‹ Dictionnaire de littérature ChrétienneChapitre 202 sur 233 · ERES · texte numérisé non relu

ERES

cha sur ce fuu et dit : Je marcherai sur les aspics et sur les basilics ; je foulerai aux meds les lions et les dragons ; et au nom de Notre- Seigneur Jésus-Christ, qui est mon appui et mon secours , je surmonterai toute la puissance de l'ennemi {Psal. xc). Le démon s'enluit, et criait en s'enfujant : « Je te ferai mourir de quelque mort malheureuse, et trouverai des inventions pour t'écraser, toi qui me considères maintenant comme digne de mépris. »

Un jour, comme il mangeait, le démon prit la tigure d'un jeune garçon et entra dans sa cellule, où, s'approchânt de lui, il tâchait de renverser son pot à boire ; mais Abraham le tint ferme et continua de manger sans crainte. Alors le diable, en sautant, prit soudain une autre figure, et mit devant lui un chandelier sur lequel il y avait une lampe allumée, puis, d'une bouche abominable, commença de chanter à haute voix : Bienheureuses sont les âmes pures qui marchent dans la voie du Seigneur {Psal. cxvij, et continuant aussi à chanter plusieurs versets du même psaume, le saint ne lui répondit un seul moi jusqu'à ce qu'il eût achevé de manger ce qu'il avait accoutumé; et après il se leva et lui dit avec une fermeté d'esprit et une constance merveilleuse : « Malheureux et abominable esprit, qui n'es que faiblesse et que mensonge, si tu crois, comme il est très-véritable, que ceux qui marchent dans les voies de Dieu et qui l'aiment de tout leur ca.-ur sont bienheureux, pourquoi leur es-tu si imjiortun ? — Je les tourmente, ré()on(lit-il, atin de m'en rendre niaitre, et qu'ainsi , en les détournant de toutes sortes de bonnes œuvres, ils soient com- 1)lices de mes méchancetés. » Le saint lomme repartit : « Tu n'auias pas ce conteulernent, maudit que tu es, de vaincre aucun de ceux qui craig'ient Dieu, ni de pouvoir les détourner de la piété; mais ce sont ceux qui te ressemblent et (lui, jtar leur propre vtjlonté, s'éloignent de lui, que tu [)eux liomper et que lu fieux vaincre, parce (ju'il n'est [)a3 en eux; au lieu que <;cux rjui ont son amour gravé dans le c(L'ur le font disparaître et évanouir ainsi (|ue le vent dis.sij>e la fumée. Mais je j>rends à témoin mon Dieu, qui est le Dieu vivant, qui e.st béni rians tous les siècles, et (jui est toute ma gloire, fjue, (juand tu demeurerais ici durant tout le resle de ma vie, je ne te craindrai jamais, et je i»e ferai non plus de couijUe de toi que d'un chien mort. »

Cinq jours après, ayant achevé la nuit de chanter l»;s [»saumes, le démon lui fit [laraJtre une autie vision comme d'une grande trou|H; de gen.s rpii s'eihortaient 1*;^ uns les autre» par de grands cris «'i le jeter dans lirie, fi*s.se ; ce rpie voyant il dit ce verset : //* m'ont environné comme un exHuim de mouche» à miel, et se nonl allumés de fureur contre moi, ainsi que le feu s'allume dans les épines ; iiuiis, fortifié du nom du Seigneur, je triompherai deux. Alors le démon s'écria : • Héla.s! inallieuieux que je suis, je ne sais plus que- f-nre (lOiir le nuire, lu demeures Du;tio^i. uk LirrP.RATLUB ciiniVr.

PERES

victorieux dans tous les combats que j'entreprends contre toi; tu méprises toutes mes forces et tu me terrasses partout; mais cela ne me fait pas perdre courage, et je ne te quitterai jamais justiu'à ce que je le réduise à l'humilier sous ma puissance. »

Alors le saint lui dit : « Que tu sois à jamais maudit avec toute cette puissance dont tu te vanies, impur et abominable démon! et que Dieu soit à jamais honoré et glorifié, lui qui seul est saint et plein de sagesse, et qui, te livrant à tout ce que nous sommes qui l'aimons, afin que nous te foulions aux pieds, fait que nous nous moquons de tes finesses , et méprisons tous tes artifices. Reconnais donc, ô esprit également faible et malheureux, que nous ne craignons, ni toi, ni tous tes fantômes. »

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