‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 114 sur 233 · MERVEILLEUX · texte numérisé non relu

MERVEILLEUX

pfMies, (les bons et d^s mauvais anges, des liéros et des archontes qui président au gr)iivernement de ne monde.

Homère , le j)ltis ancien des écrivains grecs, et le plus célèbre théologien du pagan'srae , rapporte plusieurs apparitions, tant des difux que des héros et des hommes décédés. Dans l'Odyssée [Odi/ss., xi, suh fin.) il représente Ulysse nui va consulter le devin Tirésias; et co uevin ayant préparé une fosse pleine de sang pour évoquer les mânes, Ulysse tire son épée pour les empèciier de venir boire ce sang dont ils sont altérés, et dont on ne voulait pas qu'ite goûtassent avant que d'avoir répondu à ce qu'on demandait d'eux. Ils croyaient aussi (pie les Ames n'étaient point en repos, et qu'elles rodaient autour de leurs cadavres, tandis que leurs corps n'étaient pas inhumés.

Après môme qu'ils étaient enterrés, on leur offrait à manger , surtout du miel , comme si, sortant du tr>mbeau, elles venaient goûter de ce qui leur était offeit (1). Ils étaient persuadés que les démons aimaient la fumée des s^icrifices, la mélodie, le sang rifs victimes, le commerce des femmes; qu'ils étaient attachés ]>our un temps r» certains lieux et à certains édiiices qu'ils infestaient; ils croyaient que les Ames, séparées du corps grossier et terrestre, conservaient après la mort un corps plus sulitil et plus délié, ayant la forme de ct.-liii qu'elles avaient quille; que ces corps étaient lumineux f-t semblables aux astres; qu'elles conservaient de l'inclination pour les ch«)ses qu'elles avaient aimées pendant leur vie; que souvent elles apparaissaient autour de leurs tomiienux.

l'oiir ramener tout ceci h -la matière qtie nous traitons ici, c'est-.'i-dire aux apparitions des bons anges, nous pouvons dire que, df» même que I on rapporte aux a[)i)arilions des lK)ns anges les es[irils tulélaires des royaumes, des [irovinces, des fxîupbs, »'l de chacun de nous en parlicidier, [lar eteriifjle, le prince du royaume des Perses, où l'ange de celte nation, qui résista à l'archange (labriel i)endatit vm^t et un jours, eoiirme il est fjit (Jjuis Daniel IDan., \, l.'J ; l'ange de la .Maeédoine, qui a[)parnt h saint Paul 'Art., xvi, î>^, et dont nous avfuis parlé f:i-df;varit; l'archange saint Michel, «|iii est considéré connue le ehef du peuple de Dieu et des armées d'Israël Josur, v, l'J; Dan., \, 1-1, 21 ; XII, 1 ; Jud., v, 0; Apor., xir, 7 , et hs anges gardiens dé[»utés de Dieu pour fions (fuiduire et nous garder tous les jours de noire vie : ainsi nous pouvons •lue rjiir; les (IrefH et les Ilotnains gentils eroyauMil <pie certaines enfiéren d'esprits, fpj'ds eroynienl bons et bienfaisant', protége,-ii<:rit les royauiurîs, les provinces, les Villes et les maisons parlir:iilières.

Ils leur rendaient un culte superstitieux

M) Virj(il., Jf.itf\i\. I. IV, ilo P;iliiiiir() cl Mis»rio. A*ij{if^l.. vriii. 1.'» (Ir SS..«*i «|ii:f>tti. .j : in h.Mii., L V, c. 13 Mil: S|H'iiici. de \a'^. Iicliij:ur. litiial.

MERVHILLEL'X 7îO

et idolâtre, comme à des divinités domestiques; ils les i voquaiont, leur offraient desespèces de sacrifices et d'offrandes d'encens, de gâteaux de miel, de vin, etc., mais non des sacrifices sanglants. Vorsitan quis qiiœrat quid causœ sit ut mcrnm fundrndutn sil gcnio,

non hostiam fnciendam putavcrlnt Sri-

licct ut die naiali munus annale qenio solverent, manum a cœde ac sanguine ahatinerent (Censorin., de Dicnatali, c. 2. Vide TaOin, de Anno sœcul.).

Les platoniciens enseignaient que les hommes charnels et voluptueux ne pouvaient voir leurs génies, parce que leur esprit n'était pas assez épuré, ni assez dégagé des choses sensibles; mais les hommes sages, modérés, tempérants, qui s'ap[)liquaient aux choses sérieuses et sublimes, les voyaient; comme Socrate, qui avait son génie familier qu'il consultait, qu'il écoutait, qu'il voyait au moins des yeux de l'esprit:

Si les oracles de la drèce et des autres pays sont mis au nombre des apparitions du mauvais esprit, l'on peut aussi y rappeler les bons esprits qui ont annoncé les choses futures, et ont assisté les prophètes et les hommes inspirés tant de l'Ancien que du Nouveau Testament. L'ange Gabriel fut envoyé h Daniel pour l'instruire su'* la vision des (piatre grandes monarchies, et sur l'accomplissement des septante semaines qui devaient mettre fin h la captivité (Dan. y viii, IG; IX, 21). Le prophète Zacharie dit expressément que ïanqe qm parait en lui, lui révéla ce (ju'il avait h dire; et il le répète en cinq ou six endroits [Zach. i, 10, 13, IV, 10: II, .3, V; iv, 1, i, 5; v, 5, 10). Saint Jean, dans l'Apocalypse, dit de même que Dieu lui envoya son ange pour lui inspirer (;e (ju'il avait h dire aux Eglises (.l/;or. i, 1). Ailleurs il fait encore mention de l'ange qui lui parlait, et qui [)rit en ja présence les dimensions de la Jérusalem céles'e {Apoc. x, 8. 9, et XI, 1, 2, 3, (rtc). Et saint Paul aux Hébreux : Si ce qui a été prédit par les anges doit passer pour certain : .S'j enim qui per anqrlos dirtus est serino, fait us est fivmux, etc. {Ilebr. ii, 2).

I)f! tout ce (|ue nous venons de dire, il résulte que les apparitions des bfujs anges sont non-seulement possibles , mais aussi très-réelles; (pi'ils r>nl souvent apparu, et sous diverses formes; que les H(''breux, h'S chrétiens, les mahomélans, les (Irecs, les llomai.' s les ont crues; (jui! lorsqu'ils n'ont pas apiiaru sensiblement, ils ont donné des preuves de leur présence en plusieurs manières liill'i'rcniles. Nous examinerons ailleurs de (pi(;lle faron on peut expliquer la manière des a[»parilions, tant des bons que des mauvais auges, et des Anuis séparées du corps.

Dm (ippnrilinnit dis wnurnix anffes prnur^ex par I l'.iriture ; nonn quelle forme ont'iis ftp(iarii ?

Les livres de l'Ancien et du Nouveau Teslaiiient et les histoires sairées et profanes vont remplis d'aj>(»aritious des .uauv<»is es-

Page 1