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ivant sans jugement. U fit un ouvrage in- [ulé Athei detecli^ pour prouver que Janlus , Halebrancne , le P. Thomassin* {caly Descartes» le fameux Arnauld et lé Quesuel étaient des athées. Les pauvres is étaient du moins des athées sans le roir; et si le P. Hardouin n'avait pas tout ïait tort quant aux coryphées du janséisme, puisque c'est détruire l'idée de Dieu rue de la rendre odieuse et absurde, ce que faisait rbérésie janséniste , on peut se demander [)Ourquoi il enveloppe le philosophe Malebranche dans une semblable réprobation. Toute son argumentation contre ce dernier roule sur une mauvaise interprétation d'un mot. Malebranche a dit que la vérité c*est Dieu, ou que Dieu c'est la vérité, ce aui revient au même. Or, dit le P. Hardouin, la vérité n*est qu'un être philosopliique , et n'a pas de personnalité propre : donc affirmer que Dieu n'est autre chose que la vérité, c est nier l'existence personnelle, réelle et indépendante, qui est l'essence même de Dieu. Un sait q^ue Malebranche To/ait tout en Dieu ; ce qui fait diie à Voltaire, en parlant de lui :
Lui qui voit tout en Dieu , n'y voie pas qu'il esi fou.
Or , voir tout en Dieu , selon le P Hardouin, c'était changer seulement les mots et appeler Dieu ce qu'on appelle ordinairement raison, réflexion, philosophie ; donc,
" e n'était qu'un athée déeu hasardée. Le P.
Ijicisme jusqu'aux
de Thistoire do
|r sans cesse des
lont il cherchait
me cabale qu'il
bataille de Bou-
rébus signitiant
iciens traducteurs
éleudail bs plus incontel , et croyait y trou] îes et des énigmes ^ lication au moyen lîl inventée. Ainsi, dani vines , il ne voyait qu'j les noms des trois plu^ de la Bible, et voici cJRment il procédait. Le récit de la batailUBBe Bouvines peut se résumer par trois mM : le nom de l'empereur, celui de Phi^K-Auguste et le verbe combattre. Or, le^K de l'empereur a pour hiéroglyphe Tai^P; Philippe-Auguste était surnommé Die^onné , et nous trouvons pour TésuliSiiJK notre opération cabalistique Aquila^j^^yeui dire aigle, Symmaque^ qui signUij^Vmbattre , et Théodotion^ qui veut dir^V^grec Dieudonné. Donc toute Thistoii^He la bataille de Bouvines ne signiKe^flre chose que les noms des trois tradu^Brs Aquila , Symmaque et ThéodotioB^r l'on peut ajouter, Vive l'érudition 1 est pas inutile de rappeler de semblafolies , dût-on s'exposer h. perdre un îtant sa cravité, pour avertir l'esprit hulin des ec^rls aue la raison inriividuelle rut faire dès qu elle s'écarte de l'auiorité science , en littérature ou en religion. Du reste, les athées vrais ou imaginaires le combattait si singulièrement le P. Har- [ouin ont trouvé un grotesque défenseur ligne d*entrer en lice avec le grand démo- ' îseur des monuments antiques. Nous vouais parler de Dupuis, qui a prêté ses arguleuts à Volney, et qui prétend trouver dans
DiGTio?tN. DE Littérature ghrét.
les mystères de toutes les religions toujours la même allégorie astronomique, prouvant clairement que le signe du Bouvier, par exemple, ne peut être autre chose que saint iosepn , puisque dans l'étable de Bethléem on représente ordinairement un bœuf; puis encoie que nos prêtres adorent Mithra, attendu qu'ils portent sur la tête une tonsure ronde comme le disque du soleil ; et d*autres billevesées qu'on ne réfute pas, mais dont on rit, comme l'a fait très-spirituellement l'auteur d'une petite brochure ayant pour titre : Comme quoi Napoléon n'a jamais exis^ té ^ parodie du livre de Dupuis, qu'on pourrait refaire en l'ap; liquant à tous les événements contemporains. Ne pourrait-on pas, par exemple, dans la chute du roi Louis-Philippe, mort en eiil pour avoir voulu empêcher un banquet , trouver l'histoire de Pharaon englouti dans la mer Rouge à l'occasion de la Pâque des Israélites? La mer Rouge représenterait la république , ou réciproquement, comme on voudra ; les douzu membres du gouvernement provisoire seront, s'il vous plaît, les douze tribus ; les ateliers nati<;naux deviendront le campement du peuple dans le désert, où le pain tombait du ciel, etc. , etc. ; car on pourrait prolonger indéfiniment cette mauvaise plaisantene, et en conclure, avec Dupuis, que tout cela étant évidemment copié sur la Bible, qui est non moins évidemment copiée sur les traditions égyptiennes, lesquelles sont copiées sur le soleil, la lune et les étoiles, il s'ensuit que l'histoire contemporaine n'est pas plus vraie que le christianisme : conclusion qui ne sera pas celle de Dupuis, et qui se déduira rigoureusement pourtant des prémisses de son syllogisme, si jamais il en a fait un. Pour en revenir au P. Hardouin, on assure
au'il eut pour partisans des hommes assez istingués, et entre autres le cardinal de Tencin. U n'est pas probable, cependant, que des personnes raisonnables aient jamais approuvé toutes les extravagances de ce savant homme, dont il faut laisser reposer la cendre sous cette épitaphe, qui, dit-on, lui fut faite sans malice :
Ci-gtt le Père Hardouin
d'heureuse mémoire En aitendani le jugement.
HÉLYOT. — Pierre Hélyot, de l'ordre de Saint-François, est l'auteur d'un ouvrage savant et consciencieusement écrit surl'histoire des ordres monastiques. C'est le livre le plus complet qu'on ait fait sur cette matière. Pierre Hélyot était né en 1660, et mourut en 1716.
HEHMÂS. [Voy. Apocryphes.)
HISTOIRE SAINTE. [Yoy. Livres histoui-