ACTE DRAMATIQUE. [Voy. Deamatique
ACTES DES APOTRES. ÎVoy. Apôtrbs.
ACTES DES MARTYRS. (Voy. Légendes
ACTION ÉPIQUE. {Voy. Epopée.)
ACTION ORATOIRE. (Voy. Eloquence.)
JENEAS SYLVIUS. — litlérateur distingué du XV' siècle, oui prit une part importante aux affaires ecclésiastiques de ce temps-là, en récompense de quoi il fut promu d'abord k l'épiscopat de Tries! e, qu'il quitta pour celui de Sienne, puis au cardinalat, puis enfin à la papauté sous le nom de Pie II, en
C'est assez dire en faveur de ses talents littéraires , que la gloire et les peines du pontificat de Pie II n'ont pas fait oublier le nom d'^ueas Sylvius, et que la couronne de laurier dont l'empereur Frédéric avait décoré le poète ne disparut point sous l'éclat de la tiare.
Il réussissait également bien dans la poésie latine et dans la poésie en langue toscane; il a composé des DicUogues, des EpiireSf des Diëcours^ une Histoire de Bohême^ deux livr^ de Cosmographie^ quatre ccut
trente-deux Lettres^ des traités de Féducation des enfafUSj des Epigrammes ou poésies fugitives , et enfin un Poëme sur la passion de Nôtre-Seigneur. Mtkées Sylvius était encore plus recommandable par ses vertus que par ses talents, et n'appartenait pas à cette espèce irascible de poètes dont Horace s'est ingénieusement mogué. Les historiens disent de lui que généreusement et aisément il pardonnait, et que jamais il ne cbAtia personne pour avoir médit d^ lui. JSneas Sylvius fut donc quelque chose de mieux qu'un littérateur distingué, ce fut un véritable chrétien et un des grands papes de l'Eglise romaine.
AGGÉE. — C'étoit une des traditions de la Grèce fabuleuse, qu'au son de )a lyre d^Amphion s'étaient élevés en cadence les murs de Thèbes : on courrait dire de même, et avec plus de vérité, que le second temple s'éleva aux sons de la har[)e du prophète Aggée. C'est lui qui fit rougir les Israélites de leur inertie, au retour de la captivité, et de leur peu de zèle pour la maison du Seigneur. Qaoil leur dit-il, vous habitez sous des lambris j et le temple n'est qu'un désert ; votu rebâtissez vos demeures^ et celle de votre Dieu est en ruines!
La prophétie d'Aggée, quoique restreinte h deux chapitres assez courts, n'est pas une des moins importantes de l'Ancien Testament. II annonce clairement le Désiré des nations et la gloire du second temple, qui doit surpasser celle du premier ; mais l'importance de cette révélation, et tout ce qa*ell6 renferme d'espérance, ne rentrent point dans l'objet de cet ouvrage et se rapportent k l'exégèse. Comme ouvrage de littérature, la prophétie d'Aggée n'a rien que nous puissions remarquer d'une manière spéciale : les deux chapitres d'Aggée sont tellement remplis d'une seule et grande promesse, qiie les figures de l'éloquence ou de la poésie deviennent inutiles. Que pouvait-il dire de plus propre à émouvoir et à entraîner tous les cœurs, que d'annoncer la venue de celui que tant de siècles appelaient avec tant de gémissements et de larmes?
AFFECTATION. {Voy. Style.)
AGRIPPA. -- Cornélius Agrippa, un des plus savants' hommes du xvi* siècle, plus connu par sa réputation de magie que par ses écrits philosophiques et religieux, a composé un traité de Vexcellence du sacrement de mariage, et un autre traité assez singulier sur la noblesse et la dignité du sexe féminin. Son livre de la vanité et de Vincertitude des sciences mériterait d'être rangé parmi les livres qui appartiennent à la littérature religieuse f quand même il ne s'y trouverait rien de mieux que ce passage :
« Le vrai bonheur ne consiste pas dans la connaissance des biens, mais dans la bonne vie : on ne le trouve pas dans l'acquisition de la science spéculative, mais dans la pratique des bonnes œuvres. Pour s'unir à Dieu» il ne sufllt pas de bien comprendre, il »"f bien vouloir. Quant à toutes ces études qui ornent lentement et ])éniblement notre es-
5S AGRIPP.V
prity à quoi sont-elles boones, si elles ne nous ouvrent pas les yeux sur les vices qui font notre maiheur, et si elles ne nous apprennent point la roule de la vraie félicité 7 Sans une Donne vie, sans une vie innocente d réglée qui nous établisse d*avance au but de toutes les recherches humaines* la science ne pent rien pour notre bonheur! »
« La coQtempiation de la Divinité, dit«il encore, est le but de notre vie intellectuelle. Est-ce avec des syllogismes qu'on y parvient? Faut-ii pour cela des démonstrations éiludiées, des recherches laborieuses? Non, rien de tout cela. Crovez et obéissez, voilà tout ce que vous avez nesoin de savoir I
« Quelle est donc, ajoute-t-il»ia félicité des sciences ? Quelles sont la sloire et la béatitude de ces profonds philosophes dopt la mémoire et les louanges remplissent encore le vide de nos écoles? Hélas I hélas I transportez-vous eo esprit daos Tenfer, vous y trouverez les âmes de ces grands fantômes de célébrité livrées aux plus affreuses tortures. Chute affreuse et mille fois déplorable, gui a suivi leur passagère élévation I expiation cruelle d'im nonneur usurpé I Saint Augustin avait vu intérieurement ce triste spectacle, Iorsqu*il s*écria avec TA pâtre des nations : fA mot? voilà que les ignorants se lèvent et qutis «oMi ravissent le cîfl, tandis au^avee toute notre scieneenous perdons misérablement notre âme! »
€es paroles sont très-chrétiennes, et il est difficile de les attribuer à un homme qui eût été livré aux arts magiques et aux sciences superstitieuses. On peut donc croire que si Cornélius Agrippa s était livré d*abord aux ▼aines recherches des sciences occultes, il en reconnut plus tard le danger et le mensonge, et que la page que nous venons de lire est Texpression de son repentir.
Son traité du sacrement de mariage contient de belles et bonnes choses aux points de vue philosophique et littéraire, avec quelques tendances hétérodoxes à condamner le célibat d*un6 manière trop absolue, sans égard pour l'esprit apostolique gui a toujours manifesté la plus haute estime pour Tétat de vimnité.
aon Eloge du sese offre, sous une forme un peu paradoxale, des observations oui ne sont pas dépourvues de finesse, et l'on y roncontre des passages véritablement éloquents, dans le genre de celui-ci :
c Dieu, en la personne de Notre-Seîgneur Jésus^brist, a lait à la femme cet honneur insigne de lui demander un corps et de s'incarner dans son sein. Grand et inconcevable prodige, qui a fait l'étonnement des prophètes, que la fécondité se soit merveilleusement unie à une virginité sans tache, et qu'une jeune fille toujours pure ait entouré un nomme en portant un Dieu dans son sein I
« Quand le Sauveur victorieux eut brisé les portes de la mort, h c|ui voulut-il d'abonl api>araitre? aux saintes lemmcs: elles furent les premières instruites de la grande et bonne nouvelle de son retour au monde.
Mais aussi, c*est qu'à la mort de l'Hommc-