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(élever rcspiit, et la riiair olle-niôine devra son airranchisseiiienl et sa résurrection glorieuse à cette humiliation passagère et méritée.
Ceux qui disent que la religion amoindrit l'homme et brise les ressorts de son Ame ne connaissonl ni la religion ni l'iiomme, à moins qu'ils ne soient d'insignes calomniateurs. Quoi de plus vil et de plus bas que Taction d'un valet qui usurpe l'honneur de son maître? Quoi de plus noble et de plus beau que les efforts d'un enfant qui veut se montrer digne de son père? Quel est le plus noble, d'un être abject qui s'entle et cherche à s'élever par le mensonge, ou d'un homme vertueux qui s'iiumi ie et ne croit jamais avoir l'ait qu'-lque chose de beau tant il a une haute idée de la verJu (!t du mérite ?
L'orgueil est la sf urce de tous les vices de l'esprit, ei le sensualisme, f[ue nous pouvons aussi appeler le fol anjour, est l'origine de tç»us les vices du cœur.
Tous nos vices et tous nos crimes sont les enfants bAtards du fol amour, ce sont les écarts d'une aspiration ignorante et détournée de sa voie; c'est la course de l'Ame sur un terrain sans consistance où elle plonge et se salit à chatjue pas. Ce sont les divagalions d'un espèce de somnambulisme éveillé et les vivions d'un inauvais rôve.
Quelque violente que soit une mauvaise passion, elle a toujours [)Our principe de ses erreurs une gratjde ignorance et une grande faiblessfî. L'être méchant, sans aulie intérêt que celui «le son antagonisme inconcevable et de la révoile éternelle contre Dieu, est heureusement impossible dans la nature humaine, et c'est pour(|uoi, selon nolresymbolisme catholifpie, Dieu [tardonm; tout aux hommes et ne [>ardorme rien aux anges.
Que l'enfer soit donc éternel pour I s dé- Hions, et fpj'il (htive l'être pour l'obsiin.ition de beaucoup d'hommes diaboliipjes dont je ïu: veux ni tu; puis sonder le nivstère, c'est là un des grands dogines de notre religion, et il serait impie d"en douter-. Le «logme de rélerfjité des jieim s d(; l'enfer est celui (pie les passions immaines r(!poussent avec le plus d'énergir-, [tarre <pie ce dogme seul |»eul les combailre avec ellicaciléet les vain- 4-re. Si en princijie et (;n réalité h; mal n'éiail pas éternellement inconciliable avec le bien, il n'y aurait uns de morale possible. Iw'i doctrine du (i.iiilMéisrrie,au moveri de laqiielh' on Tfîut saper par- la base le dogme rh; la justice divine en taisant de Dieu un tout fiui, après tout et à force d'être tout, s(î réduit h rien , ow une espèce île Saturne qui enfante élei riellemeiit pr>ur absorber ce qu'il produit, celle do<trine , disons-nous, est la né(|Çalion li plus formelle de tf»ute vérité religieuse, ï.a religion a nécess;iirement pf>urrarson flèlre un rapport de réciprocilé eiilre Dieu et rhoriime rpii constiliie en Dieu la gr/lee et «Jans riiomme la liljeité. Or la giAce ne se concilie avec, |,'i libr-rli- rpie p/ir la possibilité d'une résistance, et celle pr»s>iliilili';, une fors nrimitr:, nc(|uiert une puissance doxmalique dont la consérpj«-iice est I éter-
nité des peines de l'enfer. Autrement la liberté humaine servait une déception et un mensonge, la grAc^e un leurre , et la morale un piège tendu seulement aux esprits timides. Le vice et la vertu aui-aient des espérances égales, puisqu'en présence de l'éternité bieidieureus(! toute peine passagère devi'ait être comptée pour rien. Voilà ce que les hommes passionnés ne comprennent pas, et , connue ils n'osent espérer le ciel pour prix de leurs joies coupables, ils s'efforcent du moins d'éteindre l'enfer et de se réfugier dans le néant. Vaine espérance 1 le néant pour eux est partout, excefité dans leur tei'rible avenir 1 Le néant qu'ils cherchent, 1; néant qu'ils adorent, ils le trouvent dans leur's vains plaisirs. Jamais ils ne fiarviennent à jouir du fruit de leur criiue. En étouffant dans leur Ame le germe de la foi , ils y ont anéanti la puissance du bonheur et même de l'espérance. L'usage des passions, qui est une déception pour eux , les pousse innuédialement à l'abus, l'abus au dégoût et le déjAodt au désespoir et .\ la mort , à moins qu'alors la voix de la grAce ne se fasse entendre et ne porte le pécheur h brûler ce (ju'i' avait adoré, et h se soumettre sans nnirmure à toutes les austérités de la pénitence comme à toutes les rigueurs salutaires d'un dogme incontestable et éternel.
Ainsi, plus un homme est vicieux, moiiTS il jouit des voluptés dont il abuse et plustût il se dégoûte de la vie. C'est une Ame que Dieu poursuit, et q»ri est plus i)rès qu'on ne pense de l'héioisme de la veiiii. Je me délierais p'utôl d'un homme dont les vertus fausses et humaines ont lentement excilé et exaspéré les [tassions, que d'un libei'tin chez (pii la satiété engendre le dégoût. Tous deux sans doute peuverU pécher, l'un par surprise, l'autre par- liabilude ; mais le péché (h; l'un sera pfnit-êlre son pr-emier |)as dans le viieoù il s«; j)ré.;ipitera d'une ardeur effrénée, au lieu (pu; le nouveau crime de laiilre ajoutera u<\('. nouvc'lK' satiété à ses di'gfjûls, ou un nouvel aiguillon h ses leiiior-ds, et déiermirreia pent-êlre sou changement et sou retour vers Dieu.
Aussi le salut des grands péelieurs est-il une des grandes pré(»ccupation.s de notr'o é[iO(jue. L'I'iglise a gémi en regai-danl au fomJ des bagnes et des lieux de perditi(trr : car ell»! /l'a |iu s'empêcher d'y reconnailre (nicore ses (niranls.quehpKîl'ois les plus éiun'gupies el les p'iis rrgrcUi'S. Llle a pleui-é (le leur llélrissuie sans remède, (;l elle a demandé il l'aviniir du moins, une espérance pour h; repentir' de ces iidoi lunés, dont (die avarl seule le droit d'absoiidn; et d'ell'ac(M" les I rimes. Kn vain l'Iiypociisii! a pris le masipie d(* la uiorale pour dél'enilr(; les droils de 1,1 cbiourme et du mauvais lieu, Je.s droits lie la mist''ric(»ide pri'V.iudionl, pai'co (pie ceux-là seuls sont vérilablement des droits divins.
Ce sera un grand |)rogiès dans .a [iliilosopliie etdaris la science sociale, loisipi'il ser a reconnu nniverselliniieiil «pic hvs vices de
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i'homnio sont iios dé.^rad.Uions do son esprit etdesinnladi(>sdcsonr(Bur.I/h,vgiène morale orcompa^inMn alors la pi'nalité, l.c syslèiiu! pénilciiliaire sera dirigé vers des linsdign(>s d'une «.ociôli' viaiincnt mère et non niaràlrc. On rendra les eon|)al)les meilleurs en les iiislruisanl. et l'on s'ellorecra de ranimer cil" z eux rinU'Iligence et l'amour, afin (pie, délrompis de leurs cupidités insensées, ils coneoivcnt de nouveaux et|)lus heureux désirs! On le.s ramènera doucement h la raisori et h la piété , et leur expérience dans le mal leur deviendra utile pour se conserver dans le bien. Ainsi la société sera deux fois Uière et ne fera plus mourir ses enfants lorsqu'elle aura appris à les guérir. L'Iioiuicide moral suitout, le [)lus alfreux des homicides aura disparu de nos lois et ne se retrouvera plus dans nos mœurs; ainsi les hommes deviendront meilleurs par cela même qu'on le leur persuadera par des exeiu|)les beaucou[) jtlus que par des chAtiments et des menaces.
11 n'est guère de passion déréglée qui ne puisse conduire l'homme (pii s'y livre sans Irein aux })lus violents excès dans des circonstances doiuiées, et par passion déréghie j'entends toute espèce de fol amour. Notre amour est insensé loisipi'il se trompe d'objet et lorsqu'il veut protester co itre les lois de la nature. L'amour maternel lui-même, le plus saint et \r. plus b 'au de tous les amours humains, peut se chan^^er en passion déréglée s'il sort de l'or.lre et des conditions établies d'avance |)ar l'auteur de la nature. Nous devons aimer chaque chose pour sa (in légitime et son usage natinel, autrement nous nous fourvoyons, et nous |ir(!nons les moyens |»our la tin, et l'abus pour l'usage. Aimer un hotimie au [)oint de ne pouvoir lui survivre, (;'esl se faire un idole de chair qu'on ne sauvera pas de la destruction erï se sacriliant pour elle. La mort doit toujt>urs entrer en tiers dans nos arrangements d'amili('s connue un créancier ((u'il faudra solder avait tout, et ceux (lui se désespèrent de la mort de leurs [)ro;lies, semblent avoir follement [iremédité de faire banqueroute h la nature et de frauder les droits au cercueil.
11 y a deux manières d'aimer (jui constituent, dans la moralité humaine, l'es'sence (lu bien et du mal, l'amour d'ap|)roi)riation et l'amour de d •vouement, l'amour <le celui (pii dévoie et l'amour de celui <pii nt)urnt. L'amour du st'ducteur et celui de la inèie. Le piciiiier e>t une f lim aveugle (jui brise les objeis qu'elle convoit»- et ne s'en rassasie jamais (pie par la honte et le dégoût. L'autre est une ph-nitude divine qid s'épanche et (pii ne s'épuise jamais, parce (pie pfus ell(* se donne, plus elle surabonde, «yanl des rosouices inlinies. L'un est I appétit de la brut(!, rautr(! est le plus noble besoin d(î l'homme; mais tous deux ofit leur cause dans l'or. ne providentiel et leurs degrés sur ré( belle du progrès. Le vide l« nd J» l'absorption, et la plémtud" k relfusioii. L'amour de convoitise rs[ 1 inanition
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de l'Ame, l'amour de i.i.nveillancc est la preuve de la richesse. Pitié doiK; pour le5 malheureuv qui aspirent à aimer et qui ne jjeuve'il (|ue dévorer. Pitié pour ceux dont l'Ame est encore captive des sens au poiit (!(» sacritier toutes les iiobh;s exigences dt; la religiiin et de la justice à l'entraînement d'une émotion brutale! Pitié pourceuxipii n'aiment pas par une pure et sainte charité 1 [tarée (ju'une déception amère les attend au fond (le leurs jouissances brutales! Malgré eux ils aspirent à la vie humaine : et chacuruî de leurs aspirations a un trait qui les blesse, chacun de leurs plaisirs a un rire (jui les humilie. On n'échappe pas h sa destinée : ou ne remonte pas le cours du lleuve divin. Il faut marcher dans la voie du progrès, et ma. heur à ceux (|ui se cram|)onrient aux angles des roches et aux ronces, car la forc(3 (jui les emporie leur déchirera les mains : marche ! marche 1 dit à toutes les tètes du bétail humain un inexorable pasteur 1
La douleur est aussi le grand avertissement des erreurs humaines. C'est la sentinelle de la nature qui veille à l'observation de ses lois. Dès ([ue vous vous en écart z, prenez garde , vous allez soulfrir! Si vous attachez votre cœur h ce (jui passe, votie cœur sera déchiré; si vous l'entourez de co (jui peut se corrompre, il resjjirera la |iutr.'laction et lanL,uira vivant dans la mort. Si vous vous attachez au vaisseau (jue le ve il emporte et (jne la mer va engloutir, vous [)érirez dans son naufrage. Aimez donc ce (pii ne meurt pas, aimez Dieu dans les créatures, (jue la beauté soit à vos yeux un rellet de sa gloire et un sourire de son amour et lorsque le rayon se relire et s'etface, (jue votre amour suiv«i le soleil et ne pleure pas sur la itl.uitc é|)liémère (jui se décolore, car le soleil ne dis|)arait (jue pour renaître; demain son regard s[)lendide illuminera une Heur nouvelle : ainsi Dieu seulretul les h(tmmes aimables , ainsi lui seul en eux doit être chéri et adoré, lui (jui n'a jias comme eux d'i'iconstance ni d(! lassitude dans so i amour. O'i'nit aux êtres qu'il nous donne h chérir ui instant [tendant notre [)èlerinage, aimons-les [lour eux et non jias jiour nous. Ne nous a|)pro|)ri()ns pas leur cœur do 'l eux-mêmes ils ne sont [las les maîtres. Donnons-leur toute notre alfection, tous nos soins, tout notre dévouement, comme h des lu'ttes d'une nuit (jue le Seigneur nous envoie; mais lors(iu'ils I artenl, réjouisson nous, car ils retournent vers leur j)ère. Si nous les aimons, nous devons être heureui de voir s'abréger les jours de leur exil, et croire (ju'au sein de Dieu nous retrouverons d'une manière bien [ilus [larlaile, tout (e (jui n(ms |)lait dans ces frères tant ainns. (iar toute grA(M', toute amabilité, toute vertu sont (Ml Dieu, et si un seul retlel de tant do divine giAce embellit la terre (ju'il louche au jioint de nous la faire [)resque adorer, n'attribuons |>as i» la terre c»; ( haruie em|)runlé dont le soir la dépouille, et ne redemandons I ieii h la ceuire (jui s'est r.froidie, croyons au soleil et (\s, éronsl
PASSIONS
l'ASSIO.NS
Myis il vst bien [ilus facile de prévenir le ft)l amour |)ar la loi en Dieu et en l'innnorlaiité de l'ûine, que de le guérir lorsqu'il s'est emparé du cœur. Comme la vie morale de l'homme est tout entière dans son amour, une passion déréglée qui nous domine est une maladie mortelle ; mais notre âme est comme le phénix, elle ne meurt que pour renaître. Ainsi quelle consolation pmis-je donner à ceux qui souffrent les angoisses irrémédiables dune grande passion malheureuse ? Je me tairai devant eux comme les amis de Job firent penda:nt sept jours en pleurant avec leur ami. Mais s'ils n'espèrent r)lus,j'esi)érerai pour eux, et[)uisque Dieules laisse souifrir,je croirai que leur souHrance est salutaire, et qu'à force de déceptions leur âme sera enfin ramenée à uu salutaire repentir.
Il est surtout une passion immense dans ses abîmes comme la mer, et terrible aussi dans ses orages. Les anciens l'avaient bien r»f^nsé, lorsqu'ils faisaient naître Vénus de l'écume des fiols agités ; cette passion, que le christianisme est venu combattre par la chasteté, attaque les principes mêmes de la vie tant spirituelle que physique. Aussi ses égarements sont sans remède, sa tristf*sse est le désespoir de l'enfer, elle blas- (ihème les délices du ciel. Si Dieu a révélé aux âmes leur immortalité, c'est surtout dans les victoires sur l'amour; mais à cette passion fatale il a donné aussi la clef des plus épouvantables mystères. Les fureurs de la jalousie conifirennent seules la danniation éternelle et s'en réjouissent, parce ({u'elles cherchent d'un coii[) d'teil le fond de la vengeance et ne le trouvent pas.
Plus un bien est |)récieux, plus sa perte nous est douloureuse; mais la vie de l'homme avec tous ses biens les plus chers ne sont rien sans la charité. Salotnon l'a !)ien dit : Donnez tout ce que vous possédez pour la charité, et vous l'aurez achetée pour rien. Sans elle nous n'avons que îa moitié d'un creur, et le regret est pour nous comme une blessure qui saigne et par laquelletoule notre existence s'en va. L'homme qui n'a pas de charité est nécessairement r.lus barb-ire (pie le sauvage. Le livn; des l'irmcs est fermé ((Our lui, il ne Sàit pas plaindre, parce que, n'ayant jamais été malheureux, il ne sait r)as souffrir: il se f.iji un,; uf,'.. tendue vertu ne son insensibilité slupide, et il ose f/lfrir h Dieu ce qu'il apfx-lle son *-«niir, comme si son Dieu, ,'i lui, était cet horrible Saturne, ,'i qui jadis, selon la fable, une mère, pour sauver son enfant, donnait une pierre k dévorer I
Avant de savoir employer le feu h Irturs usages, les premiers honmies, sans doute, furent .souvent victimes de co terrible élément. Or le feii est l'ima^^r; malérielb; de la passion ; une étincelle l'allume, ini soufH»; l'agrandit; elle envahit tout ce qui neut l'alirrienler et ne laiss<! après ellerpierfes ruin«;s fît de Ia cendre. Si sr>n délire trouble les sens, il absorbe en lui seul foules nos forces vi- Drr.m.iN. i>h: Liii^ntiiiir riinKr.
taies et les biisc; s'il monte ju.-qu'à l'àme, il en saisit toute l'énergie et en trouble toutes les pensées. C'est la triste puissance du mal qui nous touche, il faut ployer la lèto soussamaiiT; l'art antique nous a montré Hercule filant aux pieds d'Omphale, et le Centauredompté par un enfant; c'est quel'humiliation est le premier frein donné à l'orgueil de l'homme et à sa force brutale. Le géant superbe est tombé comme un oiseau dans le filet tissu des cheveux d'une Dalila, le péché a enveloppé ses membres invincibles comme une tunique dévorante qu'il ne peut plus désormais arracher qu'avec des lambeaux de sa chair et de sa vie. U faut un bûcher pour délivrer Hercule du feu qui le consume; et les ruines d'un temple sous lesquelles il s'ensevelit, suffisent à peine pour ésouffer dans le cœur de Samson les regrets d'un indigne amour. C'est ainsi que la force animale se brise dès que l'âme révèle sa puissance :or, si dans quelque chose de matériel on peut sentir la naissance de l'immatériel et de l'immortel, n'est-ce pas dans les triom])hes de l'âme sur la passion et sur le feu étrange qu'elle fait circuler dans nos veines avec l'impétuosité de la foudre! L'amour chaste est le vainqueur du monde : il venge les faibles en faisant triompher la faiblesse, et il révèle la toute-puissance paisible de Dieu dans le triomphe de la beauté éternelle.
Déjà la beauté sensuelle était vaincue par le spiritualisme naissant : Psyché avait ravi les adorateurs de Vénus et avait niérité, par l'expiation, d'être l'épouse de l'Amour dont Vénus n'était que la mère. Le christianisme tout entier a[)paraissait déjà sous les voiles transparents de cette fable si touchante, lors- (jiie fut révélée au monde la chasteté du fils de .Marie. L'âme se livra alors contre la chair à une sorte de vengeance, et, comme tous les esclaves récemment libres, elle se montra h .son tour inflexible et cruelle. Le devoir sacré de l'union conjugale fut jnesipie fiétri, et l'Kglise eut à détendre la saintelé du mariage. Le bruit se répandit que le monde allait finir. Ln coupable mouvement du cœur fut expié par des années de jeûnes et de larmes : Jérôme dans son désert s'indignait de sentir .sa poitrine palpiter encon; aux souvenirs de Home, et voulait, à coups do pierres, chasser les passions (h- son c(jeur Ici des religi('uses se mutilent elles-mêmes; là c'est une vierge (piisecrève les yeux poulies punir d'avoir troublé le cu-ur d'un jeune chrétien. La folie de la cioix triomph(!, mais au pied de la croix [(leunîr't se régénèn; Madeleine la pécher('sse. Le céliliat volontaire va fa:re cesser la distinction des sexes, l'éinan<:ipalion fie la ff;riime commencera dans les monastères, jiistpi'à ce (pu; le fondateur fie l''f)nlevraiilt en vienne enfin à sf)iimellre les hf>nim(;s au gouvf!rmniieiit do la femme, et à donner une mère spintuelleà des frères et il des so'urs unis enseiiibl(;i)Our servir Dieu
Ainsi le cfi-ur fut régénère par la pénitence mênif! (pii semblait devoir l'éteindre : la cfMiipresMOii produisit l'oxfiansion en sfins
PASSIONS
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ronlrairo, et la -lAco abonda oCi le diMil avait n'-Mu''. Dion avant sauvé les hommes, il les in^truisil poui- dii ii^er leur airrnncliissemeiit, et le tulle c.alholiiiue acheva la création moialtî yW lafonuue; sous la prolectio-i de Marie, mie nouvelle épouse fut oiTerte ii )n plus au sens ,|e l'homme, mais h son Ame et h son c(L>ur. Vinsi l'étpiilihre fut établi entre le corps et i'espril, entre les sens et TAme par une réaction égale à la chute, et le véritable amour fut enfin révélé tout entier h nos cœurs.
Marie est vierge pour protester coitrc la débciuche, mais elle est i...ôre pour donner Texemple de la charité; en elle se trouve le Ivpe de la femme parfaite, narce qu elle est mère de Dieu. Ainsi c'est d'elle (lue les mères doivent apprendre à aimer leurs enfants, te n'est pas pour s'en faire h elle-même une jouissance que Marie aime son Jésus ; elle l'aime pour Dieu et pour lui. Elle ne songe pas ii l'éloigner des dangers de sa vie apostoli.nie : et sur le Calvaire ou il meurt, ele a le courage de se tenir debout au pied de la croix, et de partager ainsi son sacrifice.
11 n'y a que deux manières d'aimer, l'une imparfaite et mensongère, c'est d'aimer pour son i)roprc bonheur ; l'autre plus vraie et plus Kénéreu^e, c'est d'aimer pour le bonheur de ceux qu'on aime. Un philosophe chagrin me (lira peut-être (pi'il y a de l'égoisme aussi dans le dévouement, parce que c est une volupté délicate et généreuse que de se dévouer pour ce qu'on aime. Je ne veux pas contester sur les mots : si la générosité est un é"-oisme, soyons égoïstes ains', c'est tout ce que je prétends en écrivant ces nages. Substituez donc les pures et chastes délices du dévouement aux voluptés brutales et amères de la passion. Voilà le but du moraliste. Et sachons bien que tonte alfection qu'on absorbe en soi constitue une séduction et une tromperie. L'homme n'est pas fait pour aimer ainsi ; et servir de jouet ^ un C(eur (Mii s'égare, c'est une sorte de prostitution morale. Aussi un instinct sacré nous avertit de ne pas céder à un pareil amour. Voyez les mères (pii gAtent leurs enfants, pour inc servir de l'expression consacrée par l'usage vulgaire ; ces femmes se font une idoie de l'amour de ces petits êtres, au point de ne pouvoir 1(;:> perdre un seul instant, ne fût-ce qu'en apparence. Elles aiment mieux les laisser se corrompre (pie de les rontrister. Elles ne les aiment donc |)as, elles s'aiment elles-mêmes, ou plutôt elles ne savent riiMi aimer, elles ne savent que jouir de la molle volu|)lé des caresses qu'elles achètent au pri\ de leur devoir, et, par une juste punition de leur faute, elles sont méprisées de ceux pour qui elles s'avilissent; le oeur même de leurs enfants se révolte de tant de bassesse et répudie les mères faibles et sans amour qui ont peut-être encorelafollc prétention de les trouver ingrats. C'est surtout en alfection que nous ne voulons pas être exploités. Le droit (pie l'on prélève sur nous, nous dégoûte bien vite de celui que no-is pouvons recevoir en cchang»'.
Le dévouemi'ut soûl attache, unis !a passion (jui enivre d'abor I fatigue bientôt et rassasie. Alors commence une guerre d'égoisine où le plus faible cesse le premier et s'indigne d'être vaincu. Uneamilié à latpielle nous ne pouvons plus répondre nf)us gêne plus (pi'une amitié h laquelle les autres ne réponilent pas, et cela est tellement dans la nature, que les animaux domestiiiues fuient eux-mêmes et prennent en aversion ceux ([ui les caressent uniquement pour s'amuser. Notre affection veut être libre, et s'ennuie des devoirs (pi'on lui impose par intérêt.
Que les cœurs malheureux profitent d»
ceci ; car s'ils ne sont pas aimés, c'est que l'objetest indigne d'eux, ou qu'ils sont indignes (le lui, et dans les deux cas, le bonheur de l'union serait impossible. Ils sont tourmentés d'un mauvais rêve, et si la raison pouvait être compatible avec leur folie» ils auraient honte et pitié d'eux-mêmes. Je sais (lue tout ceci est facile h dire à ceux (lui ne soulfrent pas, et qu'on ne raisonne plus avec un mal devenu extrême. Qu'on gémisse donc lorsqu'on en est là. Je parle seulement pour ceux qui se sentent encore un peu de force poursurvivre à leur déception. La passion se prend d'abord aux choses matérielles et positives, elle passe de là aux personnes et va ensuite aux choses vaines. C'est là sa marche dans les âmes noblement organisées; dans les autres, le mal agit en s(Mis contraire. S'il commence par l'ange déchu, il tinit par la brute; son origine est un rêve, et sa (in est la mort, et il ressemble ainsi à l'iviesse causée par l'opium.
C'est là le jdus cruel ennemi de notre liberté morale, c'est le père de toutes nos illusions et l'auteur de tous nos mensonges; mais c'est un père qui tue et dévore ses enfants. Il ressemble à ces maladies violentes (jui consument toutes les humeurs malfaisantes et (pii alfermiss(Mit pour longtem[»s iasanté, lorsqu'elles ne donnent pas la mort. Si nous crovons à Dieu et à rimmortalilé de notre Ame," les passions ne seront jamais [)Our notre vie un poison sans antidote, parce (pie le désespoir nous sera impossible, et (jue tous les maux sont tolérables à celui qui espère encore.
Ainsi la religion remédie aux maux que causent les passions aveugles, et utilise tous les bons et généreux attraits qu'elle émancipe cl (pi'elle conserve en les sauvant de la dépravation (pu les conduisait à la mort. Aimer Dieu, aimer nos frères, telle est noire destinée et notre vie. Aimer noire néant à la place de Dieu, c'est l'orgueil, (]ui est le suicide de notre grandeur morale. Aimer notre [ilaisir aux dépens du bonheur des autres, c'est le sensualisme ou le fol amour, qui est le suicide de noire bonheur. Pour satisfaire à ces deux mortelles chimères, l'homme veut s'approprier le monde, et do là vi(<nnentles d(>ux cupidités loiyours avides et toujours dé(;ues (pii bouleversent la société humaine : l'ambition et l'avarice.
Au désir d'acciuérir se joint ordinairement la crainte de perdre. L'égoïsme et li-
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