air siSle, un cri s'entend... l'hymne pieux eipii«.

Ce cri... qui Ta poussé? vient*il de ton esq^if?

Est-ce toi qui gémis, lévite, est-ce ta lyre

Qui roule de tes mains avec ce bruit l)laiùtif t

Mais de la nuit déjà tombait le voile sombre ; La barque, s'ogarant sous un épais brouillard. Et sans rame et sans guide errait comme au basàrJ : Elle resta muette ei disparut dans Tombre.

La nuit fut orageuse ; aux premiers feux du jout, Du golfe avec leri'eor mesurant retendue , Un vieillard attendait seul au pied de la tour. Sous des flocons d'écume un luth frappe sa vue. Un luth qu'un plomb mortel semble avoir traversé. Qui n'a plus qu'une corde à moitié détendue. Humide et rouge encor d'un sang presque efface.

Il court vers ce débris, il se baisse, il le touche. D'un frisson doulourenx soudain son corps frémit : Vers les murs de Coron il jette un œil farouche, Veut crier... la menace expire dans sa bouche. Il tren^le à leur aspect, se délourne et gérait.

Mais du poids qui Toppresse enfin son cœur se lasse. Il fuit les yeux cruels qui gênent ses douleurs > Et regardant les cieux seuls témoins de ses pleurs, Le long des flots bruyants U murmuré à voii basse : Je t'attendais hier, je t'attendis longlcmns ; Tu ne reviendras plus, et c'est toi qui m attends.

C'est au genre de Télégie patriotique qu'il faut rapporter cet admirable psaume cxxxvi»

3u'on a essayé tant de fois de faire passer ans notre langue. Godeau, évoque de vence, Lefranc de Pompignan, Malfilâtret M. de Marcellus , M. Charles Loyson , H. Alexandre Guillemin et beaucoup d'autres ont essayé de traduire ce chant de douleur qu*on gAte toujours en le paraphrasant. Il faudrait garder, même en vers français, cette harmonieuse simplicité : Suj^er flumina Babulonis^ illic sedimus^ et flevimué cum retoraa^ remur Sion.

La traduction de M. Godeau commence par ces vers :

m ELEGiE

Assis sur les bords de TEuphrate , Donl le fier el rapide cours Baigne les orgueilleuses lours De qui Babylooe se flatte*

Les trois premiers vers sont beaux; mais

3 ne nous importent ici le fier et rapide cours e i'Euphrate , et les orgueilleuses tours de Babylone? Est-ce que nous avons le loisir de songer à tout cela? Cum recordaremur Sion !

MalGI&tre commence ainsi :

Assis sur les bords de l'Euphrale , Un tendre souvenir redoublait nos douleurs ; Nous songions à Sion sur cette terre ingrate, Et nos yeui, malgré nous, laissaient couler des pleurs.

Cest déjà plus simple ; mais pourquoi la terre des bords de TEuphrate est-elle inçrate si ce n'est pour rimer et ne pas être disparate ? Pourquoi nos yeux laissaient-ils couler des pleurs malgré nous ? Le texte ne dit pas cela. C'est peut-être parce qu'il eût mieux valu cacher ses regrets è l'orgueil des vain-

aueurs ? Pourquoi , puisque ces vainqueurs emandaient de la musique et de la joie ? Il y avait alors du courage dans les larmes. Essayons de traduire plus simplement et

flus exactement : peut-être arriverons-nous bien faire. Nos deux premiers vers sont tout faits dans le texte.

Prés des fleuves de Babylone, Nous nous sommes assis et nous avons pleuré.

Mais nous voici arrêté tout court (lar la rime. Madame Pernelle, dans Molière, est la seule qui soit parvenue à rimer richement avec Babylone.

Etc*est précisément la tour de Babylone, Car chacun y babille et tout le long de Taune.

Or,nous n'avons que faire ici des rimes de madame Pernelle , et nous voilà forcé , si nous vouions conserver notre premier vers, de cheviller un trône ou de faire intervenir une zona quelconque. Changeons donc le premier vers :

A Babylone, au bord des fleuves.

Nous nous sommes assis et nous avons pleuré, Suspendant nos cithares veuves Â4IX branches du saule éploré.

La rime nous a forcé encore d*ajouler deux épilhètes: mais Tune de ces épithètes exprime une métaphore assez juste : la cithare est en quelque sorte l'épouse du chant, qu'elle accompagne et qu'elle embellit. On peut donc dire qu'elle est veuve lorsqu'elle est privée du chant qui la rendait féconde en accords. La seconde épithète fait imnge et caractérise le saule. Fort bien donc : reprenons et continuons :

A Babylone, au bord des fleuves.

Nous nous sommes assis, et nous avons pleuré, Suspendant nos cithares veuves Aux branches du saule éploré.

Nous songions à la cité sainte.

Et nos vainqueurs disaient : Sur des airs de chanson Chantez nous votre gloire éteinte E( les cantiques de Sion.

ELEGiE

Hélas ! sur la terre étrangère Ci)mment dia nierons-nous les hymnes ilu Seigneur! 0 Jérusalem ! ô ma mère!

Si je feflace de mon cœur.

Que ma mam tombe desséchée!

Si tu n*es le premier, le seul de mes amours, Qu*au palais ma langue attachée Itcste muetie pour toujours!

Seigneur, au jour de ta justice Souviens-toi de nos pleurs et des enfants d'Edom Qui criaient : Qu'on l'anéantisse.

Qu'on efface jusqu'à son nom I

Babylone, ah ! fille insolente.

Heureux qui te patra les crimes triomphants! Heureux , sur la pierre sanglante.

Qui pourra broyer tes enfants!

^ Nous ne terminerons pas cet article sur Télégie sans rendre compte d*un charmant recueil de poésies que nous aimons à citer souvent, et qui a été publié à Paris en 1835, sous le titre iTElégies chrélimnes , par ma<l(y moiselle Angélique Gordon , de Pons (Cba* rente-Inférieure). Nous regrettons que celle demoiselle, fort Agée sans doute maintenant , si elle vit encore , n*ait pas conserve les grAces modestes de Tanon^me qui donnait tant de charmes à la première édition de ses œuvres intitulées : Essais poétiques d'une jeune solitaire. Cette muse inconnue et si chrétienne se révélait alors par un parfum semblable à celui de la violette qui se cache; c'était beaucoup plus qu'une muse , c'était une virginité de talent et de vertu : aussi a-t-on parlé beaucoup de la ieune solitaire et très-peu de mademoiselle Angélique Gordon.

Ses élégies n'en sont pas moins pleines do cnarmcs, surtout la première, qui seule peutêtre dans son recueil appartient réellement et seulement au genre de Télégie : car, sous ce titre , mademoiselle Gordon a réuni des ballades, des cantiques, des gloses, des dialogues et des chansons spirituelles. Nous en avons déjà cité plusieurs aux articles Ballade et Chanson. (Voy. ces articles.)

Toutefois nous ne saurions disconvenir que Tensemble de ses poésies n'appartienne au genre élégiaque, tant par les sentimenis doux et tristes qu'on y sent partout dominer,

aue par la pureté et la simplicité touchantes u style. Voici quelques-unes de ces pièces :

Saint Augustin pleurant son ami.

SUJKT.

Saint Augustin a décrit l'amitié comme il Ta sentie, d'abord avec la véhémence d'un homme qui n'était pas encore chrétien , et qui s'attachait aux objets passagers aussi ardemment que s'ils avaient dû être étorne's; puis, avec celte sensibilité profonde, mais calme , d'un cœur solidement affermi en Dieu, et sûr de retrouver au sein du Père céleste les objets de son attachement sur la terre.

J'ai réuni dans les vers suivants les regrets de saint Augustin sur son ami de Thagaste , et ses espérances après la mort du vertueux Nébride.

iGî

ELEGIE

« Tout ce que je voyais me semblait la

mort Je haïssais toutes ces choses qui

ne pouvaient plus me dire : Le voici I comme ellesme ledisaientdurantsa vie,lorsqu'il était abseot.*... Je m savais oi!l reposer mon âme ; men ne lui plaisait plus, ni les riants bosquets, ni les jeus, ni les chants, ui les lieux ]es plus agréables, ni les festins, ni la lecture ni la poésfe. » (Canfess. liv. iv , ch. k et 7.)

€ Maintenant , heureux pour toujours , il

puise à la source spirituelle , et boit la sa- Pourrais-tu nroubUer, ijuand ton âme enivré gesse avec avidité; mais je ne puis l'en Se Penetred un Dieu qui se souvient de moi 1

croire assez enivré pour m oublier, puisque vous, ô mon Dieu , qui l'abreuvez de votre essence même, vous vous souvenez de moi. » (Lib. IX, ch. 3.)

Ajoutons à ces passages celui d'un panégyrique de saint Victor, par saint Bernard :

« Victor nage dans un océan de di lices ; mais il s'occupe encore de nous. La terre des saints qu'il habite n'est point une terre d'oubli. Le ciel ne refroidit point les cœurs ; il les rend, au contraire , et plus tendres et plus compatissants; il communique une nouvelle activité h leurs affections. » [Tra-duetion de Godescard.)

Quels songes douloureux agitent mon sommeil!...

J'ai vu son œil mourant me regarder encore;

Il vivait, et pour nous allait briller Taurore...

Les élans de l'espoir ont pressé mon réveil. Séduisante et vaine espérance.

Tu rends mes tourments plus aigus :

Paj^lle mon ami, ie cherche sa 'présence : Hélas ! je ne le verrai plus !

Oh ! que ne puis-jeau mien rendre aussi la lumière... Utrai-je dit?... je murmure... Âh! pardonne, ô moo

[Dieu !

Vottdrais-je Tarracher au charme de ce lieu Où les pleurs à jamais fuiront noire paupière (1)? Ah ! son amour au ciel ne s'est point affaibli;

La terre des saints qu'il habite

N'est point une terre d'oubli, Comme ce triste monde où ma douleur s'agite. Oui, qu'un doux souvenir m'unisse encore a toi, Qui puises le bonheur à la source sacrée ! Pourrais-tu m'oubller, i^uand ton âme enivrée

Soupirs d'Elhclgive.

Succombant aux ennuis d'une pénible veille, £t donnant une trêve à ses longs déplaisirs. Ma mère enfln légèrement sommeille, Je puis exhalermes soupirs....

Aide mes pas tremblants , ô ma douce compagne ! Je veux à la nature adresser mes adieux. Le soleil disparaît au bas de la montagne. L'éclat de ses rayons ne blesse plus mes yeux ; Un souffle parfumé rafraîchit la campagne, Tout renaît Seule, hélas! je languis en ces lieux.

Adieu, vallon témoin des jeux de mon enfance!

Tu me vis croître avec tes arbrisseaux : Quand l'aquilon viendra dépouiller tes berceaux,

11 Unira mon existence.

Son haleine glacée a flétri mes couleurs :

Telle sous les frimas périt la seusitive

Il unira mes jours et la pauvre Ethelgive

N'aura pas dix-sept fois vu la saison des Beurs. L'automue, qui s'enfuit dans sa course rapide.

Ne la reverra flus près du ruisseau limpide

Beaii lieu que j'aimais tant, pourquoi t'ai-je quitté?

• Comme le lis de la vallée (2),

1. • • •>•%,' : ',: • ' •. ' .' ,' Tendre fleur, des champs exilée.

Ecoulez... Josqu à moi quel long soupir arrive? y^^ rencontré la mort au sein de la cité

£st*ce lui? ses accents me sont SI bien connus ! Malheureux! je lui prête une oreille attentive :

Hclas! je ne l'entendrai plus ! De crainte et de plaisir combien j'étais émue,

Hais l'aobP matinnlp n rhaRflP Ipq tmièhres- I" ^ j®"'^ ®" *® monde, étolant ses attraits,

ro^tÎMoiSn^ v?.«. iîî^lt!?;i liLJfv . ' Pour la première fois vint éblouir ma vue !

I3nc pâle lueur vient éclairer ces lieux ; ^^ , .^ j. , ^ ^

Les objets qui frappent mes yeux "ruAlnc,, ^»^^^ i^^ a^«^^ '«^«swi

Rappellent à mon cœur deV souvenirs funèbres. r.' ?S2f^' 'T.Ç^Îfn hp^^^^

C'wi là qu'un doux repos suspendait ses douleurs. ^'^}^} ™^ *^ia5"? "" rt® adorateur

Ce livreli nos loisirs prôu souvent des charmes : ' ^^'X vm^Alt^iê i^^^^^^^^^

T «t?. S,*?i ^??i m,f„ ihi^ii ^ Son regard renversa l'idole et son autel.....

Je SUIS seul, et sa main chêne ^

N^essuiera pas les pleurs que je verse pour lui. %

A ma douleur vive et profonde J'ai langui, j'ai souflert. du monde abandonnée ;

Qu'importe l'ombre de ces bois, " «ût craint près de moi de gagner mon ennui ; Le parfum de ces fleurs et la fraîcheur de l'onde, En folâtrant il s est enfui

Et le touchant concert des lyres et des voix ?... ^ , ^oin de sa reine infortunée.

Malheureux ! je suis seul au monde. !>»«« les cercles brillants, hé as ! qui sonffe à moi ?

L'Image de la mort est tout ce que je vois. ^«s mondains si flatteurs, si légers, si volages

Quand il vivait, ces eaux, ces fleurs, ce rocher inèaie, ^ des objets nouveaux prcHliguent leurs hommages.

Tout disait à mes yeux émus : i^e plaisir est leur dieu, légoisme est leur loi

• Vous aUez le revoir. . Le voir, plaisir exiréme ! i?mais des cœurs si froids et des âmes si vames

Hébs! rien ne me le dit plus. P^ns la douleur d autrui ne furent de moitié;

^ ^. . ^ . . . . . ., . . Je n ai, comme Jésus, pour témoin de mes peines,

0 mon Dieu ! prends pilie des peines que j endure ! Que l'amour maternel et la tendre amitié

A nos maux tu sais compatir :

En revêtant notre nature

Tu voulus apprendre à souffrir (l). Quoi ! j'ose à vos tourments comparer mes souflrances,

El, sous les murs de Bcthanie, Vous qui pour mes péchés êtes mort sur la croix ! .

Qoand Lazare au tombeau reposait endormi, 0 mon Dieu ! (pardonnez : j'ai mérité cent fois

Bien sûr de lui rendre la vie, Le châtiment de mes offenses.

Tu daignas pleurer ion ami. ^^^ Apocalypse, ch. y... t. 17. Voyez aussi Isaîe.

ch. XXV, v. 8.

(i) Cantique des cantiques, ch. ii, v. 1 et 2.

i) Epttre de saint Paul aux Hébreux , ch. iv, ?.13.

iG3

ELEGIE

ELEGIE

iU

Une vapeur briHantc avait séduit mon cœur. Je m'égarais dans une nuit profonde;

Vous, pour me détacher du monde, Vous m*avez envoyé Fange de la douleur. 4c m*anis à vos nianx, j'accepte ce calice ; ^ Biais lorsque mes resaitli se détournent des cieux. Je vois ma mère, hélas! présente à mon supplice,

El des larmes baignent mes yeux

Toi» qu'un si doux lien unissait à ma vie.

Toi qui partageais tout, mes peines, mes plaisirs,

Isaure, 6 ma fidèle amie.

Quand je ne serai plus, réprime tes soupirs ;

Ah! console ma pauvre mère !

Qu'elle retrouve en toi mes soins et mon amour. En précédant vos pas dans l'étemel séjour. Pour vous sans cesse à Dieu j'offrirai ma prière...

Pensive, à l'heure de partir, Bla raison s'agrandit dans cette solitude ; J'ai sur le monde appris h réfléchir : U cause mon inquiétude;

Pourquoi jamais ne l'ai-je combattu?

Pour lui mon jeune cœur, timide, ardent, sincère,

S'ouvrit au vif désir de plaire; Il eût pour lui peut-être oublié la vertu.

Si ce cœur, innocent encore, Contre un sévère honneur ne se reproche rien, iiélas! je le sens trop, c'est un grand mal, Isaure,

De n'avoii jamais fait le bien (i) !....

La fleur s'épanouit; le vent du soir l'effeuille, Va disperse au hasard ses parfums dans les airs (2), Qu'importe à cette fleur la ville ou les déserts, Qu'un insecte la ron{[c, ou qu'un prince la cueille? L'esprit n'habite point son calice embaumé;

Elle tombe sur la poussière Sans avoir rien senti, sans avoir rien aimé. Sans rendre compte au ciel de sa vie éphémère. Deux matins j'ai brillé comme la jeune fleur;

Mais une &me, ardente étincelle.

Animait de ses feux ma dépouille mortelle. Et le souflle de Dieu faisait battre mon cœur

Devant ce Dieu bientôt la tremblante Ethelgive

Rendra compte de ses talents.

Et du frivole emploi des précieux instants

D*une existence fugitive.

Econome iiifidcle, ai-je fait prospérer

Les bienfaits de mon divin maitre?....

Etait-ce pour briller qu'il m'avait donné l'être ?

Non, non, c'était pour l'adorer

6'il me rendait ces milliers d'heures Q.te je proJiguai follement.

J'en voudrais employer jusqu'au moindre moment

Homme un ançe 1 emploie aux célestes demeures

Il abrège ma vie : est-ce pour me punir?

Non ; mais sou œil sublime a perce l'avenir : Dès l'aurore de ma jeunesse U m'appelle ; et ce Dieu d'amour Daigne épargner à ma faiblesse La chaleur et le poids dt jour.

V Irlandaise à Bagnires.

Sur ce rocher mousseux, au bord du précipice Où le Gave écumant tombe, et roule en courroux. Des jours de l'amitié faisons le sacrilice : Ils ne renaîtront plus pour nous*

l\) Lettre de saint François de Sales.

< i) Fui en man^r flower is bom to blush uns. And wasie ils sweetness on the deseri air. (GiL%i's EUgy on a CcufUry Churfh'Yard.)

Aux rives du Gardon le devoir vous rappelle. L'aube fuit, et d^à l'horixoii étincelle, D'ËHiuor à jamais il faut vous séparer. Vers l'automne, en ce Heu vous reviendrti eneorSi Vous reverrez ce tertre, et le Gave, et raorore.

Mais vous serez seule li pleurer.

Ne cherchez pas, 6 bonne Hélène,

A me dérober vos douleurs :

Sur mon front polissant vous lisez que je meon :

Ah ! je savais ma An prochaine.

Des plantes et des eaux les secrètes vertus

Ont prolongé mes jours, mais ne m'ont point guérie.

Je m'éteins lentement Non, mes yeux abattus

Ne reverront jamais le ciel de ma patrie.

Beau lac de Kilhimev, torrents, voAtes des bois, Pittoresque s^our ou croissait mon enfance. Je vous ai dit adieu pour la dernière fois EUinor dormira sous le gazon de France.

La France ! déjà je l'aimais ;

Hélène me la rendait chère :

Pouvais-je rester étrangère A ce pays charmant auquel je vous devais?..... Mais, et'le monde et vous, Uiut va donc disparaître I Le sort, toujours constant h me persécuter.

Ne m'a permis de vous ctmnaitre.

Hélas! que pour vous regretter

Je cherchais à la fois un cœur qui sût m'entendiel Des talents distmgués, de touchantes vertus

Lasse de mes vœux superflus, Au bonheur, ici-bas, je n'osais plus m'aitendre, L'espoir d'un bien si doux me semblait une erreur

Que la raison devait combattre :

Enfin, j'ai rencontré ce cœur,

Mais le mien va cesser de battre.

A l'aspect du boulieur il s'était ranimé :

Pourquoi faut-il que je vous quitte!

Pourquoi faut-il briser si vile

Un lien à peine formé I

Qu*elle est récente la journée

Où, près d'Ellinor amenée.

Sur ce rocher mousseux Hélène vint s'asseoir!.. Des oiseaux gazouillaieut sous l'aile de leur mèrCt Ils inclinaient du saule une branche légère.

Bercés par la brise du soir.

Vers le mouvant rameau votre main étendue

Gherchait en vain à le saisir :

Et moi, je l'atteignis, trembLnte de pbisir, Mais le nid s'échappa de ma main trop émue; Le Gave le reçut dans ses rapides eaux. Et vos yeux attristés suivirent les oiseaux

Jusqu'au moment de leur naufrage...

De notre sort, Hélène, ah ! c'était le présage! Je suis le pauvre eiseao qui, du nid maienielb

Est tombé dans l'onde agitée ;

Par les flots longtemps ballotee.

Je descends au gouffre étemel...

Qu'ai- je dit? oh ! non, chère Hélène, La tombe ouverte sous mes pas

Pour une éternité ne se fermera p^s :

J*emporte en expirant Tespolr d*uue chrétienne.**

Si le fleuve des ans nous entraîne au cercueil, L'àroe, invincible passagère.

Echappe à ce naufrage, et, dans les bras d^un père Se jette aii sortir de recueil.

Vers le port du salut à mon tour je m'ébnce.

Si le ciel m'eût encore accordé de longs jourSp N'aurais-jepas<^uitté la France, Et peut-être, bêlas! pour toujours?

Je p&rs : la mort n'est qu'une absence. Dont les instants seront bien courts Vous, qiii restez sur le rivage.

Quand le soir votre cœur offrira son hommage

ELEGIE

ELOQUENCE

A notre Dieu crucifié, Priez ponr EUiiior.... A la céleste voûte Votre ange prolecteur m'apportera sans doute.

Le souvenir de Tamitié.

Unjoiir oe messager, dans son élan rapide, Ifarrivera pas seul au parvis du saint lieu : Un avlre ange suivra Taimable et tendre guide... Joiqu'è cet benreox jour, Hélène ! Hélène! adieu !

9 décembre 1831.

La petite œuvre des Savoyards à Bordeaux.

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