LEGENDES
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apparaît sous les formes les plus horribles; le Midi est plus fréquenté par les anges, et les mauvais esprits eux-mêmes s'y cachent sous des figures angéliques. Ce soiït des péris et des fées, ce sont des sylphes et des ondins. L'Allemagne est la patrie des gnomes, et la Scandinavie croit toujours voir passer, sur les nuages de son ciel sombre, la tête monstrueuse du loup Fenris, le grand ancêtre des loups-garous, et la barbe hérissée de frimas sanglants du géant Hymer, le jièrPi des ogres et des vampires.
L'histoire des légendes est celle de la poésie chrétienne. Au temps des apôtres elles sont simples et évangéliques comme les visions du Pastenr de saint Hermas; à l'époque de l'invasion des barbares, elles prennent un caractère de merveilleux, plus incroyable et plus terrible; les siècles de la chevalerie et surtout des Croisades roflèlent sur les récits des légendaires les couleurs vives et chaudes du ciel d'Orient.
Les légendes des premiers siècles sont pleines des combats et des victoires des martyrs, et ne font que dorer un peu, si nous pouvons parler ainsi, l'auréole sanglante des confesseurs. Lorsqu'il s'agit de celte héroïque époque, nous sommes sûrs que les fictinns restent bien au-dessous de la réalité, et que les traditions populaires n'ont traduit que bien imparfaitement les chants réels de cette épO|)ée liistorique dont le Christ était le héros toujours vainqueur par le supi>lice des siens, et immortalisant sa mort sur les échafauds et sur les bûchers, comme sur les tombeaux di.-s catacombes où se célébraient alors les saints mystères. C'est que dans ce tern[)s-lr» la folie du martyre ( et nous pouvons dire le mot comme saint Paul a dil la folie de la croix ), la folie du martyre donc était contagieuse, et donnait au monde d'étranges spei-tacles ; les femmes, les j<;unes filles, les enfants mêmes y couraient comme à une fête; le stirnaturel, dans ce temps-l.\ était de l'ordinaire, et en supposant tous les [trodiges imaginables, on ne croyait rien inventer. Toute cette époipie merveilleuse se résiiine dans la grande légende de saint (>hrisloplie.
Les l'èresdu désert viennent <') leur tour : le martyre devient vrWontaire; un*; soif immense d'ex[iiation s'emf)are de tontes les Ames; la volonté humaine, diviniséf; par la foi, iriomf)he de la chair au point «l'en détruire les besoins et la jjesanteur. Ici l'histoire et la légend»; se confondent eneoro, et, en présence de tant d'incontestables merveilles, on ne sait plus df; quels mincies doijl/;r. Cassien, l'.tllarjo, Jean .Moschus, contiennent ces (toéiirpies récits de sainl J*'-rr»me, où l'on voit le^ lions creuser l.i tombe «les solitaires, et les derniers f.in laines du paganisme fuir sous les ligures liideijsi-s de /t^ityres et do centaures devant les premiers Pères du désert. Saint Jér/'»me a-l-il lail de l'hi^loir»; ou de la légende? On ik- s.iil jilus que répondre, la raison ^e conl'oud dev.int les austérités des llilarion «;t des Slyliles ; 01 croit tout fioskibie, |)iii.sr|u'on e^t dbligé f)ifTioNv, iii f.i r rC lu 1 1 nr; 'iiit/'.c.
(le reconnaître, dans l'histoire ecclésiastique de cette éi)oque, que les impossibilités les plus grandes s'y sont souvent réalisées.
Enfin les légendesdu moyen Age, les grands combats des chevaliers chrétiens contre les serpents monstrueux, les tarasques et les gargouilles enchaînées par des saints, puis les visions de l'enfer qui préludent à la terrible poésie du Dante, voilà la légende dans tout son merveilleux et dans toute sa gloire. Elle prend toutes les formes dans les instructions des anciens prédicateurs : tantôt douce et gracieuse, comme Marie remettant le bon pèlerin dans sa roule, servant à son tour ceux qui la servent, et essuyant le front à ceux qui travaillent pour elle; tantôt terrible comme les jugements de Dieu, elle fait voir aux puissants injustes leur place dans la géhenne, condamne à mort l'archevêque Udon de Magdebourg, et le fait décapiter la nuit par les anges devant le maître-autel de sa cathédrale. Le comte de Mâcon est enlevé vivant par un cheval noir aux yeux de toute la ville épouvantée; car tout le monde avait toujours vu les incroyables merveilles des légendaires. Le vice fut puni dès cette vie par des chAliments horribles; les fléaux de Dieu atteignaient toujours les coupables, et si la vengeance au pied boiteux se montrait tardive, jamais elle ne manquait d'arriver. 11 y avait des peines pour toutes les fautes, et même pour toutes les négligences. Dieu alors était sans cesse auprès des hommes pour les encourager ou les j)unir. Les images outragées saignaient et pleuraient, les morts se relevaient du fond de leur tombe pour révéler les secrets de l'autre vie aux vivants, et tout cela élait rendu palpable par une fi)i immense. On frémit encore en lisant soit le (Àuéchisme en histoires, soit la Fleur des exemples, de toutes les punitions soudaines et terribles qui atteignent les prévai-icateurs. Sainl Alphonse dé Liguori, dans sa jiaiaphrase du Salve Heyina, a conservé quel(pjes-uncs de ces légendes, qui ajoiitcnt à ses pieuses inéditations nn grand attrait de saisissement, de tendresse et de poésie.
Nous n'indiquerons même pas ici les principales et les plus célèbres légend(;s, jiuis que, dans la collection dont ce Diclioituaire fait partie, s»; trouve; un dictionnaire spécial sur ce sujet. Nous laisserons (Ioik; nos lecteurs y chercher les exemples dont ils pourront avfiir besoin. (Voy. Paiiaiioi.ks.)
LIVHI'^ -- Il no faut pas confondrfï un livre avec, un voIuiih! : nn livrt; peut être en plusieurs volumes ;nn voIiiiik;, (|U(d(|iie fort qu'il soit, n'est pas louionrs un livre.
Pour faire un livre, il faut avoir un ensemble d'irlées dominées par uik! idée-mère, et donner uik! certaine étendue au développ(riiiriil de cette idée. Le fond d'un livro c'est toujours une thèse, et il n'y a pas do livre si, la leclur(5 finie, le livro lui-même no vmis a pas fourni une réponse satisfaisante il cette question : Qu'esl-co que cela prouve ?
l'n livre <!«• iioésio est-il également le développement d'une thèse 7 Oui, sans d(julp :
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LIVRES
autrrîmont ce ne serait pas un livre ; ce serait uu reciu'il. Que prouve l'Iliade d'Ho- ;i^ère? — L7/ifirfe d'Homt>re, étant une épopée, est un livre complexe, et prouve plusieurs choses dans |)lusicurs ordres d'idées. Premièrement, en philosophie, r//ùu/cprouve le danger de la colère chez les nrinces ; secondement, en politique, Vlliade prouve la sentence contenue dans ce vers :
Quidquid délirant rcgea plectuiiînr Acliivi,
troisièmement , en poésie; , VIliade prouve dal)or(i le génie d'Homère, puis la vérité ties théories poétiques de l'ancienne Grèce, j)uisque le poème est incontestablement ueau.
On raconte qu'un mathématicien qui venait d'assister à la première représentation iVAthalie demanda h son voisin : Qu'est-ce que cela prouve ? On ajoute que le voisin répondit brutalement : Cela prouve qwe vous êtes un sot. C'était sottement répondu. Athalie prouve d'abord la vérité de cette maxime, exprimée en deux beaux vers [wr le pocte ;
Celui qui incl un frein à 1» furerir des (Iota Sait aussi des inécliants arrêter les complots.
Athniie prouve en second lieu que les sujets bibliipies [)rêtent beaucoup h la tragédie, et peuvent être admirablenient traités. Enfin Alhatie f)rouve que Racine était un lK)éte supérieur, et qui fait honneur à la nation française. Tout cola [)ourrait 6tro mis en syllogisme et prouvé aussi rigoureusement que deux et d(!ux font quatre.
Alhalie, il est vrai, n'est pas un livre, mais c'est une (puvre. La pensée y est mise en scène au lieu d'y être mise en volume. Il v a là le fond d'un livre, la forme seule est différente.
Pour faire un livre il faut donc avoir d'abord fait une thèse, savoir ce qu'on veut dire , coordonner ses idées , disposer ses preuves. Il faut, en un mot, faire preuve d'ordre et de logi(pie ; puis enfin il faut savoir écrire. Un livre h fairts c'est ini monuintiit à bAlir, il faut d'abord la conception de l'architecture, jmis les mat'-riaux, qui sont l<>s études suflisantes ; ()uis enfin le travail des maçons, (jui est le, style : travail (pie le plan de 1 architecte, c'est-ii-dirc la pensée dirige toujours.
Un bon livre, c'est celui qui prouve bicfi une thèse utile. Un livre bon dans Tintention et mauvais dans la forme est (-(Mui dont la thèse est bonne, mais qui la pnHjvc mal. Knfin un mauvais livre est (X'Iui (jui |)r(>uv(! bien ou mal une thèse soit fausse, soit dangereuse, soit iniitile.
LIVKKS HISTOUIOUKS. — Les livres historiques de la Bible sont particulièrement les Juges, les Unis, les Paralipomènes, Ks- •Iras et les Machalx'îfs. Dautrcs livres sont fotisarrés à des hisloinvs ivirticulières , romme ceux d'Ksther, de Judilli i^tde Tohie. Knlin l'on trouve dans plusieurs prophètes, l»'l5 qu'Isaie, Jérémio et Daniel, des fragments historiques. Nous passons légèrement
dans ce Dictionnaire sur tout en qui tient à l'histoire, parce ({ue cette partie do la science ecclésiastique et de la littérature chrétienne est l'objet d'un Dictionnaire particulier qui fait partie de la collection où celui-ci doit trouver place. Voyez ce Dictionnaire, et dans celui-ci l'article Bible, où l'histoire sainte est ra|)idement analysée.
LIVHES DE PIÉTÉ. {Voy. Piété.)
UVRES SAPIEMIAUX. — Les livres sajMentiaux sont au nombre de (piatre : 1" l'Ecclési.isto de Silomon; 2° les Proverbes du môme; 3" la Sagesse, attribuée à Salomon; k" l'Ecclésiastique, i)ar Jésus, tils de Sirach.
On les ap[)('lle Sapientiaux, parce qu'ils contiennent les enseignements de la sagesse.
L'Ecclésiaste se résume par cette pensée ; « Tout est vanité dans le mon le, excepté do servir Dieu Ct de faire le bien. » Les Proverbes, la Sagesse et rEcclésiastiaue règlent, Y>ar des maximes fondées sur l expérience des siècles et le génie des sages, toutes les relations de la vie, et l'on pourrait peut-être joindre comme complément aux livres sapientiaux le Cantique des cantiques , qui révèle aux âmes aimantes le dernier mot de la sagesse et du bonheur dans les tableaux du plus saint et du plus parfait de tous les amours.
Le livre de l'Ecclésiaste est d'une tristesse salutaire. Il humilie h la fois et l'ambition de l'homme, et la fougue de ses désirs, et les saillies de son orgueil. Jamais la mélancolie n'auniit parlé un langage si désolant, sans le nom du Seigneur qui relève et ranime notre courage. Eh quoi 1 tout est vanité dans le mon le?Ouoi 1 même la gloire qui s'achète par de si pénibles travaux? Quoi 1 menu; la puissance, qui sied si bien au génie? Quoi l môme les alfections et l'amitié? Oui, vanités que tout cela, répond le roi sage, si tout cela n'a pas en Dieu sou immortalité et sa durable raison d'être. La gloire ? mais elle trompe toujours les vivants et ne s'asseoit (jue sur la tomlH» de ceux i\m ont désespéré d'elle. La puissance? mais c'est un rêve, et des monstres en cwit tant al>usé ([u'elle est devenue o^lieuse à la vertu. Les alfections? regardez les tombes : c'est là ([u'elles cessent, (piaiid elles peuvent aller jus(|ue-là. 0<ie chercherez-vous encore? La s<ience ? miroir brisé (lui ne vous montre ian>ais votre image entière ct vous fait rêver l'inconnu, mais (jui vous rirait au nez si vous pouviez une fois lui faire dire son dernier mot. Quoi donc encore? Le [)laisir? c'est un scorpion dans une rose, c'est une coupe pleine de lie, c'est le précurseur du dégoût. O misère I que faire donc ? fermer les yeu\, vivre sa vie, se résigner, sourire h Dieu, qui sait bien ce que nous ignorons; croire en lui, pour toute science; mettre son amour au-<lessus de toutes les alfections; estimer sa loi sainte plusqu(ï tous les plaisirs; puis être bons, être paisibles, être résignés et faire du bi«'n tant (iiie nous le pourrons, voilà la doctrine de l'Ecclésiaste. Les Proverbes sont un recueil de fortes
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pensées et souvent de belles expressions; f)ti y trouve au cfiapitre vu un tableau fort poétique des séductions de la femme de mauvaise vie et du jeuae insensé qui se laisse entraîner par e'ie comme le bœuf qu'on mène au sacrifice, et comme l'agneau qui bondit plein de joie, sans savoir qu'on va lui lier les pieds. Puis, dans les chapitres suivants, on trouve de belles exhortations à Ja sagesse, qui est mise en opposition avec la folie, figurée par la courtisane. D'ailleurs, la oerale des Proverbes ne peut guère s'accorder toujours avec celle de l'Evangile, (fu'en la prenant souvent au sens ligure. Salomon y fait parfois l'éloge d'une prudence humaine qu'autorisait l'ancienne loi, et que la sainte folie de la croix a rendue inutde. Les maximes de Salomon sont des résumés énergiques de toutes les sciences phdosopliiques, politiques et morales de son époque. Il y tranche souvent d'un mot des questions qui embarrassent encore le monde : celle de l'égalité, par exemple, par le proverbe que voici (ch. xxvi, 3 ) : « Le louet est fait pour le cheval, le bât pour l'âne et le bâton pour le dos des honjmes sans intelligerice. »
Ln imitateur de Salomon a dit : « Eprouvez l'homme avec la verge et avec l'amour; s'il obéit à l'amour, faites-en volie frère; s'il n'obéit qu'à la verge, faites-en votre bête de somme. »
Au chapitre xxxi, Salomon fait l'éloge de la femme forte avec les expressions les plus énergirjues et les plus pittoresques : « elle a ouvert sa bouche à la sagesse, dit-il, et la loi iJe clémence est sur ses lèvres. » Magnifique et consolante image, qui peint d'un seul Irait le caractère tout entier de l'admirable mère de Dieu 1
Le livre de la Sagess? est écrit avec plus d)i méthode et d'élégance : on y reconnaît la politesse ft la forrnr; tleurie des (ireas : aussi Mini Iréiiéc, T(,'rlulli«;n, saint Ambroise et d'autres ont affirmé nue Salomon m; pouvait c/i être l'auteur. Ce livn; n'est, au surjtlus, qu'une imitation et comme uno am[)lilication despremicrschapitresdu livre des Proverb<;s. Ce qu'on y trouv'j sur la constance des justes et sur la gloire des martyrs a fait même .soupçonnrT un auteur chrétien à (juelques critiques, ou du moins un auteur a qui les doctrines du christianistne n'auraient pas été étrangères, comme, |)ar exemjih;, Philon ; mais \i; livrr; d<; la Sagesse se trouvant cit<; dans des écrits antérieurs .'i l'école d'Alexandrio , on l'attiibiie plus communément <i Jésus, fils de Sirach, qui aurait ainsi comi)0»é dr-ux oiivrages compléiiicritaires des livres safiientiaux de Salomon, i'Kcclésiaslique pouvant servir de suite et de commentaire a l'Kcclésiaile, et la Sagesse étant le résumé des l'rovet bes.
On trouve dans le cha[»ilre ii de la Sam'^HH un poétique et élégant résumé de la philoso|»hie df!H épicuriens, (pii ne le eed»; e I rien nux odes d Horace et d'Anaeréon.
• Cfiix qui pensent mal ont dit efi eininf^ttiC'i : Itapide et ennuyeux est le temps
de notre vie, il n'y a point de renaissanco dans la mort, et l'on ne connait personne qui soit revenu des enfers.
« C'est de rien que nous sommes nés, et nous serons après comme si nous n'avions pas été. Un peu de fumée est le souille de nos narines, et la pensée est une étincelle qui fait palpiter notre cœur. Est-elle éteinte, il reste un peu de cendre; l'esprit s'évapore comme un air léger ; notre vie passera comme l'ombre d'un nuage, elle s'évanouira comme une vapeur que dissipe ou fait tomber la chaleur du soleil. Notre nom aura pour héritage l'oubli, et personne n'aura mémoire de nos œuvres. Le temps, p(,ur nous, est le passage d'une ombre, et notre fin est sans retour. L'heure du départ est marquée, et personne ne revient jamais.
« Venez donc, et jouissons des biens qui sont réels, et pour posséder le plaisir, hâtons-nous comme la jeunesse. Plongeonsnous dans les délices des vins précieux et des plus doux parfums; ne laissons perdre aucune des fleurs que le temps fait éclore. Couronnons-nous de roses avant qu'elles ne se fanent, et qu'il n'y ait point de prairies où ne s'égarent nos amours. Que personne de nous ne soit infidèle au plaisir; signalons partout notre allégresse, car telle est notre destinée, et tel doit être notre partage. »
La fin du chanitre n'est pas moins remarquable, et semble être une allusion marquée à la passion de Jésus-Christ.
Le discours des méchants continue; après la luxure, la cruauté; après les débauches de la Uome [laitnnc, les fureurs de la persécution.
« Opf)rimons le pauvre (]ui est juste ; n'é- I>argnons [)as la veuve, et n'ayons aucun égard [lour des cheveux blanchis par la vieillesse. La loi, pour nous, c'est la force ; le faible est inutile au monde. Entourons de pièges le juste qui ne nous sert h rien et (pii s'oppose h nos projets. Sa morale nous est u 1 reproche, et sa prétendue vertu nous dilTamc!. Il se fait Dieu pour juger nos pensées; il nous est insupportable môme à voir, car sa vie ne rrîssemble en ri(!n h celh; des autres, e-t ses voies sont tournées h rebours de la raison. Pour lui nous sommes des êtres frivoles : il s'abstient de notre manière do vivre commi; d'um; impureté, et il lui préfère la mort des justes, car il si- flatte; d'avoir Diou I)Our[»ère. Voyons s"il dit vrai, éprouvons sa destun-e, sachons ce (pii lui arriver.i. S'il est vraiment le fils di; Dieu, Dieu le recevra sons sa (jrotection, et le délivrera des mains du <-«;ux fini lui sont coMtrair(;s. Questionnonslepar rhumiliation et la lorlui(!, nous verrons ce (lu'il a de résignation et de patience. (londaiiinons-Ie h une mrjrt infamanie ; il lui restera, pour se cons(der, ses beaux discours.
« Voilà ce qu'ils ont p(Misé, et ils se sont trouilles, car leur méchanceté les aveuglait ! Ils n (jii pas su les secrets de Dieu, ils n'ont pas espéré les réconipe ises di; la justice, ils n'ont pas comjiris la majesté des âmes sain tes! Car Dieu a créé riioiiime inexlrnninahh'.
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el il l'a fait 5 limage de sa ressemblance, r/est par l'envie du démon •que la mort est entrée dans le monde, et ceux (jui sont avec le démon imitent les œuvres de leur maître; mais les Ames des justes sont dans la main •le Dieu, et le tourment de la mort ne les touchera pas. Au\ yeux des insensés ils ont paru mourir, et leur lin a été trouvée triste : car ce (jui est pour nous un passage, ces gens-lh pensent que c'est le terme ; mais pour les justes, ils sont en paix; et s'ils ont soulfert aux yeux des hommes, leur espérance est pleine d'immortalité. Ils ont acheté par un peu de douleurs une félicité immense. Dieu les a éprouvés et les a trouvés dignes de lui; il les a éprouvés comme l'or dans la fournaise, il les a reçus comme la victime d'un holocauste, et il saura les retrouver. Alors on verra briller les justes comn^c les feux du soir qui voltigent parmi les roseaux. Ils jugeront les nations, ils seront les maîtres des peuples, et leur maître à eux aura un empire éternel I »
Tout le livre de la Sagesse est écrit dans ce beau style, et révèle cette inspiration profonde. Les sentiments y sont si chrétiens, que l'on pourrait hardiment donner à son auteur le titre de prophète, si, comme tout engage à le croire, il a vécu avant Jésus- Christ.
Le livre de rEcclésiastique est un monument élevé à la gloire de la sagesse et des hommes sages. Jésus, tils de Sirach, y a réuni des maximes h l'instar de Salomon, et finit son livre [)ar la louange des grands honnnes de l'ancienne loi. Moïse, Aaron, Phinées, Josué, Caleb , Samuel, Nathan, David, Salomon et tous les autres jusqu'h Simon, fils d'Onias. Le style de l'Ecclésiastit[ue est orné et pittorestiue comme celui do la Sagesse; mais les boautés en sont moins classiques et portent un plus grand caractère d'anli(juité,
LITIKC.IE. (Foi/. C^bémonies, Hymnes, Proprk nu TEMPS, Proses.)
LL'LLK (IUymond), — est un de ces grands lionnnes problématiques dont le nom ap[)articnt à la poésie plutôt (ju'h l'histoire, parce que leur vie se eonfonu avec leur légende, llaymond Lulle personnilie la recherche d(! l'absolu au moyeu Age, Docteur sans avoir jamais étudié, alchimiste de la pensée et de la science, il [)rétendit avoir inventé un art universel. Un génie |)lein (l"as[)irations |)uissantes, une Ame jtassioimée, une activité infatigable ne lui permettaient i»as d'être un grand homme ordinaire : il fallait qu'il devînt un révélateur ou un fou, et il sut éviter l'une et l'autre extréniité en se [)récipilant dans le martyre. Ses partisans voulurent en faire un saint , ses ennemie poursuivirent sa mémoire, et, au xvii' siècle encore, il lui restait do chauds partisans. Sa légende est (les plus romanes(|ucs, mais elle emprunte «\ix idées religieuses de si grandes beautés, (pie nous ne saurions la m(»itre en oubli.
Un geMlilhomme de Harcflone, nommé Raunoiid, de l'antique et illustre famille des Lullo , ayant servi généreusement