‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 185 sur 233 · HO · texte numérisé non relu

HO

(H) UjI'I., p. '.Il, 'Ji.

Les jtcrtis k's plus [trononccs pour tm n.«fY'tisnic oiiir»^ sont l(vs premiers à se corrompro. Tello fut r(''colo do Bnsilides. I.cs p'rmos lie faihlcsso jiarais.sont s'iHro développés proniplnmont. Plus los années s'écoulent, plus la lieonee des prinei[)OS augnieiilc. Ses partisa'is pensaient , pour la {•lupart, au iV siècle, (jne les parfaits n'étaient tenus à aucune loi , et que leurs corps |)ouvaient sans danger suivre les penchants qui les agitent, que la volupté ne saurait avoir de prise sur l'ànie (1). AtTectanl le mystère sur leurs doctrines comme sur euxmêmes, livrés h des pratiques vulgaires de magie et d'autres impostures, et se discréditant |iar une morale licencieuse, ils s'anéantirent (2).

An 1V2 de J.-C. — Valentin forma une autre école de gnosliques en Egypte et y sema des doctrines du genre de celle de Basilide^ ; il ne se (it connaître (ju'après la mort de celui-ci , en l'année 135 de Jésus- Clirist. Dans la ville d'Alexandrie, où il étudia, il ne fut l'ohjet d'aucun soupçon, et témoigna le [)lns grand respect |)Our le canon entier de l'Eglise. Cependant il prétendait posséder seul la véritable doctrine chrétienne, c'est-à-dire les secrets communiqués par le Sauveur aux apôtres, ou les traditions de Théodose, disci|ile de saint Pierre (3).

Il ado|)ta, comme Basilides , une double série d'émanations et d'ôtres qui tous se rattachent h une seule vnn^o première, et qui néanmoins ne se ressen\blent pas, et dont les uns sont des déploiements numédials de la vie divine, et dont les autres ne sont fpio des émanations d'un genre secondaire {\).

Dieu, (pi'il appelle //^^/to5 , n[irès avoir passé des siècles inlinis dans le repc»s et le silence, résolut de se manifester, et il se servit pour cela de sa poisér, qui est toute de lui sans être une manifestation de son être, mais (jui est la source de toute manifestation, la mcrc ([ui reçut le germe de ses créations (5).

La première manifestation que produisit la pensée de l'Etre supiènie fut Vintclli- (jrnce (6). Les éons suivants ne sont que la manifestation de Dieu en détail : ce sont les formes du grand être. Dieu est un; dès qu'il se <léploie, il en résulte des couples divers d'éons , des unions conjugales d'éons cpii sont leurs images, leurs révélations. Tout l'eTisemble forme le pU'roma de Uythos , la f)lénitude des attributs et des perfections do ( elui que personne ne peut connaître dans son eiisemUe, si ce n'est sa pensée yl).

Tous ces déploiements dt^ Dieu étaient purs et rélléchissaienl (pudipies rayons de ses divins attributs. Cependant tous les éons n'étaient pas égiu\ en perfection; plus leur

(1) Epiph.in.. //,r»v.i..'2:..— Tliio;! , llarm f^;l>ul.. iil». IV, r. l. — Millier fl iliid., [i. !).'», il(i.

(2) MiiUirolilMl.. p. 100.

(.'.) Iliiil.. p. 1(t(i. 1(17, KtH.

(i) IIihI., II)!). 110.

(.•i) l'.id.. p. 114, ii:;.

i»>i Util!.. |i. II.';.

(7) 11,1 1., y. Il'i. 1!7.

rang les éloignait de lui, moins ils le connaissaient et })lus ils tourhaienl h i'imrierfection. La décadence même alla jusqu à la chute (Tj.

Cette chute provient, dans les intelligences dernières, par le désir immodéré de connaître le Dieu caché, voulant scruter sa majesté (2). L'harmonie était donc troublée dans le s in du pléromn : il fallut une restauration , une rédem[)lion. L'éon Ilorus la commença, un autre, Noiis , engendra le Christ, et Pnritmn, sa com[)agne, ou VEs~ prit, considérée comme fenmie (3).

I e Christ expliqua aux éons le mystère des déploiements de l'Etre suprême, leur lit comprendre qu'ils ne pouvaient le connaîtru ([ue par ses manifestations successives, et, en dernier lieu, par le monogène, qui est la première. Ces communications satisfirent leur ambition, et dès lors, pleins de reconnaissance pour l'auteur de leur être, ils revinrent, sons la direction de V Esprit , au calme et au bonheur.

Dans leurs mouvements de gratitude, ils résolurent de glorifier Bylhos [)ar une création qui réunît tout ce qu'il y avait de beau iians la nature. Cette nouvelle Pandore fut l'éon Jésus, qui renfermait dans sa [tersonne le germe d'une vie divine qu'il devait ré[)andre sur toutes l s existences placées en dehors du pléroma,

Jésus fut le premier-né de la création, comme Monogène était le premier-né de l'incarnation, et lut pour le monde inférieur co que le Christ avait été pour le pléroma, ce qui le nt ap[)eler Christ comme lui (4).

La Sophie (l'esprit) , aidé de Jésus , émit un agent chargé de la création. Il sépara le principe s{)irituel il'avec le principe matériel confondus, et en forma six mondes et autant d'intelligences pour les gouverner (5).

Le démiurge n'avait voulu former l'hommo que d'après son image im[»arfaite, et non d'après celle de Bylhos; mais la Sophie, h soa insu, lui communiiiua un germe de lumière divine. 11 en résulta le malheur de riiomme, de concert avec les esprits qui partageaient ses sentiments. 11 lui défendit de toucher dans le paradis l'arbre de la science du bii a et du mal, et quand cet ordre fut violé, il le j)ré(i[)ila de la région aérienne du paradis dans ce monde grossier, oCi son Ame fut revêtue d'une envelo[i|>e matérielle et soumise à l'influence des esprits matériels (6).

Une sorte de révélation et de rédemption avait été nécessaire dans le monde des intelligences supérieures, où s'était faite nno espèce do chute. Une révélation et une rédemption étaient également nécessaires dans l(>s régions inférieures, où s'était faite la |)lus déplorable dégénéraiion. L'ieuvre entière dans chaque monde habité par des intelligences se lit par la preuiière inlelligence do

(I) U)i.1.,p. li:;.

h) ll.iil., p. 1-27. 128.

h) ll.id., p. Ii!>.

|.')) liiil., I». l."l>. I"»7.

{'>) r. iij., p. i.">*, 1^8.

Bvthos, de qui émane le Christ du p/eVoma (1). Quant au monde inférieur habit*^ par le genre humain, le sauveur fut l'éon Jésus, l'image du Sauveur, du Christ supérieur (2).

11 se fit une union des deuï Christs sur la terre, au Jourdain , lors du baptême , pour opérer la rédemption. Mais le Christ supérieur quitta le Christ inférieur avant le jugement de Pilate, et ce dernier seul souffrit sur la croix (3).

Les révélations les plus précieuses se firent pendant l'union. Le Christ inférieur y apprit le sens des prophéties mal expliquées suivant les inspirations du démiurp^e {'*). C'est cette union qui épura l'homme, qui lui apprit à vaincre les mauvais esprits dont son ûme est assiégée (oj.

Enfin les valeiitiniens, se disant en possession d'une scif-nce supérieure à celle que les co Jes sacrés donn>^nt à tout le monde, étaient loin de rejeter leur enseignement; ils les citaient avec complaisance, et s attachaient surtout aux écrits de saint Jean ((3). Le chef de cette secte avait beaucoup de partisans et même de disciples enthousiastes (7). Multipliés avec une effrayante rapidité , et répandus dans les Gaules ainsi que dans l'Espagne, ils ne subsistaient plus qu'obscurément vers le milieu du V siècle, puisqu'à la fin du IV' on les fdarait déjà au nombre des sectaires dont l'opinion s'éteignait d'ellemême (8j.

Sectes chrétiennes ascétiques. — Lt Syrie et la Plirygie, ennemies de la spéculation, donnent naissance aux chrétiens hétérodoxes d'un ascétisme outré , par conséquent plus ou moins contagieux.

An 18'* de J.-C. — 1° Les encratites ap- [>artienr)eiit à la Syrie. Tatien, leur chef, né en Mésofiolaifjie vers le n)ilicu du ii' siè- ••Je , ['rofessa des doctrines qui ress(;mblaienl beaucoup à celles des gnosti<jues. La plupart de ces sectaires avaient donné la préférence à l'un des quatre évangélistes canoniques ou h quelque relation apocryphe. Pour Tatien, il se comjKjsa un code avec les quatre grandes relations sous le titre (V Harmonie des Kvan(jiles; cet écrit est perdu (9j.

Le Logos est le [irernier né, l'auteur de la création visible. L'Ame humaine n'est pas immortelle par elle-mênie. Si elif n'arrive point à la connaissancf; de la divinité, elle périt avec le <,or(ts fpi'clle animait; si, au contraire, elle | arvicnt â s'unir avec la prntée , elle obli'-nl des dons célestes, elb; apj»rend et révcle les mystères les plus pioi'onds, et retourne dans les lieux suprêmes

fl) llml., p. \U.

(il I!m«1., p. U.'i.

{?,) l<u\., p. \Ui.

(4) ll'i'l-, p. H7.

(.*>) \\,u\., p. tV».

iii) Ibtil., p. \'ti.

i'i IIimI.. p. i ■'*'>.

<H» I l'I., p. Ih.'',.

kil) lu I., i». 3.VJ.

MYSTIQUES Sm

d'oij elle provient et dont elle ne s'éloignait qu'en tombant d'erreur en erreur (t|.

La Syrie pardonne à Tatien ses théories» mais elle le censure avec ses partisans lorsqu'il ose proscrire, sous le prétexte d'une perfection supérieure , le mariage , l'usage de la viande et du vin, et en général tous les ])laisiis des sens (2).

Les encratites étaient nombreux; ils s'affaiblirent en se divisant. Théodose crut cependant devoir rendre contre eux trois édits successifs. Ils étaient répandus non-seulement en Syrie , en Mésopotamie, mais dans 1 Asie-Mil leure, mais jusque dans les Gaules et l'Espagne , oii ils s'anéantirent sans bruit (3).

2" Les montanistes propagèrent leur dissidence religieuse en Phrygie sous l'influence de Montan, Phrygien d'une imagination mystique et ardente, ne s'occupant que de la religion pratique, c'est-à-dire du culte, de la disci[)line et de la morale.

Dans sa société, les jeûnes étaient rigoureux, les secondes noces interdites , les pénitences sévères, les exclusions fréquentes. Le but était louable, mais des petitesses d'exécution se mêlaient à de bonnes vues et à un rigorisme impraticable (h). Ils succombèrent sous l'enseignement des écoles orthodoxes d'Alexandrie et de Rome et sous les tendances très-positives des édits de Byzaïice (5).

Sectes ascético-spéculutives. — An 277 do J.-C. — Les manichéens sont les seuls dont je doive m'occuper. Us ont joint à la moralo et à l'ascétisme les spéculations les plus hardies et Ic'S plus innovatrices en matière do dogme chrétien. Mais le fondateur de la s«m> te, avant d'embrasser le christianisme, avait vécu au milieu des mages de Perse et s'était distingué dans leurs rangs par des connaissances de divers genres. Il prétendait éi)urer les doctrines chrétiennes , les dégager des altérations qu'elles avaient subies et y joindre des développements qui leur mai- (juaient (6).

11 se disait le paraclet lui-même, et, s'attribiiant une haute sunériorité sur les apôtres, il rejeta l'Ancien Testament tout entier et ne cons«;rva du nouveau, altéré, scdon lui» par le judaïsme , (pie ce (pii pouvait être rordorme à sori but; c'est pounpioi il comjtosa un évangile rpi'il disait tombé dv.s cieux. Ce livre supposait (lue la révc'lalion n'avait rien d'exclusif, et il attribuait aux sages et aux prophètes du paganisme des révélations si sublim(;s , qu'il les préférait il celles de Jésus-Christ (7).

L(! [)nnthéismo est l'Ame <ln ce système. Non-s(!ulemenl la cause el la source de co (pii existe est Dieu , mais v.n diMuiènî analyse Dieu est eu loul et anine tout. Le prfe-

(I) liii.L.p. 7)41. 7,12,343.

li) ll)i.l., p. 343, 3U.

r.l IIh'I-, P- 31.S, 34(i.

(.'i) liiiil., p. Tl'iU.

](>) lliid. p. 3.'>-J.

[1) lliiil., y. "'■»>, 3,'iH.

POl

niier principe est modifié par le dualisme do I Asie.

Lo dieu du bien n'est pas l'fluteur du m.il. le dieu du mal n'esl pas l'auteur du l)ien. Deux dieux indépendants existent do toute éternité ; chefs de deux empires diiïérents, ils sont nécessairement ennemis l'un de l'autre par leur nature môme (1).

Le dieu bon a pour symbole la lumière, et pour domaine l'empire de tout ce (|ui est pur. Le dieu méchant gouverne l'empire du mal et des ténèbres. Ce n'est pas luie intelligence dégradée, c'est Satan, lo génie du mal (2).

Le dieu do la lumière est bien supérieur î> celui des ténèbres. Pour Manès , 1 un est le vrai dieu, l'autre n'est que le chef do co qui est ennemi de Dieu, et, malgré tous ses etforts, il finit par succomber h la puissance du bien. L'empire de la lumière est le seul véritable et le seul qui durera éternellement. Manès s'en déclare l'apôtre (3) excellent dans sa gloire , incompréhensible dans sa grandeur. Le Père s'est adjoint de bienheureux éois dont on ne saurait déterminer ni la puissance ni le nombre {Ji).

Satan, matière, chef de l'empire ténébreux, a une armée d'éons ou de démons placés sous ses ordres. Ils réfléchissent plus ou moins l'image de leur chef. Cependant, quelle que soit leur analogie, ils vivent sans harmonie, et une guerre intérieure, qui éclata dans leur sein, amena leur mélange avec l'empire de la lumière (5).

Cette guerre avait conduit les combattants sur les limites du règne de la lumière. Les démons, saisis do ravissement, voulurent le concpiérir; mais la mère de vie, la ficméc primiiive de Dieu, l'âme du monde entra direclement en rapftort avec lo monde matériel. Kla-it trop pure pour se mettre elle-même en contact avec la matière, elle demeura sur les limites de la région supérieure. Cil fils, qui naquit d'elle, (}ui est son image, le premier homme, fut de nature à s'opposer aux puissances des ténèbres (6).

Destiné h combattre les démons et 5 les amener h une autre condition par les cinq •démeiils purs , lo feu, la lumière, l'air, 1 eau, la terre, il commença cette grande lutte. Mais sur le point de tomber lui-même dans l'empire des ténèbres, il n'est nriaché à ce péril cpie par [esprit rivunt (jne Dieu accorde h sa demande (7j.

L'esprit tnvinf, après avoir ramené l'homme primitif dans reiiipire des lumières, élève au-<lessiis du monde la parlie de l'Amo céleste ipii n'avait pas été alleinle par lo mélange avec- l'empire ûcs ténèbres. Placée dans la région du soleil et do la lune, cetl(! âme pure, ce lils do Ihommo, ce Kédemj)-

(I) ii.ifi.. p. :\:;7. r».-.a.

(i) II.KJ.. p. .V,8. .":,!).

(.".) iiiid., p. r>:;!), 5(iu.

(4) ll>i<l., p. .'fiO.

(■.) Il.il.. p. 7>(il.

fi) II.HJ., p. Tift-i, o(,o.

0) ' "»l , p. ôGj.

MYSTI^Jl'LS 8îM

leur, ce Christ en un mot, travaille à délivrer et h attirer de nouveau h elle la parlie d(! la lumière ou do lAme du premier homme (jui s'était répandue dans la matière (1). )

Le chef des ténèbres avait résolu de créer un être dans lequel il jXit enchaîner les rasons de la lumière qui avaient absorbé les éons et qui tendaient sans cesse à s'écha(tpcr. Tel fut Adam, dont l'Ame est da la lumière divine et le corps de matière, et (jui tient ainsi à l'un et à l'autre des deux empires ennemis (2).

L'Ame, d'une origine sublime, allait s'affranchir do la matière, lorsque les démo-is lui défendirent de manger du fru t de l'arbre do la science du bien et du mal qui pouvait lui faire connaître l'empire de 1^ lumière et celui des ténèbres. 11 obéissait h co commandement, mais un ange le lui fil transgresser et lui assura les moyens de la victoire. Malheureusement les démons produisirent Eve, et Adam fut enchaîné dans un acte dt; sensualité qui l'attacha do nouveau à l'enveloppe matérielle (3).

Ainsi, les aveugles forces de la malière et des ténèbres enchaînent les Ames qui aspirent après leur délivrance ; car l'âme do l'homme est toujours faible, livrée qu'elle est au pouvoir des sens et au charme du monde terrestre. D'ailleurs, ceux des démons oui n'étaient pas enchaînés aux astres par 1 esprit de vie avaient détourné les hommes du culte de Dieu, et institué même par do faux pro[)hètes une religion pleine d'erreurs comme lo judaïsme (V).

Pour délivrer l'Ame captive dans les ténèbres, le génie du soleil, chargé de la rédem|)tion du monde primitif, vint lui-mèmo se manifester parmi les hommes. La lumière approcha des ténèbres ; elle ne se revêtit (pi'en a[)parence du corps humain cl !)(> prit le nom de Christ, de Mcssio quo [)our s'accommoder au langage des Juifs.

Le chef de l'empire des ténèbres fil crucifier lo Christ ; mais celui-ci no soulTrit pas réellement. Son but fut atteint, sa mort offrant i\ toutes les Ames lo symbole de leur aiïranchissement (5).

La morale ili^s partisans de Manès est pure, mais exaltée. Llle tlemandi; une abnégation de tout ce nui peut flatter le corps, (pii est la prison (le lAme : l'abstinence do tons les plaisirsdessens, qui aveuglent la lumière céleste en nous; le mé[)ris absolu du mariage, (jiii en alfaiblil les rayons ((>).

Une vi(> sainl(>. (h'divranl lAme de tous ses attachemenis terrestres, la rend digne do |iarveiiir, après la mort, de sa prison t(Trestre dans la région de la lune, où elle est purifiée dans un grand lac pendant qumzo

(I) iii.i., p. 7,rA, sfi:;.

i) li)i !.. p. rvi."). .ï(iO.

7^) llid., p. TiCC. riC.T.

i) liiid., p. r»(;7. r)(is.

Çt) lUitl., p. ."().S, 3bi», 370.

Ibill., p. 7}1\.

jours. C'est un baptême d'eau céleste. De là elle arrive dans le soleil, oii elle est i)urilit'e par le feu, ou le baptême du feu céleste, et admise au commerce intime avec le Rédempteur et les saints apôtres des cieux. Alors elle n'a plus de peine à s'élever avec eux dans l'empire de la lumière (1).

L'âme, ainsi dégagée, ne regrette pas et ne voudrait pas reprendre un corps dont elle est charmée d'être délivrée. Pour l'âme qui est souillée par des voluptés terrestres, elle rentre dans d'autres corps pour recommencer sa carrière d'épuration. Elle peut parvenir à l'empire du bien par la lutte de la sanctiûcation (2).

Manès admet les institutions des chrétiens. Ses partisans reconnaissent douze apôtres et soixante-douze disciples ; ainsi ils avaient des évêques, des prêtres avec des diacres. Ils furent en butte à de longues persécutions de la part des rois de Perse, ennemis du christianisme hétérodoxe aussi bien que de l'orthodoxe. Les empereurs de Constantinople leur retirèrent leur protection , l'orthodoxie étant professée par le plus grand nombre, au point de leur refuser des temples et des autels. Ils étaient réduits à un très-petit nombre et presque anéantis au v' siècle (3).

î^ Les priscilianistes sont les plus célèbres des sectaires nés des manichéens. Leur doctrine se répandit de l'Orient dans les Gaules et dans l'Esfiagne. Priscilien, né en Eoyp'fî» étudia dans l^école de Memphis. Il avait jiris pour base de son enseignement ).i religion chrétienne ; mais cette base fut fortement modiliée par le gnosticismc et le manichéisme, il reconnaissait le code entier des chrétiens et ues Juifs jiour sources pures de la vérité religieuse; mais il ex[»li- (juait à .sa manière les saintes Ecritures (V).

A la tête da son système, il pla(;ait deux principes, l'un et 1 autre éternc-ls : l'un la ilivinité, l'autre la matière [)rimitive. Satan est le fils et le produit de la matière, ainsi que les anges secondaires et les démons, (..'est Satan qiii a créé le monde; c'est lui qui le gouverne avec ses anges ; c'fst h lui qu'il faut attribuer le mouvement et les phénomènes ;5j.

L'homme, au contraire, d'une origine supérieure, ayant une âme émanée de Dieu, est de la même substance que Dieu, et s<; trouve, avant de descenrlre vers le mondf;, dans une région céleste. C'est par S(';du(;tion et /)ardegrésque son âme l'a rjuiltée. Les ujauvais esprits s'en emparent, l'entrabM.'nt de sphère en sphère dans les zones terrestres, la revèti;nt de matière et conservirit, t.uit qu'elle reste sous lu charme de h.urs perlidirs, assez de pouvoir >ur elle p(jur la faiie I>a».ser par toutes sortes de corpi* jusqu'.i

(2( llii'!., p. T,7i, S77),

(."»; Ili I., (». ."■;.'. ".7 4.

^i) Itiil,. j». TiT.t.

{:>) Ibi'l.. liH).

ce qu'elle s'épure , s'amende et s'élève à Dieu (1), ce qui n'a lieu que par la rédemption.

C'est une obligation des puissances sidérales de délivrer les âmes. Pour la remplir, le sauveur, le rédempteur Jésus-Christ est venu sur la terre et mourut sur la croix (2).

Jésus-Christ est de la vraie substance de Dieu comme toutes les Ames; n'étant qu'une émanation de la Divinité, il ne forme point une seconde puissance (3).

La morale des priscilianistes dérive tout entière de leur opinion sur la corruption de la matière, et spécialement sur celle du corps, qui sert de prison à l'âme, et dont celle-ci doit tâcher de se débarrasser à jamais. Cette morale est d'ailleurs d'un ascétisme outré ; elle condamne le mariage non à cause des liens, mais en raison des actes physiques soumis à l'influence des démons. Les priscilianistes s'interdisent les plaisirs habituels, jeûnent fréquemment et s'abstiennent de la chair des animaux {k).

Leur liturgie les distingue des autres chrétiens. lis administrent le ba|)tême avec des rites différents, et [)ermettenf aux ft-mujes et aux filles d'enseigner publiquement (5).

Priscilien, orateur très-distingué, eut à son début une très-grande influence dans les Gaules et en Espagne ; sa doctrine séduisit des évoques et des femmes. Mais deux conciles provmciaux proscrivirent sa doctrine, et saint .Martin, évêque de Tours, ne put le dérober au su[)plice |)ar ses prières. L'em[)ereur Maximin l'ut inexorable. Ce|)endant les priscilianistes se maintinrent on A(putaine et en Espagne. Le vi« siècle vit leur ruine, ou plutôt leur société ne fu» dissoute qu'après l'invasion des Sarrasins (Gj.

On comiaît peu la discipline et les rites de tous ces sectaires. Plusieurs d'entre eux existaient sans hiérarchie , comme on le [leul (trésunn^r des gnostiques (7). Les prisciliainsles, au conliaire, en avaient une; nous venons de le voir. La'pliiparl n'avaient pas (Ut temples. Les marcioniles et les vaii Dtiriiens n en eurent (pie lorscpi'ils hirenl très-nombreux, et les manichéens n'en eurent jamais (8).

Les gnoslinues célébraient avec soin le baptême (pii les initiait i\ la sagesse. Quel- I) les valentinicMis le dépréciaient. Les mar- • ionitcs (|ui tenaient au gn(»slicismo en «\aientjus(iir.'i trois (*.>j : le deiiiiiîr assurait <i l'initié l'élévation au ijleromtt ; mais dans

Ci)

solirc M

lit>. I,

Ibid., p. 7.H0, :,H\.

Il.i.l., 1». 7,H\.

Il)i<l., p. r.Hi.

lliiil., p. .'.84, 58."i.

ihi.l.

Ihiil., p. 7,«:;, 58G.

iliiii.. p. mi.

Tcrliil., (.0)11. M(ir<i<iii, lit),

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