JO
JOB
jesOtttraKer que d*avoir raison» et Vov corn* nrend dqà, en eittendant parler Batdad, la fureur de ces hommes nui plus tard répondrouC aux douces paroles du Sauveur tout empreintes du calme de la vérité éternelle : // a blasphémé: Qa*en pensez-vous? — il tné-rite la mort I
Job est accablé et ne cherche plus à se ftire comprendre, mais il fait un nouveau tableau de toutes ses douleurs et implore un peu de pitié. Il lui semble que l'orgueil de ses persécuteurs devrait être désarmé devant co lépreux qui se tord sous la main de l'ange
Sue Dieu a déchatné contre lui : Ayez pitié e moif ayez pitié de mot, dit-il, vous au iHoins gui étiez mes amis^ car la main du Seigneur m*a frappé l
Selon le cœur de Job déjà si chrétien dans ses aspirations , on doit admettre cette maxime formulée par un de nos poètes :
Et e'est être innocent qae d'être malheureux ;
mais le pharisaisme haineux et superbe ne juge pas ainsi, et telle n'est pas la pensée des accusateurs de Job ; toutefois Sophar, le plus hypocrite des trois , feint d'être accessible k la. pitié, et prétend que les discours de Job ont fait de l'impression sur son esprit. 11 ne l'accuse plus en effet directement, mais il recommence une peinture terrible du nhâtiiQent des impies et de la vanité de leur gloire sur la terre. Le discours de So-
i|har est plein d'énergie , et l'on sent qu'il ait passer sa colère contre Job dans la force de ses expressions, et dans la terreur de ses images.
« Quand l'orçueil de l'impie se serait élevé iusqu'au ciel , et quand sa tête aurait touché les nuages , il sera dispersé à la fin comme du fumier sur la face cle la terre, et ceux qui l'avaient vu diront : Où est-il?
« On ne le retrouvera pas p.us que le songe qui s'est envolé ; il aura passé comme une vision de la nuit..... Ses os s'imprégneront des vices de sa jeunesse , et ils dormiront avec lui dans ia poussière. Le mal aura été doux à sa bouche, et il le cachera sous sa langue. 11 le ménagera et ne voudra plus s[en séparer ; il le dissimulera dans son gosier. Le pain qu'il mançera deviendra du fiel d'aspic dans ses entrailles ; il vomira les richesses qu'il a dévorées, et Dieu les arrachera de son ventre I... j»
Quelles expressions en présence d'une telle infortune 1 Combien de haine se trahit dans ce langage, et combien sont tristement vrais les caractères tracés dans co grand drame I Les méchants n'ont jamais pitié du juste , et plus il est malheureux, plus ils le haïssent , parce que la douleur le grandit, pendant que leur vengeance les abaisse.
La discussion continue entre Job et les trois sophistes qui veuient faire de la Divinité une puissance dédaigneuse et impitoyable pour l'homme, tandis que Job, au contraire, prétend que plus Dieu est grand, plus il doit être équitable, et que sa justice, si elle est toute-puissante , doit pouvoir se proportionner à la faiblesse de l'homme.
L'idée de puissance lui révèle Tidee de bonté, et il ne doute pas du maître qui le frappe, mais il se plaint de ne pas comprendre les rigueurs dont il est l'objet. En un root , la religion qui résulte des assertions d'Eliphas, de Baldad et de Sophar est une religion de servitude et de crainte , semblable a l'obéissance des esclaves de l'Orient. Job ne conçoit Dieu qu'avec son intelligence et son coeur ; il aspire d'avance à la loi d'amour et à la sainte liberté des enfants de Dieu. Fort du témoignage de sa conscience, il expose sa vie entière aux regards de Dieu et des hommes ; il a fhit un pacte avec ses yeux pour ne point outrager 1 innocence des vierges ; il n'a jamais laissé ses serviteurs avoir faim , et la porte de sa demeure n'a jamais été fermée au voyageur ni à Tétranger. Il n*a consulté, pour faire le bien, ni la crainte de l'opinion des multitudes, ni les préjugés de ses proches... « Oh! qui me donnera, s'écrie-t-ii enfin , quelqu'un pour me comprendre ? et puisse ma vie être écrite par celui qui me juçe 1 Je porterai ce livre sur mon épaule; je m'entourerai de lui comme d'une couronne, je le relirai à chaque pas , et je l'offrirai a l'avenir comme à un prince.
« Si la terre crie contre moi , ot si les sillons pleurent avec elle ; si j'ai mangé ses fruits sans les avoir achetés, et si j'ai affligé l'âme de ses cultivateurs ; au lieu de froment, qu'elle me donne des ronces, et au lieu d'orge, des épines. »
Ici finissent les paroles de Job, et il est remarquable qu'il résume ainsi l'iniquité dans ce seul crime de manger les biens ne la terre sans les avoir achetés, et de contrister l'ftme des cultivateurs et des travailleurs. Jésus devait dire plus tard : Malheur aux riches I il est *plus facile à un chameau de passer par le trou d'une aiguille gu'à un riche d entrer dans le royaume du ciel. Job semble être le type primitif du pauvre Lazare insulté par le mauvais riche; Dieu, en permettant au mauvais esprit d'afiliger le plus juste des hommes, voulait honorer la douleur.
Les trois amis de Job se taisent enfin. Les hommes n'ont plus rien à dire devant celui qui en appeJle a Dieu seul ; mais voici qu'un quatrième interlocuteur, dont on n'avait pas parlé et qui se trouve là comme s'il n'y était pas, va trouver encore dans l'inexpérience et dans l'orgueilleuse témérité de sa jeunesse le triste courage d'insulter aux larmes du juste. Nous trouvons ici quelque analogie entre cette donnée du livre sacré et l'ancien apologue du lion malade. Qui sait d'ail* leurs si cet apologue, transmis à Esope par Lockman, n'est pas une sorte de symbolo hiéroglyphique de l'histoire du saint patriarche? Le lion de la fable ne peut se résigner à l'outrage de l'animal qui représente l'entêtement joint à la sottise, et Dieu luimême va s'interposer pour ne pas laisser son serviteur sous le coup des sarcasmes d'Elihu.
Ce quatrième parleur nous apprend luimême qu'il est jeune, et on le voit assez à
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