‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 63 sur 194 · XII. La doctrine · texte numérisé non relu

XII. La doctrine

Toute la doctrine du Christ se résume dans la destruction et l'absorption de Tindividualisme et dans la constitution de l'unité. Aussi cette doctrine est-elle une religion^ c'est-k^ire une réunion des hommes à Dieu» et des hommes entre eux.

Pour détruire dans les hommes l'amour de la personnalité, le Christ prêche le dépouillement volontaire, l'abnégation et le sacrifice. Il élève l'esprit en abaissant la chair, parce que les exigences de la chair dépriment et embarrassent l'esprit. Il voulait qu'on perdit son ftme, c'e$t-à*-dire sa vie,

B)ur la retrouver dans la vie de Dieu même. e craignez pas^ dit-il, ceux qui ne peuvent tuer que votre corps; craignez ce qui fait mourir Vdme. Ne possédez ni or ni argent^ et ne vous inquiétez pas du lendemain : à chaaue jour suffit son maL Choisissez toujours la aer-' niêre placer car celui qtà s'humihe sera élevé; pardonnez à votre frire lorsqu'il vous offense; pardannez'luij je ne dis pas sept foiSf mais soixante-^ix fois sept fois^ c'est-à-dire toujours ; n^auez ni parents ni famille. Ceuxr qui font la volonté de mon Père^ ceux-là sont ma mire et mes frères et mes sœurs. Celui qui aime son pire ou sa mire ou ses enfants plus que moi n^est pas digne de moi. Haïssez pour ) autour de moi les ôlres qui vous sont les

plus chers ; faites plus : haïssez-'vous vousmêmes, et lorsque vous aurez accompli toutes ces choses, lorsque vous aurez consommé les plus pénibles sacrifices, dites : Nous sommes des serviteurs inutiles^ nous n'avons fait que ce que nous devions faire.

Jésus a le premier annoncé au monde la loi consolante du prosrès véritable. Le germe de la parole doit lentement produire son fruit, et ce qui n'était d'abora que la plus petite de toutes les semences sera un jour un grand arbre où tous les oiseaux du ciel viendront se reposer. L'Evangile sera comme le levain qui fait peu à peu fermenter toute une masse de farine. Aucune des paroles de Dieu ne tombe inutile sur la terre» et toutes auront leur accomplissement. Ce qu'on dit maintenant k Toreille sera un jour crié sur les toits. Ceux qui sont maintenant les premiers seront les derniers, ce qui s'élève sera abaissé, et ce qui s'abaisse sera élevé ; les peuples viendront de l'Orient et de rOccident s'asseoir à la table du Père; quand la doctrine du Christ triomphera, lorsqu'il reviendra glorieux régner k jamais sur les élus, les lumières qu'il fera briller sur le monde seront semblables k l'éclair qui luit k l'orient et paraît jusqu'k l'occident ; alors le bon pasteur rassemblera toutes ses brebis dans une même bergerie, et il n'y a!)ra plus qu'un seul troupeau et un même pasteur.

Le Christ promettait aussi k ses disciples la venue du daint-Esprit, de TEsprit d'intelligence et d*amour qui doit annoncer toute vérité aux hommes. J*ai encore beaucoup de choses à vous dire; mais vous ne sauriez les supporter encorej leur disait-il ; mais quand * viendra vers vous VEsprit qui procède du Père, il vous enseignera tout ce que vous ignorez. Ainsi TEvangile est une doctrine q[ui doit expliquer k tous les hommes l'elTusion qui doit se fciire dans tous les cœurs de l'Esprit d'intelligence et d*amour.

La cité du démon, que le Christ venait combattre avec sa parole toute-puissante» repose tout entière sur Tégoisme, égoïsme qui se reproduit en s'élargissant dans la constitution des familles et des Etats, tou-

{'ours divisés d'intérêts et usant leurs forces i s'en tre-d et mire au lieu de travailler au bien commun. Aussi le Christ frappe-t-il d*anathème l'esprit de personnalité : il se plaît k humilier les prétentions misérables de l'homme, qui se fait k lui-même son propre centre, et qui tournoie ainsi autour de son néant, comme s'il aspirait k retomber dans la mori éternelle. Il menace des jugements divins les hommes qui oseront juger; il démasque l'hypocrisie des pharisiens, qui s*appropnaient le monopole de la vertu, et leur préfère le publicain, qui se reconnaît coupable. Il censure amèrement la folie et l'impiété des traditions humaines, qui déguisent et dénaturent la loi éternelle. Il se rit de cette frêle créature qui veut posséder le ciel et la terre, et qui ira même pas un vrai pouvoir sur un seul cheveu de sa tête, 11 nous montre le riche, au milieu de ses ré*

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