‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 15 sur 233 · APOLOGIE · texte numérisé non relu

APOLOGIE

peines éternelles que les païens combattaient avec acharnement de peur d'y croire. « S'il n'y a point d'enfer, dit saint Justin, les lois sont illusoires, la distinction du bien et du mal est arbitraire, il n'y a plus ni vice ni vertu, et Dieu même tombe entraîné sous les ruines de toute la morale. » Les Apologies do saint Justin firent du bruit, et un sophiste, nommé Crescentius, eut la lâcheté de provoquer le courageux apologiste à une conférence publique : c'était jeter le chrétien dans la gueule du lion.

Saint Justin accepta courageusement la dispute et la mort, et sortit doublement vainqueur de cette conférence et de ia vie ; faute de raisons à lui donner on lui donna la mort, et le glaive qui lui trancha la tète put seul réduire au silence cette bouche éloquente et généreuse. Saint Justin signa de son sang ses deux belles Apologies et y ajouta la sanction de son martyre. « Il faut en croire des témoins qui se font égorger, » a dit Pascal ; surtout, pourrions -nous ajouter, lorscpio leurs passions humaines et leur orgueil personnel ne sont pas intéressés dans la question.

Nous arrivons à TertuUicn, le Lamennais du III' siècle* ce lion africain qui osa répondre par un rugissement d'éloquence aux clanieursderanipliithé.ltre, lorsque la pO[tulace de Rome hurlait dans ses fêtes : Les chrétiens au lion ! Christianos ad leonem ! « Prenez ganJe, répond Tertuilien, votre hou se rassasiera vite, il en a trop h dévorer ! Tantosadunuml paroles latines qui signilient également tant d'Iiommcs et des hoimnes si grands sacrifiés \\ un seul monstre î Ne semble-t-il pas que l'avocat (h-s martyrs, ou plutôt le tribun du pcufile chrétien égorgé, brave déjà les ('ésars dans h-ur desfiolique î/ilitude? Les mots de T(;rtullien sont pleins <ie ces allusions qui font frissonner. «Les Césars eux-mêmes croiraient en Jésus-Christ, dit-il ailleurs, si Ton pouvait être en mémo lemf>s César et chrétien. » Le radicalisme «•xagéré de ces paroles fait déjà pressentir l'hérétique dans le docteur.

Tertuilien était un de cf!S caractères qui poussent tout h Trixtrème et qui peuvent produire é;aleuient des grands coupables et <les héros. Il i)0ijsse souvent l'énergie jus- <pi'h la dureté, et l'auslr'rité de ses convictions ne sait jairiais llérhir. Maisretle «iurelé nièriic d'expression et cette invincibh! rudesse ne sont pas défilacées d.ins ee siècle des prodigieux dévouenienis, au le sexe el l'Age les [dus tendres send)laient se jf)uer avec la mort f\ les tortures. Dans sdii livre .sur rornf;menl des f(;rmnes, 'rerlullieri ose dire rpi'une ferrnne chrélitMuu! ne dr)it s(! gloriller dans sa ehair que lorsipi'elh; est dérhiré»; pnr lr;s bourreaux. Ainsi, des blessures et du sang, vr>il,*i tous les joyaux qu'il permet aux jeunf;s chrélieruies ; et jjrjimpioi en voi/draifMil-elles d'autres? Des rn.uns destirié(;s aux mr^notles df)ivent-elles faire leur >ip(»ren(issagr' avec dt-s bracelels 7 Pourquoi •k's lKuide|e(le<i h ce.n jambes qui alli ude il

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