‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 10 sur 233 · AMOS · texte numérisé non relu

AMOS

qui vous ait déplu, ù pèref m'avez-vous trouvé dégénéré ? éprouvez donc si vous avez choisi un digne ministre. Celui à qui vous avez confié la consécration du sang du Sauveur, celui que vous avez associé à Ja consommation des sacrements, vous ne l'associeriez pas à Fetfusioa de votre sang ? Accusera-t-on votre justice lorsqu'on vantera votre courage? L'humiliation du disciple fait tort à son maître; les grands hommes ne sont-ils pas fiers des triomphes de leurs élèves ? Abraham a offert son fils en sacrifice, Pierre a envoyé avant lui Etienne au martyre, et vous aussi , mon père, montrez votre vertu dans votre fils, offrez à Dieu celui que vous avez instruit à le servir, afin que, noblement accompagné de votre ouvrage, vous soyez prêt tout entier pour la couronne. Alors Sixte : Ce n'est pas, ô mon fils, que je te laisse ni que je t'abandonne, mais de plus grands combats te sont réservés ; pour nous, pauvres vieillards, il suflit d'un léger combat, toi, jeune homme, tu dois triompher du tyran avec plus d'éclat et de gloire. Tu viendras bientôt, cesse de [•leurer ; tu me suivras dans trois jours. Celte courte distance est convenable entre le prêtre et le lévite. Tu ne dois pas vaincre sous les yeux d'un maître comme s'il te fallait un appui; pourquoi veux-tu une part dans mes douleu.s? je t'en laisse l'héritage tout entier. Qu'as-tu besoin de ma présence? Ce sont les faibles disciples qu'il faut faire marcher devant, les autres suivent leur maître et n'ont pas plus besoin de lui pour vaincre que pour apprendre : ainsi Elie a laissé après lui Elisée; je te confie l'héritage de notre vertu. »

Quelle scène que celle-lli, mais aussi quel écrivain 1 quelle intelligence des grandes choses ! quelle parenté de belles Ainesl Pour cuer toutes les choses admirables de saint Ambroise, il faudrait le transcrire tout entier; |)rt nous toutefois encore un chapitre au has.ird.

Du beau rt de r honnête (liv. i, ch. 45.)

« Soyons fidèles au resp •<l de nous-mêmes et h cette ifif)fleslie qui ennr>blit la b«'aut('; de toute la vie. Ce n'«;st pas une chose peu imporlante (jue de garder en toutes choses les frjrmes f;/*'iv«'nabies et de tout distribuer dans l'ordre. C'(;st en cola (pic se manifeste fi'abord à l'esprit l'alliance du beau et de I honnêti;; alliance si étroite, qu'on ne saurait les séfiarer, ce qui fsl conv«;nablo étant beau, et r:e qui est beau èlanl convr;nable , au point rpie la distinction de.s deux idées est dans les nuits plutôt qiK; dans la réalité. On |»eul y comjtrcndrc une ditrérKrif;e fpi'on ne saniait expliquer, et m'iI faut nous etforcer d'établir une flislinclirjn, riionnêleté est roinparabir! à la santé du corps, la beauté niorale rf;sj*«'rnbl«' à l'éclat et À la ^^;^f:e du visag«r, éclat qui semble |t'u«i beau que la santé et rpii est celui de la «anté rnêini;. Le b'tau n'est donr; (pie l'ap- (»ar< nce cl comme la (i^ure de l'honnête, fl r. Hftl de cette inann^r*^ seul*;men( qu'il ptnit un être diHtin^iié : il a plus d'êrhit, mais

Dkiiin* iji l.iri^.iuiinr. ciiii^i.

c'est une tleur dont riionnêle est la racine; sans lui elle tondje, par lui elle fieurit. Qu'est-ce que l'honnêteté, sinon la crainte de la honte plus forte que celle de la mort ; et qu'est-ce que l'infamif, sinon le poison qui la dessèche et qui la tue? Tant que la tige de la vertu est verte, tant que sa racine est vivante, la beauté morale brille et s'épanouit comme une fleur; mais si la racine de nos désirs est viciée, rien ne germe plus sur sa tige. Ceci est marqué dans nos livres saints avec plus de force encore. David a dit : Le Seigneur règne, il s'est revêtu de beauté ; et l'Apôtre : Marchez dans Vhonnêteté cov^me dans la lumière du jour, en grec £\>(Txy]u.ôjm(, c'est-à-dire en vêtements honorables , en bonne apparence.

« Quand Dieu créa le premier homme, il le doua de beauté et mit de l'harmonie dans l'arrangement de ses membres : cette beauté sans doute ne l'exempta point de la peine du péché; mais après l'avoir renouvelé en esprit et l'avoir rempli de sa grâce , celui qui avait pris la forme de l'esclave et qui était venu sous l'extérieur de l'homme , lui a conquis la beauté nouvelle de la rédemjition. Et c'est pounjuoi dit le Prophète : Le Seigneur règne et il s'est revêtu de beauté. Ailleurs il dit : L'hymne vous convient en Sion, ô mon Dieu, comme s'il disait. Il est convenable, il est honnête de vous craindre, de vous aimer, de vous prier et de vous honorer. Aussi esl-il écrit : Faites avec honnêteté tout ce que vous faites. Nous pouvons, il est vrai, craindre un homme, l'aimei-, le prier, l'honorer; mais l'hymiu' ne se doit ([u'à Dieu parce que la poésie est un sacrifice de beauté. C'est ainsi nu'il convient aux femmes de se parer pour la prière, mais leur parure doit consister surtout dans leur voile et dans la chasteté de leurs vœux et dans l'intégrité do leur vie. »

Que devient devant de semblables jtages toute la sagesse do. Socrate et celle merveilleuse éloquence qui avait mérité à Platon le litre de ajriu/ Pourcpioi f.iit-on encore; des livres de philoso|ihi(; et d(i moi-ale? l'ist-ce (jue de pareils préceptes sont dépassés? Estce (jne le mo ide a (putlque chose de mieux à entendie qu'une |)areill(! sagesse? On raconte que Didirot fut .surpris un jour lisant saint Ambroise et fondant en larmes , et comme on le saluait du nom de philosophe: Philosopln;! s'écra-t-il bruscjuement dans un accès (r(Millioii.siasm(! et de; fraiic!iise, |)liilosoplieI.. mais est-ce (pie toute; la philosophie du monde n'est pas contenue dans ces livrr-s-là : cl il frappait de la main sur l'in-folio «pi'il venait d(! refeiiiuîr.

AMOS. - « Je ne suis ni prophète, ni fils de prophète, dit Anios h Arnasias, j(! suis un Kardeiir de troupeaux (;t j'ébranche les sycomores. Kl le Seigneur m'a pris comme jo hUivoi>. mon troupeau, et h; Seigncîur m'a dit: Va, et |)rophétise ii mon |)(;i4pled'Isi'a('l.

» El nuiitit<;nant, ô rr)i I écoule la parole du S(;i;^neur : lu m'as dit : tu ne prophé(isei,\«j [Oint sur hrael ei tu ne friras ikmiiI [ileu-

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