‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 83 sur 194 · QUES · texte numérisé non relu

QUES

HUET. — Evèque d'Avranches en 1685 , était poète , mathématicien ^ géogranhe , et savait plusieurs langues. Il a rendu aimportanls services à la science et à la littérature. Frappé de l'analogie qui existe entre les fables du paganisme , expliquées d'une certaine manière , et les vérités de la religion , il essaya de prouver aue toutes les mytho-

HYMNE

HYMNE

eio

logies sont postérieures à la BiiJe, et n*en sont qu'une altération. 11 fait à ce sujet des rapprochements curieux , et aurait pu eu faire d'autres encore » comme nous t avons prouvé en analysant les allégories religteu* ses des Indiens, ( Voy. All6goaib. ) Mais il tfHUbe un peu dans le travers du P. Har^ ilouin» en voulant tout rapporter invariablement à une seule idée. Il veut absolument aue Moïse et sa femme Séphora soient les eux types de toutes les divinités anciennes, et veut retrouver en eux non-seulement Isis et Osiris , sauvé des eaux , mais Jupiter et Junon et toutes les autres divinités de la Grèce. Les raisons qu'il en dcmne ne sont I>as concluantes, et d'autres savants ont pensé avec plus de probabilité que la révélation primitive, originairement unique et conservée dans la famille de Noë » a dû s'altérer après la dispersion des hommes, lorsqu'il» cessèrent ae s'entendre, et se séparèrent k la place même où ils voulaient élever la tour de Babel : mais que les principales vérités, tout en s'effaçant de la mémoire des hommes, ou en se défigurant dans leurs souvenirs, laissèrent partout quelques empreintes qui forment, dans les traditions religieuses de tous les peuples du monde , une sorte de concordance et de symbolisme commun. {Voy, Allégorie.)

HYMNE.— L'hymne est un chant en l'honneur de la divinité , d'une forme relevée et grave, destinée à l'instruction du peuple ou au culte public.

On peut distinguer les hymnes d'initiation des hymnes liturgiques. Les hymnes d'initiation sont dogmatiques , les hymnes de litui^e sont plus spécialement eucharisti-

aues, tout en se prêtant aussi à l'exposition es vérités du dogme.

L'hymne a été parmi les hommes la première forme d'ensei^ement religieux : le rhythme et le chant aidaient la mémoire à retenir et k transmettre de génération en génération les enseignements des premiers prophètes.

On chantait dans la Grèce les vers de Linus et d'Orphée, auxquels on attribuait l'honneur d'avoir civilisé les hojaames : ces poètes illustres célébraiont surtout la grandeur et les bienfaits de la Uirinité. On n*a rien conservé du premier ; et si l'on juge de son mérite par le^ honneurs que les anciens lui rendirent I (fest une perle Jrréparabïe. On lui aUribue l'invention du rhythme et de la mélodie : on célébrait dans plusieurs viVes de la Grèce l'anniversaire ue sa mort par des fêtes funèbres. La ville de Thèbes, ou il mourut, lui ût élever un magnifique tombeau : ce fut de lui qu'Orphée et Thamyris apprirent l'art des vers; et les vers qui nous restent d'Orphée ont été tellement altérés parle temps, c^u'ils ne sauraient plus nous donner aujourd hui une idée juste du génie de ce lyrique sacré.

On est eionné , çuand on parcourt les témoignages des anciens à son sujet, du nombre prodigieux de ses écrits : il avait tout étudié , pour pouvoir parler de tout. On ci-

tait avec admiration ses Origines du monde et des dieux : on lisait avec un respect religieux ses livres sacrés sur les iuitiations el les mystères. Il avait cherché dans l'étude des astres de nouveaux témoignages de la

Suissance infinie de l'Eternel. C'est dans sa "héogonie qu'on trouve l'allégorie ingénieuse du Temps et de l'Amour, pères de la nature : presque tous ses ouvrages sont perdus. L'od n'a conservé que son poëme sur l'expédition des Argonautes, un Traité des pierres précieuses, et quatre-vingt-six hymnes en l'hooneuT des dieux ; mais le premier de ces ouvrages est trop défiguré pour être de lui. On a des doutes les mieux fondés sur le second ; et les hymnes ont été , comme on vient de le dire, trop souvent remaniés pour y reconnaître son génie ; mais on le reconnaît dans quelques fragments que le temps ne nous a pas enviés, et qui nous donnent la plus haute idée de sa morale et de ses principes religieux.

« Dieu, dit-41, existe par lui-même, et tout « existe par lui : il est partout, sa présence « remplit l'univers ; l'œil des mortels ne peut « le voir, et ses reeards embrassent 1 uni- « vers ; il distribue, dans sa justice, les biens « et les maux ; il gouverne les vents et les « tempêtes qui agitent les terres et les mers ; « il allume les feux qui grondent dans les « nues ; il est assis au sommet des cieui sur « un trône éclatant d'or et de lumière; les « mondes sont sous ses pieds ; il étend sa « main jusqu'aux dernières limites de TO- « céan, et les montagnes tremblent, à sa çré- « sence, jusque dans leurs fondements : c est « de sa main puissante qu'est sorti l'univers « entier ; il est, tout à la fois, le commence- « ment, le milieu, la fin. »

On croit, dans ces derniers vers, entendre David lui-même célébrer sur sa liarpe iuh mortelle la grandeur du Dieu d'Israël. Or-

f)hée a^'outa deux cordes à la lyre, il inventa e vers hexamètre. Le charme de sa voix avait adouci les tigres ; il ne put adoucir des femmes, qui le déchirèrent cruellement.

Ajoutons à cette appréciation du génie d'Orphée, empruntée a l'auteur d'un ouvrage remarquable sur la littérature des offices divins, que ce poëte antique, proclamant Tunité et la toute-puissance de Dieu, et mourant victime de sa chasteté, nous apparaît maintenant couronné d'une triple auréole et doit être mis au rang de ces hommes d'élite qui, par leurs chants divins et leurs sublimes exemples, ont travaillé à rendre les autres hommes meilleurs et plus heureux.

Nous ne parlerons pas ici des liymQes d'Homère, dont une mythologie profane déguise delà les beautés; ni de ceux de Callimaque, dont la poésie est si belle, mais dont les pensées religieuses se rapprochent si p6U des nôtres :

AÛTO0 tbmfAOKiic* xtàt 3' ipyfurret tic xtv «lîdu; OO 7<v<t't ovx t o-Tfu xiç xiv àinç i^y\fLvx' «Hffti-

O vT* àpmç «rtp oX6oc iniararug tPfifmç ii^u»'

6il

HYMNE

HYMNE

Salut, fils «le Cronos, père el maître des dicui, Salai ! Fais-nous toujours riches et vertueux. Les biens sans ta Tenu sont un luxe inutile, La Tertu sans richesse est un présent stérile Sakit, père immortel ! Que nos vœux soient les tiens. Donne-nous des vertus, mais aussi de grands biens.

L'hymne du Lycien Cléanlhe offre des sentiments pins élevés. Cléanthe, poète sublime, philosopne religieux» et gagnant sa vie dans les travaux d'un homme aie peine, n'aurait pas blasphémé la vertu au point de la subordonner aux richesses matérielles. Aussi a-t-il eu de la divinité suprême une bien plus haute idée que Callima^ue, et les belles paroles qu'il adresse à Jupiter ne seraient pas déplacées dans la bouche d'un chrétien parlant au vrai Dieu. Voici son hymne tel que Ta traduit Thomas dans son Essai sur les éloges:

f O toi qui a {plusieurs noms, mais dont la puissance est infinie I 6 Jupiter, premier des immortels, souverain de la nature, qui gouvernes tout, qui soumets tout à tes lois, je te salue; car il est permis à l'homme de t'ÎQvoquer. Tout ce qui rampe, tout ce qui existe de mortel sur la terre est ton ouvrage ; nous naquîmes de toi, nous sommes de toi une faible image. Je t'adresserai donc mes hvmnes, et je ne cesserai de te chanter. Ces globes suspendus sur nos têtes, et qui sem* blent rouler autour de la terre, c'est à toi qu'ils obéissent. Le tonnerre, ministre de tes lois, repose entre tes mains invincibles; ardent, doué d'une vie immortelle, il frappe et la nature s'épouvante; tu diriges l'esprit universel qui anime tout et vit dans tous les êtres, tant, ô roi suprême, ton pouvoir est illimité et souverain I Génie de la nature, dans les eieux, sur la terre, dans les mers, rien ne se fait, ne se produit sans toi, excepté le aial, qui sort du cœur du méchant.

« Par toi, la confusion devient l'ordre; [>ar toi les éléments qui se combattent s*unisseot. Par un heureux accord, tu fonds tel* (ement ce qui est bien avec ce qui ne 1 est pas, qu*il s'établit dans le tout une harmonie étemelle et générale. Seuls, parmi tous les êtres, les méchants rompent cette grande harmonie du monde. Malheureux, ils cherchent le bonheur ; ils n'aperçoivent pas la loi universelle qui, en les éclairant, les rendrait toul à Irf fois bons et heureux ; mais tous s'écartant du beau et du juste, se précipitent chacun vers Tobiet qui l'attire. Us courent à la renooimêe, a de vils trésors, à des phiisirs qui, en les séduisant, les trom-

riot. 0 dieu qui verses tous les dons, dieu qui les orages et la foudre obéissent, écarte <le l'homme cette erreur insensée, daigne éclairer son âme; attire-la jusqu'à cette raison éternelle qui te sert de guide et d'anpui dans le gouvernement du monde, aun (|u'honorés nous-mêmes, nous puissions t honorer à ton tour, célébrant tes ouvrages par un hymne non interrompu, comme il convient a l'être faible et mortel ; car ni Thabitant de la terre, ni l'habitant des cieux Q a pas de devoir plus pressant que d'ho-

norer par ses chants la raison sublime qui préside à la nature. »

Nous n*avons rien dans notre langue qui ressemble aux hymnes des anciens, si ce n'est quelques imitations savantes, poétiques, mais écrites d'un style barbare par Ronsard, qui, marchant pas à pas sur les traces de Callimaque, pour la forme, de Gléanthe et d'Orphée pour le. fond des idées, nous eût laissé des hvmnes admirables, s'il eût su les écrire en français. Pour justifier ce que nous en disons ici, il nous suffira de citer un de ses hymnes, et nous choisissons celui qui nous a paru le plus beau. C'est son hymne à l'Eternité.

Hymne à CEtemUi.

Tourmenté d'Apollon qui m*a Tàme échaiiflee. Je veux, plein de fureur suivant les pas d'Orphée, Rechercher les secrets de nature et des cieux. Ouvrage d*un esprit qui n*esl point ocieux. Je veux, s'il m*est possible, atteindre à la louange De celle qui jamais par les ans ne se change, Mais bien qui fait changer les siècles et les temps. Les mois et les saisons et les jours inconstants. Sans jamais se muer, pour n'être point sujette. Gomme reine supresme, à la loi qu'elle a faite.

Immense Éternité, la première des dîeaz, Seconde de mes vers 1 essor audacieux.

Et Tais que mes chansons, pour toi seule entonnées, Triomphent, comme toi, des jours el des années. Tout au plus haut du ciel, dans un iroene doré Tu te sieds en l'hahit d'un manteau coloré De pourpre rayé d'or, passant toute lumière^ Autant que ta splendeur sur toutes est première : Et là, tenant au yoing un grand sceptre aimantin. Tu éiflblis tes lois au sévère destin Qui n'ose les enfreindre, et que lui-même engrave Fermes au front du ciel, car il est ton esclave.

A tes costés, jeunesse an teint vermeil et franc. D'une bouche d*azur ceinte dessus le flanc. Dans un vase doré, de la dextre te donne A boire du nectar, afin que ta personne Soit toujours du même âge, et afin qne ion front Ne soit jamais ridé comme les nostres sont.

Elle, de l'autre main, vigoureuse déesse. Repousse restomac de la triste vieillesse , Et Va bannit du ciel à coup d'épée, afin Que le ciel ne vieillisse et qu'il ne prenne fin.

A ton autre costé, la puissance étemelle Se tient debout plantée, armée à la mamelle D'un corselet ferré qui lui couvre le sein. Menaçant et branlant un espieu dans la main.

Loin derrière tes pas, ainsi que U senante, La Nature te suit, ^ui toute chose enfante. D'un baston appuyée, à qui même les dieux Fout honneur du genouil, quand elle vient aux cieux.

Saturoe après b suit, le vieillard vénérable Marchant tardivement, dont la main honorable» liien que vieille et ridée, élève une grand'faux. Le soleil vient dessous à grands pas tous égaux ; Et Fan, qui tant de fois tourne, passe et repasse. Glissant d'un pied certain par une même trace. Vive source de feu qui nous fah les saisons. Selon qu'il entre ou sort de ses douze maisons.

La lune pend sous lui, qui, muable, transforme Sa fa4)e tous les mois, en une triple forme Œil ombreux de la nuit, guidant par les fores!*. Molosses et limiers, les veneurs et leurs resta Que la sorcière adore, et de nuit rôveillée

HYMNE

HYMlNE

La regarde marcher, nads pieds, ëchevelée, Fichanl ses yeux en elle 0 grande EterniU! ! Tu mainiîens Tunivers en tranquille unité t De chainons enlacés les siècles tu attaches. Et, couvé sous ton sein, tout le monde tu caches, Lui donnant vie et force ; autrement il n'auroit. Membres, àme, ni vie, et sans forme il mourroit. Mais ta masle vigueur le conserve en son estre. Toujours entier et sain, sans amoindrir ni croistre. Tu n'as pas les mortels si doucement traités, Qne tu as de TieiUesse et de peine hérités !

Quand tes lois, au conseil, Testât du monde ordon-

[nent En parlant à tes dieux gui ton trosne environnent, Trosne qui de régner jamais ne cessera, Ta bouche ne dit point ; // fut ou U $era. (Vest un langage humain, i»our remarquer la chose. Le temps présent tout seul à tes pieds se repose. Sans avoir compagnon; car pour le temps passé, Ét'celui dont le pas n'est encore avance, Sont présents h ton œil, qui, d'un seul clin, regarde Le passé, le présent, voire celui qui larde. Qui tarde, quant à nous, et non pas quant à toi, Car ton œil voit toujours tous les temps devant soi.

Comme hante déesse, étemelle et parfaite. Et non ainsi que nous, de masse impure faite, Tu es toute dans toi, ta partie et ton tout. Sans nul commencement, sans milieu, ni sans bout, Invincible, immuable, entière et toute ronde. N'ayant partie en toi, qui en loi ne rcsponJe Toute commencement, toute fin, tout milieu, Sans tenir aucun lieu, de toutes choses lieu ; Qui fais ta déité, en tou^, partout esiendre. Qu'on imagine bien et qu on ne peut comprendre.

Regarde-moi, déesse au grand œil tout voyant ! Reine du grand Olympe au grand tour flamboyant, Grande mère des dieux, grande dame et princesse. Si je Tai mérité, concède-moi, déesse.

Concède-moi ce don : c*est qu'après mon trespas, Ayant laissé pourrir ma dépouille çà-bas, Je puisse voir au ciel la belle Marguerite, Pour qui'j'ai ta louange en cet hymne déente.

Les hymnes des anciens étaient des hymnes d'initiation que les hiérophantes faisaient répéter à leurs adeptes; c'est pourquoi ils contiennent toutes les fleures dont 1 ésotérisme des anciens couvraient l'idée divine. Us étaient ordinairement écrits en grands vers et pouvaient se chanter sur un mode lent et sévère avec accompagnement de la Ivre.

Les hymnes de saint Grégoire de Nazianze sont faits sur le môme modèle, et sont autant supérieurs en inspiration à ceux de Gallimaque, que le vrai Dieu est au-dessus des fantômes du paganisme. Pourtant ils sont moins connus et doivent moins plaire à ceux qui s'arrêtent uniquement aux grâces des images et à la poésie de la forme : trop de beauté et de grandeur peut nuire aux ouvrages des poètes en les mettant au-dessus de la portée du commun des admirateurs. (Votf. Saint Grégoire de Naziaiuze.)

Si l'on compare à l'hymne d'Orphée quelques fragments de l'hymne sur Dieu, écrits par le poëte chrétien, on sera surpris de ce rapprochement.

Gieux et terre, écoutez ! EspritrSaint sur tes ailes Poîte ma faible voix aux voûtes étemelles; Rt que les bienheureux dans la sainte cilé. Tressaillent d'une chaste et pure vohipté !

Un Dieu qui contient tout, qui produit toute chose. Qui n'aura point de fin, qui n a point eu de cause. Un, incompréhensible, immuable, infini.

Père éternel d'un Fils éternel comme lui. Du Père avec le Fils l'inexplicable essence Réunissant en elle une seule existence; Dieu tous deux, tous deux un, ni second, ni premier, Se divisant luî-méme et restant tout entier ; Le Père égal au Fils par un profond mystère. Le Fils, force, action, image de son Père, Double éternel pouvoir qui se résout en un. L'un ayant tout créé par un pouvoir commnn. L'autre gouvernant tout, et de qui la sagesse Ne s'épuise jamais en s'exerçant sans cesse; L'Esprit-Saint jaillissant de leur divinité. Dieu lui-même, formant cette triple unité

Îui crée, aime et maintient chaque être dans sa spiièn*, elle est de mes discours la sunlime matière. Périssent les méchants que de ses feux sacrés L'Esprit-Saînt déshérite et n'a point éclairés , Dont Porgueil, fils impur d'une science impie. Révolté contre Dieu, le blasphème et le nie; Leur bouche k flots épais verse l'impnreié. Et leur cœur est un gouffre où meurt la vérité.

Cette poésie ne résume-t-elle pas en les augmentant et en les éclairant d'ime lumière nouvelle toutes les beautés de Cléanlhe cl d'Orphée réunis? C'est ainsi que les ciioses grandes et vraies ne périssent pas, mais se transfigurent pendant que l'humanité mapche dans la voie qu'il plaît à Dieu de loi faire parcourir.

Au commencement du cinquième siècle, le Krand Synésius, un des derniers philosophes de l'école d'Alexandrie, le disciple distingué d'Hjpatie, cette belle et chastf adoratrice des antiques erreurs, Synésiusde Cyrène à peine chrétien fut choisi pour évoque par le peuple de Ptoiémaide, tant était grande sa réputation de science et de vertu. Le philosophe refusa longtemps cet honneur : il avait une femme qu'il aimait tendrement et dont il ne voulait passe séparer ; il croyait , disait-il , à la sainteté et à la légitimité des plaisirs Iioih notes, qui seuls peuvent consoler l'âme dans la triste prison où la chair la retient captive; il renoncerait difficilement à l'étude des anciens et à la chasse ; de plus il avait, au sujet du dogme de la résurrection , des opinions particulières. Néanmoins le peuple et le clergé de Ptoiémaide insistèrent, et Synésius fut porté sur le siège épiscopal , qu'il honora par s^s talents , par sa science et surtout par sis vertus.

Synésius est le premier poëte chrétien qui ait consacré à des sujets reiigieui le rhythme et l'inspiration lyriaue de Pindare: Ses hymnes sont des odes pleines de mouvement et de grandeur. On y trouve plus d'enthousiasme, mais aussi moins de beautés sévères que dans les poésies de saint (îiégoire de Nazianze, la partie dogmatique j est plus obscure et moins irréprochable au point de vue de l'orthodoxie.

Le poëte moderne, dont les idées religieuses et les formes poétiques nous semblent se rapprocher le plus de celles de Synésius, est M. de Lamartine, qui dans plusieurs passages de ses Harmonies rdigif^'^

HYMNE

HYMNE

semble avoir imité Tévèque de Ptolémaïde et le disciple d^Hypatie.

Voici comment synésius débute dans son hymne du matin :

Déjà la TÎffibnte Aurore Annonce le lever du jour.

Mon &me se réveille encore Pleine d*espérance et d*aniour.

Chanic donc un hymne, ô mon âme!

Un hymne à Dieu qui de sa flamme Couronna tant d*aslres*divers.

Qui des cieux règle la cadence, El des mondes conduit la danse Autour de ce grand univers !

Dans une de ses Harmonies qui est aussi un hymne du matin» M. de Lamartine décrit toutes les magniQcences de la nature qui semble se renouveler dans Téclat naissant d'un beau jour et s^écrie :

Encore un hymne, ô ma lyre !

Un hymne pour le Seigneur, Un hymne dans mon délire.

Un hymne dans mon bonheur !

Synésius décrit ^ensuite les merveilles de la création et rappelle les chants d'amour dos esprits célestes, lorsque la création, vierge encore, apparut à son premier matin.

L*éiher s'étendit comme un voile Sur le sein palpitant d*Hy la.

Le feu briJlant comme une étoile Dans la nuit sombre étincela.

L'eau descendit dans les vallées, Et de forêts échevelées La terre frissonnante encor Couvrit ses épaules robusles, Se fit des ceintures d'arbustes Et prit une couronne d'or.

Cette couronne de lumière Lui fut offerte à son réveil Devant te trône de son père Par son jeune époux, le soleil.

Le poète se plonge ensuite dans des abstractions qui rappellent peut-être un peu trop le disciple de Platon et de PythaKore. U parle de trois substances distinctes, l'une divine, infinie et incréée, la seconde soirituelle et finie, la troisième matérielle. C'est la matière qu*il désigne sous le nom d'Hylé ou d'Hyla. Au-dessus de la matière il place Tâme universelle, qui se partage selon lui entre les anses, les astres et les hommes. C'est le. système néo-platonicien de Técole d'Alexandrie avec des modifications chrétiennes. En invoquant le Père, on sent toujours que le philosophe se souvient du Jupiter de Cléanthe ; le Fils semble se confondre parfois dans ses souvenirs avec le >Ô70f de Platon, et son explication du mécanisme de l'univers est pleine de réminiscences des combinaisons de Pythaçore; mais tout est racheté par des aspirations ardentes à la vérité, qui est la lumière des intelligences, et à la charité qui est la vraie poésie du ca»ur.

Les sujets traités par Synésius dans ses odes, sont à peu près les mêmes que ceux des hymnes de saint Grégoire de Nazianze,,

et Ton peut d'autant plus justement les comparer et les opposer run a Tautre, que saint Grégoire semole avoir pris à tâche de réfuter dans ses poésies cette espèce de gnose philosophique dont Synésius a été l'un des plus éloquents coryphées. On peut dire qu'il y a entre ces deux poètes une différence égale à celle qui existe entre les œuvres spirituelles de saint François de Sales par exemple, et celles de M"« Guyon : d'un côté est l'autorité, la règle, la discipline, rendues aimables par la charité la plus persuasive et la plus douce; de l'autre les ardeurs d'une imagination pieuse sans doute, mais exaltée par des systèmes. Les idées poétiques de synésius et les sentiments mystiques de M"« Guyon, pris au sérieux et poussés à leur dernière conséquence conduisent au panthéisme, tandis qu'avec saint Grégoire de Nazianze et saint François de Sales on est sûr d'être protégé et retenu tougours par l'orthodoxie la plus inviolable et toute l'autorité de la foi.

Maintenant si des hymnes dogmatiques nous passons aux hymnes de la liturgie, nous aurons à déplorer d'abord l'antipathie profonde de l'esprit janséniste contre la poésie touchante et naïve des chants traditionnels conservés dans le Bréviaire romain, et défi-

Î;urés, nous dirions presc^ue parodiés dana a liturgie française ou gallicane par le même Soût barbare qui a fait rajouter des morceaux 'architecture moderne à nos antiques et vénérables cathédrales. Les belles poésies ecclésiastiques du moyen âge et celles môme du temps des Pères ont eu leurs Soufilots comme Notre-Dame de Paris a eu le sien. Qui croirait en effet qu'un recteur de l'Oniversité de Paris, fort en vers latins, a osé raturer et corriger les hymnes de saint Ambroise ? Voici pourtant des pièces de conviction, et d'abord voici une hymne de saint Ambroise : c'est l'hymne du dimanche à prime, dans le Bréviaire romain :

Jam luci$ orto $îdere, Deum precemur nc^/tcea, Ut in diurnis aelibus No$ iervet a nocentibu»*

Linguam refrœnaiu temperei xYe litit hoTTOT inMnet , Viium favendo contenu Ne vanttates kauriat.

Sint jmra eordU intima Abiistat et veeordia Cami* ter ai superbiam Potui cibique parcitaè^

Ut cum dies absceuerit Noctemque $ors reduxeri Mundi per abitinentiam Ipsi canamu$ gloriam^

Tel est le thème de l'illustre écolier : voici maintenant le corrigé du présomptueux maître :

Jam lucii orto tidere, Deum precemur tupplices Noitroi ut ip$e dirigat Lux increata iemitau

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Nil iiagna^ mi peeeet mam»; SU mens inane cogtiét, Èm cte smplex verkag^ in €orde regnel càaritMê!

iMcœpim àum fuit die$^ O Chriae, ensioê perwipit^ Quai uttnu ko$ii% obsuUi Portoê tuere êensmum!

Smperha me mmit earo Menti iieenter imperet Oirms domet nperbiam PoiMê âhique parcUoif elc*

TradaisoDs mamlcnant les deux hymnes.

nytntu de $aini Ambroise,

L*astre de la lainière est déjà levé : prion» Dieu avec ferveur pour que dans les actions de la journée il nous préserve de tout mal.

Qu'il gouverne notre lançue avec un frein

Eour étoaBer» avant sa naissance, le bruit orrible des auerelles, que sa grâce émousse nos regards ae peur qu'ils ne puisent aux sources de la vanité.

Que le fond de nos cœurs soit pur, que la lâcheté n'y trouve jamais de place et que la sobriété brise Torgueil de la chair.

Afm qu*au dédin du jour, lorsqu'il faudra que la nuit revienne, nous nous soyons abstenos du monde assez pour être dignes de glorifier Dieu.

Hjfrnne de Coffm

L'astre de la lumière est d^à levé ; prions Dieu avec ferveur ()Our que lui-même, lumière încréée, il dirige nos sentiers.

Qu'en rien la langue, qu'en rien la main ne pèche, que Fesprit ne pense rien de vain ;

3ue dans la bouche la simple vérité, que ans le cœor règne la charité.

Pendant que le jour commencé s'écoule, 6 Christ, gardien très-vigilant, défends les portes des sens qu'un ennemi cruel assiège.

Afin que la chair orgueilleuse ne commande pas trop licencieusement à l'esprit, que l'orgueil de la chair soit dompté par la sobriété dans le boire et dans le manger.

Nous laissons aux hommes de piété et de goût le jugement entre les deux versions.

On doit être surpris, après un pareil exemple de coût, que Coflia ne se soit pas avisé de cornger la latinité ou même les pensées de cette hymne des saints Innocents (ju*il devait trouver sans doute défectueuse «H qui est cependant un chef-d'œuvre de grâce et de poésie, bien qu'elle ait été composée |)ar Prudence, du temps de Théodose le Grand :

Salrctfi^ floren mnrtpmnt!

Qhom lucis ip$o in hmtne Christi inêecHlor êHBtuiii Ceu turho nauaUcê rotas»

Vos prima fshristi victima^ ilrex immolatorum tener^ Aram anle iptam simplircs Valma et coronlt tndiiis,

Lo grand Corneille a traduit ces deux stro-

HYMNE

pbes dans son style d^à vieilli^ mm toujours beau :

Do troopeau ilft martyrs prémices ûmoeoilcs, Qiii paypx pour un Dieu qui Tienl payer pnor tous, A peine tous Tivez, qa^m tyran Ibnd sar voat. Ainsi qu'an lonrbilloa sur des roses

De ce Dieu noaTeau-né vklimef les plus prêtes. Tendre escadron moaranl tnssltôt ipie mortel. Vous TOUS jouez ensemble, aux marcbes de Tantet, De ees mém^is lauriers qui coaronneol vos télés.

Montant aussitôt que martel est irae belle expression qui n'appartient qu'à Corneille et qui n'est pas dans le latin.

C*est k Tancienne liturgie et au Bréviaire romain ane Racine a emprunté ces belles hymnes dont il nous a donné une traduction si heureuse.

Somno refeetis artubmst etc.

Tandis que le sommeil, réparant la nature. Tient enchaînés le travail et le bruit.

Nous rompons ses liens, 6 ckirlé louîours pare, Piour te louer dans la profonde nuit.

Que dés noire réveil notre vois te bénisse;

Qa'k te chercher notre coeur empressé Toïïre ses premiers Toeux, et que par toî finisse

Le jour par toi saintement commencé.

L*astre dont la préaenee écarte la naît sombre. Viendra bientôt recommencer sob tour :

0 vous, noirs ennemis, qui vous altsses dans Tombrc, Disparaisses à Tapprodie du jour.

Nous timplorons. Seigneur, tes bontés sont nosarmes;

De tout péché rends-nous purs à les yeux ; Fais que Payant chanté dans ce séjour de lurmes,

Nous te chantions dans le repos des deux.

Exaucez, Père saint, notre ardente prière;

Verbe son Fils, Esprit, leur nœud divin. Dieu qui tout écblant de ta propre lumière.

Régnes au ciel sans principe et sans fin.

Splendor patemœ gloriWf etc.

- Source ineffiible de lumière.

Verbe en qui lEtemel contemple sa beauté. Astre dont le soleil n*est que I ombre grossière. Sacré jour, dont le jour emprunte sa clarté.

Lève-toi, soleil adorable,

Sui de réierniié ne Tais qu*un henren jour; ais briller à nos yeux ta clarté seconrable. Et répands dans nos cœurs le feu de ton amour.

Prions aussi l'auguste Père, Le Pèra dont la gloire a devancé les temps. Le Père tout-puissant en qui le monde espère, Qu*ii soutienne dVn-haut ses fragiles enlanis.

Donne-nous un ferme courage; Rrise la noire dent du serpent envieux : Que le calme, grand Dieu ! suive de prés Toragi'; Fais-nous faire toujours ce qui plalt a tes yeux.

Garde notre &me dans ta route.

Rends notre corps docile à ta divine loi ; Renipli»-nous d*un espoir uue n'ébranle aucun douie, Et que jamais Terreur n*aitcre notre foi.

Que Christ soit notre paix céleste; Que l'eau d'aune foi vive abreuve notre cœor : Ivres de ton esprit, sobres pour tout le reste. Daigne à tes combattants inspirer ta vigueur.

Que la pudeur chaste et vermeille Liiite sur leur front la rongeur du malin ; Aux clarlcs du midi que leur foi soit pareille; Que leur |)crsovcrance ignore le décuii.

HYMNE

Att rang des plas belles hymnes de TEgiise, il faut compter celles de l'Office du Sflint-Sacrement qui sont également admirables et pour la précision théologique et |K>ur les expressions qui sont de la plus haute piété et d'une majesté irréprochable. On sait que Toffice tout entier du Saint-Sacrement est le chef-d*ŒUTre de saint Thomas crAquin.

« Les quatre hymnes dont il a enrichi rOffice du Saint-Sacrement, dit M. de Marcellus, en parlant de ce saint docteur, sont des champs de triomphe qui font tour à tour retentir la voûte de nos temples, quand le Roi de gloire y parait, caché sous les voiles eucharistiques. On ne sait laquelle il faut le plus admirer, et chacune a son caractère propre: le Saeris solemntis est plein d'un saint enthousiasme; le Pange lingua brille d'une noble et imposante majesté; une élégante et sublime concision se fait remarauer dans le Verbum supernumprodiens, QiYAaoro tty iupplex, respire l'humilité, l'anéantissement, la reconnaissance et l'amour. S. Thomas a également varié le mètre de ces odes ma^ifiques: Tune (c'est le Pange lingua) est écrite en grands vers trochaïques, tels qu'on en trouve dans Catulle, dans Sénèque, chez les Latins, et chez les Grecs, dans Sophocle (1) et dans Euripide (2). C'est ce vers (3) qui, dépouillé de la quantité et accentué, fait aujourd'hui ce grand vers , ou vers héroïque des Grecs modernes (<^), formé sur le vers politique du moyen âge, que J. Tzetzès a adopté poui écrire ses volumineuses chiliades (5). La strophe du Saeris-êolemniis est la strophe asclépiade qu'Horace a employée si souvent et avec tant de succès. Le Yerbùm supemum est écrit en petits iambiques, ou ùmbiques dimètreê. La plupart des hymnes de l'Eglise sont écrites dans ce mètre ; et on remarque que saint Ambroise, qui a enrichi l'Eglisede ses poésies comme il l'a éclairée par ses éloquents traités, faisait fort bien cette espèce de vers, et tournait avec nrAce et douceur la strophe iambique (6). Enfin dans YAdoro If, supplex , samt Thomas a imité le vers phaleuee» qui a tant de grâce

i) Sophocl., œdip. Col., V. 880 et seq.

2) Euripîd., Ipbtgen. in Aulid., v. 317 et seq.

3) Ces vers, grands trochalqoes, sont appelés par les grammairiens îrochaumetrUirmiiétrei-eaialeeii' fMt, ee qui veut dire qu'us sont composés de huit irochées, mais qu'il leur roanqoe une syllabe. La syllabe qui reste incomplète sans former de pied , prise à la On du vers, fait le vers trochaîque; prise an commencement, elle le rendrait iambique, ce gui est nne propriété de tous les vers trochaïques incomplets. Terentianns, dans son Traité en ven des i^Uabeê , appeJle ce Ters troehaieum-eataleeticum" tjnadratwn ; et dans son Traité dtê mètres il en donne l<^s régies conrormes à ce oue nous Tenons d'exposer. (Note de M. de Marcellus^

W Voyez Chants populaires de la Grèce moderne j par M. Fauriel, tom. I, Discours préliminaire, p. ii9.

(5j Dans le vers polUique^ ainsi nommé de ce c^u'il se chantait dans les rues des tittes^ la quanlilé n est

Enni obsenée : on n'a égard qu'au nombre des sylbes el aux accents. (Noie de M, de MnruUus.) (6) Voyez Grammaire latine de Porl-Roijat, oocsic laune. ch. yi.

HYMNE

esd

dans Catulle et dans Martial. Je dis qu*il Ta imité , car saint Thomas écrivait dans un temps où la langue latine comme la langue grecque, devenant Tune et Tautre usuelles et modernes dans les divers dialectes auxquels elles donnaient naissance , perdaient leur pureté et lenr génie primitif par le mé« lange des idiomes barbares. Ainsi la quantité ne s'observait guère plus dans les vers Ses lois sévères étaient remplacées par les règles bien moins rigoureuses de Taccent, qui président aujourdliui à la prosodie delà plupart des langues de TËurope, et même quelquefois par la rime, qui depuis a étendu son sceptre sur la poésie de toutes les nations modernes, et surtout en France, où Ton peut presque dire qu'elle règne presque tyranniquement (1).

« Saint Thomas ne s'est donc pas astreint à la régularité du mètre antique : il parait avoir compté la quantité à peu près pour rien ; mais il racheté ce défaut par Tonction de son stvle , la noblesse et l'élévation de ses pensées, le choix de ses expressions. C'est le jugement que porte de sa poésie un critique moderne, qui paratt en avoir senti le charme. « Saint Thomas, ajoute-t-il, s'im- « posa une nouvelle entrave, celle de la ric me. Peu d'auteurs d'hymnes avant lui l'a- « valent employée, et bien peu après lui l'ont « conservée. Saint Ambroise, au iv* siècle, ff est le premier qui l'ait fait entrer dans la «poésie latine, où, quoi Qu'on dise, elle n'est « pas sans agrément. » saint Thomas en effet a rimé ses hymnes comme sa prose, où la rime était de rigueur. »

H. le comte de Marcellus, qui se montre ici . l'excellent appréciateur de la poésie de saint Thomas, a essayé de faire passer dans la langue française les beautés religieuses de ses nymnes. Les traductions au noble pair sont nobles et élégantes, mais peut-être sontelles un peu trop accommodées au goût du siècle de Louis xIV et ne gardent-elles pas assez le caractère de l'orisinal latin. Rien de plus difiicile en effet que de bien traduire les poésies liturgiques et surtout les hymnes du moyen Age. Le latin de cette époque, tout corrompu qu'il était en effet et tout barbare qu'il peut paraître, avait une force particulière pour exprimer les choses théologiques ou mystiques que nos langues modernes ne possèdent plus. Quoi qu'il en soit , les hymnes de M. de Marcellus sont belles, et nous croyons bien faire en les citant.

Traduction de Vhymme

SAGRIS SOLEVNIIS (2).

Il paratt THomme-Dlea, le souverain des anges ; 11 offre à ses enfants le froment des élus (3) Que le zèle et Famour inspirent nos louanges : Le jour brille, Tombre n*esl plus.

(1) En effet, la langue fraBçaise n*admet pas les vers blancs.

(2) Dans mes traductions ea vers d^ymneset d^: proses, comme dans mes paraphrases de psaonies, je me suis presque toujours allaché à traduire versel par verset, et à rendre chaque strophe on chaque verset par une strophe particulière. (Marcellus )

(i) Frumenlum electotum, (Zachar. ix, 17.>

IIYMiNE

HYMNE

fôl

Fayez, d*un momie impur adorateurs frivoles. Qtie Tesprit du Très-Haut, renouvelant nos mœurs, Ttègle nos actions, préside à nos paroles ; Que sa loi règne dans uos cœurs.

Jisus, prêtre et vicUnic,en se donnant lui-même Epuise kcs trésors de la divinité.

I^,s enfants de lacob u*avaientvu que remblème; Nous voyous la réalité.

Jadis Tagneau pascal, fi^re vénérable, Prophétisait un Dieu qui s'immole pour nous. Jésus prés de mourir, de sa main adorable Se domie à chacun comme à tous.

Ce pain miraculeux soutient notre faiblesse. Sa force vient du ciel ; qui pourrait l'ébranler? Ce vin délicieux charme notre tristesse : Il coule pour nous consoler.

Disciples fortunés qu'il admet à sa table ! c Prenez tous, vous dit-il, c'est le sang du Dieu fort : Buvez, enivrez-vous de ce vin délectable (I) ; n vous rend vainqueurs de la mort (â)

H faut un sacerdoce à la sainte victime Qui nourrit de sa chair un peuple adorateur. Le prêtre est à la fois, d ms ce banquet sublime. Convive et sacrificateur.

0 miracle d'amour, de bonté, de puissance ! Le Christ, le Saint des saints, de splendeur couronné, Enrichit de ses dons, nourrit de sa substance L*esclave à ses pieds prosterné.

Il descend, entouré des célestes phalanges. I^e voile est déchiré, la vérité nous luit. L'homme, liéritier du ciel, mange le pain des an-

[ges(3); La figure s*évanouit.

Puissions- nous adorer, aimer, bénir et croire Un seul Dieu trois fois saint, immortelle unité, Et partager im jour le bonheur et la gloire De rineffable Trinité !

Traduction de Vhymne

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