‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 196 sur 233 · PALI. IN · texte numérisé non relu

PALI. IN

usl vrai, que tout n» qui est lionnt^to, que tout ce qui est juste, que tout ciMjui est saint, que tout ce qui est aimable, «pie îout ce ([ui est (ic bonne rônutatiou, que tout ce qui est vertueux, que tout ce ([ui est de bonne conduite , soit l'objet de vos pensives. »

Saint Paul résume ainsi en peu de mois la doctrine d(> la charité, et veut que les vrais chrétiens soient joyeux et aimables. Toute la douceur de saint François de Sales, toute l'élégance niftme de Fénelo'i sont en germe dans ce passage du grand A|)ôtre, (pi'o'i n'accusera certainement pas de relâchement et de faiblesse. Après VHpUre aux Philippiens, il faut citer le beau chapitre de la première aux Corinthiens, (jui contient un éloge célèbre de la charité.

«Quand je parlerais les langues des hommes et dos anges, si je n'ai i)oinl la charité, je suis comme l'airain qui résonne et comme la cymbale qui tinte. Et quand j'aurais le don de pro|)liétie, et la connaissance de tous les mystères, et toute la science; quand j'aurais raème toutt> la foi, en sorte (jue je transportasse les montagnes, si je n'ai la charité, jolie suis rien. Et (juand je donnerais tous mes biens pour la nourriture des pauvres, et quand j'abandonnerais mon propre corps pour être livré aux flanunes, si je n'ai la charité, cela ne me sert de rien.

« La charité est patiente, elle est pleine de douceur; la charité n'est point envieuse, elle ne fait rien de mal à [iropos, elle ne s'enfle point. Elle n'est [loint ambitieuse, elle ne cherche point ses propres intérêts, elle ne se met point en colère, elle ne pense jioint le mal. Elle ne se réjouit point de rini(|uité, elle reçoit un extrême plaisir de la vérité. Elle endure tout, elle croit tout, elle espère tout, elle supporte tout.

« La chanté ne s'éteint jamais, soit que les projjhéties cessent, soit que les langues prennent fin, soit que la science soit détruite. Car nous ne connaissons ([u'en partie, (;t nous ne prophétisons (pi'eii partie ; mais quand ce qui est parfait sera ariivé, ce qui n'est qu'en partie cessera.

1 Quand j'étais enfant, je parlais comme un enfant, je sentais comme un enfant, )0 |)ensais comme un (,'nfanl; mais lorscpic je suis d(>Tenu homme, j'ai (juilté ce <pii était de l'enfancj'.

« .Maintenant nous voyons par un miroir, en énigme; mais alors ce sera face h face. Je connais maintenant en parlie ; mais alors je connaîtrai ainsi 'pie je suis connu.

« Maintenant nous avons ces trois choses, la foi, J'esp(''ra!ice et la charité ; mais la plus grande de ces trois c'est la charité! »

Quant aux vertus de force, de teni|)érance, de prudcice et de justice, saint Paul les recommande dans toutes ses E|)ilres, et en fait la base de sa morale pratiipn*. L'ennemi du salut est commi' un lion rugissant qui tourne rherchaiil (picliprun à dévorer; il faut lui n'-sisier en se tenant fermes d.ms la loi. Il faut se gardiT avec soin des faux fières et des faux do( leurs; il faut 'ievnr la chair de

toutes les délices illicites ; il faut être sobres et chastes, comme il convient aux niend)rcs de Jésiis-Chrisl. Il faut prendre exemple sur saint Paul, qui accomplit dans sa chair ce (jui maïKpie aux souffrances de son maître; sur saint Paul, qui châtie son corps et le réduit en servitude. Il faut veiller et j^rier, rester toujours modeste et détaché des choses de ce monde, dont la ligure passe comme un rêve. Il faut par-dessus tout être juste, en rendant <^ chacun ce tpii lui est dû : l'ol)éissance aux |)rinc(vs, aux maîtres, aux pères et aux époux, la justice aux inférieurs, la tendresse et la protection aux femmes et aux enfants, la charité h tous. Nemini quidqunm dphmtis, niai ut inviccm dilifjntis. Telle est en abrégé toute la doctrine de saint Pa\il, qui est la doctrine chrétienne et catholique.

Les médiocres beaux-esprits du temps des précieuses ridicules trouvaient du galimatias dans Pindarc, dont ils ne comprenaient pas le génie. C'est ainsi que les cicéroniens du Bas-Empire et les vollairiens de notre époque ont d\\ et doivent encore traiter saint Paul de barbare, eux qui sont forcés toutefois de rendre justice à Bossuet, qui est en littérature un simple disciple du grand Apôtre. La langue de saint Paul est elle-même une création de son génie : l'idée, chez lui, fait violence h la forme ; c'est la révélation incarnée, c'est le génie humain spiritualisé et divinisé par la foi. Saint Paul serait un sublime artiste s'il n'était pas un grand prophète, un philosophe transcendant, un politique profond, et le plus grand de tous les apôtres. Ses quatorze EpUres sont des esquisses de grand maître qui donnent le plan (le tout un monde.

Les EpUrcs A Timothéc et à Tite contiennent les règles de la vi(î sacerdotale, et VKpUie à Philémon est une preuve de celte tendre charité (pie r.Vpôtre fait voir dans son KpUre aux Phillppims. Il a conv(rli Onésime, cl cet esclave atlVanchi par le baptême est, comme il le 'dit, « l'enfant de sa captivité : » Pro filio meo, qucin gcnui in vincutis, Oncsimo. Il h» renvoie i\ IMiilémon et le réconcilie avec celui ipii était son maître et (/ui est devenu son fière. Celte lellre du saint prisonnier est courte, mais elle contient tout un épisode digne du plus b(>au siècle de rKglis(>, et la conversion d'Onésiine eiU pu fournir un récit admirable h l'anleurdu Génie (lu christianisnir et des Marli/rs.

PAULIN (saint), — est une des plus belles illustrations de la lillérature du iv siècle. Né d'nn(» famille palriciinine, il avait [>our père un préfet des (laules (pii fonda la petite ville d(> Bourg, sur la (laronne. Il eut jmur |>récepleur le poète Ausone, et montra de bonne heure les [>lus remarcpiables dispositions pour la poésie et l'éloipience. Il ('pousa une jeune fille espagnole, noimuée Tlu'rasia ou Thérèse, plus rc'commandablc encore par son mérite personnel (pie par sa naissance et ses richesses. Il fut élevé h de grands emplois, dans les(piels il s(> com- |>orla toujours avec une sagesse et une prudence qui lui valurent bientôt l<i plus haulo

PAULIN

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