JACQUES
Repassez les monts et les mers RassemUez-Toiis des boou de ruBivers.
On peut ciier Racine lorsqu'on analvse Isaîe : le poète n*est pas indigne du prophète, et Ta panaitement compris.
Cependant y après tous ces chants d'allégresse, la harpe sacrée semble se souvenir de ses premiers accents de douleur. Les chapitres iLLYii et xLyiii surtout sont pleins encore (famertume et de reproches; il semble que la sentinelle du Seigneur ne veuille pas laisser les méchants s'endormir dans leur crime. « 11 n*7 a point do paix pour les impies , dit le Seigneur. Ecoutez cependant, lies de la mer; prêtez Toreille , peuplades lointaines , car vous êtes tous appelés , et tous vous pouvez être élus. Plus ae barrières entre les hommes; partout la concorde et la paix. Dieu brise les chaînes des captife ; il essuie les larmes de ceux qui pleurent. Ses enfants désormais n'auront plus faim , ils n'auront plus soif, et ils ne seront plus brûlés par les feux du soleil :
Celui qui a pitié d'eux les gouvernera désormais , et les abreuvera dans l'eau de ses fontaines. '
Quelle Jënisalem nouvelle Sort du fond des déserts brillante de clartés , El porte sur le front une marque étemelle ?
Peuples de la terre, chantez.
Jérusalem renaît plus charmanle et plus belle ;
D*où lui viennent de tous celés Ces enfants qu*en son sein elle n'a point portés ? Lève, Jérusalem, lève ta tète aUicre :
Regardç tous ces rois de ta gloire étonnés : Les rois des nations devant loi prosternés
Dt^ tes pieds liaison l la poussière : Les peuples à Tenvi marchent à U lumière.
Heureux qni pour Sion d'une sainte ferveur
Sentira son àme embrasée!
Cîeux répandez votre rosée Et que la terre enfante son sauveur !
Il est impossible d'analyser et de traduire en même temps d'une manière plus parfaite les derniers et les plus beaux chapitres d'Isaïe, dont l'esprit se retrouve tout entier dans la belle prophétie de Joad. Racine a eu le talent de faire tenir toi4 Isa'ie dans une page, sans rien lui tàite perdre de ses inimitables beautés.
Rien de plus tendre et de plus doux que les dernières paroles d'Isaîe. Dieu n'est pas seulement un bon mattre, un charitable sauveur, un père; c'est une mère pour ses enfants: il leur prodigue ses' consolations comme le lait, il tes comble de ses caresses. Ici les images de félicité surimssent les espérances et les forces de la vie urésente ; il s'agit du ciel, car à tant de honneur s*oppose comme une grande ombre l'éternité cadavéreuse des pécheurs. « Leur ver ne mourra point et leur feu ne s'éteindra point ; et ils existeront jusqu'à ce q^ue tous les yeux se soient fatigués de les voir. » Ainsi se termine le chant si varié du prophète de la palingénésie humaine. On pourrait peut-être, s'il s'agissait d'un simple poète, trouver qu'il se répète quelquefois ; mais dans l'origioal hébreu les couleurs variées du langage empêchent la trop grande uniformité dii discours. Les menaces d'ailleurs succèdent aux promesses, et les joies aux douleurs, avec un art que nous avons fait déjà remarquer. Peut-être quelques chapitres ne sont-ils pas tout à fait a leur place, le temps et le nombre des copistes ayant pu occasionner des transpositions. Tels quils sont d'ailleurs, les chapitres se suivent assez pour que rien ne choque ni n'embarrasse 1 esprit. M. de Genoude a fait sur Isaïe, d'après les cahiers de H. Gamier, supérieur général de Saint- Sulpice, un travail qui mérite d'être con* suite, quoique sa traduction ne soit pas toujours rigoureusement exacte.
ISIDORE (saint) de Séville. (Voy. Crota!i-
CKS POETl^t'ES ET POPULAIEKS.^
JACQUES (saint). — L'Epttre catholique do l'apôtre saint Jacques est remarquable entre toutes les autres par ses mouvements oratoires et Ténergie de ses expressions. 11 se déchaîne contre l'incontinence de la langue; il prouve que la foi sans les œuvres est morte ; il sépare la sasesse céleste de la sagesse humaine; il établit les bases de la morale chrétienne, défend qu'on fasse acception dos personnes et met hors du christianisme ceux qui honorent les riches plus que les pauvres. « Si dans votre assemblée, dit-il, entrent en même temps un homme richement vêtu, avec un anneau d'or, et un f)auvre en habits sordi<les, et que, vous tournant vers celui qui brille par son extérieur vous lui disiez : Mettez -vous à la place d'honneur, et que vous disiez ensuite au
pauvre : Toi, reste à la porte, ou assieds-toi sur l'escabeau de mes pieds, ne vous jugezvous pas ainsi vous-mêmes, ne vous faitesvous pas aiusi les juges de vos mauvaises pensées ?
« Ecoutez, frères bien-aimés, est-ce que Dieu n'a pas choisi les pauvres en ce monde pour être riches dans la foi et pour hériter (lu royaume qu'il a promis à ceux qui Taiment?
« Et vous avez déshonoré le pauvre I Estce donc que ce ne sont pas les riches qui vous oppriment par le pouvoir ? Ne soni-ce pas eux qui vous traînent devant les juges? »
Puis saint Jacques exhorte ses frères k ne rechercher m les premières places, ni les premières fonctions ; car» dit-il, vous at-
CJ5 JE^N (Saint)
tireriez 9ur vos têtes un jugement plus terrible.
Puis il termine son Epître par une terrible invective contre les nches :
c Allez maintenant, riches, pleurez avecdes hurlements sur vos misères oui vont bientôt tomber sur vous. Vos richesses sont en putréfaction, vos vêtements sont mangés par les vers I
c Votre or et votre argent sont rongés par la rouille, et cette rouille témoignera contre vous, et elle dévorera vos chairs comme le feu.
« Vous vous êtes thésaurisé la colère des derniers jours.
c Voila que le salaire des ouvriers qui ont moissonné vos campagnes, et que vous leur avez retenu par fraude, crie vengeance, et ce cri est entré dans les oreilles du Dieu des combats.
« Vous avez fait bombance sur la terre et vous avez engraissé vos cœurs de luxure pour le jour de la tuerie.
4 Vous avez cité en jugement et vous avez fait mourir le juste, et il ne vous a pas résisté.
c So^ez donc patients, mes frères, jusqu'au jour de Tavénement du Seigneur. »
Ainsi les terribles menaces de saint Jacques ne sont pas des provocations à la haine, à la vengeance et à la guerre civile. S*il fait des menaces, c*est au nom du Seigneur; mais après avoir tonné contre les riches, il ne s'adresse aux pauvres que pour les eihorter à la patience et à la paix.
JEAN (saint) TEvangéliste. — Saint Jean, 9uccesseur de Jésus-Christ, et souverain pontife de TËglise sur le Calvaire, puisque saint Pierre alors était absent, saint Jean, à qui le Sauveur du monde donna sa mère, parce qu'il était un autre lui-même, le confident de toute sa pensée et de tout son cœur; saint Jean qu'on représente toujours jeune, parce que la charité ne vieillit pas, est le plus divin des hommes après THomme-Dieu. Du premier mot qu'il dit en commençant son Evangile, il se place plus haut que Moïse : Aucommencement Dieu créa, avait dit fauteur de la Genèse. — Au commencement étail le Vfffte, s*écrie le prophète de TApocalypse, et tout est dit ; car 1 intelligence hucnaine n*a jamais pu etne pourra jamais monterplushaut. r.e que saint Jean prêche surtout, c'est lapAiianùiropie du Sauveur, mot que nous employons, parce qu'il appartient au texte sacré (t Qu'il V a été pris par les faux apdtres de la bienuiisance (]ui l'ont profané. Jésus- Christ avait réduit toute la loi à deux préceptes; saint Jean réunit ces deux préceptes dans un seul : Aimez-votules un$ tes autres. Si vous n'otfiifz pas votre frère que vous '^oyez^ lyoute-t-il, comment atmex-vous Dieu gue vous ne vouez pas? Celui qui n'aime pas demeure dans la mort. On sait comment le saint apdtre mettait lui-même en pratique le précepte de la charité fraternelle. On sait la touchante histoire de ce voleur qu'il alla luimême chercher dans la montagne, et qu'il