‹ Dictionnaire de littérature chrétienneChapitre 97 sur 194 · JOH · texte numérisé non relu

JOH

renOwe de se& paroles et k ringéattilë de sen sot orgoeit. U traiie ai^ec le plus profond mépris les vieillards qui Tieaneiii de parier, parce qa'il n*a i^ trouTé dans leurs longs propos assez d^iiqnres contre Job.

Le débul d'EIiba est d*uoe enflure ridicule» et pourtant renthousiasme naturel à la jeu* nesse le conduit ensuite plus près de la vérité que ft*ont pu en appcodier aucun des trois amis de iob. U proclame la nécessité de la foi, et répète en termes plus juvéniles ce que le saint prophète a dit lui-méme à la gloire de la Providence. Le discours d*Elibu est plein d'expressions pittoresques et d*un effet inatte«idu; les nuages qui sèment la lumière. Dieu qui eaeho le jour dans ses mains, les gonds des portes de la mer sur lesquels la lumière de la foudre s*étond comme un voile ; on v trouve aussi les plus étranges notions de pnysique ; les cieu!4soiides et tEibriqtté& a airain fondu, Tor qui vient de Taquiion. Ainsi Elihu enveloppe des sentences dans les discours inconsidérés d*ttn enfant, comme le déclare Dieu même, qui vienlimposer silence à ce présomptueux, et qui vient eloro ce colloque titanique par des paroles aussi mai^iifiques que la créa* tion dont il déroule les Dierveilles.

Le discours de Dieu h Job est plein de ces beautés surnaturelles qui sont familières aux écrivains sacrés, mais qui ne se trouvent nulle part avec autant de profusion que dans €es pages si puissamment colorées.

« Où étais-tu quand je posais les fondements de la terre? Qui en a fixé les mesures? Qui eu a ieté la pierre angulaire, à Theure où me célébraient ensemble les astres du matin, et quand se r^ouissaieut tous les rUs de Dieu.

« Qui a refermé des portes sur la mer lors-

Î[u*elie s*élançait dans Ténerj^e de son enantement? lorsque j'étendais la nuée pour la vêtir, et lorsque je l'emmaillotais de ténèbres comme dans les langes de l'enfance.

s J*ai tracé autour d'elle mes limites, et je lui ai dit : Tu viendras jusqu'ici, tu niras ras plus loin; ici tu briseras l'orgueil de tes flots 1... »

Les forces et les beautés de la nature, tel •st le double sujet des descriptions qui se succèdent dans le discours de rËternel- Dieu, en effet, n'a pas d'autre réponse à jEaire à l'orgueil qui se révolte à cause dereiistence du mal, que do montrer qu'il est fort et qu'il est bon, mais qu'à lui seul appartient le secret de ses œuvres.

Après les magnificences du ciel, viennent se résumer, dans la peinture de quelques animaux, les mystères de la nature, l'ibis et l'onagre du désert, le rhinocéros indomptable, Fautrucbe qui abandonne ses œmsà rincubation du soleil, le cheval qui semble créé pour la guerre, et l'aigle qui suspend son aire à la crête dos montagnes, et qui partage des lambeaux sanglants k ses aiglons allâmes. Tous les littérateurs qui se sont oc cupés de la Bible ont parlé du discours de Dieu à Job, et se sont complus d'une manièi'e toute particulière dans la description

du cheval guerrier. Les aoiatents du oenro descriptif ont rapprodié de cette beUa élude de cheval ^asieurs morceaux analogies extraits des poètes proCuies ; le résidlal de ce rapprochement a laissé la poésie du Uvre sacré au-dessus de toute comparaisan somme de tout éloge. Dieu seul, en effet, peuibire sortir de la terre, comme des sautereHes, ces animaux doués de tant de force et de beauté; lui seul peut inspirer de gloire la terreur q^i gonlie les naseaux des coursiers, el jeter autour de leur cou nerveux, qui s'arroudit et se replie, le tonnerre des hennissements ; brCUant et frémissant, le cheval absorbe l'espace ; la rapidité de sa course semble dévorer la terre que creuse sou oogle ; il se jette au-devant des combattants; le bruit de la trompette lui taii pousser un souffle de fierté et de joie qui ressemble h une parole ; il respire fa bataiHe et semble savourer à longs traits cette odeur de poussière et de sang qui se môle aux cris des capitaines et au mugts^emeoi des armées.

Jamais, dans les sujets les plus simples, la parole humaine ne pourra déplorer autant de puissance, parce quibci Kauilace ae saurait être de la témérité ; le Créateur est le maître absolu des modifications de la parole, et quand il crée en parlant, c*est lui aui se révèle. Ici les plus grandes hardiesses e l'ode sont calmes et simples, ou du moias semblent telles à cause de la grandeur infinie de celui qui parle; on sent que, loin de s'exalter par l'enthousiasme, le divin interlocuteur tempère la force de ses expressions pour ne pas briser, en les remplissant de sa gloire, les formes finies du langage des hommes : Dieu parle d'une voix douce et tranquille, et l'on se sent accablé, ébloui, étourdi. Gomme il confond l'orgueil humain en lui opposant l'instinct môme de ces animaux que l'homme domine sans pouvoir les comprendre 1

Mais c'est surtout lorsqu'il en vient à la description de Léviathan et de Bébémoth, ces deux personnifications de la force animale dans ses proportions les plus gisan* tesques, lorsqu'il fait couler les fleuves dans les entrailles de Léviathan pour le désaltérer, et qu'il endurcit la cuirasse de ce géant de la terre, sur les écailles duquel glissera la foudre ; c'est alors, dis-je, que l'homme, repoussé au fond de son néant, se sent écrasé sous le poids de tant de merveilles, et doit s'incliner devant cette nature, qui est si petite elle-même devant l'immensité de Dieu. ' Le drame do Job se dénoue par cette intervention de la Divinité ; les calomniateurs du juste sont réduits à le prendre pour médiateur ; la protection manifeste du Très- Haut ramène a Job des amisavec des%socour^; il devient plus riche et plus heureux qu il n*avait été, et il ne lui reste de ses maux(|ue la couronne de la patience et les admirables prières qu il doit laisser vivantes à jamais dans la mémoire de Dieu et des hommes.

11 existe un assez grand nombre de traductions ou de naraobrascs en vers du livrai

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