‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 9 sur 233 · AMBROISE · texte numérisé non relu

AMBROISE

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« Ln force d'âme nr rotisistc pan srulcmnit à vaincre, mais plus encore à souffrir.

« Pour comprendre que la force se montre non-seulement dans le succès mais aussi dans l'adversité , regardons mourir Judas Machabée : ayant vaincu Nicanor, général do Démétrius, il osa avec neuf cents hommes de guerre atta(iuer vingt mille hommes do l'aruiée du roi. Ses soldats, se voyant près d'être accablés par le nombre, voulaient lAcher pied, mais lui, leur montrant la gloire dans la mort et la honte dans la fuite : ne laissons pas, leur dit-il, l'infamie à notre mémoire. On soutint donc la bataille depuis le premier lever du jourjusqu'au soir. Judas se portant sur l'aile droite des ennemis où il voyait combattre les soldats les plus braves la rompit du premier choc, mais en poursuivant les fuyards il se laissa frapper par derrière et trouva ainsi une mort plus glorieuse que ses triomphes.

« Que dirai-je encore de son frère Jonalhas qui, avec une poignée de soldats combattant les armées royales , abandonné des siens et laissé seuf avec deux hommes, rétablit le combat, arrête l'ennemi et rappelle ses déserteurs au partage de sa victoire? Telle est la vertu guerrière, qui n'est médiocre ni en honneur ni en beauté, puisqu'elle préfère la mort à la servitude et hia honte. Mais comment parlerai-je des souffrances des martyrs? cl pour ne pas aller plus loin, les enfants mêmes des Machabées n'ont-ils pas triomphé d'Antiochus aussi noblement que leurs {)ères, eux sans armes, leurs pères armés! elle a résisté cette cohorte invincible de sept enfants environnée de toutes les forces d un royaume, les supplices ont manqué, les tourinenteurs sesont lassés, les martyrs n'ont pas faibli ; l'un d'eux, la tête dépouillée, n'était plus reconnaissable qu'à sa vertu toujours grandissante; l'autre, à qui l'on dcinand(^ sa langue pour la couper, s'écrie : Les 0|)presseurs auront beau parler seuls : Dieu entendait le silence de Moise , et son oreille est plus attentive aux secrètes pensées des siens qu'aux clameurs de la multitude 1 lu as peur de ma langue et tu n'as pas })eur de iium sang : lo sang a pourtant une voix qui crit> comme a crié celui d'Al)el ! Que dirai-je dt> cette mèro (pii, joyeuse, comptait les tio|)hées de ses Mis avec leurs siip[)lices; tout entière aux cantiipies de leurs voix expirantes, elle écoutait chanter cette poésie de s(\s entrailles dont la pieuse harmonie était plus douce à ses oreilles (|ue celle de la lyre.... »

Des martyrs de la Hible, saint Ambroise passe aux martyrs du christianisme et après avoir parlé de sainte Agnès :

n N'oublions pas, ajoute-t-il, de mentionner saint Laurent f|ui , voyant Sixte son évê(pie conduit au martyre, se prit <i pleurer non de le voir mourir, mais de vivre encore. «Où allez-vous sans votre lils, mon père, s'é( riait-il ; saint prêtre, où allez-vous sans votr(! diacre? vous n'olfrie/ jamais le sacrilice sans votre assistant : qu'ai-jc en moi

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