XIX. La résurrection
Conso1on&-nou5 des scènes funèbres du jardin des Olires, du Prétoire et du Calvaire : voici un emblème rayonnant et magnifique. Le Christ ressuscite glorieux, le crucitié sort de sa tombe» et ses plaies brillent comme des étoiles : il porte dans sa main la croix comme un étendard. D*où vient-il ? il remonte victorieux des enfers, dont il vient de briser les portes, et il entraine après lui la captivité captive. AlUtuia ! ont chanté les auges; a//f/uta/ ont répondu les Ames des justes délivrées de leur prison ténébreuse cl couronnées déjà d'une éternelle lumière. Alléluia t rénondra d'année en année et de siècle en siècle FEglise toujours militante et toujours victorieuse; une nouvelle ère est ouverte, la renaissance de l'humanité est commencée, la porte de l'éternité est ouverte, et celui qui marche à la tMe pour nous montrer la voie et nous préparer le passage y entre triomphant et entraine tout le monde après lui I Où sont les ornières des anciens ouïtes I où sont les fictions des poètes? où sont les chefs-d'œuvre des nations sous cette éblouissante lumière qui submer^^e toutes les œuvres de la nuit et fait éclore un nouveau monde? Quelle épopée que celle qui commence à la crèche ^t qui finît au ciel 1 Comme toute la science est petite en présence de^es adorables mystères 1 Comment tant de grandeur n*a-t-eile pas déjà subjugué toutes les ftmes?Com- JiienC eeux qui s'éprennent de la beauté ontils pu aimer autre chose que l'Evangile après lavoir lu? et comment, après l'avoir médité, a-t-on osé écrire encore quelque chose? Mais quoil toite parole humame revêtue de quelque grandeur et de quelque beauté n'est qu'un écho ou l'expression d'un désir de celle-là. Les œuvres d^s hommes passent et changent avec les hommes; la parole de Dieu reste avec Dieu, et si l'on considère eombien les opinions changent, combien les vérités d'hier sont sujettes à être demain des erreurs, et qu'on réfléchisse à la distance où se maintient toujours la parole évangélique de toutes les paroles humaines, on en conclura avec nous qu'une raison éclairée et judicieuse ne doit pas trouver difficile de se soumettre aux mystères et d'admettre les miracles de l'Evangile, puisque l'Evangile, ce mystère de perfection divine dans un monde si impariait, est lui-même le plus permanent, le plus incontestable et le plus éclatant des miracles I
£XODE. — Le livre de l'Gxode, par la grandeur et le merveilleux des tableaux qu'il contient, mérite d'être rangé parmi les livres prophétiques de l'Ecriture sainte. 11 débute
£ar uûe scène dont rien n'égale la majesté et I terreur, le passage de la mer Rouge, scène que les Pères de l'Eglise ont regardée comme une prophétie on une figure de ce oui doit arriver à la fin des temps, lorsque le petit nombre des fidèles sera sauvé miraculeuse*
ment de la tyrannie de l'Antéchrist. Les hvmnes que l'Ëglise chante à Pâques for.t allusion au passage de la mer Rouge, et l'on
Ï prend ce grand événement comme une gure de la délivrance spirituelle des flmes, comme le séjour des Israélites dans le désert a été pour la plupart des écrivains mystiques l'image de la solitude et des épreuves de l'âme chrétienne qui s'achemine vers )a terre promise de la perfection. On peut trouver ainsi dans les peintures de I Exode de grands enseignements politiques et religieux, tant pour les peuples <]ue pour ceux qui sont charges de les conduire. Nous trouvons dans l'Exode le sujet d'une vaste é{H)pée qu'on {)Ourrait intituler : Motse^ et qui se compléterait par le récit de la mo:t du grand patriarche sur le mont Nébo. Nous allons esquisser rapidement et en prose chacun des trois grands motifs qui [)Ourraient dominer une composition littéraire dont l'Exode fournirait le sujet, en essayant de suppléer au silence de l'Ecriture relativement aux détails de la mort de Moïse, qui no se trouve ni dans l'Exode^ ni ailleurs.