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savons-nous si un ange ou un esprit ne lui a pas parlé? 5/ spiritus toculus est ei, aut angélus? Saint Luc dit qu'un Macédonien (apparemment Fange de la Macédoine) a[)parut à saint Paulj et le pria de venir annoncer l'Evangile dans ce pays.
Saint Jean dans l'Apocalypse parle des sept anges qui présidaient aux Eglises d'Asie. Je sais que ces sept anges sont les évêques de ces Eglises ; mais la tradition ecclésiastique veut que chaque Eglise ait son ange tutélaire. Dans le même livre de l'Apocalypse sont racontées diverses apparitions des anges : toute l'antiquité chrétienne les a reconnues; la Synagogue les a reconnues do même , en sorte que l'on peut avancer que rien n'est plus certain que l'existence des bons anges et leurs apparitions
Je range au nombre des apparitions, nonseulement celles des bons ou des mauvais anges, et des âmes des défunts qui se font Yoir aux vivants, mais aussi celles des vivants qui se font voir aux anges et aux âmes des trépassés : soit que ces apparitions se fassent en songe, dans le sommeil ou dans la veille ; soit qu'elles se manifestent à tous ceux qui sont présents, ou seulement aux personnes à qui Dieu juge à propos de les manifester. Par exemple, dans l'Apocalypse {Àpoc. IV, '*, 10), saint Jean vit les quatre animaux et les vingt -quatre vieillards qui étaient vctus d'habits blancs, porta ent des couronnes d'or sur leurs têtes, étaient assis sur des trônes autour de celui du Tout- Puissant, se prosternaient devant le troue de celui qui vil éternellement, et jetaient leurs. couronnes à ses pieds.
Et ailleurs: c Jevis quatre angesquiétaient dfhout sur Ie5 quatre coins du monde, qui tenaient les (juatre vents, et les em{)êcliaient de souiller sur la terre ; puis je vis un aulrf; auge qui se levait du côté de l'orient, et qui cria aux quatre anges qui avaient ordre d(.' nuire h la terre et à la nier : Ne faites aucun mal à la terre, ni à la mer, ni aux arbres, jusqu'à ce que nous ayons imprimé unsigi.e sur le front d<s serviteurs de Dieu ; et j'ouis que le nombre de ceux f{ui avaient reçu ce signe était de cent quar.'int(;-quatre milh'. Ensuite je vis une troupe iiniornbrable de gens de toutes nations, ni: tribus, de |teu[)le.s cl de langues, qui étaient debout flevant Uî trône du Très liant vêtus de robes jjlanclus, et ayant di » [lalmes à la umn{Apoc. vir, I,
2, .ij. n
Et <lans le même livre fApor. vk, |,'|, IVj saint J«;an, après avoir «Jérrit la majesté du Irôrie de Dieu, et les adr»ralions rpie lui ren- «kiiil les anges et les saints (irf*siernés devant lui, un des ancifMis lui dit: » t'.<-\ix qui; vous voyez couverts de roljcs blanches sont ceux qui ont sr)uirert de grandes épreuves et de gafides aniiclioris, et rpii ont lavé leurs robe< dans le sang de l'Agneau : e'j'st pourquoi ils sont deva'Jt le trône dr; Dieu et h: seront nuit i-t y>ur dans son temple; r-t celui qui est assis sur lo trône, régneia sur eux, »!l lange qui rst n\i milieu riii tnVu! les conduira aux fontaines de l'eau vivo." El en-
core : « J'ai vu sous l'autel do Dieu les àmcs de ceux qui ont été mis à mort pour la défense de la parole de Dieu, et pour le témoignage qu'ils lui ont rendu; ils criaient à haute voix, disant : jusqu'à quand, Seigneur, ne vengerez-vous pas notre sang contre ceux qui sont sur la terre {Apoc. vi, 9, 10), etc.»
Toutes ces apparitions et i)lusieurs autres semblables que l'on pourrait rapporter tirées tant des Livres saints que des histoires authentiques, sont de véritables apparitions, quoique ni les anges ni les martyrs dont il est parlé dans l'Apocalypse, ne soient pas venus se présenter à saint Jean ; mais qu'au contraire cet apôtre ait été transporté en esprit au ciel, pour y voir ce que nous venons de raconter. Ce sont des apparitions qu'on peut appeler passives de la part des anges et des saints martyrs, et actives de la part du saint apôtre qui les voit.
La manière la plus ordinaire dont les bons anges apparaissent dans l'Ancien et dans le Nouveau Testament, est soi s la forme humaine : c'est sous cette forme qu'ils se sont fait voir à Abraham, è Lot, .^ Jacob, à Moïse, h Josué, à Manué père de Samson, h David, à Tobie, aux prophètes; et, dans le Nouveau Testament, ils ont apparu sous la même forme h la sainte Vierge, h Zacharie père de saint Jean-Baptiste, h Jésus-Christ a[)rès son jeûne de quarante jours, et au môme, dans le jardin des Oliviers, dans son agonie : ils se montrent de même aux saintes femmes après la résurrection du Sauveur. Celui qui a|)nanit à Josué {Josuc v, 19) dans la plaine de Jéricho, se montra ap[)aremment sous la forme d'un guerrier, puisque Josué lui demanda ; Etes-vous des nôtres, ou de nos ennemis?
Qnelfpiefois ils se cachent sous qucl(|uo forme qui n'a nul rap|)ort h la ligure humaine, comme celui (\m apfiarut h Moïse, dans le buisson ardent [Exod. ni, 3, Vi), et qui conduisit les Israélites dans h; désert sous la forme d'une colonne de luiée obscur<î et épaisse pendant le jour, et lumineus»» pendant la nuit {ICxod. xm, IV). Le Psalmiste nous dit (pie Dieu se sert de ses anges comme d'un vent subtil et d'un feu brôlant, pour exéculer ses ordres {Psul. nii, i^). Les chérubins,dont il est souvent parlé dans I'ImmIture, et rpii sont déiicîints comme servant (k; trônr; \\ la majesté (h; Dieu, élai(Mit des ligures hiéroglyplii(pj(!S, h |)eu près comme les S|»liinx des Egyptiens : r(Mix (jui sr)nt décrits daiis E/échiel (/l'srt-A. i, V()), sont comuu! des animaux composés de la ligure, de l'homme, ayant les ailes d'un aigle, les pieds d'un Ixj'uf : l(!Uis têtes él.'ii(!iit composé(!s de la ligure du vi'«age (b; l'homme, di; celh; d'un boriit, d'un lion et d'un aigh; ; deux (h; leurs ailes était lit étendues vers leurs semblables, et deux autres leur couvrai(Mit tout l(; corps; ils étaient brillants coiiimi! des charbons ardents, comme des lampes allumées, coiiime le <'iel enilaiiimé, lorstpi'il lance des éclairs, (yélail un spectacle terrible à voir.
Celui (pli apparut \\ Daniel {Ihm. x, .S) était dill'érent de ce.iix ((lie nous venons d»; décrue : il était .sous l.i forme d'un hommo
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«'ouverl (l'iuio roho do lin,aynMt sur les re;ii>^ une coinliiro d'or Irès-liii ; son corps ôlait ;uissi hiillanl que la [lierre chrysolitlic, sa face éclalaiilo roninie un {''clair: ses yeux jelaicnl un feu cnninie u le lanipo enllaniniée, ses bras et tout le bas de son cor|)S ressem- J)laienl h Tairain Ibndu tians la fournaise, sa voix était bruyante connue celle d'une multitude de personnes.
Saint Jcandansl'Apocalypse {Apoc. iv, 7,8) vil autour du trône du Très-Haut (piatrc; animaux, qui étaient sans doute tpialre anges: ils étaient couverts de (pianlité d'yeux devant cl der.ière. I.e priMuier rcssendjlait h un lion, le second h un bœuf, le lioisième avait la forn)e connue d'un liomme, cl le fiuatrième ressend)Iait h un aigle ayant les ailes éj)loyécs : chacun d'eux avait six ailes, (l ils ne cessaient de crier nuit et jour : Saint, saint, saint, le Seigneur Dieu toutpuissant, qui était, qui est, et qui doit venir.
L'ange qui fut mis h l'entrée du paradis terrestre était armé d'une épéc brillante ((ren. iir, 2i), de même ciue celui qui apparut à Balaam {Num. xxm,22, 2.'}), et (jui mennçait de le tuer lui et son ànesse ; et apparcnuuent celui (pii se fit voir à Josué dans la plaine de Jéricho {I Par. xxi, IG), et l'ange qui apjjarut à David disposé à fia))per tout Israël. L'aitgo Raphaël conduisit le jeune 'i'obie h Uagès sous une forme liumaine de voyageur {Tob. v, 9). L'ange qui se fil voir aux saintes fennues au sépulcre du Sauveur, «jui renversa la grosse juerre (]ui fermait 1 entrée du tombeau, el (|ui s'assit dessus, avait le visage éclatant comme un éclair, et les habits blancs comme la neige [Mut th. \xvui, 3).
Dans les Actes des apôlrcs (.4c/. v) l'ange <jui les lira de prison et leur dit d'aller haroimenl prêcher Jésus-Christ dans le temple, leur apparut de môme sous la forme humaine. La manièiedont il les lira du cachot csltoutemiraculeuso; carles})rinces des prôtres ayant envoyé [)Our les fairt; comparaître rn leur i)résence, ceux (jui furent envoyés trouvèrent les [)risons bien fermées, les gardes bien éveillés ; mais, ayant fait ouvrir les j>orles, ils trouvèrent la prison vide. Comment un ange a-t-il pu, sans ouveilure ni sans fracture des portes, lier ainsi do,s hommes de |)ri>on, sans (pie ni les gardes ni les gr'ùliers s'en soient aj'crçus'.'La chose est au-dessus des forces connues de la nature, mais elle n'est |)as plus impossible (jue de voir notre S \uvi-ur après sa résurreclioi revêtu de clnir el d'ns, comme il le dit luintêiue, siulir de son sépulcre sans l'ouvrir et *;ans en arracher les sceaux [Malth. xwiii, 1,2), entrer dans une chambre où étaient Ses apoires sais en ouvrir les itorles {Jonn. xi\, 20), parle- aux disciples allant h lùiiiiiaiis sans se faire connaître A eux, (li>parallro cl se rendre invisible (l.uc. xxwi, 15, 1(», 17, frqqX Penlaiil les quarante jours qu'il demeura sur la terrejus(pra son ascension,il but cl mangea «vec eux. il leur parla, il leur apparut; il ne se lit voir (pi'oux lé-
moins préordonnés du l'ère éternel pour nndie témoignage à sa résurrection
L'aige qui apparut au centenierCorneiîle, homme païen, mais craignant Dieu, lui parla, ré|>ondil h ses demandes, lui découvrit des choses inconnues, el qui furent suivies do l'exécution.
Quelipiefois les anges, sans i»rcidre aucune ligure sensible, donnent des preuves (le leur présence ))ar des voix intelligiblrs, par des inspirations, par des elfets sensibles, par des songes, par des révélations de choses iiiconnues, lutures ou passées; qucltjuefoi-; en fi-appant d'aveugleiiie:il , ou lépanda-it un esprit de vertige el de stupidité dans l'esprit de ceux h qm Dieu veut faire sentir les elfets de sa colère : par exen;p!e, il est dit dans riùriture(pie les Israélites n'cntei;dirent aucune parole distincte, e' ne virent aucune ligure h Hoi eb, lorsque Dieu parla à Moise, et lui donna sa loi : Non vidisiis aliquam similitudineni in die qua loeutus est rnbis Dominas in lloreb {Veut, iv, 15). L'ange qui voulut frapi>er de mort l'ànesse de IJ.Îlaam ne fut pas d'abord aperçu par ce prophète {Num. XII, 22, 2}). Daniel fu^ le seul ([ui vil l'ange (iabriel, (jui lui révéla le mystère des grands empires qui devaieirt se succéder les uns aux autres (Dan. x, 7, 8) : Porro viri qui meeum erant non viàcrunt, scù terror nimius irruit super eos.
Lorsque le Seigneur parla jiour la première fois h Samuel, et lui [Hélit les maux dont il devait frajiper la maison du grand ])rôtrc' Héli , ce jeune prophète ne vit aucune ligure sensible : il onil seulement une voix, qu'il prit d'abord pour celle du grand I)rêtre Héli, n'aya-it pas encore rhabitud(> de distinguer la' voix de Dieu de celle d'un homme. Les «nges qui liièrcnl Lot el sa famille de Comorrhe et de Sodome, furent d'abord aperçus sous une forme humaino j)ar les citoyens de cette ville; mais ensuite les mêmes" anges les frappèrent d'aveuglement, (t lesempêchèient de trouver laiioile de Lot, où ils voulaient entrer de lorce. Les anges n'apparaissent donc pas toujours sous une forme sensible, ni sous une t'ignre uniforme; mais ils donnent des preuves de leur présence par une inli-iilé de manières ditféreites, par des inspirations, des voix, des prodiges, des elfels miraculeux, des pivdiclionsdu fuiur, et d'autres cjioses cachées cl iinpénétiidjles à l'esprit humain.
Saint Cyprien raciMite ({u'un évêque ai'ricain, était tombé malade pendant la | erséculion, demandait avec instaMce (pi'o i lui doiriAl le viali(jue : en mêuu^ temps il vil comme un jeune hoinmo d'un air majestueux, elbiilla;il d'un éclat si extraordi'i'ai.c que les veux des mortels ne l'auraient pu voir sans frayeur; toutefois il n'en fut point troublé. Cel ange lui dit, comme en (olère el d'une noix menaçante : >ous craigiu-z de S(Mi!ri i -, vous ne voulez pas sortir de ce monde ; (j le voulez-vous (|ueje vous fasse? Cj bon évê(]ue comj'iit (jue ces ['aïoles lo regartl.iii i.i de mè;i'.e (luc les autres chrélicns, (j'ii ci'aignaieul i:i persécution cl la.
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mort. I/évt>(]uc leur parla, les encouM^ea , et les exliort.i à s'armer do force contre les lourments dont ils étaient menacés : il reçut la conmiunion, et mourut e:i i^-iix. Oi trouvera dans les histoires une infinité d'autr.s apparitions d'anges sous une forme humaine.
Après tout ce que nous venois de rapporter des livres de l'Ancien et du Nouveau Testament, on ne peut disconvenir que le commun dos Juifs, les apôtres, les chrétiens ot leurs disciples n'aient cru communément les apparitions des l)Ons anges. Les Sadducéens, qui niaient l'existence et les apparitions des anges, étaient considérés par le commun des Juifs comme des hérétiques, ot comme soutenant une doctrine erronée. Jésiis-Chrisl daTis l'Evangile les a réfutés. L s juifs d'aujourd'hui croient à la lettre ce qui est raconté dans l'Ancien Testament des anges qui ont apparu à Abraham , à Lot, aux autres patriarches. C'était la créance des pharisiens et des apôtres du temps de notre Sauveur , comme on le voit par les écrits des apôtres, et par l'Evangile.
Les mahométans croient, comme les juifs et comme les chrétiens, que les bons anges apfiaraisscnt quel'piefois aux hommes sous une forme humaine; qu'ils oiil ap[)aru à Abraham et à Lf)t; qu'ils ont puni les habitants de Sodome ; que l'arclinnge Gabriel a a|»paru <'i Mahome' 'Coran, surat. 6, o'J', et lui a révélé ce qu'il débile «lans son Alcor:in; que les génies sont d'une nature mitoyenne entre l'homnie et l'ange (1); qu'ils lioivent, qu'ils mangent, qu'ils engendrant, (pj'iis meurent, qu'ils [trévoicnt les cho^'os futures. Par une suite do ce fjrincij»', ils croient qu'il y a des génies niAlcs et femelles ; que les mAles, à qui les Perses drmnenl 1»; nom de dires, sont mauvais, fort laids et malfaisants, f;jisant la guerre aux pihis, qui sonlles femelles. I>es rabbins veulent qui- ces génies soient u(i-> d'Adam seul, sans le concours do sa ferriine Eve, ni d'aiir une antre femme, et qu'ils sont ce qi^e nous appelons esprits follets.
L'antiquité de ces opinions louchant la corporelle des anges parait dans plusieurs onrtiens, qui, trompés [lar l'aulorilé du livre a; ocrypfie qui [lassail sous h* nom (V Enoch, Oit explirpjé des anges ce qui o-t dit d.uis la
Ijenèse 'vi, -1 fpie lin eufnnl» <lr hirn (ii/anl ru le» fillen fie» hoininrs, furnil ('pris de leur hrnitU , tm i-poiisèrml, fl en enf/rndrèrenl les f/f-anlK. Plusieurs <l(;s anciens ('èr(!S (-Ij ont err»bras.sé ce senlirnenl, qui est nujouru'hui flbaiidonné iJc tout le monde, ?i lexceplion de (juelfiues nioderrjes, (pii ont voulu faire rcvivrf; l'opinion de la corporelle des anges, des démons et des Ames, senlimerii (iiii est absoliiineril iricom()atibW! ;iv(;c celui (](; l'I'igJi.s<î catholique, qui lient qiie les nngossont
i\} rrilcr! flol, Ilibt. Orient.; Pcrilli., hire. I l.iii, \>ufi. 147. H 78;;.
il) J<»^|»li., Aniiiitiit.. li'i. I, r. i ; IMiiie. di-Citj'uiiih.; J(r,(in., Ai'dI. ; Ttrliil., di .\iiiiiiii. \\\v roiii MriiUloKi in Onu-,, iv.
MEIWEILLKL'X 712
d'une nature entièceMicnt dégagée do la matière.
Je recoiinais que dans leur système la matière dos ap[)aritions s'ox|)liqucrail plus coinmodémcnt : il est plus aisé do concevoir qu'une substance corporelle a[)paraisse , et se rend;' sensible à nos yeux, que non pas une substance purement spirituelle; niais il n'est pas question ici de raisonner sur une question philoso[)hique, sur laquelle il est libre de [)iOi)Oser-ditférenlcs hypothèses, et de choisir celle qui expliquerait plus plausiblement les apjjarences, et qui répondrait d'une manière plus satisfaisante aux questions (pi'on pourrait faire et aux objections qu'on pourrait former contre les faits et contre la manière proposée.
La ({uestion est résolue-, et la matière décidée. L'Eglise et les écoles catholiques tiennent que les anges, les démons et les âmes raisonnables sontdégagéesde toute matière; la même Eglise et les mêmes écoles tiennent pour certain que les bons elles mauvais anges, et les dmes séparées du corps, a|)paraissent quelquefois par 1 1 volonté ou par la pernnssion de Dieu; il faut s'en tenir là : quant à Ki manière d'expliquer ces apparitions, il faut, sans perdre de vue le principe certain de l'immatérialité de ces substances, les expli(iuer suivant l'analogie de la foi chrétienne et calholi({ue , leeonnaître de bonne foi qu'il y a dans celle matière des |irofondeurs q>ni nous ne pouvons pas sonder, et captiver notre es|)rit et nos lumièies sous l'obéissance (pie nous devons l\ l'autorité do l'J'lglisc, qui ne peut errer ni nous tromper.
I^'s ap|>arilionsdes bons anges, des anges garuiens , sont fréi^uenles dans l'Ancien connue (lans le Nouveau Tcîslament. Lorsque l'apôtre saint i'ieiTO fui sorti de prison jiar le niinistèred'un ange, ehpi'il vint l'rap- [K-r «'i la portr> d(! la maison où étaient h s frères, on crut que c'était son ange, et non pas lui qui frar)pail : Jlliaulcm direhunt, uti- (jeliis rjns est (Àct. xit, 15); (t lorsijue (]orneill(! le cenUmier priait Dieu dans sa maison, un ange ( ap|iar(Mmnent son bon ange) lui apparut, et lui dit d'<'nvoyer quérir Pierre, (pii était alors <*) Jo[»pé (Art. x, •>, 'i). Saint Paul veut (pjc; dans l'Kgliso les lennnes ne paraissent dans l'assembh-e (jue le visaL:,(î couvert d'un voile, h cause des ang(!s, jiroptrr (iiujrlos (I Cor. XI, 10); sans douli! par respect poiir hîs bons .'uiges, (pii président \\ ces ass(nublées. Le même saint Paul lassiwo ceux (pli él,-iieiil comme lui en danger d'un naulV.ige presrfin; c(!rtaiii, (ni leiu' disant (puî .son augi; lui a apparu {Arl. xxvii, !21, "l'I) cl l'a assuri- (pi ils aii iver.iient à bon jiort.
Dans l'AiK len 'l'eslameiil i.oiis voy(jiis do mémo plusieurs anpaiilions d'iuiges, (pi'o i ne peut guère ox)tli(pjer que des jiu^es gardiens : par exemple, ( (îlm (pij îippanil i\ Agar dans le di-sert, et lui ordonna d(! reloiiiner dans la maison d'Abraham son mailic, et de di;riieiirer soumisi! h Sara s;i mallress»! [Ccu. XVI. 7;; el l'aube qui app;irul à Abrati.'uii, c(jiuiiie II éliiii piéi d'iiiuiiohn' Is.i.u- soii liK,
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el lui dit (jiio Dieu était coitent de son oln^ssancc [Oen. \vi, 7) ; et lorsiinu le iiiùnie Ahrahain envoie son serviteur Kliézer en Méso})Otaniie, pour demander \ine femme h son lils Isaae, il lui dit qu(; le Dieu du ciel, i|Mi lui a promis do lui donner la terre de <",liauaan, enverra son ange f<rcn. x\iv,7) pour disposer toiUo choses selon ses désirs. On pourrait multiplier les exemples de pareilles apparitio[)s des anges tutélaires tirées «le l'Ancien Testament; mais la chose no demande pas un plus grand nombre do preuves.
Dans la nouvelle alliance les apparitions des bons anges, des anges gardions, ne sont pas moins fréquentes dans les histoires les plus authonlitjucs ; il y a peu de saints h qui Dieu n'ait accordé d(; pareilles grAces : on peut citer on particulier sainte Françoise, dame romaine du xvr siècle, (pii voyait son ange gardiisn qui lui [tarlait, l'instruisait, la corrigeait.
Sentiments des Grecs et des Romains sur les apparitions des bons génies.
Jamblique, disci[)le de Por[)h>re, est celui des auteurs de l'antiiiuité (pii a traité le plus il fond la matière des génies et de leurs a[)paritions. Il seujble, .h Tenlendre discOur r {Lib. ii, c. 3 ot '••), qu'il connaît et les génies et leurs qualités, et qu'il a avec, eux un commerce intnne et continuel. Il i)rétend que les ycuv sont réjouis par les apparitions des dieux; que celles des archanges sont terribles, c«'lles des anges plus douces. .Mais lorsque les démons et les héros ap[)araissenl , ils inspirent de l'elfroi ; les archontes (\m président à ce monde font une impression de douleur, et en môme temps d'épouvante. L'apparition des Ames n'est pas tout h fait si désagréable que celle des héros ; il y a de l'ordre et de la douceur dans les apparitions des dieux, du troubles et du désordre dans celles des démons , et du tuniulle dans celles des archontes.
Lorsque les dieux se font voir, il semble que le ciol, le soleil et la lune aillent s'anéantir; on croirait que la terre ne peut résister h leur |irésence. A l'apiiarition d'un archange, il y a treudjUnnenl dans (piol(|uo j)artic du monde; elle est pré(;édée d'une lumière |»lus grande que colle (pii accompagne les a|if)arilioiis des anges : elle est moinure h laiipaiition d'un (h'-mon, cll(^ din)inue encore lorsque c'est un héros cpii se fait voir.
Les ap|)aritions des dieux sont Irès-luminouses, celles des anges et des archanges le i.'^nt moins ; colles dos démons sont oitseures, mais moins (pie celles des héros. Li's archontes cpii |ir(''*iidenl à ce rpi'il y a dans li; monde do pbis brillant, sont lumineux ; mais ceux (pii ne sont occupés ipu! des choses matérielles sont obscurs. Lorsifiie les Anus flt»paiaisscnt, elles ressemblent h une ombre, ifcfinlinue dans sa desrri|»lif)ri de ces appa- I nions, et entre flans un détail eimuyoux sur tout cela : f)n dirait, h l'entendre, qu'il y a Mitre lui, les dieux, les anges, les démons
((t les Ames séparées du cor|)S, une liaison intime et habituelle. Mais tout cela n'est que l'ouvrage de son imagination, il n'en savait pas plus (pi'un autre sur une matière qui est au-dessus de la portée des hommes. Il n'avait jamais vu d'apparitions des dieux, ni dvs héros, ni des archontes ; h moins qu'on ne dise que ce sont de véritables démons (pii apparaissent (juelquefois aux hommes. .Mais (l'on frhre le discernement, comme le prétend faire Jambli pie, c'est une pure illusion.
Les Grecs et les Uomains ont reconnu, comme les Hébreux et les chrétioiis, deux sortes de génies, los uns bons ot bicnfai' sants, les autres mauvais et portant au mal. Les anciens croyaient môme que chacun do nous recevait des dieux en naissant un bon (!t un mauvais génie : le bon nous portait au bien, le mauvais au mal ; le premier nous orocurait du bonheur et des prospérités , et le second nous engageait dans do mauvaises rencontres, nous inspirait le dérèglement, el nous jetait dans Us derniers mallieurs.
Ils assignaient des génies non-seulement h cha(jue personne, mais aussi h. chaque maison, à cha(|ue villo, à chaque i)roviuce. Horace dit, lib. I, epist. 7, v. 9i :
Quod te per geiiium, dexlramquc dcosque penntcst Obsecro et oblestor.
Et Stace, lib. V, 9yl. 1, v. 73:
I)um cunctis snppU-x ndvolveris aris^
Et mitcm ijcuium domini prascntis adorât.
Ces gi'iiies étaient censés do bons génies, dos génies bénins [Antiquité expliquée, t. I), et (lignes du culte de ceux (lui les invoc[uent. On los re()résenlail i|uel(juefois sous la figure d'un ser|)ent, (]uel«]neiois sous la forme d'un enfant ou u un jeune homme. On leur olfiait des tUnirs, de l'encens, des gAteaux, du vin : Fnnde mernm t/enio (Pers., sat. U, v. '.]). On jurait par le nom des génies : Villicns jurai prr qenium meuni se oinnin fecisse (Senec, e[)ist. 12). C'était un grand crime de se parjurer af)rès avoir juré par le génie de renqterenr, dit Tertullien : Citius (ipud vos per oniiies deos, quam per unicum nminm ('a'sari.'* prrjiiralur (.\|iolog., c. 23). L'on voit assez souvent dans les médailles l'inscriptioT : (irnium populi liomani: et (piand on abordait dans un pa\s, ou ne man(piait pas d'en saluer et d'en adorer le qenie, et de lui olfrir des sacrilices. Ils en usaient de mèmi! lorstpi'ils quittaient une [)rovinci'; ils en baisaient la terre avec res|»ecl.
Trojn, t'aie, rapimiir, clamaul ; daiil oscntn ternv 1 ruades.
(()\iil.. Mclam. lit». \ni, v. 121.)
Kiilin il n'y avait ni royaume, ni province, ni ville, ni maison, ni porte, ni ("dilices publics et particuliers, ipii n'tnissenl leur génie.
Quamifuiim riir nrnium Homœ mihi fiunitit u (.uni piirlix, dniuibux , tlwnnis, Habulis .solc4. .\s$iijnarc $uos genios?
(Priidcnt., Contra Symmaeli.)
Nous avons vu ci dessus ce que Jamblitpie nous apprend des apparitions des dieuv, des
unnm cutis