‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 200 sur 233 · PEU ES · texte numérisé non relu

PEU ES

PERFCS

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ternir scldii la coutume do l'P'^liso. î.e jour suivant (H.tmI venu, a-. \no.xï\ hiMilier no voulant rien ponlro de la succcssiou de celui (|ui était mort sans faire de testament, prit pour soi In tunicjue ipi'il avait tissue de SOS propres mains avec des feuilles de palmier en la n)ôme sorte (jue l'on fait des paiii(>rs d'osier ; et retournant ainsi h son monastère , il conta particulièrement h ses disciples tout ce qui lui était arrivé, et aux jours solennels de P;\ques et de la l*enlecùle, ne man(piait jamais de se revêtir de la tuni(jue du bieiiiieureuv Paul.

« Je ne sau^ai^ m'emp<''clier, sur la tin do cette histoire, de demander h ceux qui ont tant de biens qu'ils n'en savent pas le comjtto, qui bâtissent des palais de marl»re, qui enferment dans un seul collier de diamants ou de perles l(! prix de plusieurs riches héritaj^es, ce (|ui a jamais manciué à ce vieillard tout nu. Vous buvez dans des coupes de pierres [)récieuses , et lui avec le creux de sa main satisfait au besoin de la nature. Vous vous parez av(M' des robes tissues d'or, et lui n'a pas eu le plus vil h.ibit ipreùt pu|)i)rlerle moindre de vos esclaves. Mais par un changement étrange, le paradis a été ouvert à cet houmie si pauvre, et vous avec votre magnilicenee serez précipités dans les tlammes éternelles ; tout nu qu'il était, il a conservé celte rob.' blanche dont Jésus-Christ l'avait revêtu au baptême ; et vous avec ces habits somptueux , vous l'avez perdue. Paul n'étant couvert que u'une vile poussière, se relèvera un jour pour ressusciter en gloin; ; et ces tond)eaux si é(ahonrés et si supeibes qui vous enferment aujourd'hui, ne vous empôrheront pas de brûler misérablement avec toutes vos richesses. Avez pilié dc' vous-mêmes , je vous prie, et épargnez au moins ces biens que vous aimez tait. Pour(]uoi ensevelissez-vous vos morts dans des draps d'or c' de soie'? Pourquoi votre vanilé ne cesse-t-elle pas même au milieu de vos soupirs et do vos larnus ? Kst-ce (|ue vous croyez que les cor|)s des riches ne sauraient pourrir (pie dans des étoiles i)récieuses ?

« Qui (pie vou.s soy(!z (|ui lirez ceci, je vous conjure de vous souvenir du pécheur Ji-rAine, iecpuW, si Dieu lui eu avait donné le choix, aimerait iiu om|)arableiuenl mieux la luni(|ue d(! Paul avec ses nuTiles, (pie la jioiirpre desroisavec toute Icui jniissancf. » Terminons et (omplélons ces citations par la Vie de saint Abraham, ce chef-ild'uvre de saitit Kplirem. Il > a, comme nous l'avons déjà dit, dans celle histoire, le sujet d'une belle action dramali(pio dont les situations et les scènes sont toutes tracéivs. Le dialogue delà scèiu! priiK ipale est d'une .simplicil('' touchanle cjui rappelle la jtarabob; de 1 (n liant prodigm^ cl (pii tire les larmes des yeux ; le commenceiiHMit de la Vie «le saint Abiaham est comme le prologue d«! ce mystère, et nous le donnons ici pour ne rien (Mer à ce bel ouvrage, (pu est, selon nous, une des pages b-s plus touchantes de la lilléraluie du dcscil.

En Tir de «alnt 4hr.ih.iin , NoIKnIrc , écrite par snint Kphrcin, diacre.

AVA>T-Pn0P0S.

Je désire, mes frères, de vous raconter quelle a été la sainte manière de vivre du |)arrait et de l'admirabhî Abraham, (jui a comuKMicé et tini de telle sorte (pi'il s'esl nnidn digne d'une gloire perpétuelle. .Mais lors(Mieje me représente toutes ses vertus, rexlrême disproportion 'fue je Iroiive entre les excellentes (pialilés d'une personne si accomi)lie et l'insuHisance d'un homme grossier et imparfait comme je suis, me fait appréhender d'écrire une histoire si pleine de merveilles et si féconde en perfections ; car comment peut-on représenter, avec d'aussi mauvaises couleurs que sont les miennes, l'image d'une sainteté aussi extraordina ro et aussi é(-latante qu'était la sienne? Mais, (luelfjue incapable (pie je sois, je m'elforcerai (le faire en partie ce (pie je ne saurais faire entiènnuenl, et lAcherai, selon mon peu do |)Ouvoir, de parler d'une homme (\u\, ayant mérité d'être surnommé le second Abraham, no saurait être assez dignement loué [lar les paroles des hommes. Il a vécu de notre temps: il a mené sur la terre une vie tout angélique; il a mérité par sa patience la gloire du ciel, en souH'rant comme un diamant toutes les é[»reuvcs imaginables; et d'aulantipiedès sa jeunesse il a conservé sa virginité et, comme un vaisseau sanctitié. s'est olfert ,\ DitMi avec une pureté extrême ; il est devenu le temple du Sai ni -Esprit, et s'est rendu digne (le le loger dans son ;lme.

CHAriTnF. PREMiicn. — Le pirr d'Ahrahnm l'di/nnt marié contre son (jré, parce qu'il avait (Irs.srin de vivre dans la cnntinince, il quitte sa femme par inspiration divine le jour de ses noces, et s'enferme dans une cellule, oi) il vivait avec une très-grande perfection.

I.e bienheureux Abraham eut pour fièro et pour mère des [)ersonnes fort riches, qui, l'aimant avec une tendresse si extraordinairo (urelle allait aiidel.\ de toutes bornes, l'accordèrent, lorsqu'il n'était encorcî (pi'un (nilant, h une jeune lillc, et avaient uii(> impalienco extrême de le voir élevé h queUpie dignité séculière. Mais ses senliments étant fort éloign('s des hnirs, aussitcM (pi'il entra dans la j(ninesse, il fré(pienlait avec assiduité les assemltlées ([ui se faisai(nit aux »'glises. où il écoutait av(>c joie et att(Milion tout ce (pie l'on y récitait do l'Kcriture s.iinle, et le conservait do telle sorl(» en son C(eur, que lorsqu'il était d(> retour il le repassait sans cesso dans sou esprit par une médilalion continuelle.

Quand ses parents jugèrent quil (-tail temps (ra('c(unplir ses noces el le pressèrent de s'engager dans les lien.s du mariage, il lo refusa au commencement; mais enlin, no pouvant résister h leurs violentes et continiudles instances, il fut contraint de s'y r(nidre. par la honlo (fu'il avait de leur désobéir. AiiiM les noces furent célébrées, et après

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(l'S festins qui dureront sept jours entiers, la mariée ayant été mise dans le lit, il sentit reluire en son cœur un rayon de la grAce de Dieu semblable à un rayon de lumière, lequel considérant comme un guide qui le devait conduire dans l'exécution de son dé- «.ir, il se leva aussitôt pour le suivre, sortit de la ville, et trouvant à deux milles de là une cellule où il n'y avait personne, il s'y arrêta et y loua Dieu avec une joie nonpareille.

Ses parents et ses voisins étant extraordin .iremenl surpris de cette retraite, lallèrent clierclier de tous côtés, et au bout de dixseiit jours le trouvèrent en oraison dans cette cellule. Le bieidioureux Abi-aliam, les voyant dans un merveilleux étonnement, leur dit : Pourquoi me regardez-vous avec tant d'adrairafion? Rendez plutôt grâces à Dieu de son infinie miséricorde, (jui m"a retiré de la fange de mes iniquités, et priez-le pour moi afn au'il me donne la force de porter jusqu'à la mort ce joug si doux qu'il a daigné mettre sur mes épaubs encore que j'en sois très-indigne, et que je puisse, en accom[)lissant sa sainte volonté, me conduire de telle sorte que je lui sois agréable en toiitfS choses. Après l'avoir ainsi entendu [>ar)er, ils consentirent lous à son désir, et il les supplia de ne l'incommoder pas souvent sous prétexte de le venir voir. Lorsqu'ils furent partis, il boucha l'entrée de sa cellule, et s'enf rrna ainsi defJans, ne laissant fju'une très-petite fenêtre par oii on lui apportait à manger à certains jours.

Aujsi son esprit étant éloigné de toutes les distractions et de lous les troubles du siècb', la gràre de Dieu y répandait sa lumière. Il s'avançait de jour en jour dans une vie sainte : la continence servait comme de fondement à tontes ses autres vertus: il s'exerçait à l'humilité et à la charité, et ses veilles et ses oraisons étaient accompagnées de ses larmes.

Le bruit de sa sainteté s'étant ré[)andu dans tous les lieux proches, ceux qui en (entendaient [<arler venaient de tous côtés |)Our le voir et f»roliter de ses discours, et Dieu lui dormait avec abondance la parole de sagesse, de science et de consolation, laque-l:»;, comme un flambeau lumin«;ux, éclairait les esprits des personnes qui l'écoulaient.

(.ïixriTHi. II. — Son pire cl sa jiiêrr étant morts ft lut ayant laissé heauconp (le bien , i7 le ftl donner aux pauvre» sans sortir de su Molitude , où il tirait dans une ertréme pauvreté net ompafjnée de plusieurs ijranûes tertui.

Douze ans après qu'il eut en celte manière quitté le monde , son père et sa mère moururent, et lui ayant Iniss-- «piantité tj'arfçenl et d'héritages , d plia un intime ami qu'il avait de distribuer loiit aux |»aiivres < t auxorpl»el.ns,se re|x>saiil siirlui de cet odice »J»î piélé , ahfi de ne se f»oint div«'i<ir de la prière , comme il y aurait été c<»nliainl s il »'eri f<li acquitté lui-même. Après (pi'il .s(î lui décbafijfc 'l*- ' <-' '•oin, il domeur.i d.ms une

pleine tranquillité d'esprit, et ne travaillant à rien tant (ju'à dégager son cœur de tontes les affaires temporelles , il ne possédait sur la terre qu'une saie, une tunique de poil de chèvre, un pot à boire et une natte de jonc pour se coucher.

Son humilité était tout extraordinaire , et il avait une égale charité pour tout le monde, ne préférant point les riches aux pauvres, les princes à leurs sujets, ni les nobles à ceux de basse condition ; mais il les aimait et les honorait tous d'une môme sorte, sans faire aucune acceptation de personnes. Il ne reprenait jamais avec aigreur, mais ses paroles étaient accompagnées de douceur et de charité. Et qui est celui qui en l'entendant a pu être rassasié de ses discours ? ou qui , en considé ant la sainteté qui reluisait sur son visage, n'a pas désiré de le revoir fort souvent? Il ne se déjiartit jamais de cette rude pénitence qu'il avait embrassée , et ayant nasse cinquante ans avec joie dans les règbvs (ju'il s'était proscrites à lui-inème , l'amour dont il brûlait [)our Jésus-Christ était si grand qu'il considérait tout ce longtemps comme peu de jours, et ne comptait pour rien la rigueur d'une vie si austère.

Chapitre III. — Saint Abraham, quelque résistance qu'il fi pût apporter, est fait prêtre par son évéque , qui l'envoie dayis un bourg plein de païens pour les convertir.

II y avait proche de la ville un grand bourg dont tous les habitants étaient païens, et les plus cruels du monde. Personne n'avait eu le pouvoir de les détourner de l'adoration des idoles, et (|uel(iues prêtres et diacres y ayant été (mvoyés par l'évèrpie, rcîvinrent sans y avoir pu faire aucun fruit, et ne rapportèrent que de la douleur pour récoinf)ense de leur travail, d'auiant que l'esprit farouche de; ce peuf)le, au lieu de se laisser lléchir [lar les discours de ceux qui les exhortaient, les portail h les [iers(;cuter el à excnter contre eux d(;s séditions tiès-viol(!n(es : ce (jui n'ayant [)as empèciié plnsieiiis solitaires de tâcher de hîs |)ersua(l(!r, ils ne purent gagner clio^e quelconqtn! sur eux pour les eonvintir.

L'n jour l'évèqu»- étant assemblé avec son cler.^i'', c-t se souvenant de ce saint personnage, leur dit : « J(! n'ai jamais |iu voir aucun homme si consumé en toutes >()rtes de bonnes (/-uvres, el si accoin()Ii en loiiles les vertus fiu'est mainten.int, .'i • e (pie l'on m'a r.ipporte, le liès-sainl Abraham ; » sur (pioi lui ayant tous répondu (pn; c'i'-tait un véritable serviteur de Dn-u et un |)aifait solitaire : « ht veux, dit-il, l'onlonner prêtre pour aller en ce bourg de païens, (pi'il jiourr.i conv(!rlir oar sa |ialienc(! (;t par b; grand amour (pril a ponrDi(Mi; » et se levant à l'heure même il s'en alla avec soi clergé (;n la C(;llule du saint homme. A|)rès ]'av(nr saJué, il lit aussitôt tomber h; discours sur le sujet de ces [lannis, «ît le [)i ia d'y vouloir aller pour procurer bnirsalul. Abr.ili.im, forl surpris et f(jrt triste, répondit:

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« Je vous siipplio, très-saint père, de me perineltrc do plonror ici mes p(!ch6s, et de ne oomiuaiider pas h un lioimnc aussi iuiparfait et aussi incapable «pie jn suis d'entreprendre une atlaire si importante. » l/êvècpie lui répliqua : « I.a i;rAce de Dieu vDus donnera le pouvoir de l'exéculer, et ainsi ne refusez pas d'obéir pour accomplir une si bonne (DUvtc. » Ce bienheureux homme re|)rit encore la parole et iui dit : « Je conjure votre sainteté de me permettre de pleurer ici mes péchés. » I/évé(iue re.iartil : Vous avez abandonné h; monde et toutes les ciioses du monde ; vo\is avez endurasse une vie crucitiée; mais il faut ([ue vous reconnaissiez (}u'après aVoir tant fait pour l'amour de Dieu, vous manquez de la plus grande d.; toutes les vertus, qui est l'obéissance. » A ces paroles, Abraham se mit à pleurer auu^rement, et répondit : « Que suis-je, sinon un chien mort ? lit (pielles sont mes actions pour vous avoir fait concev(jir, ô très-saint père 1 uiuî ^i grande opinion diî moi ? » L'évôijuc lui répli(iua ; « En ne bougea-it d'ici vous travaillez seulement pour votre salut; mais allant en ce lieu-là, et la grâce de Dieu opérant par vous, vous sauverez aussi plusHMirs personnes (jue vous convertirez h lui. Coiisidérez donc lequel vous fera recevoir une plus grande récompense, ou de vous sauver tout seul, ou de sauver plusieurs autres avec vous. » Alors cet homme de Dieu dit «;n pleuraiil : « La volonté du Seigneur soit faite, je suis prêt à aller par obéissan(;e en tel lieu qu'il vous plaira de me commander. »

Ainsi l'Evèque le mena de sa cellule dans la ville, oiî il le lit prêtre en lui imposant les mains, et l'envoya aussitôt en ce bourg rem- [)li de païens.

CuvPiTRE IV.— Saint Abraham souffre durant trois ans dans ce houry des oulratjcs cl des persécutions étranges.

Saint Abraham priait Dieu en chemin disant : « O Dieu tout bon vi tout mi.sé icordieux 1 considérez ma faiblesse et assistezmoi de votre grâce, alin «[ue votre saint nom soit glorilié. Lorsqu'il fut arrivé au bourg et vit ce})(!U|)li! passionné |)our la folie de l'idol.Urie, il jeta du fond du C(eur de grands soupirs, et fondant en larmes et levant les yeux au ciel , dit : « Vous , mon Dieu , ([ui seul ♦"•tes sans péché, ne mé[)risez |>as les ouvrages de vos mains. » Knsuite il manda en diligence à cet ami intime (pi'il avait dans I.i vdle de lui apj)orler l'argent de ce (jui lui pouvait re>^ter de patrimoine. L'ayant reru, il lit en[)eu dejoursbAlir une église, laipielle considérant comme sa chère é(iouse, il Te'!richit de plusieurs ornemeuls fort magnili pies.

Durant qu'on la bAlissait, il [lassait souvent au milieu <h's idoles des païens sans dire un seul mot; mais il priait dans son cœur et lan(;ail vers Dieu des soupirs mêlés d • pleurs. Lorsque l'église fut achevée, il l'olfi il h Dieu avec ses larmes comme un présent qu'il lui faisait, el mettant les ge-

noux en terre il lui adressa c^^tte très-humble prière : « Fils du Dieu vivant, dont la puissance est inlinie, vous qui, par votre |)resence sur la terre, avez amené h la connaissance de votre lumière les nations ensevelies dans les ténèbres de l'erreur, rassemblez aussi dans le sein de votre Eglise ce peuple égaré dans les ténèbres, mais qui est à vous, et illuminez les yeux de leurs esprits, afin (pie, rejetant avec dégoiU et avec horreur l'adoration de leurs idoles, ils connaissent que vous êtes le seul Dieu plein d'amour et de boute pour les hommes. » Aussitôt qu'd eut achevé cette prière, il sortit de l'église et s'en alla au temple des l»aïens, où il renversa et mit en pièces leurs autels et leurs idoles. Tous ceux qui se trouvèrent présents se jetèrent sur lui comme des bêles farouches, et le chassèrent après l'avoir dr-clrré de coujis. Ayant été traité île la sorte, il revint de nuit en secret dans l'église, où il s'assit sans se soucier de tant de jtlaies, et n'ayant autre soin que de prier Dieu avec larmes et avec soupirs de vouloir sauver ce peuple. Le matin, les païens entrant en l'église, où ils venaient t(ms les jours, non pas pour prier, mais parce qu'ils prenaient plaisir h en voir la beauté et les ornements, trouvèrent ce saint homme en oraison, dont ils furent si étonnés, quecjuelques-uns en demeurèrent comme immobiles.

Un jour, le bienheureux Abraham commença à les conjurer de recoiinaiire le vrai Dieu : sur quoi, étant deve^ius plus cruels que jamais, ils le fouettèrent avec des escourgées comme s'il eiU été de pierre , et le mirent en tel état ([u'il semblait être mort, puis le traînèrent avec une corde par les pieils au dehors du bourg, où, après l'avoir accablé de cou[)S de pierre et le croyant expiré, ils le laissèrent quasi sans vie.

Etant revenu à lui sur le mi'Uiil, il commença à dire avec grande abondance do larmes : « Pourtjuoi, mon maître, dédaigiozvous ma bassesse ? Pourquoi détournez-vous votre visage de moi? Pounjuoi rejetez-vous les désirs de mon ;hne ? Et pounpioi méprisez-vous les ouvrages de vos mains ? Jetez les yeux, mon Dieu, sur votre serviteur, exaucez ma prière, fortifiez ma faiblesse ; rompez les liens (pii engagent ces pauvres misérables dans la servitude du diable, et faites-leur la grAce de connaître que vous êl(»s le seul Dieu et qu'il n'y en a point d'autre ([ue vous. » Cet e |irière achevée il se h'va, entra dans le bourg, et \n\\s dans l'église, où il chantait des psaumes. Los [taiens y étant venus au point ilu jour et le voyant, furent remplis du i étonnement étrange ; mais leurs cieurs étant inca|)able,s lie coiupassio 1, ils furent transportés d'une si extrême fureur, (ju'apiès l'avoir cruellement accablé île coups, ils le traînèrent hors du bourg avec des cordes, ainsi qu'ils avaient dé'j.\ fait.

l'.lanl traité de la sorte durant trois an~ ni-es entières, il résistait comme un véritable diamant à toutes ces 6preuv(>s et à ces

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