‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 79 sur 194 · GENESE · texte numérisé non relu

GENESE

de la grande semaine. Seulement rien ne iiloite ni ne détermine la durée des jours de la création, lorsque Dieu seul en marquait les heures. Il est probable que chaque jour est une grande époque, et d*ailleurs nous ne pouvons rien savoir de précis sur ces âges mystérieux que les débns fossiles uous racontent exactement de la môme manière que récrivain sacré de la Genèse.

Apres les grands tableaux de la création rominence le drame de la chute, drame dont J'iotérêt saisissant et la profondeur ont fait toute la gloire du beau poëme de Milton. Chute inexplicable, que sa réparation nous forced*açpeler bienheureuse ! arame étrange, où Dieu joue le rôle d*un père dont la bonté trompée se change en indignation. Lk se ré- Tèient tous les secrets de la vie humaine dans le caractère des deux premiers époux, la femme crédule et défiante, audacieuse et faible comme le cœur ; Adam, facile h séduire et à entraîner comme la raison. L'origine du mal expli(^uée par Tépreuve des volontés libres, et Tmitiation par la douleur et paria mort>tels sont les m.vstèreâ contenus dans celte histoire, qui laisse bien loin deile les plus séduisantes peintures de Tâge <l*or. Dieu conversant sous une forme huluaine avec ses créatures dans un jardin déiicieui, et ces doux belles créatures revêtues d*innocence et de beauté, chastes au ^io d^une nature vierge et parlant à Dieu comme à leur père et à leur ami, quelio grandie et séduisante image 1 Adam et Eve, aussitôt après leur chute , se montrent pusillanimes et ingrats, affaiblis qu'ils sont tout à coup par le succès de leur révolte. Ils se racbenf, puis ils s'excusent en accusant, oonjme font les enfants pris en faute. Enfin ils sont chassés du paradis de délices, et envoyés à la conquête du pardon, conquête <]ui remplira désormais Thistoire du monde ; I humanité gravissant vers Dieu du fond de ^ chute et de sa misère, et. Dieu descen-i ^anl et s'inclinant vers l'homme à travers \\is cieux étonnés de tant d*amour, ne doi-« veut plus désormais se rencontrer que sur le Calvaire et s'embrasser que sur la croix 1 Après cette grande explication de nos destinées viennent les deux types dont les caractères opposés rempliront la terre de com* l>ats et de révolutions jusqu'à la fin des ti'oips. Caïn conçu dans la révolte, oi Abel reniant du repentir, personnifient, Tuu la nature déchue et rebelle, l'autre la grâce réparatrice et soumise, la force et rintel!4genoe, la liberté sans frein et l'iiutorité obéissant a Dieu. La piété d'Abel blesse la sauvage iodépeuJaDce de Caïn, car Abel demande à Dieu ce que Cun ne demande qu'à son bras, H Torçaeilleux cultivateur s irrite contre rhauibïe et doux berger. Chose remarqua-r Ue, cependant, le sacrifice d'Abel est sanglaut, car il offre à Dieu les prémices de Ml troupeau, tandis que Caïn n'offre que 'es fruits de la terre. Aoel est prêtre, et il a «Iroit de sacrifier comme pontife. Caïn, au contraire, ne peut verser le sang que comme assassin, différence qui existera éternelle-

ment entre l'autorité légitime et Tautorité usurpée. Aussi les révolutionnaires de tous les temps refuseront-ils un glaive à la justice, et appelleront-ils sur leur tête tout le sang qu'ils feront couler avec la hache et le poignard. Marat avait écrit contre la peine de mort, et le comte Joseph de Maistre a fait l'apologie du bourreau. Caïn assassine Abel, et Dieu le marque au front d'un signe terrible en le comiamnant à vivre maudit, et l'excommunie de la famille humaine. Ainsi la première branche de l'arbre généalogique des hommes est deux fois maudite, et la seconde est brisée ; mais la race d'Abel se multipliera par la grâce, et celle de Caïn par le sang. L'antagonisme commence et se perpétuera à jamais dans le monde. Les enfants de Caïn bâtissent des villes et vont faire des rois, les enfants de Seth se retirent dans les solitudes, et forment le petit troupeau des saints ; les enfants de Dieu se distinguent ainsi des enfants des hommes.

Mais les séductions de la femme viennent encore tout mêler et tout confondre. La justice n'existe plus que dans la seule famille de Noé , et Dieu se repent d'avoir créé l'homme, expression dont l'énergie épouvante. Les crimes des hommes ont forcé l'Immuable à se repentir I La terre est lavée par le déluge, et I^oé reconamence l'œuvre dAdan. Parmi les enfants de Noé il se trouve aussi un Caïn, celui-là ne tue pas son frère, mais il insulte son père, et mérite ainsi d'être maudit dans sa génération. Ainsi toujours le péché détruit l'éi^alité naturelle à la source des races, et produit des castes impures. Jésus-Christ seul en expiant le péché originel, a changé l'ordre de la hiérarchie humaine, et a substitué les degrés de la vertu à ceux de la naissance. Les enfants de Chani corrompent encore la terre, et Dieu se choisit la famille d'Abraham comme il avait choisi celle de Noé. Dieu fait d'Abraham son représentant sur la terre, et figure le mystère de la rédemption par le sacrifice d'Isaac. Jacob et Esaû , enfants d'isaac, recommencent le mystère de Caïn et d'Abel, mais cette fois c*est Abel qui triomphe par l'intelligence de la for<^ brutale de Caïn. Jacob, à qui son sauvage frère a vendu son droit d'aînesse, devient le chef de la famille patriarealeàla place d'Esaù, comme le christianisme des nations devait plus tard supplanter les enfants de la promesse, après que Judas aurait vendu son maître pour trente deniers.

Les douze enfants de Jacob deviennent les chefs de douze puissantes tribus qui se multiplient en Egypte par suite des événements arrivés à Josepn, ûs de Rachel et frère de Benjamin. Ici tout est plein d'allégories et de m^rstères, la Providence faisant . de tout ce qui arrive la figure de tout ce qui doit être,

er une secrète analogie entre les eflfets et i causes. La touchante histoire de Joseph est trop populaire, trop universellement connue, pour que nous l'analysions ici. Tout le monde a senti dans son cœur Ja beauté de ce cri de la nature : Je suis Joseph 1 mon père est-il vivant ? Dans cette destinée de Jo-

CEME

Page 1