AMO
voir tes malL'iliclions sur Id uiaiso i dv lidole!...
« C'est pourquoi voici C(^ f|ue dit le Seigneur, ta femme forniquera dans la ville, tes tilles et tes tils tomberont sous le glaive et ton sol sera mesuré au cordeau, et toi tu mourras sur une terre profanée, et Israël esclave s'exilera de s.i patrie ! »
A cette audace on reconnaît cet esprit de. Dieu ipii choisit les petits et les derniers du peuple pour les opposer aux j^rands et aux superl)es. Amos n'est pas un écrivain, son langage est inculte connue ses hal)itules, «'est un honnne du peu[)le, c"est un berger, mais c'est aux bergers, (pie doit se révéler d'abord le Sauveur du peuple, et l'esprit prophétique s"(!St emparé d'Amos tellement .^ son insu qu'il déclare n'être ni prophète ni fils de prophète, comme s'il prenait rins[)iration divine pour un sujet d'héritage. C'est surtout contre les riches que le prophète Amos fait tonner ses menaces. Alors la puissance de l'inspiration élève son langage, et l'indignation lui donne une véritable éloquence : il semble qu'on entend déjà l'apôtre saint Jac([ues commenter avec une hardiesse toute divine les malédictions du divin maître contre les heureux de la terre. Amos est le précurseur des a|)ôtres, comme il semble être un des ancêtres des heureux bergers de Bethléhcm.
Le chapitre sixième do la prophétie d'Amos est d'une giandc beauté :
« Malheur à vous qui êtes opulents dans Sio'i et qui vous contiez dans la montagne de vSamarie, grands du royaume, têtes des multitudes, qui entrez pompeusemeul dans la maison d'Israël !
« Voyez si linsolence des ennemis du Seigneur vit plus au large que la vôtre! Vous êtes mis h part et réservés pour le mauvais jour, et vous vous approchez du trône de l'iniquité. Vous dormez sur des lits d'ivoire et les joies impures se glissent avec vous dans votre couche : vous mangez l'agneau choisi du troupeau et le veau le i)lus gras de tout le bétail. Vous chantez à la ^oix du psaltérionl... Comme David no pensent-ils |)as avoir les vases sacrés du canti- <\\U'\ ils l)oivent le vin h |)leines coupes, ils .■sonl luisants des parfums les plus recherchés. Kt ils ne parlicii)ent en rien aux souffrances et au brisement de cœur de leur frère Joseph I )'
Quelle protestation du peuple soiilfrant et opprimé contre ces mangeurs qui s'enivrent (le la misère de leurs frères et ({ui osent profaner la Ijre, comme si la poésie n'était pas un des vases sacrés où doivent fumer des parfums sur raut(,'l de Dieu. L'expression dont se sert ici le prophète est des plus remarquables, surtout par rapport au sujet de cet ouvrage; c'est en elfet un anaihèmejelé sur la [loésie profane et une révélation des gloires el (les austérités de la vraie poésie selon Dieu; il faut être saint comme David po r louchor dignement à ce «pie 1« prophète Amos appelle ici les vases du cantiiiue, vasa iunlnt. l'A de quel dr^it les pécheurs vou-
draient-ils moduler des chants? La |)oésie, c'est l'harmonie, et leur vie n'est que désordre; l'harmonie, c'est l'amour pur, et leur élément favori c'e-t la concu|»is(ence qui pro luit la haine! Silence donc à l'enfer (jui veut parodier le ciel, silence aux chants désordonnés de l'orgie ! La poésie est sainte ou elle n'est [)as, et les vases d'or du tabernacle de Dieu ne doivent point servir à désaltérer les passions animales des pécheurs 1
Voilà le sentiment qui s'exprime plusénergiquement que nous ne le pouvons dire dans cette brusque interruption et dans cet a parte du prophète Amos cpii s'écrie avec une ironie amère : Ils s'imaginent avoir comme David les vases du cantique! Et de quoi s'agit-il, cependant ? Sont-ce des lévites indignes qui profanent les hymnes du Seigneur? Non, ce sont des riches qui chantent en buvant et en se faisant accompagner sur le psaltérioii comme les prophètes. Ici, l'esprit d(> Dieu lance une moquerie divine, et laisse tond)er un dédain surnaturt-l sur ces profanateurs de la lyre , pour nous faire comprendre que les formes de la parole sont comme des vases qui contiennent le Verbe et que les vases les plus précieux, comme les formes les plus harmonieuses, doivent être consacrés au culte de la Divinit(^.
Après les reproches du prophète viennent les menaces, et dans ces menaces on trouve un tableau plein d'une morne épouvante et d'une horreurqui glace les os : on voit d'avance la ville dévastée s'elTrayant de sa solitude; la mort viendra s'asseoir entre les rares habitant s (jui seront laissés dans les maisons désertes : celui qui tombera sera emporté et consumé sans bruit et sans pompe; on demandera à celui qui aura fait disfiaraître le cadavre : Est-il encore là, et il répondra : Tout est fini. — Silence! lui ilira-t-on, n'éveille pas 1rs souvenirs et ne prononce pas le nom du Seigneur !
Cet endroit d'Amos nous semble le plus beau de toute sa prophétie (lui contient neuf chapitres et que nous n'essayerons pas d'analyser, parce que ce travail appartiendrait au dictionnaire d'Kcriture sainte.
Le chapitre neuvième contient des beautés (le stylo que nous ferons remar(|ueravec d'autant [)lus de soin (pi'Amos, comme nous l'avons (lit , semble étranger à l'art de bien écrire ; la vivacité du ton , la grandeur de rex[)ression ou de l'image, naissent naturellement sous sa [)luiiie comme les couqtaraisons rusli(pies dont son style abonde; c'est toujours l'homme de la «ampagne , mais (piehpiefois le prophétie se lève et parle avec une majesté et une véhémence (j li étonnent.
« J'ai vu le Seigneur debout sur l'autel, et il a dit : Frappez les gonds et que les [tories soient ébranlées 1 l'avarice est à la tèto de tous et je tuerai le dernier denti(M>ux par le glaive ; il n'y aura pas de fuite |)our eux. Ils fuiront, mais celui (pii fuira ne sera pas sauvé 1 S'ils descendent jus(prau fond lie lenfer, ma main les en ramènera ; et s'ils montent jusqu'au ciel, je les en arracherai 1 El s'ils se cachent au sommet du Carmel j