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POESIE

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tioii : co qui osl ttclicux pour Boiloau.

La |»()éti(|uc cbrétieuue, prosscutic seulement par 1 école (le CliAteauhrintid ol rendue nécessaire par loules les tentatives clans le genre biblitpie et tnysti(pie, dont le ridicule luéine réclanie l'intervention d'une autorité; celte poétique no pourra être anienée h son terme (jue par des études vraiment et foite- 1 lient cal bol i(jues,conune celles, par exemple, de M. de MonlalendxMt et do son écolo. Puis quand le temps sera venu, un liomme do génie mettra on préce|»tes ce qui aura déjh été conqiris et goilté dans les modèles, et l'on saura alors cpie la révélation est complète, ol que le Verbe éternel n'est pas venu régénérer seulement les croyances et les [tousées, mais les formes mèrnc du langage et les lois do la littérature.

Nous parlerons maintenant des trois genres principaux do la [)oésic.

I. — Poésie lipique, La poésie est une musique parlée, comme la musicpic est une poésie cbanléo. Ces deux «'X pressions do Tbarmonie sont sa'urs et s'allient parfaitement l'une avec l'autre. C'est le chant qui a donné l'idée du rbythme, et io cbant est tellement naturel, que l'enfant chante avant de savoir parler. La première forme poétique a donc été un chant sur letpiel on a successivement modulé des paroles. Ce chant était une prière ou une action de grâce, une invocation ou un hymne lriom[thal. La poésie lyrique a donc été la })remière contidenle dos besoins, des joies et dos larmes de l'humanité au berceau. (Voy.

HVMNKS.)

La marche de la poésie lyrique est conff»rme h celle du sentiment q>rcllo exprime. Kilo procède par élans et n'a d'autre logiijue <|ue celle de l'enthousiasme. Aussi a-t-elle peu varié parce (pi'ello appartient au fond même de la nature qui ne cliangc [)as.

Le moment où commence l'ode doit ôtro celui où rins|)iration, no pouvant plus être contenue, éclate. Ainsi le poète, dès son début, doit-il être si plein do son sujet, ipie sa première parole soit un cri sublime dans lequel le sentiment de son o'uvie se révèle et se résume tout entier. Puis la digue \nie fois rom|)ue, la |ioésic doit se précipiter à Ilots toujours croissants, et rouler enlui calme et sniiveraine, avec la majesté et l'abondance d'u-i lleuvc.

Les plus beaux modèles de la poésie lyrique sont dans les livres des prophètes.

Lsaie et Habacuc sont remarqual)les entre tous les autres pour leur oiilhousiasme et leurs expressions hardies; car le style ligure convient surtout au genre lyricpu', et ces deux ftrophèles y ont excellé. I^es psaumes de David sont tout à la fois des hymnes et d»'s odes, dont l'imilalion éloignée^ a fait la gloire de Jean-Uaptisto Uousseau. Les grande.? ligures do l'Apocalypse conviennent flM.ssi maguirupn'iiHMit au mouvement et à I inipiration de la poésie lyrique. Le lablt-au dr la ehnie de Habylone, par exemple, avec Ifs laïu'.nlalions de ceux qui la pleu-

rent, est une ode toute faite et de la plus saisissante beauté.

Au|)rès de ces grands modèles, on nous permettra de trouver bien froides les inspirations mythologiques du grand Pindare luimême, lors(pi'il tourmente son génie et passe tous les dieux en revue à propos de chevaux et d(! chars. Les guerriers de l'Apocalypse qui représentent tour à tour des empires et des Iléaux, et qui se renvoient, sous le galop de leurs chevaux symboliques, la poussière des génétations, sont d'une bien autre portée poétifiuc et d'une grandeur connue images bien autrement imposante (juo les coursiers olympiques d'Hiéron et toutes les palmes de" rhi[)podrome. Il faut admirer néanmoins que le génie du grand lyrique grec ait pu créer encore des beautés du premier ordre pour déguiser la stérilité et l'ingratitude d'un pareil sujet.

Les deux lyriques grecs les plus célèbres, Pindare et Anaciéon, ont doimé leur nom dans la poésie classifiue des anciens à deux geiu'es bien opposés : l'o le anacréontiqm?, rem[)lacéo par la chanson chez les modernes, n'a guère d'équivalents dans la poésie puronu'nt chrétienne que parmi les créa-lions gracieuses des auteurs mystiriues, conmie on peut le voir en étudiant les poésies de sainte Thérèse et de saint Jean de la Croix. Les images de piété mémo présentent quelquefois dos emblèmes et des pensées délicates qui pourraienl fournir des sujets charmants à l'ode [)urement anacréontique, si l'on voulait la légénérer et la consacrer h l'amour divin. Ce genre do poésie pourrait fournir de jolies légendes h ces mêmes images dont nous venons do parler, et accompagner convenablement de pieuses allégories. Supposons, [>ar exem|)le, que l'iniagtî représente une colombe qui plane sur un tombeau :

Voyc/.-vous cpltc colomho Qui plane sur une tombe ?

L'enfant Jésus rencontra , Pris au milieu des épines, Cet oiseau, i(u'il délivra, Kn blessant ses mains divines.

Son sang lit naitre des lleuis Près des épines éeloseN , Oui recneillirenl ses pleurs D.ms leurs calices de roses.

Puis les abeilles du ciel Ont elian;;é ees pliMirs en miel, Pont la eolombe est nourrie ; El le soir elle s'enilort , Connue une àine dans la mort, Près du s;)inl coMir de .Marie.

Ol pourrait imiter de celle manière toutes les odes d'Anacréon, et cri'er une mullilu'lo de [letitcs [loésies semblables. Prenons, par exemple, pour sujet d'imitation l'aiDOur piipié par une abeille.

I/eiif;inl-I)ieu toujours sauveur ,

En relevant d'une fleur

La Icle humide el viriiieiilc.

Fut pi(|iie par une aheillo

La Vierjje. le lendemain,

Vil une eiillnre à sa m.iiii ;

Car la douleur clail vive.

ni5 POESIE

Entre ses bras elle prit Son enfant, qui lui sourit .

Pourvu que Tabe lie vive Dit-il, je veux bien soulFrir El jollre à Dieu cette larme , Pour que mon mal la désanuc , Mais sans U faire mourir.

Nous ne multiplierons pas davantage nos essais d'imitation, qui ont jiOur unique but d'indiquer ce qu'on pourrait faire avec tout le talent et toute la grâce que nous n'avons pas.

En français les odes même anacréontiques doivent toujours être divisées en strophes, et c'est par cette forme surtout que l'ode se distingue des poésies fugitives inspirées par le sentiment et traitées avec grâce ou enthousiasme. Les stroi)hes dans nos plus belles odes sont ordinairemi nt régulières. Cependant les choeurs iïEsther et d\-ithalie, qui sont dans le genre lyrique d'une inspiration élevée ce que la littétature française possède de plus parfait, sont en stroj)hes irrégulières et en vers libres : peut-être peut-on dire que ces chœurs ne sont pas des o<les, bien qu'ils puissent servir de modèles aux odes les plus savantes et les plus correctes dans leur forme.

L'ode chez les peu(;les primitifs a toujours eu deux em[ilois : louer, invoiiuer et remercier d'abord la Divinité; puis conserver le souvenir des événements, et exciter les hummes à l'imitation des héros. L'ode historique en se dévelop[)ant a {)roduit la poésie épique, comme les chroni(jues particulières unies ensemble et coordonnées entre elles composent enliîi ce (ju'on peut af)j»eler une histoite. On a prétendu rpi'Homère n'.'.vait fait que réunir en un seul corps de poëme les chints de tous les ra[)sodes dont il avait apfuis Jes veis et avait composé son Iliade 5 peu près connue les Espagnols ont formé leur romancero. S'il n'est jK'is vrai (pie les beaux [joémes d'Hornère soient des tissus des rapsodies (ce que riiomogénéiié du style ne |)eriiiellrait pas d'admettre, (juand mêm<; il y aurait moins d'unité dans le plan de riliad'-;, il est [)robable du moins qu'Homère a recueilli et fondu ensemble, en les Ir.iduisafit en b(;lle jioésie, les chansons d(,'S lapsodfs, comme on a depuis, dans l'anlirpic Allem.ign»', en rassemblant les anciens hanlilcH, comjiosé et complété la légende guerrière des Niebelungen.

IL — Poésie i{pifjuc.

Nou.< avons dit que l'éijooée est une .«tynllièse, et c'est en cela rpi»; h; (toeme épirpie dilfère de la chroniquf; f-n vers ou du lom.in poétique. Lr-s urfjOTiaulIf/nrn d'Orphée él.iu-nt narrs doute répo|jée de la (iréce piiimlivr, dont l'élégiiul et médiocre por-me d'AfctlNjriiu.H rioi!» otlre h [leine une |»A!e imitation. Lucain n'a |»as fait une éjxipée, (»;iice que • ^é.sar n'a pas été le génie consliiiMdt df; son é|M>4]iie : il tua la république cl avorta dans le travail de l'empire. Vniiiis avait été plus b« Mreux en ehoi- usant Auguste pour «-Ofi

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