‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 13 sur 233 · IIS · texte numérisé non relu

IIS

Ix" sang et la colère éciiniaient dans sa bouche ,

Dev;uil lui s'enfuyait la paix , El ses flancs emportaient un cavalier farouche

Qui ne se reposait jamais !

Malheurauxnonveauxncs'malheHrauxjeunesraèresI

Vieillards, accusez le trépas Qui vous a réservés pour des larmes amères

Que vos enfants n'essuieront pas !

Pères, donnez la mort à vos filles trop belles!

Femmes qui poussez des sanglots Avec vos nourrissons pendus à vos mamelles

Précipitez-vous dans les flots!...

Car voici le guerrier qui tient la grande épée !

il passe, il attaque, il abat :

Sa cuirasse de sang et de sueur trempée

Résonne conime un grand combat :

Son casque est rayonnant comme une torche ardente,

Il regarde comme la mort !

Son glaive est un serpent à la langue stridente

Qui siffle, qui vole et qui mord....

El les peuples tombaient fauchés comme des herbes !

J'entendis les cris des mourants Et je vis les cajilifs, liés comme des gerbes

Pleurer leurs fils et leurs parents :

L'incendie allumait son effroyable aurore,

Le ciel même était plein de sang El les rares sanglots qui s'entendaient encore

Allaient toujours s'affaiblissanl

Tout s'éteignit. — Le loup descend sur les collines,

Les noirs corbeaux ont cro.Tssé Je vois des ossements blanchis dans des ruines....

Le cheval sanglant a passé !

Le Cheval noir.

Il se traîne tout morne et la t("te penchée,

iJ'iin pas dibile et fli'cliiss:inl; Et sa langue pendante e^it noire et dess('chée.

Et ses yeux sont couleur de sang.

S<jus s*;s pas I herle meurt et les plantes jaunissent,

Son Sfjullle noircit les moissf)ns, L'eau malsaine r orrompt les troupeaux qui languissent

El se dépeuple de |:)oissf)ns.

Le pâle cavalier dans un affreux silence,

Inflexible comme le sf)rl, Pèse atlenti\eincnt dans sa slriclc habnce

La nourriture de la mon.

Car la mort seule vit mamlenant dans le monde.

Je \ois des vpielelles eiranLs Dispuli;r aux vautours une pùture iniinonde;

J'eiiUrnds des peuples expirants.

Hurler d;ins les eiu'-s qui vonl rester déscrlcs

Ounme un sépulcre dél;tiss<;.

Plus rien !.. ni blés, ni fleurs, ni fruits, ni feuilles vertes

Où le cheval noir a pass«'; !

Mais I)ieu qtii fait s^-ntir aux hormnes va justice

y.l sa r h.irilé tour a lour, Lui d<ifend de Uirir le vin du sar i ifirc

El l'huile du céleste amour.

Le Cheval pair.

Je le vojrais paswr le moiisonneur lerrilile ,

F.l devant lui, Hur les chemins, (Ajmmc. les (çrainn nondueiix ai^ilésdans un rrihie

Se mouvaient les petits huinaiuH !

IjC.n uns teii;iiil en rnaui des sreplres et des glaives,

naii(;eaienl les autres en Ironpe^iu ; Plusieurs dormaient (oik liés et riaient a de» rêves...

Ifaulren r^>uraienl mmis des drafteaiix A b voix «U- lair.iinqui nonne les iMlailles :

J'en tis qui, les mains oleineH dor, Aenililaienl v(»uloir c.4e|ier au fond de leurs r-iitrailles

(> qu'iN apiH-laieiil leur Irevor, Puis eneor, j'eiitend ils len < Imumiu^ en rkiliie,

I»e Vnrfiif. aux veux é((.iréH jr, rnjM% dr* 6-«lins, je les rnlriMlai^ rire ;

Plus kuii, p<mi|H-u}-rncnl |i;irc»,

Des mortels fclébraient une lorgne alliance,

El piiis déjeunes séducteurs Conviaient à l'écarl la crédule innocence

A dormir sur des lits de fleurs...

Le morne cavalier sur son grand cheval pâle

Approchait, approchait toujours...

Et j'entendis mourir dans un horrible râle

Le chucholtcment des amours :

II marchait, il marchait et ne laissait derrière

Que le silence et des déhris Que les pieds du cheval renvoyaient en poussière...,

Lt je n'entendis plus les cris Des hommes qui riaient près des tables rougies :

A la fois tout avait cessé :

Les rois, les combattants, les amours, les orgies...

Le cheval pâle avait passé !

APOCRYPHES. — Les livres apocryphes soit de l'Ancien soit du Nouveau Testament, étant rejelés du canon des saintes Ecritures et n'appartenant plus ni à la théologie ni à l'exégèse restent dans le domaine de la littérature religieuse, et méritent, h ce titre seul, qu'on les étudie avec soin. S'ils ne sont pas les ouvrages des auteurs dont ils portent le nom, ils appartiennent incontestablement du moins aux antiquités des premiers siècles. Le premier et le plus ancien des livres apocryphes de l'Ancien Testament est le livre d'Enoch, (|ui a servi de texte à une foule de supi ositions et de poésies hétérodoxes. Ce poëme ancien contient entre autres choses une astronomie fantastique révélée, dit l'auteur, par l'archange Uriel; nuis une assez singulière histoire de la cliu'e des anges. Cette partie du 1 vre étant la plus remarquable, nous allons la citer ici tout entière.

« Paroles de bénédiction d'Enoch , qui a béni les élus et lesjustcs qui doivent su[)porter le jour du l'afiliction, rejetant les hommes pervers et impies. Enoch, cet homme juste qui était avec Dieu, prit la parole et (ht, lorsqueses yeux se furent ouvc-its et petidantfpj'il contemplait la sainte vision dans les cieux : Voici ce (juc les anges m'ont fait voir. C'est d'eux (juej'ai entendu tontes choses, et c'est par leur secours que j'ai compris ce (iin; Je voyais : choses qui n'arriveront point ilans la présente génération, majs dan.s une génération éloigiiéi! relativement aux éltts.

" ("est pour eux (pif; j'ai parlé et (^uo jo me suis enlreteini avec celui (pii sortira do .sa re-lraile, h; i)ir;u du monde, le saint et lo loul-i»uissant, (pii abaissera sous S(îs pieds la cime du Sinai, tpti [jaraîlra avec se.sarmé(;s et se inanifc'stera datis la forc(! dt; sa ptiissnnc(!. Tous alors trembleionl et .seront saisis d'clfroi, \tr\t', grande craint(! saisira les hommes ju.«(pi'aux (îxirétnitt's du monde. Les plus hautes montagnes seront troublées et les cf»lliness'abaisseio'it,rond.nil cf)intrie h; miel ex[»osé <'i la llanniM!. La terre sera submergée, loutcr; (pii est sur elh; périra et l(! jtjgemcsnt viendra sur tous les homirtes. Mais il donnfîra la [taix aux justes, il conservera les élus et il leur montrcîra sa clémence. Alors tons apparliendfont à Dieu: ils seront heureux et bérns, (;l |,-i sphuideur du visage do Dieu les illunniier/i.

« Vr»ici qu il vient avec dix niillo (](• .ses saint» |»onr exercer le jugoment et pour rc-

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jeler les impies, et pour réprouver tout ce que les pécheurs et les impies ont fait et coinnus contre lui.

« Tous ceux qui sont dans les cicux ont connu leurs œuvres. Ils ont lu que les linninaires célestes ne changent pas leurs voies, que chacun se lève et se couche en son rang, chacun à son époque déterminée, ne transgressant pas les ordres ([u'ils ont reçus. Ils voient que lout ouvrage de Dieu est immuable , se montrant t^ l'époque convenable. Ils regardent l'été et l'hiver, observant que toute la tern^ est pleine d'eau et que les nuages, la rosée et la pluie la fécondent. Ils voient comment les lacs et les rivières s'acquittent de leurs ionctions.

« Mais vous, vous ne supporte/ point patiemment, et vous n'accomplissez pas les commandements du Seigneur. Mais vous transgressez ses ordres, et vous foulez aux pieds sa grandeur, et il y a dans vos bouches impures des paroles de blas[)hème contre sa majesté sainte ! Cœurs pervers ! la paix ne résidera jamais en vous 1 Vos jours vous serotU à vous-mêmes en exécration, et vous verrez périr les années de vos existences. Le temps multipliera éternellement vos douleurs et il n'y aura plus de grûce pour vous I En ces jours, vous changerez votre calme trompeur contre les malédictions élernelles de tous les justes, cl les pécheurs eux-mêmes vous exécreront h jamais. Aux élus seia la lumière, h eux la joie et la paix, et ils posséderont la terre comme un héritage. Mais vous, impies, vous serez réprouvés. Alors la sagesse sera donnée aux élus qui vivront tous et qui ne retomberont pas itans le péché, cédant à l'orgueil ou à l'impiété; mais ils s'humilieront, possédant la prudence, et ils ne réitéreront pas la transgression.

« Ils ne seront point condamnés pour tout le tenq)S de leur vie, ils ne mourront point dans l'indignation et dans les tourments, mais le nombre de leurs jours sera rempli et ils vieilliront er. paix, tandis (pie les années do leur félicité se multiplieront dans la joie et la {)aix, pour l'éternité tout entière et pour leur existetux. dans le temj)S....

« Il advint, après (pie les (ils des hommes se furent multipliés en ces jours-lh, (pi'il leur na(|uil des tilles d'tme grand»^ beauté, '•!l lorsque les angts, les (ils du ciel, les vilent, ils furent épris d'amour pour elles, et ils so dirent entre eux : Allons, choisissons nous des épouses do la race des hommes et engendrons (h s enfants. Alors leur chef Sainyaza leur dit : Je crains cpie vous n'ayez pas le pouvoir (ra(uom|)!ir v.v. dessein et (pie je n'aie à supporter seul l(>chAtiment d'un si grand crime. Mais ils lui répondirent disant : Nous jurntis tous vl nous lu^us obligeons par des serments nnituels h ne changer jamais co (^ue nous proposons, mais h acconi- I)lir notre entreprise. Kl tous jurèr< nt et s'engagèrent par des serments mutuels. Leur nombre était de deux cents (pii descendirent sur le soiiiiiiei du mont Armon. Co mont se, nommait Armon parce que là ils se lièrent

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par d'aCfreux serments. Et voilà les noms des chefs : Samyaza , qui était le premier de tous , Uraknbaraméel, Akibéel , Tamiel , Ramuel , Danel , Askeel , Sarakuval , Asael , Armers, Batraal , Ananie, Zavebe, Samsavael, Ertael, Turel, Jomiael, Araziel.

« lis prirent des épouses avec lesquelles ils curent commerce, et ils leur enseignèrent la magie et les enchantements et la division des racines et des arbres. Et ces femmes conçurent et elles cnfanlèi ent des géants, les- (piels avaient chacun trois cents coudées (le hauteur. Ils dévoraient tout le travail do l'homme jusqu'à ce qu'ils ne pussent se rassasier. Alors ils se tournaient contre les hommes pour les dévorer. Et ils commencèrent à (Jonner la mort aux bètes, aux reptiles, aux poissons, à se nourrir de leur chair, l'un après l'autre, et à boire le sang. Alors la terre prit en horreur les maîtres injustes. Azaziel enseigna aux hommes à forger des épées, des boucliers et des cuirasses ; il leur apprit à fabriquer des miroirs, l'usage des [larfums, des bracelets, des ornements , des pierres précieuses et do toutes les couleurs. L'impiété augmentait, l'impudicité croissait et tous transgressaient et corrompaient leurs voies. Amazarak enseigna tous les enchanteurs, Barkazyal les observateurs des astres, Akibéel les signes et Asaradel les mouvements de la lune.

Mais les hommes qui étaient opprimés par les géants crièrent, et leur voix monta jusqu'au ciel.

« Alors Michel et Gabriel, Raphaël, Suryal et Uriel, regardant du haut des cieux, a[)erçurent la multitude des crimes et l'abondance du sang répandu sur la terre et toute l'iniquité qui se consommait en elle, et ils se dirent l'un à l'autre : Voici que la voix (les clameurs ciu'ils ont poussées est montée jusrpi'à nous. La terre à qui l'on a pris ses enfants pleure à la porte du ciel. Et les Ames humaines se plaignent, disant : Obtenez pour nous justice du Très-Haut, et ils disent à leur Seigneur et Roi : Tu es le Seigneur des seigneurs, le Dieu des dieux, le Roi (les rois. Le trùne de f;\ gloire est dans tous les siècles et toii nom est sanctilié et célèbre^ dans l'éternité. Tu es béni et glorieux ! Tu as créé toutes choses, tu as pouvoir sur toutes choses, et toutes chos(>s sont ouv(>rtes et dévoilées devant toi, rien no peut t'ètre caché. Tu as vu co qu'Azaziel a l'ait, comment il a e;iS(Mgné tout genre d'iniquité sur la terre et révélé au monde les secrets du ciel. La terre entière a été remplie de sang et d'iniipiilé, et voici (pie les Ames d(>s morts crient et (pi'elles se plaignent jus- (pi'à la porte du ciel. Leurs murnunes montent, et elles ne peuvent écliap|)er à Tinjustice (pii S(» commet sur la terre. Tu as connu toutes choses avant quelles eussent l'être- Tu as connu ces choses et ceux (pii les ont accomplies , cependant lu ne nous as lias parlé. Que convient-il donc ({ue nous lassions à cause de cela ?

« Alors le Très-Haut gran 1 et saint parift. El il envoya Arsajulaljurem au fils de La-

APOCRYPHES

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nic'ch, disant : Annonce-lui en mon nom ; expose-lui la fin qui est proche, car toute la terre périra ; les eaux du déluge la couvriront et détruiront tout ce qui est sur elle. Et enseigne-lui comment il peut se soustraire et comment sa race s'étendra sur toute la terre. Et (o Seigneur dit à Raphaël : Lie les mains et les pieds d'Azaziel, et jette-le dans les ténèbres, et place sur lui des pierres aiguës. Couvre-le de ténèbres ; voile sa face pour qu'il ne voie pas la lumière et au grand jour du jugement ordonne qu'il soit jeté dans le feu. Restaure la terre que les anges ont corrompue et annonce-lui la vie ; parce que je veux la vivifier de nouveau. Tous les fils des hommes ne périront pas ; la terre a été corrompue par la doctrine d'Azaziel ; charge-le de tout le crime.

« Le Seigneur dit à Gabriel : Va vers les méchants, les réprouvés et les fils de la fornication, et excite-les les uns contre les autres. Fais qu'ils périssent, se tuent mutuellement, car la durée des jours ne sera f)as pour eux.

« Le Seigneur dit à Michel : Va et annonce à Samvaza et à ceux qui sont avec lui quel est leur crime ; car ils se sont unis aux femmes et se sont souillés de leur impureté. Et quand tous leurs fils auront péri et qu'ils auront vu la perle de ceux qu'ils aiment, enchaîne sur la terre ces esprits roupables jusqu'au jour du jugement et de la destruction ; jusqu'au jugement qui amènera la consommation de toutes choses.

Alors ils seront jetés au fond de l'abîme de feu et ils y seront renfermés pour l'éternité. Fais [)érir tout opfiresscur sur la face d". Il ti;nfi et quiforique fait le mal. La plante de l.i justice H di- la <lroiture apnaraJlra ; <-ll(; (Ifurira dans réteniilé avef; allégresse. Et alors tfjus h'S saints reudroiit grâce et vivront jusqii'h c*- qu'ils aient eu mille fils, et tout le l<iri[)s de b'ur jeunesse s'accomplira en fiaix. El en ces jours toute terre sera cultivée dans la justice; elle sera toute plantée et arrosée de bénédictions. Elle sera f»lantée de vignfs, et les vignes donfieront du fruit h satiété ; trente graine qui sera semée donnera mille mesures pour inie, et une mesure d'olives donnera dix fois de l'huile. Purge la If.-rre de tout*; op|»ressio'), rie toute iniustif c. de tr>ul rrime, de toute impiété et de toute impun;lé. Alors tous l(;s liU dr-s hommes seront justes, et toutes les nations me rendront les honneurs divins ; toutes me béniront <!l m'adrjreront. La terr»; sera pur;j;ée de tout crime, <le toute peine et de toute rlouliMir, et je n'y enverrai plus de déluge. En ces jrjurs j'enverrai le» trésor" dr; bénédiction qui sont dans le ciel, et je les ferai descendre sur la t'-rre, sur tons les ouvrages et les Iravauv »bs hoMifrir-s. L'i (»ajx »;l l'érpjité s'associeront avec les fils des hommes durant tout*

comme celle-ci : La terre à qui l'on a pris ses enfants pleure à la porte du ciel. La fable de la séduction des anges par la beauté des filles des hommes a souri à l'imagination de plusieurs grands poètes. Thomas Moore et lord Byron parmi les Anglais, Lamartine et Alexandre Dumas parmi les Français, ont exploité cette donnée qui leur fournissait un mélange de mysticisme et d'amour profane assez romantique pour intéresser les imaginations qui aiment à se repaître de choses vagues et inexactes. Les croyances de l'Eglise sur la nature des anges et la gravité de son enseignement repoussent également ces espèces de romans, où le ciel même est mis enjeu pour prêter plus d'attrait à la plus dangereuse de toutes les passions. Nous n'analyserons donc ici ni les poëmes de Byron ni celui de Lamartine, dont nous aurons pourtant à rendre compte en nous occu|)ant des écrits de ce publiciste, qui paraîtrait avoir un peu ctierclié le rôle de poète ins|)iré et de prophète {Voy. Lamartine).

Au surplus, le livre d'Enoch est rempli d'erreurs et de contradictions. Il contient aussi des fables ridicules sur la taille énorme de l'ange Samyaza et des géants; si les versions qui en ont été récemment découverti^s ne sont pas des mystifications, elles ont dû être étrangement altérées par les traducteurs et les copistes et ne [)lus ressembler au livre primitif d'Enoch, rpie saint Jude cite dans son épître calholiriue connue un livre authentique et rédigé véritablement par le prophète Enoch aurpu'l on l'attri-

Nous n'avons cité le livre d'Iùioch que connni' un monument curieux dans la littérature sacrée, il n'(;n sera pas de même de la prièr(î de Manassé dans les fers, rpii a été conservée dans la plupart des éditions anciennes de la Bible, bien rpje cr^ morceau soit rejeté du canon des saintes Ecritures , on [)eut rrîgarder cette [irièi'e comm(î uno des plus belles «îlioses cpi'il y ait dans la littérature religi(!ust! après les <euvres des écrivains sacrés. Nous allons essayer de la traduire.

« S(!ign(Mir tout-puissant. Dieu dr; nos j)ères, Abraham, Isaae (!t Jacob, et de; leur génération de justes, vous (pii avez fait In ciel et la t(;rre avec toute l(!ur parure, rpii avez enchaîné la mc^r [lar u\u\ [)arol(î do mallrr'jfpji ave/, fermé l'abinu! et l'avez s((;ll6 de votre nrMii digne de lr)uanges et de tr-rreur; vous de-vanl <pii Irrnnblcî l'innuensilé sous les regards d); votre; puissance, parce que nulle force au-dessous de vr)us ne peut [torler la magnilicmiccî de votre gloire, ni soutenir b-s menaces de votre; courroux (;ontre les pécheurs. .NLiis elle est innnense (;! insonilabh; la miséricor dr; de votre; jiroinesse, [>arf;(; que vous êtes le Seigneur, b; Très-

MMii ^vec les nis rjes nommes Uiirani louie [>arf;(; que vous êtes le heigneur, K; ir(;sb'ur Kéni'îralion et [lendanl tous les jours du liant, Ir; b'Mi, h; longaniim- et iileiri de; ininionde. « séricorde et de tristesse |r(rs(|u'il faut cliAtier

On n pu rernarf|uer dans ce [inssage des uï/;t-n d'une f^rarule hardiesse et de» exfires- •iori« quelquefoit Misissantes do poésie

la innlici- des lionnn(;s. Ndus, Seigneur, sejlori la grand(!Ui' di; voirr; bonté, vous av(;z promis le repentir ella rémission 5 ceux qui auraient

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ArOv.UVPIlKS

APOCKVPHKS

pioché ronlic vous et dans l'iminoiisilé de voire com[)assion vous ave/, accorilé la ucnilcncG aux pi'H'hours pour i^tre leur salut. Vous ilo'ie, Scifi'iour, Dieu <i(>s justes, vous n'jwez point l'ait la pt-nitenee |)Our les justes, Abraham, Isaae et Jaeoi), (pii ne vous ont pas otrensiS mais vous avez fait la piWiilenco pour moi, péehetir, (pii vous ai olTcnsé plus de fois qu'il n'y a de grains de sable dans la mer : mes iniquités se sont multiplif'ies , Seigneur; mes iniipiités se sont uiMlti[>liées, et je ne suis pas digne de regarder et de voir la hauteur du ciel ! le nombre de mes iniquités courbe ma tôte connue un collier de 1er : je n'ose lever la tète, je n'ose respirer, car j'ai mérité votre colère et j'ai fait le mal devant vous. Je n'ai pas fait votre volonlé ; je n'ai |)oint conservé vos commandements, j'ai établi l'abomination et j'ai multiplié les offenses, et maintenant moti cœur se |)rosterne et lléchit le genou pour implorer votre bonté. J'ai péché. Seigneur, j'ai [)éché, et je reconnais mes injustices : c'est pour cela que je vous prie et que je vous en demande la rémission. Kemettez-les-moi, Seigneur, et que je ne sois pas confondu dans la perdition avec mes crimes ; ne me réservez point les maux éternels de votre colùre, ne me condamnez pas à tomber dans les lieux les plu^bas de la terre, car vous êtes Dieu, vous êtes, dis-je, le Dieu des pénitents et vous manifestcr(>z en moi toute votre bonté, car vous sauverez cet indigne parla puissance de votre pardon, et je vous louerai toujours pendant tous les jours de ma vie, parce qu(i toute la vertu des cieux chante vos louanges et parce ((uc la gloire est h vous dans les siècles des siècles. Amen. »

Il serait dillicile de trouver ailleurs cpic dans les livres inspirés de Dieu une prière |)lus touchante et plus belle. C'est un petit chef-d'œuvre d'éloquence, et de cette élo- (|uence surtout cpi'on ne p( ul puiser ailleurs (pu) dans un ca'ur vivement ému i)ar la grAce.

Le troisième et le quatrième livre d'Ksdras contiennent aussi de fort belles pages. Au troisième et au (|uatrième chapitre il est question d'un de ces combats philosophi(iues et littéraires si fort en usag(i parmi les aticieiis, fpii, à la suite de leurs ban(piets, se proj)osaient des cpuîstions dilliciles h résoudre, ce (pii doiuiait à res|)rit et à l'élocpunK^e de cha((ue convive une occasion de s'exen-er. (;iia(uin parlait .^ son tour, connue les l)ergers de Théocrite et de Virgile, et le prix était décerné h celui (pii, de l'avis de tous, avait le mieux tranché la ddlicullé et décidé la question.

(/est h la labhî de Darius, h la suite d'une fêle, (pie trois jeunes liomiiurs de sa garde sr proposent la (piestion (pi'd s'agit de résoudre dans le banquet plnlosoplnipie dont il est (piestion au troisième livre d'Ksdras. l-a (piestion est celloci : l.aipielle dt^ ces trois choses est la plus excelh>nlo et surtout la plus forte, h^ vin, le roi, ou la femme? l/nn prend le parti du vin, le second ( hoisil le Ku ci le troisième la feiinne, sans toute-

fois donner le prix de la force et de l'excellence h celte dernière, car il lui [iréfère la vérité. — Les discours des trois concurrents sont fort remanpiables ; écoulons parler d'abord celui qui fait l'éloge du vin.

« Homnuvs (jui m'écoutez, dit-il, combien le vin n'est-il pas plus fort que ceux qui lo briivent ! il fascine la pensée et entraîne l'âme tout entière; il (lonne au roi et au pauvre orphelin l'égalité de la folie; l'esclave et l'homme lil)re, le riche et le misérable, sont égaux devant lui; il tourne toute l'àme en sécurité et en joie, et il anéantit le souvenir de la tristesse et des créanciers; pour lui tous les gosiers sont nobles et peu lui importe la royauté ou la magistrature; il prodigue également à tous les richesses do l'élofpience : lorsqu'on a bu, plus d'amitié, plus de fraternité (jui tienne, on s'irrite, o'i lire lesépées; mais la tète tourne, on tombe noyé dans le vin, et lors ju'on se réveille on ne se souvient plus de rien. O hommes I dites-moi si lo vin n'est pas la chose la plus puissante qu'il y ait au monde? »

Horace et Anacréon n'auraient certainement pas mieux dit, et ce passage du livre apocryphe d'Esdras devait être souligné tout entier dans la Bible de Rabelais.

L'avocat du roi parle à son tour : « Ce qu'il y a de plus excellent et de nlus furt au monde, dit-il, ne sont-cepas les nommes qui régnent en maîtres sur la terre, sur la mer et sur tout ce qu'elles contiennent ? eh bien, le roi est maître de ceux-l<^, et à tous les ordres qu'il leur donne ils obéissent. S'il les envoie au combat, ils vont et ils renversent les montagnes, et les murailles, et les tours. Ils se font tuer et ils tuent, mais ils n'oublient aucune des |)aroIes du roi, et reviennent apporter h ses pieds tout le butin qu'ils ont recueilli. Il en est de môme de tous les autres, et ceux cpii no combattent pas, mais (pii cultivent la terre, lors(pie la crainte les visite, apportent leurs tributs au roi et ne reconnaissent que lui seul. Si celui-lh leur dit : Tuez, ils tuent ; s'il leur dit : Pardonnez, ils pardonnent; s'il leur dit: Frappez, ils frappent; s'il leur dit : Kxterminez, ils exterminent ; s'il leur dit : HAtissez, ils bAlissent; s'il leur dit : Déiruisez, ils détruisent; s'il leur dit: Plantez, ils plantent; s'il leur dit : Arrachez, ils arrachent, et toute multitude et toute force lui obéissent. Il y compte et il se met traïKjuillement h table : il boit, il mange et il s'endort; mais etix ils veillent autour de lui et aucun ne s'éloigne pour s'occuper de ses propres alVaires, mais ils ne se meuvent qu'au signe do sa parole. Peut-on refuser de reconnaître pour le plus fort celui auipiel apparlienf une pareille gloire? »

("/est maintenant h; tour de cidui cpii s'esl chargé de plaider la eau s(Mle la femme. Celui-là se nommait Zorobabel et voici son discours: « O hommes, ce ([ui règne au-dessus de tout, ce n'(!st ni le roi, ni la multitude, ni le vin. Oui excrc(> sur eux le souverain em|)ire? no sonl-ce pas les femmes (pii ont mis au monde et le roi et la masse du [>euple (pii compo-

lie

APOCRYPHES

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sent la force des empires et sur la terre et sur la mer? c'est d'elles que sont nf'-s ceux qui plantent la vigne et ceux qui font le vin; n'est-ce pas par elles qu'ils ont été élevés ? ne sont-elles pas les ouvrières de celte magnificence de vêtements qui fait l'orgueil des Hommes ? Mais les hommes eux-mêmes peuvent-ils se sé[iarer des femmes ? Qu'ils rassemblent en leur possession l'or, l'argent et toutes les choses spécieuses, et qu'ils voient une femme ornée de beauté, ils oublient tout et ce n'est plus que vers elle quïls tournent leurs regards, et leurs aspirations, et leurs sourires. L'homme laisse son père qui l'a nourri et le pays qui l'a vu naître pour suivre la femme ; c'est à la femme qu'il remet son âme, et il ne se souvient plus de son père, de sa famille ni de sa patrie. C'est pourquoi donc, sachez-le bien, les femmes sont vos reines ! Protestez-vous? L'homme prend son glaive, il va sur le chemin faire des meurtres et des larcins, il affronte la mer et les fleuves, il se familiarise avec les lions, il voyage dans les ténèbres, et tout cela pour offrir à celle qu'il aime le fruit de ses douleurs et de ses crimes ; car, je le dis encore une fois, il préfère sa femme à son père et à sa patrie. Combien d'honimes ont perdu la raison par amour et se sont laissé réduire en servitude? combien ont péri, et se sont fait meurtrir, et ont fait le mal à cause des femmes ? et maintenant, croyezmoi, le roi est grand dans sa puissance, et toutes les autorités de ses provinces n'osent pas le toucher. Je voyais ce[)en(lant Apémès, îille de Besach, l'amie de notre roi magnifique, assise près du monarque à sa droite ; et elle lui enlevait son diadème de dessus la tête et se le niellait i\ elle-même de la main droite, tandis que di; la gauche elle se jouait h soufletcr le roi ; et lui la regardait connue en extase, et si elle riait il osait rire, mais si elle prenait un air irrité il la llaltait pour obtenir sa gr-Ace. O houunes, les feiruiies m; .sont-elles donc pas les [)lus fortes I Le ciel est élevé, la t'-rre est grande, mais dans le ciel et sur la terre qui ferait une pareille chose ?

« Le roi et les grands de sa cour se regardaient les uns les antres, et le même orateur commenta .'i j»,'if Ir.-r de la vérité.

« Oui, les femmes sont fortc-s, la terre est

{grande et le ciel est élevé. (^(•[)endant le soeil riarcour

quell»; e<t dfjnc la gr.'i

Vérité qui a créé cr^s merveilles? Toiil(3la t'Tre invoque la vérité, U; ci^d lui-même la bénit; loul(;s sfs oMivres Sf; meuvent [)ar sfjri ordre et la révèrent avf!C crainte, et il n'y a en elle aucune ombrr; d iniquité. Or riiii(|uité e.^t dans le vin, limqijilé est dans le rm, linirpiilé fst dans les ferruncs, r-t tous les horrinies sont d« s enfants d'inirpiité ; l'iriifpiilé e,sl dans Wnirs (j;uvrcs, la vérité n'iîSt pHn en cm, et dans leur inifiuilé ils [)ériroril, mais In vérité reste élernelhîrnenl grandissante I et ellf! vit, et elle trioriqilir; dans les fuMt-n i\i% siècles : devant «'Ih' il n'y a ni a4;ception de personnes, ni dillércuccdo mc-

leil riarcourt toute crrtlf; étendije en un jour, auell»; e<t liouc la grandeur et la force de la

sures ; elle fait justice à tous, même aux méchants et aux injustes, et tous ressentent la bonté de ses œuvres ; dans son jugement ne se tr'ouve jamais le mal, mais la force, et le règne, et le pouvoir, et la majesté de tous les âges ! Béni soit le Dieu de vérité ! Je n'ai rien de plus à dire. Tout le monde alors poussa une même exclamation et s'écria : La vérité est grande et c'est elle qui a gagné sa cause. » Alors le roi récompensa Zor-ohabel et lui promit que Jérusalem servait rebâtie.

Le quatrième livre d'Esdi'as contient des prophéties terribles qui concernent la fin des temps, mais ce sont pour la plupart des eiuprunts faits aux prophètes dont les écrits sont compris dans le canon ou des iiuitations de leur magnifique poésie, mêlées à des traditions rabbiniques.

Ce mot de traditions rabbiniques nous amène à dire un mot d'un autre livre a^JOcryphe, le Scphcr Jeciroh, dont il est ainsi parlé dans le Dictionnaire des sciences philosophiques (Tom. III, p. 381i-) : « Le Scphcr Jecirah est une espèce de monologue i)lacé dans la bouche d'Abrahaiu, et oij nous apprenons comment le père des Hébreux a dû comprendre la nature pour se convertir à la croyance du vrai Dieu. Celte bi/.arre composition ne renferme que quelques pages, éci-ites d'un style énigmatique et senlentieux comme celui des oracles. Mais sous cette obscurité étudiée et h travers le voile de l'allégorie elle nous laisse apercevoir l'idée mère de la kabale. Elle nous montre dans tous les êtres, tant les esprits que les corps, tant les anges (pie les éléments bruts de la nature, l'unité sortant par degrés de la limite incompréhensible qui est h; commencement et la lin d(.' l'existence. C'est à ces degrés toujours les mêmes, malgré la variété infinie des choses, c'est h ces formes immuables do l'être, qire le Sephcr Jecirah donne le rioitl de Sc'phirolhs ; elles sont au rioiiibie de dix : la prerrrière c'est l'esprit (h; Dieu, vivant eu la sagesse élerrudle, la sagesse; divine identique avec h; vcrhe ou la parole : la secorrde, c'est le s(Mrllle qui vient d(! l'esprit ou le sigire matériel de la pensée et de la |)arole, en un irmt, l'air dans lefpiel, suivant l'expression figurée du texte, ont été gr-avés et sculptés les caractères de; l'alphabet : la tr'oisième, c'est l'âme, engcndréi; par l'air éthéré, comme l'air éthéré est engendre'' par' la voix ou parla par-oie; l'âme é|)aissie et «ondenséu produit la terre, l'argile, les lérrèbres et les éléments les plus gr-ossiers de ce monde, : la quatrième des séphiiolhs, c'est le feu rpii est la partie la plus subtile et traiisparenlo d(! l'âme, c(Mirrrre la terre en est la |)arti(! gi'ossière et oparpie. Aver; le fcMi, Dieu a construit h; trône de sa gloir-e, les roues célestes ( Vof/. Lz^^^.cim:!,), c'est-^i-diro les glolies senn'-s dans l'espace, les séraphins et les anges. Avec tous ces éléments réunis il a construit son palais en son terrqdr;, (|iii n'est autre qiK; l'univers, lùilin les rpratre points cardinaux '-t les deux [kMcîs rrous représentent les six dernières séphir'olhs. Le. monde, selon Ui Scphcr Jecirah, n'est j'oint séjuni'' do

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son princi[)0, ol les derniers tlogrés de la crëatiin forment un seul tout avec les premiers. La conclnsion <!eoc livre c'est l'unité élevi^e au-dfssus de tout et re,-;ar(lé(> h la lin comuK; la substance et la foriiu; des choses ; c'est Duni considéré coin me la sourct; commune des lettres et des nombres, dot les uns nou.> représenlc'it la nature des lettres, cl les autres leur art^umenf, leurs combinaisons et leurs rajiports; c'est enfui le principe fie l'incarnalion substitué ouvericment 5 ct'Iui de la création, »

("elle doctrine rahbiniipu; d i Sepher Jccirali, n'est pas sans rapports avec la mythologie houddhiste des dix incariiations do Vichnou, et fournirait des éludas curieuses i\ une histoire des idées |)anlhéistiques. dette élude acquiert de nos jours un nouvel intérêt pour le clergé h cause des tendaMces au l>a'Uhéisme de la lilléi-alurc et des sectes de noire épo([ue.

Nous ne j)nrlerons pas d'un prétendu livre d'Adam, attribué au premier houune et évidemment écrit après la publication des Evangiles. Cette compilation d'absurdités, ilue à la plume de quelque sectaire, contient des blasphèmes contre la religion juive et contre la religion«chréti?nne; Jérusalem y est apf)eléc un lieu d'abomination et les adorateurs du Messie y sont représentés dans l'enfer j)iniis par h; sui)plice de Tantale. Cotte allégorie ne man(|uerait pas de justesse si elle s'applicjuail seulement aux juifs, qui attendent toujours le Messie depuis la venue de Notre-Seigneur. Ce livre (l'Ailam a été appelé queupiefois l'Kvangile ihss mandaïtes.

Un autre livre apocry|)lie |)lus orthodoxe, le Testament des douze patiiarches, conlient des passages curieux et des pages vérital)lemcnl belles ; le testament de Joseph surtout, (jui a fourni h un littérateur distingué, M. Saiiit-Marc-(iirardin, le sujet d'un bel arlic'e dans un jr)ur!ial d'abord, puis dans ses hissais de Utlvrnlure et de morale. Voici ([uelipies passages (pi'il cite avec admiration : « Le soir ((ne je bis veridu par mes frères ( c'est 1(> saint palriarche (|ui parle) les Ismaélites me demandèrent (pii j'ét.iis, et moi, pour ne pas accuser ni humilier mes frères, je répondis (pie j'étais leur esclave. .Mors le chef de la troupe me regarde et me dit : Tu n'élai.> [>oiiit leur esidave, ton visage te dément, et il mt> menaça de mort si je ne disais la vérité : j'étais leur esclave, répondis-je, et je me tus. » Tant de (h'vouemeiit et d'almi'galion est vraiment sublime, et l'on ne saurait objecter que le saint patriarche commet ici un mensonge odicieux. N'étail-<e [>as le droit du fort qui décidait e'i ce temps-là de la liberté ou de l'e^idavage, et Joseph n'élail-il [)as violemment réduit en s('rvituilc' par ses frères, du miiinenl (jue (vux-ci h; veiidaii'iit ? il accepte l'esclavage jiour eux et par eux et ne veut cai lier (jiie leur crime. Si celle histoire n'est point fondée sur une tradition véritable, «ni chrétien seul peut l'avoir inventée.

Dais un nuire endroit, Joseph raconte les combats de sa chasteté contre l'inlidèlc

APOCRYPHES

épouse de Puliohar, qui pendant sept années entières essaya de l'enlrainer au crime. « Que de fois elle me menaça de la mort 1 Puis h peine avait-elh^ ordonné de me |)unir, elle démentait ses ordres et me rappelait près d'elle |)our me menacer encore. Kilo me disait : Tu seras mon maître, le maître de tous mes biens, tu seras mon seigneur et mon roi. Mais moi je me souvenais des commandements de mes pères, et, rentrant dans ma chambre, .je |)riais le Seigneur et je jeiViais. Un jour elle médit : Tu neveux pas m'aimer? eh bien, je tuerai mon mari, et alors je t'épouserai. (}uand j'entendis cette parole, saisi de douleur, je déchirai mes vêtements, et j(! dis : Femme, resiiecte le Seigneur et ne fais point cette méchante action; ne perds jias Ion âme. Si lu persistes, je dénoncerai ta pensée impie à tout le monde. Elle me pria en grAce ch; ne point révéler sa faute, puis elle m'envoya pour m'apaiser des présents. Son mari, la voyant ainsi abattue, lui dit : Pourquoi ton visage est-il désolé? elle répondit : Jesoutfredu cœur,et ma respiration m'éloulTo. A |)eine était- il sorti nu'elle accourut h moi : Si tu ne m'aimes, dit-elle, j(! m'éliangle, ou je me jette dais un puits, dans un précipice. Je la regardais, l'esprit de Bélial (a [lossédail. Je [iriai le Seigneur, et je dis à l'Egyplienne : Pourquoi es-tu troublée et hors de loi, les péchés t'aveugh'iil. Souviens-loi que si lu te tues, Sélho, la concubine de ton mari, frappera tes enfants et détruira la mémoire dans la maison. — Ah ! répondit-elle, tu m'aimes, puisque tu prends intérêt à ma vie cl à mes enfants 1 »

« Ceci me semble siib'ime ( dit M. Saiiil- Marc-Ciirardin ). ^'os enfants auiont une belle-mènr ! Celleseule parole renverse toutes les idées de l'amanie désespérée. Voilh son cuMU' changé. Ses enfants bafipés par Sélho 1 Quel discours, quelle élo(juence contre le suicide eiH valu ce mol-l;\ ? Cette fenune (pii venait furieuse, possédée par l'esnrit d'iiir.urelé, un mot l'a attendrie, un mol l'a guériiî ; elle se souvient (pi'elle esl mère, elle ne veut plus mourir, elle se reprend h aimer la vie, elle «>spùr«' encore, elle espère même ipie Jo>e!)li l'aimera un jour, et pouripioi ? C'est (pi'il a pris intérêt h sa vie et î» ses 0 ifaiils ; ce mé'ange des sentimenis divers ([ui l'agitent est naturel et touchant. »

Une autre légende, recueillie yi\v Fabricius, a été également analys(*e par M. Saint- M.irc-Ciirardin. Oi trouvi> dans ce récit une tournure d'imagin.ilion cpii s'écarte un peu de la simplicité' [)rimitive des légendaires. On y voit apparaître des merveilles et des féeries. (Vest un enchantemenl des Mille et uru! Nuits. Le sujit principal de et; netit roman oriental, est hî mariage de Joseph avec Assenelb. tille de Péléphris, un des satrapes du roi d'I'"gyple. Assenelh, y est-il dit, résidait dans une tour, celte tour était environnée d'une grande cour circulaire dont les murs fort élevés et conslruits en pierres énornu>s avaient qi'aîre pr)rles en fer «pie gardaient conslanuuent dix-huit jeunes bouuucs ai-

in

APOCRYPHES

APOCUYPilES

mes. Josepli arrive, Pétéphris l'annonce à sa fille comme celui auquel sa main est destinée ; Torgueilleuse princesse ne veut s'unir qu'à un roi ou à un fils de roi ; mais elle voit Joseph, ses genoux se dérobent sous elle et elle fond en larmes. Josej)!! piie Dieu de la bénir; à celte voix, à cette prière, Asseneth a senti son âme toute bouleversée, elle rentre dans son appartement et brise toutes ses idoles : un sentiment vrai qu'elle éprouve pour la première fois luiafait comprendre le vrai Dieu.

Cependant Joseph, instruit de ses refus, s'est retiré sans la revoir; elle prend alors des habits de deuil et ne veut plus admettre personne à la consoler dans sa solitude. Un ange du ciel lui apparaît, lui ordonne de quitter ses vêtements funèbres et lui donne un rayon de miel blanc comme la neige, et parfumé comme les parterres de l'Arabie Heureuse : Ce miel est celui que font les abeilles du paradis avec le suc des roses du ciel et doit être la nourriture des vrais croyants. L'ange disparaît, mais Joseph revient, la princesse va à sa rencontre, le salue, lui dit la visite et les paroles de l'ange, puis elle se prosterne ol lui lave les pieds. Pharaon a di'-jà consenti au mariage, et la nor;e dure sept jours entiers, pendant lesquels l'Egvjjte entière, depuis le [)lus grand jusqu'au plus petit, suspend ses travaux et se livre à lajoie.

Nous n'avons rien h dire des apocryjthes attribués à S.ilornon, parce qu'ils sont d'un médiocre intérêt au point do vu*; littéraire. M. Champollionen a fiit l'objet il'une notice «jui se trouve d.uis le Magasin encycloi)édique, 181;i, tom. Il, pag. 383.

C'est sans doute à la ré|)utation rjii'eulSalomon d'être grand devinçur d énigmes, qu'est due l'idée-inère d'une composition Dizarr*', fort goôtée au moyen /ig(;, et qui se compose d'une série de questions et de sentences échangées entre le roi d'Israël et un certain Marcolph'; ou .Marcou, es[)ècede rus- Ire, de boulfon grossier, qui toutefois embarrasse souvent le irionarqucet en triomphe par inorrienls. Il existe nombre d'éditions latines de cet opuscule, exécuté(;s ;i la (in du xv' .siècle, sous le titre de Collationcs ou iJialofjuB Salomonig et Mnrrulfi : (in en r:onnalt aussi plusieurs éditions lr;Mi(;ais(,'s; l'une d'elles i/i-H" de V feuillets, a été réniqirimée à Paris en 1833, à (piiti/r; exeuqdaires seulement; une autre est de 7 bniillets et un exeriijilain; s'est [»ayé 02 franf:s a la vente Nodier, en 18'»V n" 570;. D'autres textes de cet opusculrr .s(! trouvent flans divers manuscrits. ,VI. (j;q»e|et, dans ses Prorrrl/cn cl (lirtoriM populaire P.iris, 18.32, grand in-8j, la i)ublié 'fi. 18î)-2()0j, d'a(>rès le luanuscnt de l/i bibliothèque Nationale (!ri 18.30 ; .VIér*n, dans son Hecurit de» fahlinux (1823, t. I, I». 'i'H't], en a [lublié une autre version (;n 13(» »lroph»;s ({ui se font distinguer [»ar un Ion beaucoup plus libre. Les trouvères paraissent s'être donné (arrière sur c(;t écrit; les lin» lui (onservent nu ton grav(; et sévère, les antre» su bi^smit aller à une crudité «h;

pensées et à une naïveté d'expressions qui choquent aujourd'hui les oreilles les moins difliciles. (Voir l'ouvrage publié par M. (lustave Brunet, sur les Evangiles apocryphes y 18i9, p. 359.)

Le livre de l'ascension d'Isaïe le prophète contient quelques belles imitations des livres saints. On peut y remarquer surtout une pro[)lu'tie assez curieuse sur les derniers temps, qui jieut trouver sa place ici : « Beaucoupde signes et de nîiracles s'accompliront dans ces dt^rniers jours, et les disciples du Seigneur co:iserveront sa foi aimée et pure, et la doctrine de son règne enseignée par les douze ai)ôtres. El il y aura beaucoup de disputes sur son avènement.

Et dans ces jours il y aura beaucoup d'hommes qui chériront les dignités en raison môme de leur défaut de sagesse. Il y aura beaucoup de vieillards iniques et de j)asteurs oppresseurs de leurs troupeaux, et ils seront rapaces, et les pasteurs saints ne se livreront pas assidûment h l'accomplissement de leurs devoirs. Et beaucoup changeront l'habithonorable des saints [mur l'habit (les amis de l'or, et il y aura souvent en ces jours acception de personnes, et ils aimero.it les honneurs du monde. Les calomnies et les calomniateurs se multiplieront, parce que le Saint-Esprit se retirera de la foule.

« En ces jours les pr(/|)hètes seront en })etit nombre, et ceux (\\n annoncent la vérité et la justice soulfriront [)ersécution. A cause de i'esjtrit dc^ mensonge et de fornication qui se s(Ta ré()andu sur la terre, elles hommes avides d'(jr et jaloux de dominer concevront un grand courroux contre la vérité. Et il y aura au milieu d'eux une grande haine, parmi les |)asleurs et parmi les vieillards, les uns contre les autivs. Car la jalou'.ie ser'a la gi'ande passion de (-es dcnniers jours. Et ils ri(''gligetont les prédictions des |)ropliètes (|ui furent avant moi, et ils négligcn-o-it mes visions pour se livrer à l'ébullition de leurs c(eurs. »

Venons maiiitcniant aux évangiles apocryphes, (^es évangiles, au dire de M. ("luslavo Ibunet, (pic nous aimons \\ cittjr, sont d(ts monuments des |ilus curieux, des témoins irréciis.il)l-\s du mouvinninit des espinls à une époipie p.irticulièiiniient digne d'attention : " ces lécils, ajoiiUî-t-il, c(!S légendes r:aives sont dignes souvmit d'êlri! coinjjaré«,'s \\ ce (jiie la poési(! d(! tous h^s .Igc's uii'io de plus l)eau. )> M. Doliairo, l'un des écrivains (bî \lJiiivrrsitr r<ilh(ili(fn<', eu parle aussi eu di?s termes non moins nnuanpiables ; selon lui, « les légendes des cycles évangéliipies fapocrypiies) sont de sinqijes traditions trop crédules, souvent troi) [)uériles ; mais U cba \U(> page brillent la candeur et la bonn(î foi. Dans ces narrations familières, dans ces aruMilotes conl<'(!s «n foyer domestique, sous la tente, h rombr(3 de» palmiers an pi(!d des(piels s'arrête la caravanr-, le tableau des mieurs de l'Egliso primitive s(! déroule en loule sincérité. L'rtiiie e! la vie de |,i nuiivelle soiiélé chrô»

APOCRYPHES

APOCRYPHES

lifiiiio sont là ol elles y sont loat entières. Os r«''('ils sont maintes fois dénués de vraiseuiblance, nous en convenons ; ils inancjnenl d'e\aeliludeliist()i'i(]ne, la chose est certaine, ({liant à de nond)reux détails ; mais les usages, les pratiques, les habitudes, les opinions dont ils conservent les traces, voilh ce ([ui réunit le mérite de l'intérêt ci celui de la (idélité. »

■Nous ajouterons une considération h ces ap|)réciations faites par des savants distingués. Notre-Soigneur ayant recommandé à ses discij)lcs de ne pas jeter les perles devant les pourceaux, et leur ayant enseigné l'ésotérisme par l'usage frécpient des allégories et des [)araboles, les discif)les, après la mort du maître, ne pouvant sans danger, au milieu des nations, s'entretenir de lui, de sa doctrine, de ses |)romesses, à moins (pie ce ne fût dans un langage allégorirpie et figuré, durent suivre l'exemple du Sauveur luimême et parler de lui en paraboles, comme il leur avait parlé du royaume des ciciix. Ces paraboles, répétées de bouche en bouche avec les ornements que leur prétait l'imagination de chacun, formèrent un cycle de lég(;ndes dont rintelligence des allégories est la clef. On pourrait donc, h notre sens, distinguer les Évangiles non-seulement en ac.ocryphes et canonuiucs, mais aussi en allégoriques et histori([ues, en n'acceptant pour hislori([ues que les quatre du canon sacré. Nous avons analysé h ce point de vue tous les évangiles apocryphes , et nous avons trouvé notre conjeilure pleinement jusliliée par la beauté et la simplicité du ^ens (pie nous donnait de clia(pie parabole l'interprétation allégoriipie. Nous .liions donner ici un abrégé rapide (le notre travail en une série de petites légendes ex traites des évangiles a|)ocryphes et présentées sous un jour nouveau.

1" LÉr.F.NDK. — Comment une frmme pleurait de n'être point nii^re, et comment elle eut une plie qui devint In mère de Dieu. (Kxlrait de rKvangile de l'Enfance et du Prolévangile de Saint Jac(iues.)

Il y avait une femme nommée Hannah, qui était stérih; parce (pie son époux s'était éloigné d'elle. Cette femme était donc triste et désoU'e (comme la Synagogue lorsqu'elle attendait le Messie).

V irit h; l<nups de la PiVpns et elle n'osa se revêtir de ses habits de fête, parce (pi'elie n'était pas mère et (lueses servantes mêmes lui reprochaient d être st(''rih>. Klle s'en alla donc et se laissa tomber sous un laurier. (C'était du tem|)s que Rome venait de souiiieltr(î le monde par la guerre et dominait sur la Judéi'.j Sur les branches de I arbre o!hî vit un nid do moineaux, et elle pleura amèrement en répétant : Je ne suis point mère!

Alors l'esiiril du Srigncur lui parla et lui dit : Je suis touché de la douleur, et je le ramènerai ton époux. (>ar mon oreille est toujours inclinée vers les lèvres de ceux (pii pleurent. Tu dis : Je n'ai point mis un homme au monde, ei moi je le promets que tu tnfanleras la femme; celle à qui je dirai,

par la voix des siècles à venir : Vous êtes bienheureuse entre toutes les mères 1 C'est ainsi (j^ue la femme stérile sera réhabilitée par la temme divinement féconde ; c'est ainsi (pie la servitude de la promesse engendrera la liberté de la grAce. C'est ainsi que de la Synagogue sortira l'Eglise.

A ces paroles, Hannah sentit ses larmes s'arrêter : elle se leva et.elle courut, car elle pressentait (juc son époux n'était [)as loin. Elle le rencontra (jui ramenait son troupeai:: et qui revenait des champs en disant : Je dormirai cette nuit dans ma maison.

Et elle l'embrassa tendrement, puis elle lui dit : Demain j'aurai cessé d'être stérile.

(D'autres légendaires prétendent que ce fut dans le temple qu'Hannah ou sainte Anne, mère do la très-sainte Vierge, rencontra Joachiin son époux, et qu'elle le salua par un embrassement chaste et fraternel.)

Il lui fut fait selon ce qu'elle avait cru, et après le ternie accompli, elle devint mère ; mais ses compagnes qui la félicitaient, lui dirent, comme |)Our tem|)érer sa joie : Ce n'est qu'une tille. Qu'elle soit nommée .Marie, répondit Hannah ; le monde entier se souviendra de son nom, et le ciel et l'enfer seront émus en l'entendant prononcer, car cette lille aura un (ils. Ses compagnes ne comprirent pas cequ'elle leur disait, maisayant baigné l'enfant dans l'eau, elles l'enveloppèrent de langes d'une parfaiteblancheur,et la posèrent dans son berceau neiif, en admirant combien elle était belle.

Quand la [letite enfant Marie eut trois ans, ses parents la portèrent au tem[)le pour la consacrer au Seigneur, et comme Hannah cpii la portait l'eût posée h terre, elle s'échap[>a des mains de ses parents et monta sculeetdesnn {)ropre mouvement les se|)tdegrésdeTaulel. ( ï'oi/., pour la signilicat ion mystique du nombre se[)t, l'article .\pocai.ypsk.)

Elle resta dans le temple jusiiu'h l'Age de (pialorze ans, et se jirit d'un saint amour pour la beauté éternelle. C'est pourcjuoi elle dit : Le Seigneur est la part de mon héritage et de mon calice, et je demeurerai dans sa maison, puisque je l'ai choisie. Je suis la servante du Seigneur, et je ne me ferai point la servante d'un himime. Et ainsi elle voua savii-ginitéau Seigneur. ce qui étaitun sacritiee nouveau et iiiionnujus(îu'alors en Israël. Il' Lkgi:m)i:. — Comment Joseph le Juste,

homme sar/e et d un dijc mur, épousa xine

rienje du sang rowd.

Il y avait alors (lans la tribu de Juda un bon vieillard nommé Joseph, charpentier de son élat, homme veuf et père d(! plusi(»urs enfants, grand travailleur, bien (jue médiocrement hal)ile, simple dans ses pensées, mais équitable dans ses jugements, fidèle h Dieu et n'ayant jamais trompé les hommes, ce (pii l'avait fait sm-mommer le Juste. C'est A lui (pie devait être conlié le trésor de la pureté de Marie, parce (ju'il était sans reproche dans sa vie et sans orgueil dans son c(pur.

Quand la vierge consacrée au Seigneur eut all«nnt l'Age de quatorze ans, le grand prêtre Siméo'i résolut de lui choisir un gardien

APOCRYPHES

APOCRYPHES

parmi les c ifaiits d'Israël, afin que son séjour dans le temple ne fût pour personne une occasion de mauvaises pensées, et parce que le Seigneur lui avait positivement fait comprendre sa volonté à ce sujet. Jl tit donc sonner de la trompette dans toutes les tribus pour convoquer le peuple au temple; et le sage ouvrier Joseph, jetant sa hache, vint comme les autres.

Le grand prêtre choisit alors douze jeunes gens parmi It-s plus honorables de chaque tribu et leur commanda de prendre chacun en main une baguette, afin que Dieu fit connaître sa volonté par un miracle. Et il leur dit que Marie serait l'épouse de celui dont la baguette deviendrait vert'i et fleurirait en la présence de Marie. Marie fut amenée et l(,s douze baguettes restèrent sèches et stériles, ce qui étonna beaucoup les prêtres et les assistants. Alors les jeunes gens aperçurent le bon Josejih et l'appelé, ent par badinage, en lui disant de prendre aussi me baguette et en même temps l'esprit de Dieu lui f>arla au cœur. Il prit donc une baguette, et lorsqu'il se présenta devant Marie, sa baguette sèche reverdit et se couvrit de feuilles et de tleurs, et celte baguette avait été coupée à la racine d'uii arbre filante autrefois [»ar David. Et sur la baguette tleuiie vint se re()Oser uie colombe d'une éblouissante blancheur. Ainsi fut accoiii[)lie la |)arule du prophète, Il sortira un rrjrton de Carbre de Je.s.sé et une fleur montera de sa racine, et sur elle se reposera l'esprit du Seigneur.

Alors les prêtres dirent h celle (pu devait être la rnère bénie du Seigneur : Va avec Joseph et demeure avec lui jusqu'au jour des noces. Et Joseph le Juste la reçut et la conduisit dans sa maison, où elle trouva Jacques le .Mineur, rpii était encore triste et désolé à cause de la mort de sa mère. Marie prit soin de lui, et c'est pourquoi elle a été appelée la mère de Jacques. Et (die demeurait dans la maison d(î Joseph pendant que cet honniie juste travaillait suivant son état de charpentier.

Cette Iége!ide,que nous avons extraite en manière de concordance de plusieurs évangiles apocryphes, explique un giand nombre d'anciens tableaux représentant le mariage de la saifite Viergf*.

Le protévarigile de saint Jacques raconte ensuite le mystère de l'Ainionciation et celui de la Coiice[)tion miraculeuse de .Marie, puis les angoisses <Ju saint vieillard Joseph et lai»f»arition de l'ange qui le rassure, avec quelqur;.s circon>lan(:es particulières, uia .s li'u'ie manière |ieu diHV-rerite au Tond du réfiit des quatre évangélisles.

Voici maiiiteria'il coirnnenl les évangiles a[>ocryphe.9 racontent le mystère de la Nativité. Jll' f>Kf,Kii»K. - Vonrijnoi rinit et ptiiirail

Marie en ne rendant à Itelhh'hiin, et de te»

deux iatj en- femme» Xélomi et Salami.

Après cela, Joseph fut obligé dr- se rendre à liethléljcm avr!c .M.nie [lour obéir .*i l'édil df (;é«nr-Augii»C«.'. Kl roiiune ils étaient en

chemin, Joseph, regardant Marie qui était assise sur son àne, la vit qui })leurait et lui dit : Pourquoi pleurez-vous ? Marie lui répondit : Je vois un grand peuple qui pleure, et mon enfant se tourmente dans mon sein. Carils sont là, couchés sur la terre nue comme des Drebis maigres et tondues jusqu'à la peau, et personne pour les conduire.

Joseph regarda autour de lui, et ne voyant rien, il pensa que Marie était soutirante à cause de son état de grosse>se avancée. L'instant d'après il la regarda encore et la vit qui souriait, bien que ses yeux, fussent encore humides de larmes. Y^ous souriez donc maintenant? lui dit-il. Oui, répondit Marie, car je vois une nudiitude qui est dans la joie parce que mon enfant est venu briser leurs chanies. — Soyez calme, dit Joseph avec bonté ; j'espère que nous arriverons bientôt et que vous pourrez vous reposer ; ne vous fatiguez point par de vaines pensées et des paroles inutiles.

Alors un ange se présenta et dit à Joseph : Pourquoi appelles-tu inutiles les paroles que tu ne comprends pas ? Fais descendre Marie, car le tem[)s presse, et c'est ici qu'elle doit enfanter le salut du monde. Or il lui montrait du doigt l'entrée d'une caverne. Marie erUra donc dans la caverne, qui fut toute remplio de lumière lorsqu'elle mit seule et sans douleurs son enfant au monde.

Cependant Joseph était sorti pour aller chercher du secours, et il ramena deux sagesfemmes ; la |)remière nommée Zélomi, et la seconde Salonu'', et en entrant il vit la lumière céleste et le petit enfant env(doi)pé dans les voiles de Marie; alors il s'inclina en disant : l^na vierge est devenue mère, ol néanmrjins elle est toujours vierge : car le Saint-Esprit (pji avait as.sisté à sa Conception a pareillement assi.sié h sa délivrance.

La Sage-fiMiime Z(''h»mi crut à la {larohulc Joseph, mais Salomé fut incrt'flnle, et parce qu'elh; avait voulu loucher Marie;, sa main se dessécha. .Mais .Marie eut pitié d'elle et lui dit d'embrassersoii enfant, et (pie par lui cillo serait guérie. Salomé, IoucIkm! de repentir, prit l'enfant et l'embrassa avec respect, el sentant (pi'elle (■tait giK'rie, elle s'allacha av(!C Zélomi au servi(;e de Mari(; et de Ji'-^siis.

La jioésie de celte légende est des 'plus riMiianpiables. Les larmes et le sourire do Marie sont de l'elfet le plus touchant. Les doux sage.s-femmes sont des figures allégoriqufjs représentant la foi el la raison; la raison se dessèclu! en cherchant à expli(pi(!r les mystères de l'aiiKJur divin, et (die ne sera guéri(! (pu; lor.S(pi'e|le c(»nseiitira h embrasser la sainbî eiilanc<! cluéliciuK! : alors la raison et la f(ji, unies ens'Miibh; par la même obéissance el le iiK'iiie amour, s(!rvironl également .'i la gloin.' du V(;rbe de vérité (pli s'(;sl fait homme en la personiu! de Jésus. L'Kvangile de l'enfance contient des légendes fort diverses, et toutes ne sont pas également gracieuses; mais il en est (lui sont véiitalilemenl charmanl(!S et (pie les clicfs-d'd'uvre d(; plusieurs gi/inds jiciiitrt-'S

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APOCRYPIIFS

APOCRYPHES

ont immor'.alisi^es. Ce sont ou de louchants apologuos ou dos sujets gracieux didyllcs sacrées (ju'ou est toujours heureux de coiinaitre lorsqu'on a le goiU do la vraie poésie religieuse. L"une do ces lé^end(>s nous représente le Sauveur du monde se jouant avec d'autres enfants à façonner des petits oiseaux d'argile, les autres enfants vantaient fort leur propre ouvrage et le préféraient hautement soit par ignorance, soit par une secrète jalousie, h celui du divin maître. Jésus ne disait rien et achevait ses petits oiseaux, et lorsqu'ils furent faits : Allez, leur dit-il en frappant des mains, et les petits oi«oaux s'envolèrent animés tout à coup par la [t.irolo du Créateur.

C'est ainsi qu'il l'époque de déclin où parut le Sauveur du monde, un grand nombre d'hommes fourbes ou exaltés se disaient envoyés [)Our régénérer le monde et produisaient des systèmes dont ils étaient tiers, au point de mépriser l'humble doctrine deJésus; l'Evangile aussi, à son début, paraissait un système sans fondement, \ni ouvrage d'argile ; mais à la parole de Jésus l'argile a pris des ailes et s'est élevée dans le ciel, et la parole de vie s'est prouvée en donn ml la vie. D.uis une autre légende; on voit le doux enfant Jésus jouer avec d'autres enfants à l'entrée d'une caverne, sous les yeux de Marie et de Jose[)h. Soudain deux énormes seri)ents sortent de la caverne et s'élancent vers les enfants qui s'enfuient en poussant des cris atfreux ; l'enfant Jésus seul reste à sa place et commande aux serpents d'aller poser leur f^te sous les pieds de sa mère. Joseph lève son bâton et veut les frappei-. Pour(pioi lesfrapp(!riez-vous,dit'Marie,puisqu'ilsne l'ont plusdemal I Muter misericordiœ! La fuite en Egypte a fourni aussi les j)lus poéticjuos images. On connaît de nombreux tableaux qui rivalisent de grAce sous le titre du Repos en f'^gimte. Les anges abaissent vers la sainte famille les branches d'un palmier chargé de fruits, tandis que; la sainte Vierge [)uise de l'eau h une source f[ui sort du pied même de l'arbre. Ces tableaux sont la re[)ro(luclion d'un épisode de l'Evangile de l'Enfance. La sainte famille, pendant s<in voyage en Egyi)te, se r(M)osait sous un palmier ; Marie (lésira fpiehiues fruits, niais J(»seph n'y pouvait aîteindrc : Incline-toi, dit l'enfant Jésus au palmier et do.ine de tes fruits h ma mère ; l'arbre obéit et resta la tig<; courbé(! jusqu'h ce que le Seigneur lui ordotuia de se relever; puis Jésus lui dit : donne maintenant à ma mèrt; de l'oau de la source (pli abreuve les racines, et aussilAl la source commença à sourdre. Jésus, pour récompenser celle créature si docile bien qu'inanunée, promit au [talmier (|u'il ne mourrAit pas, et commanda aux anges d'en cueillir des palmes alin de le n'|tlaiiler tt jamais dans le royaume de son Père.

r,ctt(' poésie est pleine de charmes; mais dans les évangiles apocryphes, et spécialement dans celui de l'Enfance, comme nous l'avons dit, il faut faire un choix. Il s'y trouve des traditions non- seulement mensongères,

mais impies ; non-seulement peu édilianles, mais ridicules ; et ce sont là sans doute ces contes de vieilles femmes dont saint Paul recommandait aux lidèles de son temps do se garder. Parmi les histoires impies on peut placer celle do saint Joseph tirant les oreilles au divin enfant, parce qu'il a fait mourir un antre enfant qui lui cherchait ([uerellc ; parmi les histoires ridicules nous nous bornerons h citer celle d'un jeune homme changé en mulet, qui recouvre sa première forme [lar ratlouchcmenl des linges qui ont servi h l'enfant Jésus ; et celle du i enfant nommé Kaljufe, qui est jeté alternativement dans le feu et dans l'eau avec beaucoup de circonstances didiciles h bien suivre. Du reste il ne faut attribuer de p.ireilles fables qu'à des traditions mal conqirises et à une piété mal éclairée : ce sont des broderies empruntées au génie des conteurs arabes, maladroitement risquées sur le tissu des souvenirs évangéli(|ues.

Il existe un second Evangile de l'Enfance, fort abrégé et connu sous le nom d'Evangile de Thomas l'Israélite. Nous y voyons rpie dans un temps de famine l'enfant Jésus prit un grain de blé, le mit en terre et lui lit soudainement produire une abondante moisson : image de la fécondité du germe évaiigéliquo et des prodigieuses conquêtes du christianisme dès ses premiers jours.

On y trouve aussi l'histoire d'un pauvre ouvrier dont l'enfant était malade et sur le point d'expirer. Au bruit des sanglots de la pauvre mère, Jésus accourut et dit h l'agonisant : Enfant, ne meurs pas, reste avec ta mèrel L'enfant alors relova la tète, ouvrit les yeux et se prit h sourire, 'l'on enfant est sauvé, dit Jésus, prends-le et souviens-toi de moi. Ce miracle et, mieux encore, la manière dont il est raconté sont bien dans le génie de l'Evangile ; c'est ce qu'on lient en dire do mieux.

Dans une antre ancienne légende, intitulée : Histoire de Joseph le charpentier, l'auteur, par une liction liardie, fait parler Noire-Seigneur lui-même, et lui fait raconter les principales circonstances de la vie et de la mort de son père adoplif. L'idée de celle composition n'est pas sans grandeur, surtout h l'endroit où l'agonie du bon vieillard Joseph est racontée.

Jose|)h plein de jours passés dans le (ravail et l'exercice des vertus les plus saintes, Jose|)h le Juste enlin, arrivé h son dernier jour, est envahi par les terreurs de l'agonie. L'esprit (pii tourmenta Job vient arracher des plaintes au plus patient des hommes. Hélas 1 malheur à moi ! dit le vieillard, car je suis un pécheur! malheur au jour où je suis né ! et il répèle les plaintes du saint Arabe, Mario cepiMidant esl près de lui ; attentive comme une mère, elle lui relève la tète et réchaulVe ses pieds refroidis ; les angoisses de l'agfinisanl redoublent, et le Sauveur voit s'avancer la mort accompagnée do sr's sp«;ctres les phis hideux ; il les repousse et, par de douces jiaroles, il assoupit les douleurs de son ami et de son père adoplif.

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ArOCR\PÎÎE-

APOCRYPHES

Celte lutto dos t6nM3rcs tt do, la luiniôic j>rès d'un lit d'a^onio, cette Icrapôte apaisée par un geste du Fils do l'iiomine, la tempête des terreurs de l'enfer, et la sérénité de toute sa vie rendue aux derniers instants du vieillard, puis l'union mystérieuse de ces trois personnages, qui sont toute une hiérarchie et qui constituenttce qu'on a pieusement appelé la triuité de la terre; ce type nouveau de la famille régénérée, où c'est Dieu même qui est l'enfant, celte chasteté sans souillure qui préside au mariage des deux époux, et ce sacerdoce des œuvres de miséricorde exercé par la Vierge-Mère 1 la reine du ciel exerçant les fonctions de la première sœur de charité, et le Sauveur du monde, le prêtre et le roi de l'avenir, inaugurant son double ministère en donnant la lumière et la paix et en repoussant les ténèbres ; l'humililé profonde du plus juste des hommes, qui tremble à la pensée des jugements de Dieu ; tout cela maintenant nous est familier ; les dogmes du christianisme dont notre esprit est nourri dès notre enfance, ne nous étonnent plus par leur grandeur et ne nous surprennent pUis par leur grâce ; mais qu'on se rej)Orte aux premiers siècles, à l'époque où se cachait encore aux Catacombes une semblable litlérature. Sui)posons, comme cela arrivait alors, que toutes ces beautés si grandioses et si pleines d'humanité dans leur grAcc divine soient révélées pour la première fois h un discijile de Socrate et de Platon ou f» un des adorateurs d'Homère, quels cris d'admiration à l'ouverture de ce ciel I comme l'Olympe devait tout à coup devenir ténébreux ! comme Jn[titer devait descemJre de son trône 1 Je parle des grandes âmes et de ce qu'elles devaient rcssenlir, et [)ar les grandes âmes je n'entends pas les Ames d -s grands, mais les petits accouraient en foule près du fils du r:harpentier, et il les faisait grandir par la résignation, le. travail et li volonté foile, et tout le monde se convertissait h la nouvelle doctrine, car le momie, fatigué de mal vivre, se sentait intéressé h suivre la doctrine d'un Dieu qui apprenait aux homni'.'S .'i bien inourir. *i.

Dans une autre composition du même gonr*', 3llrd)uée au dof;tf'Ui- de la hn, Nicoliènif, on trouvi! dtvs di'-tails sur I.i passion du Sauveur et sur sa descente aux eiilers.

Lorsque b-s Juifs accusiî'il Jésus-(^lirist devant l'ilate, ce (iroconsul envoie un héraut pour introduire l'accusé; ce héraut salue |)rofondémeril le Sauveur, cl, détacha nt son manteau, le lui tnet sous les pu.'l>; la fmile s'en irrite eterie; le héraut dit : Il n'y a paH huit jours rpie Je vous ai vus faire la m(;mc chose, je croyais vous plaire en Ijohoranl otiui que vf)U.s avez honoré, I.orsfpK- Nolre-Seigtieiir entre dans le nrfUoire, les ftigles roiriai les s'iticlinent h leur tour et le saluent : nuuv<;ftnx cris dis pharisiens et »Ie h-ur populace; Pilali-, lui-même .s'éloiinf el interroge .sévèrement les vexillaire« : reiJt-ci lépondenl que Iuk nii^le.s sa iiiul inclinées m i« leur ('on»enlemerit ; on I»i lll^^N uy l.irri'uiri ni; r nuAr

les romi)lace par d'autres plus forts et plus hostiles au Sauveur , les aigles s'inclinent encore, comme si la fortune des césars, reconnaissant son vainqueur, le saluait avant de s'en aller, puisque le jour approchait où des voix crieraient dans le temple : Les dieux s'en vont !

La descente aux enfers est un épisode digne de fournir des inspirations à une épopée chrétienne ; la mise en scène est des plus dramatiques. A la nouvelle de la résurrection de Jésus-Christ, la ville de Jérusalem est pleine d'épouvante et do trouble ; les pharisiens se renferment consternés dans leurs maisons ; Nicodèmo, Gamaliel et Joseph d'Arimathie courent aux sépulcres et les trouvent ouverts ; non-seulement Jésus est ressuscité, mais phisieurs justes sont ressuscites avec lui, et notamment les deux fds du vieillard Siméon, celui qui, avant do mourir, avait tenu entre ses bras le gage de la vie éternelle. Les docteurs reviennent à la ville et y trouvent les deux morts qu'ils cherchaient, ressuscites et vivants ; ils les suivent dans la synagogue, et là ceux qui sorent dos tombeaux, après avoir fait sur leur langue le signe de la croix, commencent à i)arler, et racontent les merveilles de l'auli'e monde, puis ils retombent dans le silence dont ils ont pris l'habitude, mais ils font signe qu'on leur donne de l'encre et un parchemin, et ils écrivent les cris de joie d'Adam et des prophètes à la venue du Sau« veur dans les lim'jos.

• a Lorsque nous étions avec nos pères , placés au fond des ténèbres, nous avons été soudain enveloppés dune s|)lendeur dorée comme celle du soleil , et mie lueur royale nous a illuminés; (;t aussitôt Adam, h; père de tout le genre huniain, a tressailli de joie ainsi que tous les patriar(;hes et les pronhèti.'S, et ils ont dit : ('elle lumière, c'est l'auteur mêmi; de la lumière (pii vient luimême, selon sa |)romesse, nous illuminer d'un jour éterii'l !

« Au bruit de la venue; du Sauveur, (hnix fantômes terribles se lèvent po\M- lui résister et s'rj|)p(iser h son passage; c'est le roi des enfers et le prince de la mort. Il vitnil donc, ce Jésus, d.senl-ils, (pii a déjà Irouhlé notre empire en rcmdani des morts à la lumière ! j)ré()arons-nous à le charger (h; chaînes et à le retenir dans le plus profond de nos aldmcs. Mais tout à coup une voix foriuidahhî se fait «•nteiidre : l'rinrrs, ouvrez vos portes ! Oavrrz-rous, itortrs élrrnellrs ! c'est le roi de (jloirc qui veut entrer ! l/.\ l(M-reur paralyso le courroux des géants (h; l'abliim, Jésus fra;tpe di; sa (-roix les porUis ipii S(!.l)ris(int, et nue éblouissaiitr; lumière envahit l'abîme et l(!rras,se les démons av(!r l'éilal di; la h>udr(!. La cité léiiéhieiise est conquise! (,'t lu vainrpieiir appelh* à lui la l'oiili; des Ames dont il brise lesfi-rs; il ét(nid la [nain, (il, faisant sur leur lêle le sign*; di; l;i croix avec cellf! rruiin blesséi', «l'où semble jaillir encore, le sang avec la lumièi(!, il hfS baptise du baptême de sa mort e.l de sa résurroclion. Vous avez souiïml, leur dit-il, mais coin

APOLLINMRK

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