‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 66 sur 194 · FIS · texte numérisé non relu

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EVANGILE

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dieux, changés en gémonies, le monde ré-

I généré par un mort, et le supplicié devenant e Dieu des rois qui Tont (ait mourir. Tel est en abrégé le magnifique symbole de la passion du Christ ; telle est la grande histoire qui rattaelie ses sourenirs à la moindre petite croit de bois que le paurre Tient planter sur la tombe de sa mère.

Le drame commence au jardin des Olives : là le Sauveur du monde est seul accablé du |)oids de son sacrifice, que personne ne comprend encore; le genre humain sommeille comme les disciples amis de Jésus, et toutes les mauvaises passions veillent et conspirent dans Tombre avec Judas Jésus prie et

Cleure, une sueur de sang couvre ses memres pAles et amaigris Il cherche autour de lui personne, et il retombe la

face contre terre. 11 cherche ses apôtres, mais ils se sont endormis; il les éveille, et ils se rendorment; Thomme d'avenir est seul au monde ••.. quelqu'un le cherche cependant ... voici la lueur rpuge des torches. « Judas le traître s*est glissé jusqu'auprès de son ami qu'il a vendu, et le livre par un baiser. Jésus lut pardonne et se livre; la résistance serait inutile, et le Christ ne veut pas qu'il se perde une seule goutte de sang, lui qui veut épuiser le sien pour le salut du monde ; il est traîné devant les prôtres qui étouffent sa voix calme et sainte par des cris d'anathème : car cette voix tourmente dans leur cœur les souvenirs d'une conscience

3u'ils n'ont plus. Des valets répondent par es soufflets a ses raisons divines, et lorsque toutes les voix de la haine s^unissent contre lui, la faiblesse de ges disciples l'épouvante, et il est renié par son ami.

Les prêtres le livrent aux grands et aux rois : Pilate le renvoie h Hérode, Hérode le mé|)rise, et ses courtisans le baffouent, revêtu des livrées de la folie, mais trouvé assez sage pour mériter la haine. On le traîne de nouveau devant le préfet du prétoire, qui, pour complaire à une populace éi^arée, le fait déchirer de coups avant de ravoir jugé. Ainsi toutes les passions, ennemies entre elles, s'unissent contre la justice; Hérode et Pilate sont réconciliés par le crime, les prêtres trompent et ameutent la populace qu'ils méprisent; Pilate rit du peuple et des prêtres, et leur livre le sang innocent ; les satellites du pouvoir inaugurent sur le Christ une sanglante dérision de la royauté; on le couronne d'épines et on lui ïJonne, au lieu de pourpre, des haillons, puis on le frappe avec son sceptre dérisoire, et on le montre au peuple garrotté, déchiré, insulté, en disant : Voilà l homme!

Oui, voilà l'homme tel que le faisait l'ancien monde; mais cet homme va mourir pour ressusciter glorieux. Chargé du poids ae sa croix, le Sauveur se traîne jusqu'au Calvaire, et les seuls gémissements qui s'échappent de sa poitrine sont pour la triste Jérusalem ; on arrive sur le Golgotha, on le dépouille, onTétendjOn lecloue.... Le marteau retentit, le sang coule .... Un cri déchiraot sort des entrailles de la mère; Made-

leine, échevelée et abattue sur elle-mêflie, regarde sans voir et fixe ses jeux saus

larmes sur une machine mj'on élève

Jean, le disciple bien-aime, se couvre le visage et soutient Marie.... Jésus est crucifié!

La vérité lutte eontre la mort, et le soleil se couvre d'un voile de sang; l'univers semble languir avec Jésus , et le monde

s'emplit d'épaisses ténèbres A traveis

cette nuit on entend une voix oui crie douloureusement dans l'angoisse de Tagooie : Ifofi Pire, pardannez'4eurf car î(i ne eateiU ce qu'ils font I

Jésus confie sa mère \ Jean, le prophète de Tavenir ; il prie pour le larron repenlaot,

et lui promet le ciel 11 se plaint à Dieu

d'avoir été abandonné, car il eût voulu vivre encore pour se sacrifier plus longtemps. H pousse un grand cri, comme un cri de

i guerre contre le péché qui le tue, puis, aissant retomber sa tête, il expire.

Alors un voile qui cachait la vérité aui hommes, le voile du temple se déchira, la terre trembla, une révolution universelle avait commencé; les morts ressuscitirenl touchés par le sang de Jésos, et l'oo vit bientôt ceux mêmes qui avaient été les bourreaux du juste s'en retourner ea se frappant la poitrine et en disant : CH homme était vnUmeni le Fils de Dieu!

C'est ainsi ^ue doit lutter et triompher la justice, c'est ainsi que la raisou et la sagesse doivent combattre la force brutale et triom-

Eher d'elle en succombant à ses violences, a vérité est née dans la crèche avec l'Eo* fant-Dieu; la liberté fuit avec luidevaet le poignard d'Hérode; elle parie dans le temple par la bouche des enfants qui crient plus haut que les sophismes des docteurs;

un banquet divin et fraternel ; l'innocence est accusée, l'amitié est trahie, la raison est calomniée, la franchise est souffletée, la vertu est flagellée, la royauté de la vertu est couronnée d'épines , et balTouée par le royauté usurpée de l'orgueil ; le faible est chargé de la croix qu'on devait réserver au coupable, et la Divinité meurt pour avoir le droit de détruire la vengeance, les supplices et la mort ; car Phomme que les rois con^ damnent se montre Dieu en leur étant le prestige de leurs diadèmes et en leur par^ donnant pour qu'ils aspirent à devenir aussi des hommes.

Peuple, ne renverse plus les croix qui te rappellent cette croix où le Christ a vamcu;

celle du Christ est ton trophée Mais

prends garde de crucifier ton Sauveur une seconde fois I car tu ferais encore de la croix l'instrument de ceux qui te trahissent. Mé* rite d'avoir un Dieu, en n'ayant plus besoin de maîtres parmi les hommes : car le Christ a dit que nous ne devons avoir un maître que dans le ciel, et c'est pourquoi les prêtres I ont fait mourir : car fls raccusaiefli dans

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leur rago« de t^nspirer contre Césarl..., Qu'est-ce donc que Cësar devant Dieu I

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