JEAN DE LA CIKMX
ramena dans son église. {Voy. les citations à l'article Clémbkt d Alexandrie.)
Les Ë[)îtres de saint Jean roulent toutes sur un même otijct : la charité envers le prochain. Aimez-vt)us les uns les autres, ré- * pélait-il toujours dans sa vieillesse; et ses disciples lui demandaient pourquoi il leur répétait toujours l.i même chose. — C'est que je n'ai rien de plus à vous dire, répondait le saint vieillard, puisque c'est toute la loi flu Seigneur. On croyait dans l'Eglise apostolique que saint Jean ne devait pas mourir, et même après qu'il se fut endormi du sommeil des justes, on disait qu'il respirait encore dans sa tombe, et que son souffle agitait doucement la poussière de sa sépulture; H sortait aussi de son toraboau une huile qui guérissait tous les malades : traJitions touchantes et vraies; car, selon la promesse de l'apôtre, la charité ne doit jamais mourir, et Dieu laissera touiours au moido, aDligéet brisé par la verçe de sa colère, l'huile de la miséricorde qui guérit toutes les blessures. (Voy. Apocalypse et Evangile.)
JEAN DE LA CROIX (saint), né en 1542, réformateur des Carmes, a laissé des poésies mystiques pleines de ^âce, dont nous donnons ici une traduction nouvelle, calquée rigoureusement sur le texte espagnol.
La montée du mont CarmeL
ABGUHENT.
Sous les emblèmes mystérieux de Tépoux et de l'épouse, le saint décrit ici les merveilles de l'amour de Dieu pour Tâme fidèle et de l'Ame fidèle pour son Dieu, ici commence le récit des délices de la sainte ubion des âmes avec Jésus -Christ. L'Ame fidèle, après avoir fait taire en elle-même les passions et leurs vains désirs, pressée d'une angoisse d'amour qui la sollicite à se donner à Dieu tout entière, sort d'elle-même par un plus parfait renoncement et va chcrcnerson bienaimé à travers la nuit obscure de la foi ; elle le trouve dans la solitude, et s'abandonne à ses chastes embrasscments, heureuse d'être à lui, parce que telie est sa volonté sainte, ne voyant que lui au milieu de ses caresses et le préférant toujours à son propre bonheur.
L*épouse.
Dans le cahnc que la nnit sombre Fait succéder aux bruils du jour, Quand je sentais brûler dans Pombre Les angoisses de mon amour , Ouvrant la porte solitaire, 0 souvenir délicieux !
Je suis sortie avec mjrstcre De mon réduit silenaeux.
Forte d*aroour et d*espéraiice , <>)iiverte d*un voile discret.
Je me suis glissée en silence Par i escalier le plus secret. Avec moi tout semblait se taire :
0 souvenir délicieux !
L*oinbre étak pleine de mystère El mon réduit silencieux.
§i^ JEAN DE LA CROIX
Pendant cette iniit fortunée J'allais sans guide et sans soutien Par une route détournée Où mes yeux ne distinguaient rien.
Sans crainte, heureuse aventurière , J'allais où voulait mon vainqueur, En suivant pour toute lumière Celle qui luisait dans mon cœur.
Elle ne m'a pas égarée, Car du feu sacré de Tamour La splendeur est plus épurée Que les pLus beaux rayons du jour, Et bientôt je suis parvenue Où me désirait sans témoin Celui qui m'avait reconnue Et qui me souriait de loin.
0 nuit, que je bénis encore !
Ineffable et divin sommeil !
Nuit plus aimable que l'aurore Plus brillante que le soleil !
Nuit qui vis l'union charmante De mon àme avec le Seigneur :
Car de Dieu mon âme est l'amante.
Et mon repos est sur son cœur.
Avec une haleine paisible , L'agneau s'endort parmi les fleurs, Et mon &me est inaccessible Aux désirs qui causent des pleurs.
Je la garde a lui toute entière , Je contemple mon bien-aimé.
Et j*agite sur sa paupière Un rameau de cèdre embaumé.
Lorsque le souffle de l'aurore , Faisant voltiger ses cheveux , Effleurait son front que j'adore D'un baiser chaste et lumineux.
Comme une goutte de rosée Sur les feuillages frémissants , Sa main sur mon front s'est posée , Et j'ai senti mourir mes sens.
Aiors , en m'oubliant moi-même , Je ne vis que mon bien-aimé ; Je laissai près du Dieu que j'aime Tomber mon visage enflamme ; Ses regards étaient ma lumière; Loin de moi le monde avait fui , Et mon àme était toute entière Parmi des lis blancs comme lui.
La nuit obscure de Vàme-