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coiisidoralion dans l'Etal. Sa {>iété ne devait l'as le rendre moiîis recoiumandabJe dans l'Eglise. Dans un de ses voyages, il lit connaissance à Milan avec saint Ambroise, h Vienne avec saint Martin qu'il y rencontra, et à Bordeaux avec saint Deljjhiii. 11 puisa dans le commerce de ces grands hommes le goût d'une philosophie transcendante et d'une grande littérature dont il n'avait pas encore eu l'idée. Saint Delphin le détermina et le prépara lui-même à recevoir le baptême. Sa femme Thérasie l'encouragea dès ses premiers i)as dans la voie étroite des commandements évangéliques, et leur enfant, Tunique fruit de leur union, étant mort huit jours après le baptême de son père, ils résolurent tous deux de vivre désormais dans la continence : ils vendirent tout ce qu'ils possédaient et en donnèrent l'argent aux pauvres, ne se réservant que la retraite et la pauvreté. Toutefois saint Paulin fut obligé d'accéder au vœu du peuple et du clergé de Barcelone, qui voulurent l'élever malgré lui à la prêtrise. 11 fut donc ordonné à l'époque des fêtes de Noël de l'an 393. Quelque temps après il s'enfuit de Barcelone, où il se trouvait entouré de trop de vénération ; il se rendit à Noie et se cacha près du tombeau de saint Félix, se faisant le gardien et le portier de l'église où étaient renfermés les ossements du martyr. En iOl), le siège de Noie vint à v.ifjucr, et l'on y éleva saint Paulin, malgré sa résistance et ses prières. Un grand nombre de ses ouvraj^es ont été perdus. Il composait tous les ans un poème anniversaire en l'honneur de saint Félix de Noie, qu'il avait choisi pour son protecteur et son modèli-, et il nous reste encore (juatoize ou quinze de ces i»anégyiiquesoù l'on retrouve h-s |»rinci|)ales ciiconslances de la vie de saint Félix. Les leltics dâ saint Paulin avaient, au jugement de saint Augustin, une gr.lce et une ondion loutts (i.irti'Mjlieri-s. Il ne n'xis en reste plus (pie citiqujute. On y trouve |)lus de simplicilé cl de naturel (pie dans ses autres écrits, [)arce (pie ses lettres étant des éj)anchemenls de son (;(eur, étaient comjiosées avec moins d'art. L': style de ses poésies est a.ss».'Z pur {*our son siècle, mais il maïKpu! de caractère, (.-t on (>ouiiail le (•ompar('r aux (jeinliircs des catacombes, où les personnages de l'Ancien et du Nouveau 'l'estaïutnit »onl invariabUniient représentés couverts d(; la l'jge roniriiiK;, rasés et tondus à ranli(pie. La |»(iési(j nouvelle n'avait jias encore cr(-é à celle ép'Hpie son langage et sa pnjsodie ; les [locles chrétiens se servaient encori; , faute de mieux, des vieilles traditions poèiKpies de rèc(de prof/uie enseignées par les rhéteurs de la d(;(;aden(:e. Le christianisme n'avail pas t-n encoie son siècle d'Auguste, el loule une lillérftlur(; ne s'improvise pas en un jour. Il nous reste de saint Paulin, oiilf •; les p(i( mes anniveisair(;s .sur la vie di- Mint Félix de .Noie, un récit en vers du mar- Ijrre do saint (jenès d'Arles, et un beau di«,coiirs sur raiiiiiAne. Saint J(^r(uiie paih? av(M; élojfc d'un (ianégyri(|ue du grand Thèodose,
que nous n'avons })lus, et où saint Paulin avait mis en œuvre toutes les ressources de son éloquence naturelle et de sa grande science oratoire. Saint Paulin mourut le lundi 15 juin de l'an 431, âgé d'environ soixante-quatorze ans, précisément le même jour où l'impie Nestorius fut condamné au concile d'Ephèse.
PELLICO (SiLvio). — Le nom de Silvio Pellico est si généralement aimé et estimé, qu'on est dispensé de faire l'éloge tant du littérateur que du clirétien. Ce ciu'on peut en dire de mieux, c'est que le littérateur doit plus au chrétien que le chrétien au littérateur, et qu'on doit l'estimer heureux d'avoir pu mettre un esprit aussi élégant et un génie aussi tendre au service d'une foi si vive et d'une modestie de cœur si sympathique. Son livre intitulé Mes Prisons a été accueilli comme une protestation contre la mauvaise littérature de son siècle. On était en etlet tellement fatigué des tableaux assombris par la haine où l'humanité est montrée sous le jour le plus odieux, que le livre de Silvio fut accueilli comme le sourire d'un ami après un mauvais rêve où l'on s'était vu entouré de traîtres et d'assassins. Une parole douce et évangélique semblait une nouveauté au milieu de cette littératured'enfer, et l'on en fut d'autant plus touché, que l'auteur du livre avait plus à se j)laindredes honnnes. On s'attendait naturellement à des imprécations de la part du prisonnier du Spielberg, et l'on trouvait un homme paisible, résigné, ramené h Dieu {)ar l'adversité, [laidonnant le mal et ne voyant que le bien chez tous les hommes. Or il y a dans ce sentiment (juel([iie chose de si vivii au fond el de si juste, (|ue tout le monde h; comprit et en sut gré au bon Silvio Pellico ; car les bons cœurs ont de la peine à croire aux mérhants, surtout à ces méchants qui n'ont rien gardé de bon et d'humain. Les hommes sont si insensés el si malheureux, ils s'égar(M)t si facihniient, ils tinnlxnil si souv(,'iit, (pie c'est une iiii|»iélé d"(!\agérer leurs fautes et de n'être allcnitif (]u';\ leurs chut(;s. La liltéralure satani(pi(! (h; l'école de Byinjii n'est pas s(nil(Mn(nii mauvaise au point de vue; moral, elle est mauvais(! /lussi parce (lu'rlle est fausse, el (pu; le faux, on jtoésie même, ne ptnit jamais être beau. Les iioiiiines absoliiiiiinit méchants sont aussi rar<,'sque h-s hommes pailaileiiKnit v(n'lueux : la masse Hotte entre ciîs deux (ixlrêmos , faisant mollennnil le bien ^d h; mal, partagée entre rins(iucianie el le regret, niais gardant toujours i|uel(pi(! trac(; mal ellacée d(; l'image de I)i(Mi. Or c'(!Sl à ces liac(;s seulement (jue Silvio a voulu .jugin* les hommes : il j<;tle un V(jile Iraleinel sur les misères humaines, et ne regarde; ipie le C(M('; divin (h; toutes les AiiK's. Aussi aime-l-on l'auteur des PriiOHK comme un frère , comme nu ami ; on sent jxjiir lui. en écoutant s(!s confessions, une conlianc(; iéeiproqu(!, et cha- ( un voudrait r(niieltr(r son c<<*ur entre des mains anssi soigmnjsemenl bi(Mivoillnnle.s. Le succès de Silvio Pellico a donc éié non