‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 78 sur 194 · GENESE · texte numérisé non relu

GENESE

critiques ont pensé que Moïse devait avoir écrit une théogonie maintenant perdue, et qui précédait la G«mèse, oii ils ne Yoîent

S L'une cosmogonie. Ils se trompent : la éogonie est tout entière dans les trois premiers mots de la Genèse. Que dire avant cela, et comment remonter plus haut? Au eommeiicement, dans le principe^ Dieu créa^ voilà toute la Divinité. Et que créa-t-il ? le ciel et la terre, voilà toute la création, voilk l'idée de l'artisan céleste complétée par celle de son œuvre. Qu'on trouve un dernier mot de toute science et de toute philosophie plus profond que celui-là ; qu'on invente une raison plus satisfaisante de tout ce qui est, et dans l'éternité et dans le temps : qu'oa dise en métaphysique, en physique, en poésie, quelque chose qui ne rentre pas et ne se résume pas dans cette phrase, si simple et si primitive : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre ! »

Le génie humain a ses bornes comme 1*0céan. Dieu les a tracées de son doigt divin, et a dit aux pensées de Thommc, comme aux flots de la mer : « Vous viendrez jusqu'ici et vous n'irez pas plus loin ; ici vous briserez l'enflure de vos vagues. » Or cette limite, celte barrière éternelle au-dessus de lacjuellene s'élèvera jamais notre orgueil. la voici écrite à la première page et à la première ligne du livre sacré : Inprineipio cmvit Deui cœlum et terram.

Celte première phrase de. la Genèse, c*cst 'absolu , c'est la révélation tout entière, 'est le manifeste de l'élernité et tout ce qu'il nous est donné d'en comprendre. Entre cette première phrase et la suivante il peut y avoir des abîmes et des siècles, ce sont le§ secrcls de TEternel ; mais à l'endroit où notre histoire commence, la terre était nue et diptiiplée, et resprit de Ùieu était porté tur /« eaiLXi ou, suivant une autre traductioo, h êoutfle du Seigneur se portait sur les eaux.

Et Dieu dit : Que la lumière soit, et la lumière fui. Paroles dont 14 sublimité ressort d'elle-même sans commentaire. Quel poète de l'antiquité eût trouvé un trait pareil pour agrandir ses dieux ? Le Jupiter d'Homère fait trembler le ciel d'un froncement de ses sourcils, mais sa parole a-t-ellc jamais eofaotô la lumière, simplement, sans effort et comme la respiration de sa bouche ? // dit, et la hmière fut ; il y a de l'iûfitii dans celte parole, et la toute-puissance s'y manifeste si naturellement et sans eflbrts, que Dieu seul peut avoir pensé ce qu'elle exprime. La révélation ici se prouve par elle-même. L'iiomtne n*csl pas assez grand pour inventer de ces choses-là.

On a beaucoup parlé de géologie à prooos des six jours de la création, dont le récit commence aussitôt après l'enfanteraetit de la lumière. Les demr-sfavants du xvm* siècle ont fait rajje de trouver des fossiles démentant le récit do Moïse. Les monuments de l'antiaue EgyP^® ont été explorés ; on a exhumé de vieux zodiaques , et le résultat de tout cela a été la pleine et entière justification, par la sciencCf de Kordre adoplé dans la Genèse pour la classiQcatioo des œuvres

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